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Foi et Lumière | | |
Ensemble, devenir des saints
La vie spirituelle des personnes handicapées, c’est tout simplement leur façon à elles, de marcher vers
la sainteté. Pour elles aussi,
l’appel à la vie est un appel à la sainteté : ce ne sont pas des parias. Quand le pape dit que nous
sommes tous appelés à la sainteté, et
que c’est une obligation incontournable, elle vaut aussi pour nos petits frères et petites soeurs blessés.
Ce ne sont pas des gens qui
sont traités à part des autres. Ils sont appelés à la vie: ils sont appelés à la sainteté; appel incontournable.
S’ils sont appelés à la
sainteté, cela veut dire qu’ils ne sont pas encore des saints, ce ne sont pas des anges. Ils sont en
marche comme nous vers la sainteté.
Alors il faut purifier notre regard par rapport à nos petits frères handicapés : il ne faut pas les
canoniser dès maintenant: si on les
canonise, on les abandonne : Non. Ils sont en marche, comme nous.
Eux aussi sont tentés comme nous, ils sont pécheurs comme nous. Ils sont capables de progrès à leur
mesure, ils sont capables d’une
relation à Dieu. Peut-être d’une autre nature, plus enfouie, mais peut-être d’une plus grande profondeur;
ça, c’est leur mystère. De temps
en temps, ils nous étonnent par un mot remarquable par sa profondeur. Un mot.
Ce progrès ne se fait pas tout seul. Ça suppose de leur part une contribution, mais ça suppose aussi
de notre part une participation.
Nous avons été donné à cet enfant pour qu’il réalise son destin spirituel; il attend de nous cette contribution.
Pour réussir nos destins
spirituels, Dieu lui adonné des parents, des amis.
“J’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger.”
Est-ce que j’ai donné à mon enfant handicapé toute la nourriture dont il avait besoin ? Comment nourrir
cette relation?
- D’abord les aider à découvrir combien
Dieu est admirable
. Dieu est admirable ! Ce n’est pas difficile; ils ont un don d’admiration
supérieur à nous. Prendre appui sur ce don pour leur faire découvrir combien Dieu est admirable. Le
leur faire sentir par les petites
choses de la vie de tous les jours.
“Regarde cette belle nature, ce petit oiseau ...“ On peut se servir de tout pour développer en eux ce
don d’admiration.
- S’efforcer qu’il vive dans
un climat chrétien
. On prie autour de lui ; même s’il est très lourdement handicapé, il passe quelque chose
parce qu’ils ont une intuition profonde.
La première chose dont ils ont besoin, c’est un climat de prière; c’est aussi nécessaire à la vie que
le pain et le logement. Il y a à l’Arche
un climat de prière. Des choses merveilleuses y sont possibles parce qu’il y a ce climat de prière.
A la messe à Trosly, certains sont
dans un état très lourd. Cette messe est bouleversante. Un silence. Quelque chose.., un climat de prière.
- Et puis
les sacrements
! Ils ont droit au baptême; il n’y a pas de problème: ils ont droit à l’Eucharistie, dans la mesure
de leur besoin.
On dit “Quelle attitude faut-il avoir?”. Ce n’est pas une question d’attitude, c’est une question de
besoin. “Il ne sait pas manger avec une
cuillère, il en fourre partout”: “Vous le nourrissez quand même ! Il est incapable de définir l’Eucharistie;
mais il en a besoin.
La confirmation, eh bien, cela va de soi ! On dit que c’est le sacrement de l’engagement. Le pauvre
garçon on ne sait pas trop à quoi il
s’engagera. Mais non! On nous a dit que leur présence nous évangélise : c’est plus qu’un engagement;
Ils ont droit à la confirmation.
Nous ne connaissons plus un évêque qui refuse de confirmer nos enfants.
Le sacrement de réconciliation : C’est pas facile quand on est en tête à tête avec certains ; mais il
se passe toujours quelque chose. Ce
que , moi prêtre, je ne suis pas capable de faire, le Saint Esprit le fait. Saint Paul dit que l’Esprit
prie en nous en paroles
incompréhensibles. Ce n’est pas étonnant que je ne comprenne pas. Il agit dans mon frère. ‘Les confessions
de petits frères blessés
sont toujours bouleversantes et humiliantes; on a envie de dire : “mon vieux, tu ne te confesses pas
si bien”.
La relation à Dieu n’est pas si directe pour nous. Nous disons des tas de choses : eux, ils y vont directement.
- Insister sur les mimes de l’évangile, ou sur les offrandes. Il faut prendre le temps de leur en expliquer
le sens religieux, le sens de la
relation avec Dieu. Leur faire sentir que cette démarche, c’est pour Jésus. On peut se demander si quelquefois
on ne le fait pas pour
meure en valeur nos frères handicapés. Il ne s’agit pas de les meure en valeur, il s’agit de les mettre
en relation.
Annie jouait la Sainte Vierge : a-t-elle eu conscience qu’elle tenait la place de la Sainte Vierge ?
C’est un contrat entre Marie et elle.
C’est formidable. On fait vivre la Parole de Dieu par nos petits frères handicapés: tu prêtes ta voix
à Jésus qui annonce sa parole à tes
frères. Donner le sens de la relation, et non pas chercher à les mettre en valeur.
Utilisons-nous suffisamment le récit de la Passion du Christ pour mettre en relation nos enfants avec
Jésus ? On dit “il ne faut pas les
traumatiser”. Ce n’est pas vrai. Il y a une façon de leur faire comprendre combien Dieu nous a aimés
qui doit être découverte. Il faut dire
l’amour de Jésus pour ses frères, son amour pour le larron. La passion de Jésus reste toujours le meilleur
chemin de la relation avec
Dieu. S’il a fait cela, c’était d’abord pour nous mettre en relation avec son Père.
- Eveiller
le sens des autres
et que ce soit seulement pour des questions de bonne éducation. “Quand tu as faim, tu ne te précipites
pas
sur le pain; tu penses aux autres”
Allons plus loin. "Tu penses aux autres à cause de Jésus?..."
Que tous nos efforts d’éducation morale soient branchés, au moins virtuellement sur la relation avec
Jésus.
Nos petits frères handicapés ne Sont pas à l’abri de sentiments de vanité et d’orgueil... C’est un peu
normal qu’ils soient appelés à se
donner confiance en eux mêmes en se mettant un peu en vedette. Peut-être chez certains il y a une certaine
forme de suffisance sinon
d’orgueil. Cela casse la confiance. Cela peut arriver.
- enfin prier pour eux. Dans la mesure où leur silence nous ferme la porte, où nous n’avons pas accès
à ce qu’ils vivent au- dedans, nous
savons quand même que au-dedans se joue un enjeu éternel. Ils sont sollicités à leur manière, dans leur
secret, de dire oui à Dieu. Nous
ne pouvons pas les laisser sans prière.
“J’étais prisonnier - de mon handicap - et vous ne m’avez pas visité par la prière.”
Voyez, on se réjouit du moindre progrès dans leur relation quotidienne: pour la première fois, il a
su meure ses chaussures! Il est
capable de manger à peu près seul, et on est content.
Dans sa relation avec Jésus, nous réjouir plus encore : Il est capable d’une relation avec Lui et elle
se perfectionne. Il y a des signes qui
montrent que l’Esprit Saint qui travaille en lui le sollicite sans cesse. Alors collaborons avec l’Esprit
Saint, et ne contristons pas l’Esprit
Saint par notre indifférence en disant :“ Ces chers petits, ils sont tellement blessés dans leur corps,
dans leur intelligence, qu’ils seront
forcément accueillis dans le ciel” Comme s’ils n’avaient pas eux aussi à dire oui.
Je crois qu’ils sont capables de sainteté, de ce oui total et progressif au Seigneur.
Mgr Marcel Gaudilière
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