Foi et Lumière

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bullet1 L'inspiration et les valeurs de Foi et Lumière
bullet2 La responsabilité

bullet3 Une histoire vraie

Lors d'une expédition en haute montagne, Mariana et son groupe retrouvèrent par hasard un petit troupeau de moutons perdu depuis longtemps. Voici son récit:

"Le gardien de notre refuge poussa un cri de joie: "Enfin le petit troupeau que l'on cherchait. Pauvres bêtes!" Aussitôt il partit chercher du pain sec, appela les brebis qui vinrent jusqu'à nous. "Mes amis, dit le gardien, c'est un troupeau perdu. C'est déjà la fin de l'été et tout les autres troupeaux sont dans les bergeries. Si personne ne le descend dans la vallée, il sera perdu pour toujours. Je ne peux pas le garder ici en attendant que le berger monte le chercher. Cela prendrait trop de temps." Tout le groupe a senti le poids de la réalité dans un lourd silence. Quelques uns ont commencé à s'excuser. D'autres sont partis sans rien dire. Il fallait avoir beaucoup de courage pour changer ses projets et accepter l'imprévu! Mon amie et moi avons dit: "oui, on va les raccompagner dans la vallée".

Le gardien nous regarda avec méfiance mais il dû accepter cette seule solution. Pendant qu'il était parti chercher le sel et le pain pour la route, beaucoup de doutes sont montés en nous: jamais l'une de nous n'avait eu de contact avec des brebis, on ne connaissait pas du tout leurs habitudes. De plus, il fallait prendre un long chemin de douze heures et on risquait d'arriver en retard pour le dernier car. C'était vraiment de la folie mais il était trop tard pour changer d'avis... On s'est dit: "nous sommes de bonne volonté et si Dieu veut sauver la vie de ses brebis, il nous guidera."

Au début tout allait bien, les brebis nous suivaient et j'étais fière de mon rôle de berger, de ce pouvoir de guider les brebis. L'herbe des prés tentait beaucoup les brebis; celles-ci ralentissaient le rythme mais comme nous avions le pain et le sel, elles choisissaient la meilleure part, celle de nous suivre. Notre force était dans la nourriture.

Mais plus nous avancions sur le chemin et plus les brebis se fatiguaient et ralentissaient. Alors nous donnions beaucoup de sel pour qu'elles nous suivent. Vers midi, à l'heure la plus chaude, nous étions arrivées dans un beau pâturage. Tout d'un coup les brebis commencent à courir. Impossible de les arrêter. Nous avons couru derrière elles, pour les rattraper près d'une petite source. Nous les avons regardées avec une terrible impuissance. Elles n'arrêtaient pas de boire. Nous étions inquiètes: comment allaient-elles pouvoir continuer la route, si alourdies par l'eau bue? C'était à cause du sel qu'elles étaient si assoiffées! Quelles erreurs peut-on faire quand on ne connaît pas bien les besoins de ceux qui nous sont confiés! Nous avions seulement pensé à la façon de les attirer pour qu'elles nous suivent mais pas à ce qui était vraiment bon pour elles. Dès qu'elles eurent trouvé une autre nourriture, notre sel, notre pain et nos caresses n'avaient plus aucun pouvoir.

Je savais que boire tant d'eau était mauvais pour elles, aussi en désespoir de cause j'avais pris un bâton, ma tendresse s'était alors transformée en colère pour qu'elles arrêtent de boire.

Enfin, elles reprirent la route et là, j'ai pu observer le pouvoir d'une brebis, avec une cloche autour de cou, sur les autres brebis. J'ai réalisé que cela n'aurait pas été nécessaire de frapper tout le troupeau mais seulement de mettre en route la brebis avec la cloche! Tout le troupeau l'aurait suivie... Sans elle, nous ne pouvions rien faire avec les brebis. Notre force était maintenant dans la confiance que les brebis avaient envers la brebis guide.

Mais le chemin était encore long et une petite brebis s'est mise à boiter, à rester en arrière du troupeau. Quand la brebis-guide l'a remarqué, elle a attendu la petite brebis pour se mettre à son rythme. Nous avons donc dû respecter la compassion qu'elle avait envers la petite brebis.., et le rythme qu'elle imposait à tout le troupeau.

La nuit commençait à tomber; les brebis étaient de plus en plus lentes et fatiguées. Notre sac de pain était presque vide. Nous étions très découragées... Mais il restait un moyen ultime: j'ai donné mon sac à dos à mon amie et j'ai pris la brebis boiteuse sur mes épaules. Elle était très lourde et je faillis tomber! Mais une confiance s'est alors établie entre la brebis guide et moi. Elle s'est mise à marcher à mon rythme. La dernière partie du chemin a pu ainsi se faire plus rapidement... Pendant ce temps, le berger, prévenu, était monté à notre rencontre; Quand il nous aperçut, il appela la brebis guide par son nom: celle-ci s'arrêta un petit instant puis se mit à courir vers lui comme si elle avait des ailes dans le dos... Quant à nous, notre rôle de berger s'achevait, riche d'enseignement!"


Mariana Mihelcic
Slovénie


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