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Foi et Lumière | | |
Les difficultés psychologiques du
responsable
Il est tout à fait normal que nous avions peur quand on nous demande de prendre la responsabilité. C'est
une peur profonde qui est
difficile à expliquer; peur de ne pas avoir suffisamment de dons et de qualités, peur de montrer nos
faiblesses devant tout le monde. Il y a
encore une autre peur, je dirais "spirituelle" : celle d'être appelé par le Seigneur à quitter
ce que nous vivons maintenant et à s'engager
sur un chemin inconnu.
L'acceptation de la responsabilité n'est pas une chose facile et c'est normal qu'on hésite un peu. Je
suis très inquiet pour les personnes
qui acceptent des responsabilités trop facilement ou qui luttent pour obtenir le poste de responsable
dans la communauté. Dans certains
cas, la responsabilité peut être voulue comme "une thérapie" pour soi-même, une façon de se
valoriser ou de couvrir ses propres
faiblesses par le pouvoir ou la domination : "Je suis chef donc je suis fort". Pour certaines
personnes qui ont des difficultés relationnelles
avec les autres, "avoir le pouvoir" peut sembler une solution "comme ça j'aurai vraiment
ma place dans la communauté."
Une grande difficulté pour tous ceux qui portent des responsabilités, c'est le sentiment de solitude
: le responsable est parfois très seul
devant des problèmes très graves. Même s'il a une bonne équipe autour de lui, souvent il se sent seul
pour porter le poids de toutes les
tensions qui existent dans la communauté, le poids des décisions qui seront peut-être critiquées. Pourtant
le rôle de chaque
responsable est de canaliser vers lui-même les tensions et les agressivités qui existent dans la communauté.
Si le responsable
n'accepte pas ce rôle, l'agressivité se propage et c'est la personne la plus faible qui en souffrira
le plus.
Devant ce poids de solitude, trois attitudes sont possibles
1.
La fuite de la responsabilité
Je suis "un copain" pour chaque personne. Je ne propose pas d'exigence de croissance pour
la communauté. Je fais ,uniquement ce
dont le groupe a envie. Dans tous les conflits 4ui arrivent je garde la position "centriste".
Le plus important pour moi est "d'être aimé par
tout le monde". Dans cette attitude, il n'y a ni exigence, ni autorité, ni croissance possible.
L'agressivité se propage, révélant des
tensions intérieures profondes et une grande inquiétude. Les personnes avec un handicap se sentent perdues.
2.
La domination
La domination sert très souvent à couvrir le "vide" intérieur chef'. Par la domination, le
chef trouve un alibi pour réaliser sa volonté propre
à travers les autres. Dans cette attitude, il confond ses propres besoins avec les besoins de la communauté.
Le "chef' n'écoute pas
profondément les personnes présentes : il écoute seulement ceux qui sont avec lui, qui sont le garant
de sa sécurité. La croissance des
personnes et de la communauté tout entière est en danger.
3.
L'humble service de la communauté
L'attitude du service est le seul moyen qui nous permette de dépasser nos propres blocages psychologiques
: "Je suis appelé pour
remplir une certaine mission". Cette mission m'est confiée par le Seigneur et par mes frères, malgré
et indépendamment de mes
propres faiblesses. Je ne suis ni bon ni mauvais, mais je dois faire quelque chose pour le bien de toute
la communauté. Je peux
compter sur l'aide de mes frères et l'aide de Jésus
La responsabilité n'est pas le résultat de ma propre valeur!
C'est uniquement une mission qui m'est confiée pour un temps limité!
Pour être un bon berger il est nécessaire de savoir prendre une distance par rapport à soi-même : se
libérer de ses peurs et de ses
propres limites. Accepter sa faiblesse dans un sens positif: "Je suis faible et c'est pour cette
raison que je peux aider les autres qui sont
aussi faibles. Je suis faible, donc j'ai besoin du conseil des autres, j'ai besoin d'une aide particulière
de Jésus."
En acceptant que la responsabilité est une mission confiée par Jésus, je crois profondément que Jésus
est avec moi dans mon travail et
que je peux toujours compter sur Lui. La responsabilité est alors une invitation à s'enraciner encore
plus en Lui.
Cependant, comme dans toutes les communautés chrétiennes, il y a un danger énorme que ceux qui exercent
l'autorité manipulent la
notion de "volonté du Seigneur". Souvent on transforme "je suis choisi par mes frères
et par Jésus" en "toutes mes décisions sont une
réalisation de la volonté de Jésus". On couvre ses propres limites et sa propre peur, derrière
un grand panneau : la volonté de Dieu! Or
la volonté du Seigneur peut aussi se manifester à travers ceux qui sont en désaccord avec le responsable.
C'est donc une question! comment discerner la volonté du Seigneur?
Seule une certaine maturité chrétienne nous y aidera peu à peu. Une maturité qui nous permet d'être
humble. Une maturité qui nous
libère de nous-mêmes et de cette tentation de vouloir nous valoriser à travers Jésus. Une maturité qui
nous permet de tomber, de faire
des fautes et de nous relever. Une maturité qui nous conduit à traiter les autres avec une qualité d'amour
qui dépasse nos sympathies et
nos antipathies.
Ce qui est indispensable pour être un bon berger, c'est d'arriver à vivre dans l'unité sa fonction dans
la communauté: sa mission à Foi et
Lumière avec sa vie personnelle, familiale et même professionnelle.
Dans cette recherche de l'unité, on découvrira la paix intérieure et une progressive maturité chrétienne.
La responsabilité à Foi et
Lumière ne peut jamais être acceptée ou vécue comme une compensation aux difficultés que nous rencontrons
dans la vie quotidienne.
Si une responsabilité est vécue comme une compensation personnelle, la croissance de la communauté deviendra
impossible et ce
sont les plus faibles qui en souffriront le plus. Cependant, nous ne devons pas nous décourager car,
en réalité, nous ne sommes pas
seuls devant toutes ces difficultés et tentations qui nous attendent sur le chemin de la responsabilité.
Chaque responsable est entouré
par une équipe (de coordination, conseil régional...) qui a pour mission de l'aider à discerner et à
cheminer dans la bonne direction.
C'est pourquoi il est très important que les réunions de cette équipe ne soit pas seulement centrées
sur l'organisation. Il faut prendre le
temps de la prière et du soutien mutuel. il est aussi très important de vivre en équipe dans tin climat
de vérité. N'ayons pas peur de la
vérité, parce que c'est la vérité qui nous libère: il s'agit de découvrir ensemble certaines de nos
difficultés, de nos blocages
psychologiques et chercher ensemble à les assumer.
Marcin Przeciszewski
Quand on a déjà beaucoup sur les épaules...
Pour qu'il n'y ait plus d'oublis ou d'erreurs, l'équipe de coordination a fixé les dates des réunions
de la communauté pour l'année. Je les
annonce à tout le inonde: "la rencontre de la communauté aura lieu chaque troisième dimanche...
John. qui a un handicap, lève la main et dit: "On peut voter là-dessus?" Je lui demande: "Voter
pourquoi?" Il répond: "Pour avoir une
rencontre tous les dimanches!"
C'est ce que John attend tout simplement de sa communauté.
Rita
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