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bullet1L'oecuménisme, un don d'amitié

bullet2Jésus dépasse les barrières religieuses

Jésus a tant aimé les hommes qu’il a franchi toutes les barrières pour les réconforter et les guérir. Dans l’Evangile, nous trouvons de très nombreux exemples où Jésus a eu pitié de ceux qui pour des raisons religieuses étaient rejetés, séparés de leurs frères tels que les lépreux, les collecteurs d’impôts, les Samaritains, les pécheurs. Les païens étaient tout particulièrement exclus par les Juifs. On devait même secouer la poussière de ses chaussures si l’on avait pénétré dans leurs maisons.


Jésus et la femme syro-phénicienne

Il y a un moment extraordinaire où Jésus use de son pouvoir de guérison pour une païenne et sa petite fille (Marc, 7, 24-30). Ce passage nous apprend beaucoup sur la façon dont Jésus agit face aux barrières religieuses. Un jour, il se rendit dans le pays de Tyr et de Sidon. Il entra dans une maison mais ne voulait pas qu’on sache qu’il était là. Or, il était impossible qu’on ne le reconnaisse pas. Cette femme syro-phénicienne souffrait beaucoup car sa fille handicapée était torturée par un esprit mauvais. Elle savait que Jésus était là, et elle voulait le voir à tout prix. Elle parvint à s’introduire dans la maison et se jeta à ses pieds. Comment Jésus allait-il réagir face à cette femme ? Jésus répondit durement à son cri de pitié, comme l’aurait fait n’importe quel juif face à un païen “Laisse d’abord les enfants se rassasier, car il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens.” Mais la femme insista. Sa douleur était si grande qu’elle ne prêtait pas attention à la blessure du refus. Plus encore, elle choisit le mot “chien” pour répliquer : “Mais les petits chiens sous la table mangent les miettes des enfants”. Alors le cœur     de Jésus fut ému et dépassant sa culture juive, il lui dit: “À cause de cette parole.  Va, le démon est sorti de ta fille.”

Jésus a agi plus d’une fois avec ce même souci pour la souffrance des non Juifs. Nous pouvons

penser au fils du centurion romain (Mathieu 8,5-10), au Gerasénien possédé par une légion de démons (Marc 5, 1-20). Nous pensons aussi tout particulièrement à la Samaritaine qui vivait dans le péché mais à qui Jésus a révélé la beauté de sa vie nouvelle qui viendrait de l’intérieur. C’est à elle qu’il a dit que les véritables adorateurs n’adoreraient plus sur la montagne de Samarie ou à Jérusalem mais en esprit et en vérité (Jean 4,23).


L’œcuménisme commence par le cœur

L’intérêt que Jésus portait aux besoins humains allait au-delà des questions de différences religieuses. Jésus nous enseigne que la première chose à faire est d’être compatissant comme le Père est compatissant (Luc 6, 36). Jésus va droit à la souffrance. L’œcuménisme, c’est d’abord suivre Jésus dans cette attitude de charité et après, seulement, se préoccuper des questions de doctrine. L’œcuménisme, c’est d’abord une affaire de cœur avant de devenir des études sur la vérité ou les règles qui n’en sont pas moins utiles, mais en temps voulu. L’œcuménisme commence avec l’amitié.

De par sa nature, Foi et Lumière a tout pour réaliser cela. Foi et Lumière est unique par sa façon nouvelle d’aimer, que ses amis ayant un handicap lui ont apprise: on vous fait sentir combien vous êtes unique, quelle que soit votre appartenance, qui que vous soyez, simplement comme vous êtes. Foi et Lumière a vocation à intégrer des personnes de toutes confessions.

Au cœur des communautés Foi et Lumière, nous avons le privilège d’avoir des personnes ayant un handicap. Cela nous aide à vivre l’œcuménisme, car le cœur est le moteur de leur vie. Cela ne peut que nous atteindre tous.


Le mystère del’œcuménisme

Mais tout cela n’est pas facile. C’est très exigeant. L’œcuménisme exige une “kenosis”, un dépouillement de soi, un désarmement de soi. Le dépouillement de soi est la condition nécessaire pour réaliser la communauté, l’unité. Cela nous conduira à une nouvelle forme de prière, à la contemplation: une prière de dépouillement de soi. L’œcuménisme ne peut être qu’enraciné dans une prière de “kenosis”.

En outre, l’œcuménisme nous lie au mystère de Jésus et du Père qui ne font qu’Un. Dans la grande prière du dernier repas, il ne cesse de prier pour “qu’ils soient un comme nous sommes un” (Jean 17; 11, 21, 22, 23). Cette prière ne s’adresse pas seulement à ceux qui sont déjà ses disciples, mais aussi à ceux qui grâce à l’enseignement des apôtres croient en Lui (Jean 1 7 ; 20). Leur unité sera semblable à celle qui l’unit à son Père. Comment devenir un avec les autres à l’image de l’unité de Jésus et du Père ? En étant en Lui et en son Père. “Moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité...” (Jean 1 7; 23). L’amour de nos frères découle directement de l’amour de Dieu ; son amour “contagieux” nous atteint tous sans exception ; la flamme de l’amour de Dieu nous consume profondément jusqu’à ce que tout ce qui sépare soit brûlé et il ne reste alors plus que l’union. Jésus a franchi les barrières religieuses de son peuple parce qu’il était un avec le Père, le Père dont l’essence même est la compassion.

 

Père Jozef Larsen

 

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