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Foi et Lumière | |
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Histoire de l'oecuménisme dans Foi et
Lumière
première étape
Foi et Lumière est né en 1968 dans le but essentiel d’organiser un pèlerinage international pour des
personnes handicapées mentales, leurs
parents et leurs amis ; et d’encourager en même temps l’insertion des personnes handicapées dans les
pèlerinages diocésains et les
communautés chrétiennes. En effet, à l’époque, les personnes handicapées mentales ne pouvaient participer
à des pèlerinages qu’en tant que
malades ; elles devaient loger dans des hôpitaux de Lourdes. Un des événements qui ont provoqué l’organisation
d’un tel pèlerinage fut
l’expérience douloureuse de Gérard et Camille Proffit avec leurs deux fils Loïc et Thaddée, lourdement
handicapés, qui n’avaient pu les inscrire
au pèlerinage de leur diocèse. Partis à Lourdes, en dehors de toute organisation, ils ont ressenti une
réelle marginalisation à l’hôtel, dans la ville
et même dans les sanctuaires.
Foi et Lumière est donc né d’une souffrance, celle des parents et de leurs enfants ayant un handicap
mental, souffrance d’être exclus de leur
Eglise ou de certains lieux d’Église. Il est né aussi de la foi de ces parents, foi dans l’amour de
Jésus pour leurs enfants et foi dans la valeur de
leurs enfants sur le plan chrétien; il est né de l’amitié entre Gérard et Camille Proffit, Jean Vanier,
fondateur de l’Arche et Marie-Hélène Mathieu,
fondatrice de l’Office Chrétien des Personnes Handicapées.
Lourdes est un lieu de pèlerinage dédié à Marie, la Mère de Dieu. De nombreuses personnes viennent à
Lourdes à la recherche de guérisons ou
de miracles. Les responsables de Foi et Lumière avaient tenu à préciser, dans la Charte de ce premier
pèlerinage, que l’on n’attendrait pas dé
cette démarche, la guérison des personnes handicapées mentales, mais leur réinsertion dans l’Eglise
et dans la société, c’est à dire la guérison
des cœurs des gens dits “normaux”.
Ce premier pèlerinage a été soutenu, dès ses débuts, par Monseigneur Desmazières, évêque de Beauvais,
et Monseigneur Rhodain, fondateur
du Secours Catholique. Lors de son déroulement à Pâques 1971, le Pape Paul VI envoya un message d’affection
et de soutien à tous les
pèlerins. Cependant un certain nombre de prêtres de 1’Eglise Catholique en France s’étaient opposés
à cette démarche; selon eux Foi et
Lumière était un mouvement de piété qui insistait trop sur la souffrance et qui était rétrograde par
rapport à la vision du Concile Vatican II.
A ce pèlerinage de 1971, parmi les 12 000 pèlerins de 15 pays, se trouvait un certain nombre de Protestants
et d’Anglicans. Eux aussi aspiraient
à la pleine intégration de leurs enfants dans leur Eglise et dans la société.
Deuxième étape
Foi et Lumière est vraiment né à Lourdes le lundi de Pâques 1971, quand 350 responsables de communautés
qui s’étaient constituées à
l’occasion du pèlerinage ont décidé avec Marie-Hélène Mathieu et Jean Vanier de rester ensemble et de
continuer à oeuvrer pour l’intégration des
personnes handicapées mentales dans la société et dans l’Eglise. Rentrés chez eux, les pèlerins qui
étaient venus d’une môme ville ont continué
de se retrouver régulièrement; occasionnellement, ils organisaient aussi des fêtes ou des pèlerinages.
A ces rencontres, on célébrait
l’Eucharistie, mais il y avait aussi des temps de fête, où dans l’amitié, on dansait, jouait et chantait
ensemble. Ces célébrations attiraient des
Catholiques, mais aussi des personnes venant d’autres Eglises. Toutes ces personnes étaient touchées
par la joie des personnes handicapées
mentales et de leurs parents qui sortaient de leur tristesse et de leur solitude.
En 1975, un nouveau pèlerinage international était organisé à Rome à l’occasion de l’année sainte. L’accueil
chaleureux de Paul VI dans la
basilique Saint Pierre fut la confirmation par l’Eglise Catholique d’un mouvement qui rencontrait, surtout
en France, encore beaucoup d’hostilité.
Peu à peu, les responsables des différents pays réunis en un Conseil International ont pris de plus
en plus conscience des buts et du charisme
propre de Foi et Lumière. Ils ont rédigé ensemble la Charte qui précise que Foi et Lumière est un mouvement
communautaire. Son but est de
créer des communautés de soutien, d’amitié et de prière fondées sur l’Evangile et l’amour de Jésus,
des communautés d’une trentaine de
membres, réunissant des personnes ayant un handicap mental, leurs parents et des amis.
Dans cette période, Foi et Lumière était considéré comme un mouvement catholique bien qu’il n’y ait
pas eu de rattachement juridique à cette
Eglise.
Troisième étape
Les membres des communautés Foi et Lumière qui appartenaient à des Églises protestantes ou anglicanes
ont souhaité créer des
communautés à l’intérieur de leur propre Eglise. Ainsi sont nées en Angleterre, Ecosse et Afrique du
Sud des communautés liées aux Eglises
anglicanes, presbytériennes, méthodistes. Par la suite, dans d’autres pays, des communautés orthodoxes
ont vu le jour.
Quatrième étape
Les responsables de Foi et Lumière ont pris conscience que le mouvement devenait inter-confessionnel.
Il fallait modifier la Charte et la
Constitution pour qu’elles reflètent mieux cette réalité.
En effet, des tensions ont pu naître dans certaines communautés où des personnes de confessions chrétiennes
différentes se trouvaient un peu
perdus et marginalisés au cours des célébrations lorsqu’on y célébrait l’Eucharistie et qu’ils ne pouvaient
pas communier. Dans les
communautés, l’amitié et l’union des cœurs entre les personnes et, pour les parents, le désir de voir
leurs enfants mieux intégrés dans la vie de
la société, aidaient à dépasser certaines difficultés. Par contre, dans les rencontres internationales
ou dans des sessions de formation, le
programme et la liturgie étaient prévus pour les participants catholiques et non pour les membres d’autres
confessions. C’était une source de
souffrances pour la minorité protestante qui se sentait marginalisée, parfois même exclue. Le décalage
était réel, d’une part entre les paroles, les
intuitions et le désir des responsables et d’autre part la réalité.
Il était important de reconnaître les besoins des Protestants et des Anglicans, la valeur de chaque
Eglise, source de vie, de vérité et de grâce.
C’est à ce moment-là que le Conseil International a rédigé un document sur l’œcuménisme et l’a envoyé
aux responsables de pays en leur
demandant leurs commentaires et leurs amendements.
Les responsables de Foi et Lumière prennent de plus en plus conscience des difficultés d’être un mouvement
international qui doit tenir compte
des besoins de ses membres d’être intégrés dans leur propre Eglise, et en même temps de respecter sa
vocation de famille internationale unie.
Ils savent aussi que l’unité entre les Chrétiens n’est pas le premier but de Foi et Lumière mais une
conséquence importante de sa vocation :
l’accueil des personnes handicapées mentales et de leurs parents au cœur des communautés chrétiennes,
leur croissance dans l’amour de
Jésus et les valeurs de l’Evangile.
Cinquième étape
En 1992, le Conseil International créa une commission oecuménique dans la zone Europe du Nord pour une
meilleure connaissance des Eglises
protestantes, anglicanes et catholique. Petit à petit, cette commission est devenue une commission internationale
qui a étudié tous les
documents en vue de les rendre plus oecuméniques.
Sixième étape
Progressivement, le Conseil International, conscient de l’importance et de la valeur de l’œcuménisme
et du désir de Jésus pour l’unité, a essayé
d’organiser les rencontres internationales de telle sorte que les minorités protestantes, anglicanes
et orthodoxes puissent y trouver leur place à
part entière. A la rencontre d’Edimbourg en 1990, l’évêque anglican de la ville a célébré l’Eucharistie
anglicane et le Père Gérard Daucourt a
donné une conférence sur l’importance de l’œcuménisme. Au Moyen-Orient, les Patriarches des Eglises
orthodoxes s’intéressent de plus en
plus à Foi et Lumière. Des communautés orthodoxes sont nées à Moscou. A Varsovie en 1994, le Métropolite
Orthodoxe de Brichaung,
Monseigneur Teofan Sinaitul a donné une conférence sur la spiritualité orthodoxe.
Les difficultés actuelles
Le Conseil International désire que Foi et Lumière s’enracine dans les différentes Eglises, mais des
difficultés majeures subsistent.
a) Foi et Lumière a beaucoup grandi dans des pays à majorité catholique. Les communautés catholiques
sont de plus en plus nombreuses et la
sensibilité catholique se manifeste dans les carnets de route, l’organisation, les documents. Des Protestants
en particulier, mais aussi des
Anglicans et des Orthodoxes, de façons différentes, peuvent se trouver encore mal à l’aise. Comment
les aider à reconnaître l’histoire et le
charisme de Foi et Lumière, à accepter que l’unité des Chrétiens implique beaucoup de temps et des souffrances.
Nous avons tous à apprendre
sur l’unité, comment elle se fait lentement et parfois douloureusement, mais aussi comment Foi et Lumière
et chacun de nous peut être enrichi
par cette diversité des traditions et d’expériences.
b) Des Catholiques se trouvant dans la majorité ne voient pas toujours l’intérêt de prendre contact
avec des Protestants ou de faciliter le
développement de Foi et Lumière dans d’autres Eglises. Certains Catholiques ont des difficultés à accepter
certaines pratiques et chants
familiers aux membres d’autres Eglises. Au cours des rencontres internationales, certains ressentent
une souffrance légitime lorsque
l’Eucharistie, dont ils se nourrissent quotidiennement, n’est pas célébrée le jour où il y a un Service
ou une Eucharistie d’une autre Eglise.
A ces moments-là, comment pouvons-nous respecter les Catholiques qui, pour vivre une grâce spéciale
de communion avec les membres
d’autres Eglises, choisissent de se priver de l’Eucharistie; et respecter aussi ceux qui, sans blesser
leurs frères et soeurs d’autres Eglises,
souhaitent participer à la messe à un autre moment de la journée et qui prient et recherchent également
l’unité en recevant Jésus de cette
manière, lui qui, tellement plus que nous, désire l’unité? L’essentiel pour les uns et les autres est
d’être prêts à accueillir des blessures et
certaines souffrances que Dieu leur demande dans l’intime de leur coeur pour que son corps brisé retrouve
l’unité.
Malgré ces difficultés réelles, il est important et nécessaire, à l’occasion des rassemblements Foi
et Lumière, que les membres de différentes
Églises dialoguent personnellement les uns avec les autres et partagent leurs joies et leurs souffrances.
Ainsi nous pouvons déjà vivre une
communion des cœurs.
Pourquoi Foi et Lumière est un mouvement particulièrement adapté à l’œcuménisme
Foi et Lumière est né dans l’Église catholique. Cependant, il est clair que l’inspiration de Foi et
Lumière n’est pas spécifique de cette Eglise. Son
fondement et sa spiritualité sont tout évangéliques. Foi et Lumière s’appuie sur les paroles et l’amour
de Jésus à l’égard des personnes qui ont
un handicap. “Père, je te bénis d’avoir révélé ton mystère aux pauvres et aux petits ». N’est-ce pas
«les pauvres, les estropiés, les boiteux, les
aveugles» (Lue 14) que Jésus nous exhorte d’inviter au festin? N’est-ce pas les pauvres qui acceptent
l’invitation au banquet quand les gens de
bien le refusent car ils sont trop occupés (cf. Lue 14: 15-24)? Heureux serons-nous à Foi et Lumière,
quelle que soit notre tradition religieuse, de
répondre tout spécialement à cette demande si pressante de Jésus.
Foi et Lumière découvre le mystère de la personne qui est appauvrie dans son intelligence mais dont
le cœur est très ouvert à l’amour et à la
présence de Jésus. C’est précisément ce mystère de l’Amour de Jésus pour les petits, quelque soit leur
Eglise, qui unit tous les Chrétiens. C’est
ce mystère qui est une source d’espérance pour tous les parents qui ont un fils ou une fille ayant un
handicap mental.
Foi et Lumière croit à la grâce et à la présence de Jésus dans chaque Église. Foi et Lumière croit aussi
que les personnes ayant un handicap
mental ont une mission pour aider les différentes Églises dans leur chemin vers l’unité.
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