Bibliographie des œuvres
de Jean Giono
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Premiers poèmes

Conception: fin des années 1910 - début des années 1920.
Publication: Revue mensuelle La criée, Marseille, 1922-1923.

Ces poèmes sont reproduits dans le Bulletin de l'Association des amis de Jean Giono, no 2, Manosque, 1973.


Accompagné de la flûte

Conception: printemps-été 1923.
Publication: Éditions de l'Artisan, Cahier no 6, 1924.

Ces poèmes sont reproduits dans le Bulletin de l'Association des amis de Jean Giono, no 3, Manosque, 1974. On en trouvera certains réédités dans le volume Dans l'odeur des collines.

Écrits à l'époque où Giono est encore employé de banque, ces poèmes sont imprégnés d'un hellénisme bucolique, parfois un peu trop appliqué. On y trouve cependant déjà ces images qui marqueront le style de l'auteur.


Images d'un jour de pluie, et autres récits de jeunesse

Conception: années 20.
Publication: Paris, Éditions Philippe Auzou, 1987.

Cet ouvrage comprend: Images d'un jour de pluie; Sur un galet de la mer; La lamentable aventure de Constance Phalk Bacalou; Élémir Bourges à Pierrevent.
Ces textes jettent une lumière nouvelle sur les voies dans lesquelles Giono s'est patiemment cherché avant de trouver son style et son domaine propres. Il avait mis l'accent sur ses lectures des poètes grecs et latins. Dans le même temps, il s'essayait aussi à évoquer certaines de ses expériences d'enfant, à dessiner sur le vif des croquis de Manosque et des Manosquins, ou encore à enregistrer faits et souvenirs de la chronique locale. Plus d'une de ces notations reparaîtra plus tard dans des romans. Au total, on assiste à une sorte de reconnaissance par l'écrivain de plusieurs des formes que prendra son oeuvre à venir. (4e de couverture)


Angélique

Conception: 1915-1923 (?).
Publication: Gallimard, 1980.

Ce texte fut écrit par Giono aux environs de sa vingtième année. Giono y joue avec les images d'un monde médiéval et avec les souvenirs de légendes qui le racontent avec autant d'affinité et de plaisir que plus tard avec les images du monde païen et les souvenirs d'églogues et d'idylles. A travers les unes et les autres, il avance à la recherche de son propre monde et de son propre style. (Henri Godard, Avant-propos)


Naissance de l'Odyssée

Conception: janvier 1925-décembre 1926.
Publication: Paris, Éditions Kra, 1930.
Paris, Bernard Grasset, 1938.

"J'ai commencé par écrire Naissance de l'Odyssée dans une cave, parce que j'avais besoin de soleil. A ce moment là, moi qui aime la pluie, j'avais besoin de soleil, parce que j'écrivais dans une cave, qui était la Conservation des Titres de l'Agence du Comptoir d'Escompte à Marseille, sous la place Saint-Ferréol. Forcément, dans une cave à Marseille, on est obligé d'inventer le soleil" (Entretiens, p.143. Henri Godard note que ce texte a été écrit à Manosque).
Ici, Giono brode librement, autour des vieux thèmes homériques qu'il n'a cessé d'admirer, une nouvelle légende d'Ulysse. Ce poème en prose, à la gloire d'Homère et du vieux monde méditerranéen, tend à démontrer que le vieux texte est toujour actuel, que le monde grec vit toujours sur les rives de la Méditerranée, dont le paysage s'accorde intimement avec les passions éternelles de l'homme. (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p.112)

Les premières pages.


Colline

Conception: juillet-décembre 1927.
Publication: Revue Commerce, été 1928.
Bernard Grasset, coll. Cahiers Verts, février 1929.

"En faisant Colline, j'ai voulu faire un roman, et je n'ai pas fait un roman: j'ai fait un poème !". (Entretiens, p.142)
Colline est le drame de l'eau: parce qu'une source tarit, un hameau est menacé de mort. Mais l'épreuve - l'incendie qui éclate - recrée la solidarité des hommes. Colline est aussi et surtout l'exaltation de la terre, conçue comme une personne, non seulement vivante mais sensible. "Toutes les erreurs de l'homme viennent de ce qu'il s'imagine marcher sur une chose inerte alors que ses pas s'impriment dans de la chair pleine". (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p.110)


Un de Baumugnes

Conception: août-décembre 1928.
Publication: La Nouvelle Revue française, août-novembre 1929.
Bernard Grasset, octobre 1929.

"J'aimerais, un jour, traiter précisément avec mon expérience actuelle, du problème de l'amitié. J'ai essayé maladroitement, de l'écrire dans Un de Baumugnes. Un de Baumugnes, pour moi, c'est plus une histoire d'amitié qu'une histoire d'amour". (Entretiens, p.161.)
Roman simple, le seul parmi tous ceux qui précèdent et qui suivent jusqu'en 1937 à n'avoir rien de "panique"; le seul aussi, parmi les romans de Giono, dont le résumé pourrait être celui d'un roman pour bibliothèque de gare, et je dis cela à la gloire de Giono, car c'est un tour de force de tirer d'un tel sujet un admirable livre. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.124)
(Pagnol en a tiré le film Angèle.)


Le noyau d'abricot

Publication: Bifur, 1929.
Paris: R. Jeanne, 1993.

Extrait de la revue "Bifur" publié a l'occasion de l'exposition "Giono en livres d'art" presentée à Manosque en 1993.


Regain

Conception: mars-décembre 1929.
Publication: Revue de Paris, octobre-novembre 1930.
Bernard Grasset, octobre 1930.

Comme Un de Baumugnes, Regain est l'histoire d'un amour et des virtualités qu'un homme porte en lui sans le savoir: parce qu'il aime, un être se sauve et sauve ceux qui l'entourent. (...) Le lyrisme de Giono est devenu plus sobre et plus mesuré. Les personnages de Regain sont d'authentiques paysans; le poète s'est davantage retenu de leur prêter sa voix et ses mots merveilleux. (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, Coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p. 113)
(Pagnol en a tiré le film du même nom.)


Présentation de Pan

Conception: décembre 1929.
Publication: Bernard Grasset, coll. Les amis des Cahiers Verts, juin 1930

Dans ce cours texte paru en marge du cycle de Pan (Colline, Un de Baumugnes, Regain), le récitant s'efforce de dévoiler les secrets de Pan. Transporté par l'ivresse dionysiaque, il célèbre cette force "qui ne choisit pas mais qui pèse d'un poids égal sur l'amandier qui veut fleurir, sur la chienne qui court sa course, et sur l'homme". (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, Coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p. 112)


Manosque-des-Plateaux

Conception: 26 avril-16 mai 1930.
Publication: Paris, Éditions Émile-Paul, décembre 1930.
Gallimard, 1986 (suivi de Poème de l'olive).

Consacré par Giono à sa ville natale et au pays qui l'entoure, ce texte évoque ce monde de plateaux et de collines qui s'offre à la vue et à l'exploration dans la directrion des quatre points cardinaux. Premier d'une longue série de tableaux de la Provence telle que la voit Giono. (Gallimard, 1986, 4e de couverture)

Les premières pages.


Poème de l'olive

Conception: 1930.
Publication: Revue Bifur, 1931.
Gallimard, 1986 (avec Manosque-des-Plateaux).

Ce texte évoque un moment de l'année dans la vie collective de Manosque et une de ses activités fondamentales: la cueillette des olives au début de l'hiver, puis le temps de la fabrication de l'huile. (Gallimard, 1986, 4e de couverture)


Solitude de la pitié

Publication: Paris, Éditions des Cahiers Libres, 1930.
Gallimard, 1932, 1947.

Recueil qui contient les textes suivants:
Solitude de la pitié, Prélude de Pan, Champs, Ivan Ivanovitch Kossiakoff, La main, Annette ou une affaire de famille, Au bord de la route, Jofroi de la Maussan, Philémon, Joselet, Sylvie, Babeau, Le mouton, Au pays des coupeurs d'arbres, La grande barrière, Destruction de Paris, Magnétisme, Peur de la terre, Radeaux perdus, Le chant du monde.
Vingt récits tirés de la terre ou de la petite ville, dont chacun dégage une morale et une philosophie: amère, stoïque, désenchantée. (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p.114)
Dans la plupart de ces textes, Giono est présent lui-même. Il dit constamment "je", et c'est la plupart du temps bien lui qui parle (...) Mais la couleur générale est quelque peu amère. C'est celle de la solitude de l'homme en lui-même, ou parmi les autres, ou dans la nature. C'est aussi celle de l'égoïsme. Les paysans intéressés, mesquins, parfois féroces, ne se trouvaient pas jusque là chez Giono. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p. 161)


Le serpent d'étoiles

Conception: juillet-10 août 1930
Publication: Les Nouvelles littéraires, décembre 1930-février 1931.
Bernard Grasset, avril 1933.

"Ces personnages sont plutôt faits avec moi-même qu'avec des bergers véritables. Je suis très gêné chaque fois qu'on me parle du Serpent d'étoiles. Je pense à l'époque où j'ai écrit ce livre, et je sais pourquoi je l'ai écrit. Je l'ai écrit parce que j'avais besoin de trois mille francs pour partir en vacances" (Entretiens, p.72).
Le mythe de Pan revit une fois de plus dans ce récit où passe, à la veillée, quand les bergers improvisent des jeux lyriques sous les étoiles, le grand souffle panique de la nature. (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p.115)


Le grand troupeau

Conception: décembre 1929-mars 1931.
Publication: Revue Europe, mai-septembre 1931.
Éditions de la N.R.F., novembre 1931.
Gallimard, 1944.

"C'est un livre raté. C'est un livre qui est fait de morceaux d'anthologie, assez réussis les uns et les autres, mais qui ne donnent pas une unité au livre et dans lequel je n'ai pas donné ma véritable expérience de la guerre"; "J'ai été obligé de le réécrire quatre fois parce que le personnage du capitaine s'imposait, et que, malgré la guerre - j'avais à ma disposition toute l'artillerie de l'armée allemande pour le tuer - je ne réussissais pas à le tuer". (Entretiens, p.229 et 178)
"C'est un livre pacifiste, mais c'est surtout un livre d'un homme qui a fait la guerre, qui déteste la guerre et qui ne veut plus la refaire. Voilà tout". (Jean Carrière. Jean Giono. Éditions La Manufacture, 1991, p. 122)
Sous la forme d'un roman, un réquisitoire contre la guerre. Le livre s'ouvre sur les images saisissantes de la descente du troupeau, comme une eau épaisse lâchée hors de son lit, vague après vague, serré frileusement derrière le bélier-maître. Les grandes images de l'Apocalypse éclairent ensuite les scènes de guerre, alternant avec les images du plateau déserté. (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p.115-116)


Jean le Bleu

Conception: printemps-été 1932.
Publication: Bernard Grasset, novembre 1932.

"C'est ma vie intérieure que j'ai voulu décrire dans Jean le Bleu. Cette vie qui était essentiellement magique. Je ne pouvais pas la raconter autrement qu'en créant autour de moi les personnages qui n'existaient pas dans la réalité, mais qui étaient les personnages magiques de mon enfance". (Entretiens, p.81)
Dans ce récit plus ou moins autobiographique, Giono évoque son enfance passée à Manosque, entre sa mère et son atelier de blanchisserie, et son père et son atelier de coordonnier.
Jean le Bleu est donc, pour sa genèse, au confluent de l'autobiographie et du roman, sans qu'on puisse dire que l'un a précédé l'autre. En tant qu'oeuvre achevée, il participe aussi de l'un et de l'autre genre (...) Impossible de démêler la part de réalité, celle d'invention pure, celle de transposition, celle de synthèse entre plusieurs réalités, qui donne sa forme à Jean le Bleu. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.181-182)


Le Chant du monde

Conception: janvier-septembre 1933.
Publication: Revue de Paris, mars-avril 1934.
Bernard Grasset, novembre 1934.

Giono chante les accords de la montagne et de la plaine, les travaux et les jours de leurs habitants (...) Autour d'un homme puissant et farouche, dégoûté de la vie depuis la mort du seul être qu'il aimait, se nouent des intrigues simples et brutales, à base de violence et d'amour. Celui de Clara pour Antonio éclaire ce pays rude, où les bêtes, seules, paraissent avoir droit à la pitié des hommes. (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, Coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p. 116)
Le Chant du monde est un roman de montagnes et non plus de collines (...) C'est aussi un roman centré sur un fleuve: la Durance (...) Le Chant du monde est un roman d'aventure et d'action (...) Plus encore que les précédents, Le Chant du monde est un roman de sauvetage (...) [Pour Giono], "le côté cucul de la fin est voulu. Le Chant du monde a un petit côté imbécile et couillon en réalité".(Pierre Citron. Giono. éditions du Seuil, 1990, p. 192-195)
Giono a également écrit un scénario pour un film tiré du livre. Ce scénario a été publié en 1980 dans le tome I des Oeuvres cinématographiques.


Que ma joie demeure

Conception: février 1934-janvier 1935.
Publication: Bernard Grasset, avril 1935.

"Je n'aime pas Que ma joie demeure parce que les personnages, qui sont des personnages en dehors du social, sont en train de remuer dans ce livre des idées sociales"; "Le thème central, c'est la générosité sans limites"; "Ce que j'avais oublié d'indiquer dans Que ma joie demeure, c'est le côté féroce de la générosité, le côté vrille de la générosité, la générosité est une qualité ou une passion féroce et égoïste". (Entretiens, p.204, 205 et 206)
Le livre, autant qu'un roman, est une gigantesque parabole lyrique. Les hommes, pense Jourdan dès le début, mènent une vie de lépreux: la solitude les defait par morceaux. La joie est le remède à cette manière de se décomposer vivant (...) Le roman, lumineux dans sa première partie où triomphent la confiance en l'homme et l'espérance, est finalement sombre si on le considère dans son ensemble (...) Roman sombre (...) roman cosmique (...) roman qui reste fascinant non parce qu'il propose véritablement un mode de vie et une action, mais parce que, ne se présentant pas comme une utopie, créant comme un paradis, il fournit un rêve d'évasion à une société emprisonnée par la civilisation qu'elle a secrétée. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.222-223)

Les premières pages.
La scène du repas.


Les Vraies richesses

Conception: juillet-décembre 1935.
Publication: Bernard Grasset, avril 1936.

Dédiées "à ceux du Contadour", Les Vraies richesses traduisent en préceptes et en discours d'une éloquence qui se voudrait rationnelle ce qui, dans Que ma joie demeure, appartenait à la fable et à la prophétie. Giono rappelle dans la préface comment la vie lui a fournit une réponse aux questions que le roman avait suscitées, au sein de quel "magma panique" il a trouvé sa vérité. (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, Coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p. 117)


Refus d'obéissance

Publication: Nouvelle Revue française, janvier 1937.

Recueil de textes pacifistes comprenant: Je ne peux pas oublier (1934, paru dans la revue Europe), et quatre chapitres écartés du texte Le Grand troupeau: Montée à Verdun, Veille d'attaque devant Saint-Quentin, Quiconque donc me trouvera me tuera!, Bataille du Kemmel (1930-1931).
Réédité en 1978 dans la collection Idées/Gallimard sous le titre Écrits pacifistes, accompagné de trois autres textes: Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix (1938), Précisions (1939), Recherche de la pureté (1939, paru à l'origine en préface au journal de guerre de son ami Lucien Jacques, Les Carnets de Moleskine).

"Je ne peux pas oublier", les premières pages.


Batailles dans la montagne

Conception: 24 février 1936-7 mai 1937.
Publication: Gallimard, août 1937.

C'est un roman d'action violente, comme Le Chant du monde: sauvetage, lutte contre les bêtes, exploits physiques, dangers. Batailles n'est presque à aucun degré un livre de joie: c'est un livre de la survie (...) C'est toujours, comme depuis Colline, un monde où la mal n'existe pas, ou très peu (...) Giono se montrera pénétrant quand, dans son journal, il décelera dans Batailles le signe d'un renouveau de l'épopée. C'est bien de cela qu'il s'agit. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.252-256)


Le poids du ciel

Conception: 10 juillet 1937-16 avril 1938.
Publication: Gallimard, octobre 1938.

Trois essais composent cet ouvrage: Danse des âmes modernes, Les Grandeurs libres, Beauté de l'individu.
Ces essais prolongent la méditation des Vraies richesses, la critique du machinisme et l'exaltation de la vie naturelle (...) Prise dans la danse des machines, l'âme déserte le corps de l'homme, elle habite maintenant dans le métal, elle inspire des techniques inhumaines. Mais, dans les montagnes, des artisants et des coupeurs de blé continuent de faire vivre la civilisation paysanne, qui sait "utiliser les choses célestes avec un goût animal". (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p 119)


Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix (Vivre libre I)

Conception: août 1938.
Publication: Bernard Grasset, novembre 1938.

Cette plaquette appartient à la prédication pacifiste de Giono, écrivain engagé dans la lutte contre la guerre menaçante. Giono parle aux paysans de leur grandeur et de leur mission, qui consiste à tuer la guerre (...) Réquisitoire contre la révolution industrielle, l'impérialisme de l'argent et des techniques, qui ont détruit la liberté et la joie de vivre, la lettre de Giono invite les paysans à détruire de leurs propres mains l'ordre inhumain d'une civilisation qui les pousse à l'abattoir. (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p. 119-120)
Repris dans le recueil Écrits pacifistes.


Précisions (Vivre libre II)

Conception: octobre 1938.
Publication: Bernard Grasset, décembre 1939.

Dans cette deuxième Lettre sur la paix, Giono polémique avec ses anciens compagnons d'extrême-gauche qui sont passés, en quelques années ou en quelques semaines, en fonction des évolutions de l'U.R.S.S., du pacifisme inconditionnel à la croisade antifasciste. Il a appelé de ses voeux et il approuve l'accord de Munich au nom du principe: "Il vaut mieux être vivant que mort." (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p. 120)
Repris dans le recueil Écrits pacifistes.


Recherche de la pureté

Conception: 1939.
Publication: préface aux Carnets de Moleskine, de Lucien Jacques, Gallimard, 1939.
Réédité chez Creuzevault, 1953, illustré par Bernard Buffet.

Le plus saisissant des textes pacifistes de Giono. Il s'ouvre comme un défi: "Quand on a pas assez de courage pour être pacifiste, on est guerrier." Et, après une évocation hallucinante de la dysentrie à Verdun, et celle de la décimation des mutins en 1917 (il a inventé qu'il y avait assisté) le texte se ferme - Giono ignore qu'il écrit là ses dernières lignes de combat pour la paix - sur la mort du "pacifique". (Citron, Pierre. Giono. Paris: Seuil, coll. écrivains de toujours, 1995, p.72)
Repris dans le recueil Écrits pacifistes.


Pour saluer Melville

Conception: 16 novembre 1939-1er mars 1940.
Publication: La Nouvelle Revue française, avril-mai 1940.
Gallimard, 1941.

A l'origine de ce livre écrit à sa sortie de prison, Giono pensait à une préface au Moby Dick de Melville qu'il venait de traduire avec Lucien Jacques et Joan Smith. Mais cette préface va bifurquer sur un véritable roman. L'action en est très simple. Melville, bourlingueur, aventurier, romancier, va à Londres pour se faire éditer. Cela, c'est authentique. Mais ici commence l'invention (...) Les rêves et les réflexions qui ont traversé Giono en prison prennent ici leur essor (...) Giono, enfermé, pense au paysage le plus ouvert qui soit: l'océan. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p. 327)


Triomphe de la vie (supplément aux Vraies richesses)

Conception: janvier-juillet 1941.
Publication: Neuchâtel, Ides et Calendes, novembre 1941.
Bernard Grasset, 1942.

Triomphe de la vie se présente comme un supplément aux Vraies richesses. Les mythes lancés à contre-courant par Giono - retour à la terre, artisanat, promotion de la jeunesse - viennent de triompher, mais Giono ne peut que rabâcher à leur sujet ce qu'il n'a cessé d'écrire depuis dix ans. D'où une impression de déjà lu, des redites qui ne vont pas sans lassitude. Le livre, trop bien accueilli par la presse de l'occupation, devait être imputé à crime à Giono au lendemain de la Libération. (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p. 121)


L'eau vive

Publication: Gallimard, 1943.

Recueil de textes de différentes époques (poèmes en prose, descriptions et paysages, textes de circonstance, fragments de romans inachevés).
Réédité en deux volumes dans les collections Folio et L'Imaginaire:
- Rondeur des jours

Contient les textes suivants:
Rondeur des jours, L'eau vive, Complément à l'eau vive, Le voyageur immobile, Jeux ou la naumachie, Apporte Babeau, Les larmes de Byblis, En plus du pain, Vie de mademoiselle Amandine, Possession des richesses, Automne en Trièves, Hiver, Aux sources mêmes de l'espérance, Provence, Entrée du printemps, Mort du blé.
- L'oiseau bagué
Contient les textes suivants:
L'histoire de Monsieur Jules, Son dernier visage, La ville des hirondelles, Promenade de la mort et départ de l'oiseau bagué le 4 septembre 1939, Description de Marseille le 16 octobre 1939, Le poète de la famille.

Le voyageur immobile, le texte intégral.


Le Voyage en calèche

Conception: janvier-octobre 1943.
Publication: Éditions du Rocher, 1946. Réédité en 1991.

Sous-titré "Divertissement romantique en trois actes".
Très riche, ambiguë, inégale - le premier acte est le plus réussi - la pièce, sous son aspect immédiat, apparaît comme dictée par l'actualité. Que le héros soit un résistant fera interdire la création de la pièce, le 24 décembre 1943, par la censure allemande. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p. 359)


Théâtre

Publication: Gallimard, 1943.

Contient les pièces suivantes:
Le Bout de la route, Lanceurs de graine, La femme du boulanger, L'Esquisse d'une mort d'Hélène (1926).
Rien de moins intellectuel que le théâtre de Jean Giono, qui prend sa source au niveau exact des travaux, des jours et des humbles passions populaires. Le bout de la route réunit dans un hameau perdu de la montagne un étranger en manteau de bure, un jeune couple et de vieux paysans, pour un hymne à l'amour. Lanceurs de graines exprime les menaces que l'avidité des citadins fait peser sur l'équilibre antique des foyers. La femme du boulanger - immortalisée par Raimu dans le film célèbre que Marcel Pagnol en a tiré - reprend un compte de Jean le bleu. Giono a joint à ce recueil l'Esquisse d'une mort d'Hélène, dialogue poétique entre la veilleuse et une captive troyenne devant la dépouille d'Hélène de Sparte. (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p.122-123)


Virgile ou les Palais de l'Atlantide

Conception: 1943-1944.
Publication: Paris: Corrêa, 1947 (Préface aux Pages immortelles de Virgile).
Cahiers Giono, 4, Gallimard, 1986.
Les Belles Lettres, 2001.

Jean Giono a écrit ce livre pendant la seconde guerre mondiale, pour préfacer un choix de traductions de Virgile. Avec lui, il ne faut s'attendre à rien de conventionnel: comme dans Le Désastre de Pavie ou d'autres essais historiques, c'est d'une réflexion générale sur notre société qu'il s'agit, Virgile étant un point de départ. Bien sûr, Giono raconte la vie de Virgile, mais parle aussi de lui-même. De la Provence de sa jeunesse, où « il était à ce moment là très facile de vivre à l'air libre », puis, plusieurs années plus tard, à l'occasion d'une conversation avec des amis « au milieu du chemin de leur vie » (car, parlant de Virgile, il n'oublie pas Dante), de ce qu'est devenu « le temps des bergers ».
« Le plaisir que me donnait les livres était d'abord physique. » Et il se rappelle de celui que lui communiqua Virgile, quand on le lui donna à lire adolescent. « Et voilà qu'il était là devant moi, le noble, l'immense et le joyeux ! Et dans mes mains, je tenais le prophète et le guide. » Les champs, les animaux, les dieux : nous comprenons que c'est en partie grâce à Virgile que Giono a ressenti le chant du monde. (Quatrième de couverture)


Fragments d'un paradis (Les Anges)

Conception: février-mai 1944.
Publication: Paris, G. Dechalotte, 1948, édition limitée.
Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1974.

"Brusquement ce matin je suis aux prises avec l'idée d'écrire un très grand et très sordide poème avec Fragments d'un paradis, grand voyage en mer, journal de bord, et épisodes, aventures particulières ? Catalogue des richesses, amertume. Une condition humaine, mais avec des formules artistiques de Renaissance (...) Impuissance des hommes. Vanité de tous leurs moyens de puissance, de toute leur volonté de puissance. Il faudrait que ce soit un grand poème". (Giono, Journal, 17 février 1944, cité par Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p. 369)

"Ce texte de «Fragments d'un paradis» a été dicté du 6 au 10 août 1940.
Il est destiné à servir d'élément de travail à un poème intitulé«Paradis».
Il est publié tel qu'il a été dicté, sans aucune retouche.
Ici ce sont les anges, qui, précédés de grondements d'abîmes et de parfuns, apparaissent".
(Jean Giono, Avertissement, Gallimard, coll.L'Imaginaire)

Ce récit à tous égards singulier dans l'oeuvre de Giono, a bien été dicté (...) L'entreprise date du printemps 1944 et dura non cinq jours, mais un peu plus de deux mois. En expérimentant cette méthode, Giono voulait se donner un premier texte qu'il comptait retravailler par la suite. En réalité, les circonstances le lui firent publier tel quel (...) Giono montre, en le qualifiant de poème, l'importance qu'il y attache, et de fait, par delà quelques facilités qu'il s'est données pour faire vite, c'est bien à un jeu d'imaginaire et de langage qu'il se livre ici, autour de cet aspect sous lequel le monde n'était pas encore apparu dans son oeuvre: la mer. (Note de l'éditeur, Gallimard, coll.L'Imaginaire)


Angélo

Conception: printemps 1945.
Publication: Gallimard, 1958.

Angélo, premier état d'un travail qui devait durer huit ans, permet d'observer, presque à l'état naissant, les personnages de Jean Giono, au fur et à mesure que leur auteur les "lance" dans le monde. Tel un expérimentateur, le romancier étudie le comportement de ses héros; il éprouve leurs réactions, particulièrement au contact des évènements, des hommes et surtout des femmes (...) C'est un roman picaresque, enlevé comme une charge, où l'on voit Angelo dans les bois de pins avec un air de contentement extrême. (Pierre de Boisdeffre. Giono. Gallimard, coll. La Bibliothèque idéale, 1965, p. 132)
Bien que publié sept ans après Le hussard sur le toit, Angelo se situe antérieurement à ce dernier dans le cycle du hussard.


Mort d'un personnage

Conception: septembre 1945-mars 1946.
Publication: Revue de Paris, juin-juillet 1948.
Bernard Grasset, mars 1949.

Mort d'un personnage, le plus court des romans que Giono ait encore écrit, est aussi un des plus beaux. Il repose sur d'admirables manques, des vides de rêve (...) Le livre est construit selon un amenuisement progressif, de l'énorme grouillement initial de Marseille à l'évocation du petit cercle autour du fils de Pauline, à l'épisode où l'héroïne se dépouille de sa fortune, jusqu'à sa mort, à laquelle n'assiste que son petit-fils. Il va decrescendo, et s'éteint comme Pauline elle-même. Mais cette dissolution n'engendre ni désespoir ni amertume. (...) Sur cette figure de jeune femme vient se greffer, pour former le personnage, la vieille Pauline Giono, âgée de 88 ans, déclinante, aveugle depuis plusieurs années, et dont le fils sait qu'elle va mourir (...) Il va écrire sa vieillesse et sa mort alors qu'elle vit encore, et lui rendre hommage en la fixant, transfigurée, dans son oeuvre. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p. 397-398)


Un roi sans divertissement

Conception: automne 1946.
Publication: Paris, Éditions de la Table Ronde, juin 1947.
Gallimard, décembre 1947.

Un roi sans divertissement sera un contre-pied des Vraies richesses, et rien ne marque mieux la distance que Giono prend avec son oeuvre d'avant la guerre (...) Giono n'explique pas. Le texte, un des plus difficile qu'il ait écrit, doit être interprété, presque décrypté. En fait, Langlois [le personnage principal] s'est tué parce qu'il a découvert qu'il était semblable à M. V. [l'assassin], lequel était un homme comme les autres; que lui, Langlois, était donc capable, pour échapper à l'ennui, des mêmes horreurs que tous les autres (...) Un roi sans divertissement est le roman du mal, de la violence qui existe au fond de tout homme et est parfois le seul remède au vide de l'existence. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.403-405)


Noé

Conception: 20 novembre 1946-12 juillet 1947.
Publication: Paris, Éditions de la Table Ronde, 1947.
Gallimard, 1961.

L'idée centrale est dans le titre et dans l'épigraphe, tirée du poème de l'hiver 1944-1945, "Un déluge": il n'y avait pas d'arche, et toute la création était dans le coeur de Noé, symbole de l'écrivain qui porte en lui toutes ses créatures. La seule réalité est intérieure et magique, et Giono, qui en rend compte, est donc un réaliste, il le dit avec humour, parce qu'il est un inventeur. Il le proclame dès la première page: «Rien n'est vrai. Même pas moi; ni les miens, ni mes amis. Tout est faux. Maintenant, allons-y. Ici commence Noé.» (...) Ce n'est pas le roman du romancier en train d'écrire un roman. Ici seul le romancier, au fond, existe, et son roman n'existe pas: il n'est pas racontable. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.410-411)

Les premières pages.


Faust au village

Conception: septembre-décembre 1948.
Publication: dans plusieurs revues entre 1949 et 1951.
Gallimard, 1977.

Recueil de sept courts récits:
Le Cheval évoque un animal réel, célèbre à Lalley; La Croix, récit burlesque et irrévérencieux, dépeint la mésaventure de trois garçons portant en pélerinage une immense croix; Silence, une de ces histoires de psychologie imaginaire si fréquentes chez Giono; Monologue évoque l'atmosphère du village, puis les gens qui, dans un tripot campagnard, jouent tout leur avoir, fortune, terres, maisons, sur une seule carte; Notre vin, qui commence par des variations sur l'âpre vin du pays, se termine sur l'agonie et la mort: celles des autres, auxquelles il est si agréable de penser; Faust au village, une des plus belles nouvelles jamais écrites par sa rigueur et sa densité; une des trois nouvelles fantastiques de Giono, avec La daimone au side-car (L'Esclave) et Prélude de Pan; Le Mort est le dialogue, aussitôt après la mort d'un homme, de sa veuve et d'une voisine: les besognes matérielles, la famille et les relations à prévenir - ou à ne pas prévenir. Tout un grouillement mesquin et égoïste. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.426-428)


Les Âmes fortes

Conception: 27 décembre 1948-28 avril 1949.
Publication: Gallimard, janvier 1950.

Les Âmes fortes prolongent les récits de Faust au village. Là non plus, ni Giono ni aucun narrateur neutre ne prend la parole: seuls s'expriment les personnages (...) A travers des dialogues extraordinairement vivants, naturels et incisifs, perce une vue de l'humanité qui n'a jamais été aussi noire chez Giono. Un peu parce que les "veilleuses", qui n'éprouvent aucun chagrin et ne sont là, sous couvert de satisfaire à un rite, que pour passer une nuit à bavarder, boire et manger. Mais surtout parce que leur égoïsme et leur âpreté au gain, dans le récit de la mort d'une mère puis du partage de l'héritage, atteignent des sommets. Pour des intérêts dérisoires d'ailleurs, ce qui rend burlesque cette rapacité et cette inconscience (...) Les Âmes fortes, un des plus grands romans de Giono, «un des grands chef-d'oeuvre du roman moderne» de l'avis de Michel Raimond sont une oeuvre aussi peu stendhalienne que possible, à la fois touffue, compacte, trouble, contradictoire et violemment burinée: un livre à l'eau-forte. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.429 et 432)


Village

Conception: 1950
Publication: Lyon: La Manufacture, 1985

Illustré par Edith Berger.
Il s'agit de Lalley où habite Edith Berger. Ces pages manifestent comme un retour à la période des Vraies richesses où Giono a découvert Lalley, et où les paysans de ses livres étaient beaux et paisibles dans leur travail aux champs, avec leurs bêtes. Giono a replongé pour quelques instants dans Virgile. Son style est bien celui de 1950, désinvolte, acéré. Mais il s'en sert pour s'accorder un bain de pureté. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.441)

Le texte intégral.


Les Grands chemins

Conception: 10 octobre-22 décembre 1950.
Publication: Gallimard, mai 1951.

Le récit, qui sonne très "parlé", est mis dans la bouche d'un conteur unique, dont la langue est vive, imagée, populaire comme celle des "veilleuses" des Âmes fortes, mais souvent plus argotique que la leur, et où Giono laisse bien rarement passer des phrases qui sonnent comme étant de lui et non de son personnage (...) La route, l'amitié, le jeu, le mensonge, des thèmes familiers à Giono (...) Plusieurs lignées se croisent ici. Celle des Âmes fortes: l'accent est mis sur le mensonge; et le récit se ferme sur un meurtre justifié et impuni, suivi d'un instant de bonheur. Deuxième tradition: les picaresques, car le héros est un vaurien qui court l'aventure sur les routes. En troisième lieu, les romans américains.


Le Hussard sur le toit

Conception: octobre 1947-avril 1951.
Publication: Gallimard, novembre 1951.

A travers tout le Midi, le choléra frappe et se propage. C'est le troisième cataclysme de l'oeuvre de Giono, après la guerre de 14 du Grand troupeau et l'inondation de Batailles dans la montagne (...) Le choléra est une figure de la guerre, catastrophe contre laquelle sont impuissants ceux qui y sont entraînés; et plus généralement c'est une figure du mal (...) Dans sa cocasserie insolite, le titre colore le livre d'une nuance d'ironie énigmatique, comme pour faire contrepoids à l'horreur accablante du choléra. Mais il dissimule ainsi, par pudeur, la vrai nature de ce brillant roman d'aventure: la dimension épique (...) Sagesse narquoise, voilà un des points qui différencient le Giono du Hussard de celui d'avant la guerre. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.399, 445 et 446)

Les premières pages


Deux cavaliers de l'orage

Conception: 1938-1964.
Publication: Gallimard, novembre 1965.

Un tournant dans l'oeuvre de Giono (...) Lui qui peu d'années auparavant allait vers l'abondance, il découvre les vertus de la densité, de la concision, de la rapidité, de ce que R. Ricatte appelle si heureusement l'ascétisme narratif (...) Le roman baigne dans le sang. C'est dans Deux cavaliers que se trouve la première grande tirade sur le sang qu'ait écrite Giono: «Il faudrait avoir un homme qui saigne et le montrer dans les foires. Le sang est le plus beau théâtre (...). On voit des choses extraordinaires dans le sang. Tu n'as qu'à faire une source de sang, tu verras qu'ils viendront tous». (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.303-305)


Entretiens avec Jean Amrouche et Taos Amrouche

Conception: été 1952
Publication: Gallimard, 1990.

Transcription complète des vingt-deux entretiens réalisés par Jean Amrouche avec Jean Giono en 1952. Ces entretiens furent diffusés par la Radiodiffusion française de février à juin, puis d'octobre à décembre 1953, et repris en juillet et août 1987.

Quelques extraits


Le Moulin de Pologne

Conception: décembre 1949-janvier 1952.
Publication: Revue de Paris, juin-août 1951.
Gallimard, 1952.

Un curieux livre, qui par plusieurs aspects tranche sur le reste de l'oeuvre. Des épigraphes à chaque chapitre, un récit écrit par le narrateur, à peu près pas de paysage, peu de dialogues (...) C'est chez Giono le seul narrateur de ce type, le seul qui dégage une impression de malaise (...) La démesure est ici celle du destin, non des êtres (...) Tout se passe comme si Giono avait cherché à ajuster ensemble des éléments trop hétérogènes pour n'être pas incompatibles. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.437-438)


Le Voyage en Italie

Conception: décembre 1951-mars 1952.
Publication: Gallimard, décembre 1953.

Rien d'un guide - ou alors pour une tournée en Gionie et non en Italie. Rien d'un journal de voyage consciencieux. Giono n'évite pas les monuments, mais ne regarde que ceux qui lui parlent. En soixante pages sur Venise, il ne mentionne ni Titien ni Tintoret. Plus souvent, ses yeux vont vers les gens: physionomies, gestes, allures, habillement de chacun ou atmosphère de la foule, des boutiques, des cafés. Bref vers la vie quotidienne que gouverne un art de vivre. Il s'invente des amis inexistants. Il joue à s'acheter des maisons. Il part en digression vers l'Écosse ou ailleurs. Il raconte au naturel, fuyant l'emphase et les idées. S'il joue une comédie, c'est celle d'une désinvolture qui n'est pas détachement mais plaisir d'une sagesse où le caprice a sa part, où l'on s'intéresse à la passion sans se laisser blesser par elle. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.463)


L'homme qui plantait des arbres

Conception: 1953.
Publication: Gallimard, 1980.

Avec L'homme qui plantait des arbres, Giono a écrit un de ses rares récits qui soit intégralement optimiste et moral d'un bout à l'autre. Mais, s'il a dû sourire en lui-même de cette fable d'un optimisme un peu facile, elle correspondait pourtant à un amour réel des plantations d'arbres: le thème existe dès 1923 dans Sur un galet de la mer, puis dans Manosque-des-Plateaux, dans Que ma joie demeure, dans Les Vraies Richesses. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.487-488)

Le texte intégral


Notes sur l'affaire Dominici, suivies d'un Essai sur le caractère des personnages

Publication: Gallimard, 1955.

Giono s'intéresse depuis longtemps à l'institution judiciaire (...) Il pense qu'une des missions de l'écrivain est de traquer l'injustice (...) Aussi accepte-t-il quand André Parinaud, directeur de l'hebdomadaire Arts, lui demande de couvrir le procès, qui va s'ouvrir aux Assises de Dignes (...) L'affaire Dominici, dans la trajectoire de Giono, se situe sur la ligne qui va d'Un roi sans divertissement à Ennemonde: celle d'un univers où la réalité est tout naturellement monstrueuse. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.489-491)


Le Bonheur fou

Conception: février 1953-janvier 1957.
Publication: Gallimard, 1957.

Le Bonheur fou, c'est celui qu'éprouve Angélo Pardi, le héros du Hussard sur le toit, à faire la révolution italienne en 1948. Angélo se promène à travers la révolution comme il se promenait naguère à travers le choléra de Provence. La guerre lui procure les sentiments les plus délicieux (...) Des amours très brèves, de longues marches à pied ou à cheval, d'innombrables rencontres avec une foule de personnages d'une extraordinaire vérité, sont les évènements de ce roman aux dimensions tolstoïennes, écrit dans la langue la plus rapide au monde. (Édition Folio, 4e de couverture)


Hortense ou l'Eau vive

Conception: mai-septembre 1958.
Publication: Éditions France-Empire, décembre 1958.

Drame paysan écrit par Jean Giono en collaboration avec Alain Allioux, dans lequel le cours détourné des eaux de la Durance guide sans cesse l'action à l'image de la fatalité dans le développement d'une tragédie antique. Le récit Hortense est le préambule au film de François Villiers, L'eau vive.


Théâtre II

Publication: Gallimard, 1959.

Contient Domitien, suivi de Joseph à Dothan, adaptation libre d'une tragédie du poète hollandais Joost van den Vondel.

En septembre 1951, on demande à Giono d'adapter en français une tragédie biblique, écrite en vers en 1640 par le grand dramaturge Joost van den Vondel, Joseph à Dothan. (...) Giono a dû entrevoir en Joseph une figure de lui-même. C'est un rêveur, le mot revient à plusieurs reprises: "rêveur", "rabâcheur de rêves". (...) L'oeuvre est jouée le 29 juillet 1952, et accueillie courtoisement, sans plus. Giono n'y est pour rien. Il tient d'ailleurs à s'en laver les mains: on n'a pas tenu compte de ses suggestions, jouer en costumes modernes, notamment. Il a fait avec probité ce qui lui était demandé.
Au début de 1957 s'offre à lui l'occasion de contribuer à la série radiophonique "Profils de médailles", consacrée aux empereurs romains. Giono accepte d'écrire un Domitien (...) Le personnage de Domitien, dans son ensemble, est très éloigné de celui des héros créés par Giono: il reste prisonnier de l'histoire (...) La pièce est adroite; mais son style allusif, qui rappelle celui du Voyage en calèche, ne convient pas parfaitement à un sujet tiré de l'histoire romaine. Domitien, comme Joseph à Dothan, reste en marge de l'essentiel de l'oeuvre gionienne. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.502-505)


Le Désastre de Pavie

Conception: novembre 1958-juillet 1962.
Publication: Gallimard, coll. Trente journées qui ont fait la France, 1963.

Gaston Gallimard a demandé à Giono s'il ne serait pas disposé à écrire un des volumes de la collection "Trente journées qui ont fait la France". (...) Le réel lui est ici imposé: ce n'est que par la manière de la dire qu'il lui faudra être lui-même (...) Il va volontairement à contre-courant des tendances historiques de son époque (...) il ne soucie pas, ou très indirectement, du contexte économique, ni de politique au sens étroit du terme. Il n'évoque pas l'ensemble du pays ni de l'Europe. Il ne fait pas de synthèse. Il ne veut pas avoir d'idées générales (...) Giono met son lecteur au contact direct des hommes et des passions d'autrefois, sans l'intermédiaire de théories quelconques: pour lui les idées embrument trop souvent et faussent le réel. Il préfère le récit qui suit les êtres pas à pas, au jour le jour (...) Il fait non un livre d'histoire mais une chronique. Le Désastre de Pavie est un peu pour lui un prolongement de ses Chroniques romanesques (...) Le Désastre de Pavie, bien qu'un peu à l'écart dans l'oeuvre de Giono, n'en est pas moins une réussite, ne serait-ce que par la totale maîtrise du récit et du style. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.521-526)


Les Terrasses de l'île d'Elbe

Conception: 1962-1963.
Publication: Gallimard, 1976.

Recueil de chroniques parues initiallement dans des journaux. Le recueil comprend:
Le compte à rebours, Apprendre à voir, Bâtons rompus, Réponses, Faits divers, Sur la vieillesse, Le visage, Le fantôme d'Hélène, Le printemps, Paris, La machine, L'orgueil, Les bruits, Le sport, Le cancre, Le huron, Le tabac, Les terrasses de l'île d'Elbe, Le coeur, La fortune et la gloire, L'archange, La mer, Le quidam, Une histoire, L'appât et le piège, Nourritures.
On retrouve dans ces chroniques le style de Giono, son humour, sa malice, son imagination et tout son talent de romancier. Qu'il se moque en comparant les avantages du briquet et de la boîte d'allumettes, qu'il dise son mot sur l'urbanisme d'aujourd'hui, qu'il parle des arbres qu'il a plantés, ces faits divers font partie de son univers savoureux. Parfois, en trois pages, le chroniqueur nous offre un vrai petit roman intitulé tout simplement Une histoire. (4e de couverture)


Le Bestiaire

Conception: 1956-1964
Publication: Dans diverses revues entre 1956 et 1965.
Éditions Ramsay de Cortanze, 1991.

De 1956 à 1958, Giono écrit une série de 17 petits textes humoristiques consacrés à des animaux fictifs (...) Quant aux animaux réels, ils reparaissent en 1960 dans Camargue, mi-essai mi-récit: plusieurs pages y sont consacrées à tous les animaux de la Camargue (...) Dans Le Bestiaire, Giono s'est en outre diverti en joignant à chacun de ces textes d'ironie lyrique, comme il dit, une série de dix "marginalia" qui n'ont en réalité aucun rapport avec le texte. Ce sont des citations inventées, tirées d'auteurs tantôt réels tantôt fictifs. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.500-501)


Les Trois arbres de Palzem

Conception: 1951-1965.
Publication: 1984.

Recueil de textes parus dans des périodiques. Le recueil comprend les textes suivants:
Le Sang, La Monnaie, Un peu de franchise, Le Sang à l'envers, Le Paysan du Danube et L'étranger, La Cavalerie de Cromwell, Un Rêve, Le Tigre et les abeilles, L'Âme, Chinoiseries, XXe siècle, Les Trois arbres de Palzem, Retour en arrière, Montagnes, solitude et joies, Le Marchand d'églises, Rien n'est facile, La Tolérance, Le Monde, La Littérature, Les Pommes, Lectures, Le Spectateur, La Laideur, Faits divers, Le Feu, Le Sel de la terre, Connaître, L'Oeil en coulisse, Le Plaisir.


Les Récits de la demi-brigade

Conception: 1955-1965.
Publication: Gallimard, 1972.

Recueil de nouvelles qui comprend six textes:
Noël, Une histoire d'amour, Le bal, La mission, La Belle Hôtesse, L'écossais ou la fin des héros.
Ces nouvelles sont centrées non seulement autour d'une région, mais d'un personnage dans une situation particulière, à une époque précise: ce sont des récits policiers à l'époque romantique (...) Les Récits de la demi-brigade ont quelque chose du policier classique: Langlois, l'enquêteur, y est invulnérable ou presque. Mais, à la différence de la plupart des policiers, il échoue souvent dans sa mission (...) Ses aventures laissent presque toujours, une fois refermées, planer une part de mystère (...) Pas trace ici d'études psychologiques: plutôt des variations, souvent teintées d'humour, sur le thème du besoin d'absolu. Sévères, dépouillées jusque dans leur atmosphère - la nature y est parfois belle, jamais riante, quatre sur six se passent en hiver, en général dans la neige - ces histoires sont, avec leurs ellipses, leurs grincements, leur mélancolie, des témoignages d'un art dans la narration qui n'a jamais été porté plus haut. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.537-540)


Le Déserteur et autres récits

Conception: 1953-1966.
Publication: Gallimard, 1973.

Recueil qui comprend quatre textes:
Le Déserteur (1966), La Pierre (1955), Arcadie... Arcadie... (1953), Le Grand Théâtre (1961).
Il y a un siècle, un Français réfugié dans les montagnes du Valais, y créait de merveilleuses images religieuses dans la tradition populaire. Qui était-il? On ne sait. On racontait que c'était un soldat qui avait tué son capitaine, ou qu'il avait été notaire, ou même évêque. On l'appelait le Déserteur. Jean Giono, abandonnant la Provence pour aller enquêter dans le Valais, a recréé l'histoire du Déserteur et en fait ainsi un extraordinaire personnage de roman. (Édition Folio, 4e de couverture)


Ennemonde et autres caractères

Conception: 1961 et 1964.
Publication: Gallimard, 1968.

«C'est un simple récit qui développe certains caractères entourés de leurs paysages. Clé-des-coeurs avait passé furtivement à travers les Deux cavaliers de l'orage. Ici il aime et il meurt en gloire. Ennemonde connaîtra le plaisir après un crime parfait. Elle vit toujours, vieille, énorme, mais très propre et elle écoute s'il pleut. D'autres personnages arrangent leurs vies (et également leurs amours) avec des arbres, des abeilles sauvages, des sables, des boeufs, des serpentaires (des secrétaires ou, si on préfère, des huppes). Seul l'amateur de pièces d'or est emporté par deux chiens». (J. Giono, jaquette)
Réunion de deux textes publiés jusqu'alors en tirage limité: Camargue et Haut Pays, et de Ennemonde, longue nouvelle.
Dans la première partie, Giono juxtapose, puis fond, avec une apparente désinvolture, le genre de l'essai sur un aspect ou un autre de la Provence, et celui de la biographie de personnages inventés, sans dialogues. Dans Ennemonde, l'équilibre entre homme et nature n'a jamais été atteint par Giono avec une poésie aussi ample et aussi dense. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p. 529-532)


Coeurs, passions, caractères

Conception: 1961 et 1966.
Publication: Gallimard, 1982.

Ces textes correspondent aux caractères annoncés par Ennemonde et autres caractères. On y découvre les exercices, les essais, les élans interrompus d'une imagination de pur romancier. Comme pour les deux romans inachevés, les circonstances ont laissé cette série de Caractères en marge de l'oeuvre. Mais une chose est certaine: partout, même dans ceux qui ne sont qu'un premier jet, le plaisir romanesque est immédiatement présent. (Henri Godard, Avant- propos)


Les Héraclides

Conception: 1960-1967
Publication: Entremont le Vieux: Éditions Quatuor, 1995.

Recueil de chroniques parues initiallement dans le Dauphiné libéré dans les années 60. Le recueil comprend:
La lecture, Le rythme, Des personnages inventés, Une question d'écriture, Note de lecture, Un aveugle, Achille, un héros grec hors du commun, Préface à l'Iliade, Les Héraclides, Le petit car, Le sergent, Le philosophe, La cinquième roue, Le métier, L'ingénieur, Une école, L'humour, Jusqu'à la lie.
Texte de présentation de Jean-Louis Roux.


Le Cheval fou: "Le Chant du monde"

Conception: 1957-1968.
Publication: Gallimard, coll. Le Manteau d'Arlequin, 1974.

Adaptation scénique de Jean-Pierre Grenier
Giono avait laissé à sa mort un manuscrit inachevé, l'adaptation théâtrale de son roman Le Chant du monde. Jean-Pierre Grenier l'a achevé et mis en scène, mais c'est bien l'esprit de Giono qui anime ces scènes violentes et poétiques. L'intrigue a été simplifiée, éclaircie; elle reste dense, lourde, balayée par de grands souffles d'orage. (4e de couverture)


Provence

Conception: 1933-1969.
Publication: Gallimard, 1993.

Recueil de textes divers portant sur la Provence. Le recueil comprend les trente-deux textes suivants:
Comme une tache d'huile, la Provence..., Il est vain de vouloir réunir..., Quand on vient du nord et qu'on a dépassé Valence..., Le printemps en Haute-Provence, Lettre sur les paysages provençaux, Je ne connais pas la Provence..., Ce que je veux écrire sur la Provence..., Arcadie! Arcadie!, J'ai beau être né dans ce pays..., On n'a jamais fini de connaître..., Sur une géographie scolaire des Basses-Alpes, Basses-Alpes, 04, Manosque, Itinéraire de Nyons à Manosque, Itinéraire de Manosque à Bargemon, Charme de Gréoulx, Revest-du-Bion, La montagne de Lure, Les monts de Vaucluse, Gordes, Les gorges du Verdon, La Crau, La Méditerranée, Légendes de la Haute-Provence, Les santons, Sur des oliviers morts (I), Sur des oliviers morts (II), La lavande, Les fermes ne marchent pas avec le siècle, Maisons en Provence, Un paysage dans lequel on est heureux..., Protestation contre l'installation d'une centrale nucléaire à Cadarache, Tout le long du XIXe siècle...
La Provence n'est plus ici le lieu, à demi transformé par l'imaginaire, où il a situé le plus grand nombre de ses romans. Le but, dans ces essais, est de la montrer telle qu'il la connaît et telle qu'il la voit, c'est à dire très souvent à l'opposé des poncifs qui se sont accumulés sur elle. De ce pays, sur lequel on a beaucoup écrit, Giono donne une vision renouvellée par l'acuité de son observation, par son sens des couleurs et le bonheur de ses images. (4e de couverture)

"Je ne connais pas la provence...", le texte intégral.


Le coeur-cerf

Conception: 1944-1947.
Publication: Manosque: Antoine Rico, 1969.

Comprend: Le coeur-cerf, La chute des anges, Un déluge.
Ce volume est paru sans nom d'auteur avec la mention «traduit du bulgare». Les poèmes sont repris dans le volume 8 des oeuvres complètes de la Pléiade (Journal. Poèmes. Essais).


L'Iris de suse

Conception: 1969.
Publication: Gallimard, février 1970.

"L'iris de Suse n'a jamais été une fleur (il n'y a pas d'iris à Suse); c'était en réalité un crochet de lapis-lazuli qui fermait les portes de bronze du palais d'Artaxerxès (voir Mme Dieulafoy).
Ici, il n'est qu'un os minuscule, pas plus grand qu'un grain de sel (au surplus inventé) qui crochète la voûte crânienne des oiseaux.
Que de merveilles dans un crâne d'oiseaux (imaginez!), autant que dans un palais persan.
J'ai eu plusieurs fois l'intention d'intituler ce récit
L'invention du zéro; en effet, un de mes personnages est en définitive amoureux de ce symbole qui remplace dans la numération finie les ordres d'unités absentes et multiplie ainsi à l'infini toutes les mathématiques.
C'est aller plus loin que la lune, mais qui le saura?"

(Jean Giono, texte de présentation de l'édition originale)

L'Iris de suse marque le point extrême chez Giono de cette projection des fantasmes humains dans des scènes et dans des personnages. Roman très riche par le nombre de thèmes et d'épisodes gioniens qui s'y retrouvent. Roman déconcertant parce que, sans que l'unité de ton y soit jamais rompue, il touche d'un côté à l'opéra-bouffe par son humour, et de l'autre, par ses frontières avec l'absolu, au récit métaphysique ou mystique - bien que d'une mystique rigoureusement sans Dieu. Roman sans méchants ni monstres, où reparaît, sous une forme différente, l'innocence presque générale des êtres qui caractérisait les premiers romans de Giono; et aussi leur dénouement optimiste. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.567-568)


La chasse au bonheur

Conception: 1958-1970.
Publication: Gallimard, 1988.

Recueil de chroniques parues initiallement dans des journaux entre 1966 et 1970, à une exception près. Ce recueil comprend:
Rome que j'aime, Paradis, Le démon mesquin, Le chapeau, D'un usage courant, Le temps, Le voyage, Les sentiers battus, Châteaux en Italie, Le persil, Le sommeil, Portraits, Il est évident, L'habitude, Le médecin de campagne, La chasse au bonheur, Le laitier, Attention au train, Le temps des prisons, Humilité, beauté, orgueil, Les raisons du bonheur, Le Zodiaque, L'écorce et l'arbre, Karakorum, La hideuse province, La partie de campagne, Les joies de l'île, Peinture et dessin, Ma mère, Le badaud, Le bonheur est ailleurs, Certains gitans, L'art de vivre, De l'insolite rapproché, Noël, L'an deux mille, De certains parfums.
Dans cette ultime chronique qu'il a écrite pour les journaux, Jean Giono jongle avec le présent et le passé: le moindre incident fait jaillir, comme une source intarissable, des souvenirs, des histoires, des personnages. Ces textes, datés des années 1966 à 1970, sont empreints de bonhomie, d'une philosophie souriante, parfois un peu passéiste. (4e de couverture, édition Folio)


Il n'y avait plus qu'à marcher (Texte pour Jean Garcia)

Conception: 1960.
Publication: Cognac: Le Temps qu'il fait, 1989.

Réimpression, avec un découpage typographique abusif, d'une chronique journalistique en prose parue dans Le Provençal-Dimanche du 25 décembre 1960. Le titre n'est pas de Giono. (Pierre Citron In Jean Giono. Journal. Poèmes. Essais. Gallimard, coll. La Pléiade, 1995. p. 1307, note 1)


Le petit garcon qui avait envie d'espace

Publication: Paris: Gallimard, coll. Folio cadet rouge: 317, 1995.


Dans l'odeur des collines. De l'Olympe à Manosque

Publication: Paris: Editions alternatives, 1998

Ce volume, illustré de calligraphies de Roger Druet, propose des poèmes de jeunesse parus dans Accompagné de la flûte et dans la revue La Criée dans les années 20, ainsi que trois textes plus récents: Préambule pour Accompagné de la flûte (1959), Routes et chemins (1962) et Manosque (1957).

 

 

 

Suite de la bibliographie
(Cahiers Giono et correspondance)

 

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