Foi et Lumière

Foi et Lumière international
Foi et Lumière Canada est
Foi et Lumière Fleurs sauvages
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bullet1 L'inspiration et les valeurs de Foi et Lumière
bullet2 Oecuménisme

bullet3 Histoire de l'oecuménisme dans Foi et Lumière

première étape

Foi et Lumière est né en 1968 dans le but essentiel d’organiser un pèlerinage international pour des personnes handicapées mentales, leurs parents et leurs amis ; et d’encourager en même temps l’insertion des personnes handicapées dans les pèlerinages diocésains et les communautés chrétiennes. En effet, à l’époque, les personnes handicapées mentales ne pouvaient participer à des pèlerinages qu’en tant que malades ; elles devaient loger dans des hôpitaux de Lourdes. Un des événements qui ont provoqué l’organisation d’un tel pèlerinage fut l’expérience douloureuse de Gérard et Camille Proffit avec leurs deux fils Loïc et Thaddée, lourdement handicapés, qui n’avaient pu les inscrire au pèlerinage de leur diocèse. Partis à Lourdes, en dehors de toute organisation, ils ont ressenti une réelle marginalisation à l’hôtel, dans la ville et même dans les sanctuaires.

Foi et Lumière est donc né d’une souffrance, celle des parents et de leurs enfants ayant un handicap mental, souffrance d’être exclus de leur Eglise ou de certains lieux d’Église. Il est né aussi de la foi de ces parents, foi dans l’amour de Jésus pour leurs enfants et foi dans la valeur de leurs enfants sur le plan chrétien; il est né de l’amitié entre Gérard et Camille Proffit, Jean Vanier, fondateur de l’Arche et Marie-Hélène Mathieu, fondatrice de l’Office Chrétien des Personnes Handicapées.

Lourdes est un lieu de pèlerinage dédié à Marie, la Mère de Dieu. De nombreuses personnes viennent à Lourdes à la recherche de guérisons ou de miracles. Les responsables de  Foi et Lumière avaient tenu à préciser, dans la Charte de ce premier pèlerinage, que l’on n’attendrait pas dé cette démarche, la guérison des personnes handicapées mentales, mais leur réinsertion dans l’Eglise et dans la société, c’est à dire la guérison des cœurs des gens dits “normaux”.

Ce premier pèlerinage a été soutenu, dès ses débuts, par Monseigneur Desmazières, évêque de Beauvais, et Monseigneur Rhodain, fondateur du Secours Catholique. Lors de son déroulement à Pâques 1971, le Pape Paul VI envoya un message d’affection et de soutien à tous les pèlerins. Cependant un certain nombre de prêtres de 1’Eglise Catholique en France s’étaient opposés à cette démarche; selon eux Foi et Lumière était un mouvement de piété qui insistait trop sur la souffrance et qui était rétrograde par rapport à la vision du Concile Vatican II.

A ce pèlerinage de 1971, parmi les 12 000 pèlerins de 15 pays, se trouvait un certain nombre de Protestants et d’Anglicans. Eux aussi aspiraient à la pleine intégration de leurs enfants dans leur Eglise et dans la société.


Deuxième étape

Foi et Lumière est vraiment né à Lourdes le lundi de Pâques 1971, quand 350 responsables de communautés qui s’étaient constituées à l’occasion du pèlerinage ont décidé avec Marie-Hélène Mathieu et Jean Vanier de rester ensemble et de continuer à oeuvrer pour l’intégration des personnes handicapées mentales dans la société et dans l’Eglise. Rentrés chez eux, les pèlerins qui étaient venus d’une môme ville ont continué de se retrouver régulièrement; occasionnellement, ils organisaient aussi des fêtes ou des pèlerinages. A ces rencontres, on célébrait l’Eucharistie, mais il y avait aussi des temps de fête, où dans l’amitié, on dansait, jouait et chantait ensemble. Ces célébrations attiraient des Catholiques, mais aussi des personnes venant d’autres Eglises. Toutes ces personnes étaient touchées par la joie des personnes handicapées mentales et de leurs parents qui sortaient de leur tristesse et de leur solitude.

En 1975, un nouveau pèlerinage international était organisé à Rome à l’occasion de l’année sainte. L’accueil chaleureux de Paul VI dans la basilique Saint Pierre fut la confirmation par l’Eglise Catholique d’un mouvement qui rencontrait, surtout en France, encore beaucoup d’hostilité.

Peu à peu, les responsables des différents pays réunis en un Conseil International ont pris de plus en plus conscience des buts et du charisme propre de Foi et Lumière. Ils ont rédigé ensemble la Charte qui précise que Foi et Lumière est un mouvement communautaire. Son but est de créer des communautés de soutien, d’amitié et de prière fondées sur l’Evangile et l’amour de Jésus, des communautés d’une trentaine de membres, réunissant des personnes ayant un handicap mental, leurs parents et des amis.

Dans cette période, Foi et Lumière était considéré comme un mouvement catholique bien qu’il n’y ait pas eu de rattachement juridique à cette Eglise.


Troisième étape

Les membres des communautés Foi et Lumière qui appartenaient à des Églises protestantes ou anglicanes ont souhaité créer des communautés à l’intérieur de leur propre Eglise. Ainsi sont nées en Angleterre, Ecosse et Afrique du Sud des communautés liées aux Eglises anglicanes, presbytériennes, méthodistes. Par la suite, dans d’autres pays, des communautés orthodoxes ont vu le jour.


Quatrième étape

Les responsables de Foi et Lumière ont pris conscience que le mouvement devenait inter-confessionnel. Il fallait modifier la Charte et la Constitution pour qu’elles reflètent mieux cette réalité.

En effet, des tensions ont pu naître dans certaines communautés où des personnes de confessions chrétiennes différentes se trouvaient un peu perdus et marginalisés au cours des célébrations lorsqu’on y célébrait l’Eucharistie et qu’ils ne pouvaient pas communier. Dans les communautés, l’amitié et l’union des cœurs entre les personnes et, pour les parents, le désir de voir leurs enfants mieux intégrés dans la vie de la société, aidaient à dépasser certaines difficultés. Par contre, dans les rencontres internationales ou dans des sessions de formation, le programme et la liturgie étaient prévus pour les participants catholiques et non pour les membres d’autres confessions. C’était une source de souffrances pour la minorité protestante qui se sentait marginalisée, parfois même exclue. Le décalage était réel, d’une part entre les paroles, les intuitions et le désir des responsables et d’autre part la réalité.

Il était important de reconnaître les besoins des Protestants et des Anglicans, la valeur de chaque Eglise, source de vie, de vérité et de grâce. C’est à ce moment-là que le Conseil International a rédigé un document sur l’œcuménisme et l’a envoyé aux responsables de pays en leur demandant leurs commentaires et leurs amendements.

Les responsables de Foi et Lumière prennent de plus en plus conscience des difficultés d’être un mouvement international qui doit tenir compte des besoins de ses membres d’être intégrés dans leur propre Eglise, et en même temps de respecter sa vocation de famille internationale unie. Ils savent aussi que l’unité entre les Chrétiens n’est pas le premier but de Foi et Lumière mais une conséquence importante de sa vocation : l’accueil des personnes handicapées mentales et de leurs parents au cœur des communautés chrétiennes, leur croissance dans l’amour de Jésus et les valeurs de l’Evangile.


Cinquième étape

En 1992, le Conseil International créa une commission oecuménique dans la zone Europe du Nord pour une meilleure connaissance des Eglises protestantes, anglicanes et catholique. Petit à petit, cette commission est devenue une commission internationale qui a étudié tous les documents en vue de les rendre plus oecuméniques.


Sixième étape

Progressivement, le Conseil International, conscient de l’importance et de la valeur de l’œcuménisme et du désir de Jésus pour l’unité, a essayé d’organiser les rencontres internationales de telle sorte que les minorités protestantes, anglicanes et orthodoxes puissent y trouver leur place à part entière. A la rencontre d’Edimbourg en 1990, l’évêque anglican de la ville a célébré l’Eucharistie anglicane et le Père Gérard Daucourt a donné une conférence sur l’importance de l’œcuménisme. Au Moyen-Orient, les Patriarches des Eglises orthodoxes s’intéressent de plus en plus à Foi et Lumière. Des communautés orthodoxes sont nées à Moscou. A Varsovie en 1994, le Métropolite Orthodoxe de Brichaung, Monseigneur Teofan Sinaitul a donné une conférence sur la spiritualité orthodoxe.


Les difficultés actuelles

Le Conseil International désire que Foi et Lumière s’enracine dans les différentes Eglises, mais des difficultés majeures subsistent.

a)   Foi et Lumière a beaucoup grandi dans des pays à majorité catholique. Les communautés catholiques sont de plus en plus nombreuses et la sensibilité catholique se manifeste dans les carnets de route, l’organisation, les documents. Des Protestants en particulier, mais aussi des Anglicans et des Orthodoxes, de façons différentes, peuvent se trouver encore mal à l’aise. Comment les aider à reconnaître l’histoire et le charisme de Foi et Lumière, à accepter que l’unité des Chrétiens implique beaucoup de temps et des souffrances. Nous avons tous à apprendre sur l’unité, comment elle se fait lentement et parfois douloureusement, mais aussi comment Foi et Lumière et chacun de nous peut être enrichi par cette diversité des traditions et d’expériences.

b)   Des Catholiques se trouvant dans la majorité ne voient pas toujours l’intérêt de prendre contact avec des Protestants ou de faciliter le développement de Foi et Lumière dans d’autres Eglises. Certains Catholiques ont des difficultés à accepter certaines pratiques et chants familiers aux membres d’autres Eglises. Au cours des rencontres internationales, certains ressentent une souffrance légitime lorsque l’Eucharistie, dont ils se nourrissent quotidiennement, n’est pas célébrée le jour où il y a un Service ou une Eucharistie d’une autre Eglise.

A ces moments-là, comment pouvons-nous respecter les Catholiques qui, pour vivre une grâce spéciale de communion avec les membres d’autres Eglises, choisissent de se priver de l’Eucharistie; et respecter aussi ceux qui, sans blesser leurs frères et soeurs d’autres Eglises, souhaitent participer à la messe à un autre moment de la journée et qui prient et recherchent également l’unité en recevant Jésus de cette manière, lui qui, tellement plus que nous, désire l’unité? L’essentiel pour les uns et les autres est d’être prêts à accueillir des blessures et certaines souffrances que Dieu leur demande dans l’intime de leur coeur pour que son corps brisé retrouve l’unité.

Malgré ces difficultés réelles, il est important et nécessaire, à l’occasion des rassemblements Foi et Lumière, que les membres de différentes Églises dialoguent personnellement les uns avec les autres et partagent leurs joies et leurs souffrances. Ainsi nous pouvons déjà vivre une communion des cœurs.


Pourquoi Foi et Lumière est un mouvement particulièrement adapté à l’œcuménisme

Foi et Lumière est né dans l’Église catholique. Cependant, il est clair que l’inspiration de Foi et Lumière n’est pas spécifique de cette Eglise. Son fondement et sa spiritualité sont tout évangéliques. Foi et Lumière s’appuie sur les paroles et l’amour de Jésus à l’égard des personnes qui ont un handicap. “Père, je te bénis d’avoir révélé ton mystère aux pauvres et aux petits ». N’est-ce pas «les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles» (Lue 14) que Jésus nous exhorte d’inviter au festin? N’est-ce pas les pauvres qui acceptent l’invitation au banquet quand les gens de bien le refusent car ils sont trop occupés (cf. Lue 14: 15-24)? Heureux serons-nous à Foi et Lumière, quelle que soit notre tradition religieuse, de répondre tout spécialement à cette demande si pressante de Jésus.

Foi et Lumière découvre le mystère de la personne qui est appauvrie dans son intelligence mais dont le cœur est très ouvert à l’amour et à la présence de Jésus. C’est précisément ce mystère de l’Amour de Jésus pour les petits, quelque soit leur Eglise, qui unit tous les Chrétiens. C’est ce mystère qui est une source d’espérance pour tous les parents qui ont un fils ou une fille ayant un handicap mental.

Foi et Lumière croit à la grâce et à la présence de Jésus dans chaque Église. Foi et Lumière croit aussi que les personnes ayant un handicap mental ont une mission pour aider les différentes Églises dans leur chemin vers l’unité.




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