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C'est quoi un Policier
?
Un Policier doit être un mélange de tous les hommes. Un saint
et un pêcheur, un vaurien et un Dieu. Il est à la fois le plus
recherché et le moins désiré parmi les hommes. Il est un être étrange
qu'on appelle MONSIEUR en face, et un CHIEN dans le dos. Il doit être
tellement diplomate qu'il peut régler une altercation entre deux individus,
tout en laissant croire à chacun qu'il a gagné.
Le Policier doit être capable de flanquer une raclée à deux hommes
plus gros que lui sans endommager son uniforme et sans être brutal. Si
l’on réussit à le frapper, c'est un peureux, si c'est lui qui frappe,
c'est une brute !
Le Policier doit prendre une décision en un instant, alors qu'il
faut plusieurs mois à un magistrat ou ses patrons pour en prendre une.
Le Policier doit être un expert dans le maniement des armes à
feu. Il doit pouvoir sortir son arme au pas de course et atteindre l'objectif
là où ça ne fait pas mal et ensuite expliquer à tous pourquoi il a tiré.
Un Policier doit tout connaître et tout savoir...mais ne rien
dire. Il doit savoir où sont commis les péchés du monde, mais n'en faire
aucun. Il doit à partir d'un seul cheveu, décrire le crime, donner le nom
du coupable et où on peut le trouver. S'il le trouve, il est chanceux,
sinon, c'est un " épais ". S'il est promu, il doit connaître
quelqu'un de haut placé, s'il ne l'est pas, c'est une cruche.
Le Policier doit poursuivre un indice jusqu'au bout, travailler
des journées complètes pour trouver un témoin qui a tout vu...Mais qui
refuse de s'en rappeler. Il fouille les dossiers et écrit des
rapports afin d'établir une preuve infaillible qui sera détruite par de "
savants " confrères.
Il doit être : un PASTEUR, un TRAVAILLEUR SOCIAL, un DIPLOMATE,
un DUR, et un GENTILHOMME.
Et surtout il doit être un génie, car il doit élever une famille
qui sera sans reproche...si toutefois il vit assez vieux pour voir ses
enfants grandir.
Voilà aussi l'individu
qu'on appelle si peu souvent un AMI...
Texte écrit par J.M. André Richard, policier à
la retraite de la GRC, il y a 25 ans. Texte encore vrai aujourd’hui
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