Clonage

Bonjour !
Quoi de plus ennuyant que de faire une recherche forcée ? Je vous l'accorde ! Mais cette recherche sur le clonage m'a ouvert l'esprit. J'ai beaucoup aimé travailler dessus. Si vous avez à contester, commenter ou complémenter les informations qui suivent, veuillez utiliser le courrier électronique.

IMPORTANT : Je vous présente tel quel un document que j'ai créé en juin 2000. Depuis cette date, beaucoup de choses ont évoluées. Ces informations ne sont donc pas à jour et ne seront pas mis à jour.

Historique - Méthodes utilisées - Médecine - Société - Aspect légal - Position de l'Église

Introduction

Depuis toujours, l'homme désire améliorer sa condition actuelle. Il est en perpétuelle recherche de mieux être et développe des techniques pour y parvenir. Certaines de ses « bonnes idées » ne sont cependant pas approuvées de tous et sont le fruit de débats importants. Récemment, nous avons commencé à jouer avec la génétique et les composants fondamentaux de la vie. Nous manipulons impunément les animaux et les remodelons de façon à ce qu'ils comblent mieux nos besoins humains. Après les animaux, quelques-uns d'entre nous voient grand et désirent entreprendre un nouveau défi : cloner des êtres humains. Également à débattre, l'eugénisme, qui est plus près de nous que l'on ne pourrait le croire. Mais qu'en est-il ? Devrions-nous permettre de telles abominations ? Dolly, en 1996, a marqué le début d'une ère nouvelle. Les manipulations génétiques fascinent, et font frémir. Dans les lignes qui suivront, nous vous exposerons premièrement un bref historique, certaines techniques utilisées ainsi que les avantages au niveau de la médecine. Également, nous vous montrerons les impacts sociaux qui pourraient survenir, les motivations économiques et le coût de ces manipulations, ainsi que l'aspect légal. Pour terminer, nous vous montrerons le sens de l'enseignement de l'Église sur le sujet.

Réalisé par Pier-Yves Trépanier
avec l'aide précieuse de Julie Bélanger-Roy
Polyvalente Ste-Thérèse, juin 2000

Retour historique

Les premiers pas ont été faits en 1890, année où naissaient les premiers lapins par transfert d'embryons. En 1952, des biologistes américains fabriquent des têtards génétiquement identiques en implantant des noyaux de cellules embryonnaires dans des cellules-œufs dont on avait retiré le noyau. Vingt ans plus tard, un chercheur britannique réussit à cloner des têtards, mais cette fois-ci avec des cellules ordinaires, c'est-à-dire; non-sexuelles et non-embryonnaires. Élément à part, le premier bébé-éprouvette naît en 1978. Un an après, une première tentative officielle de clonage humain est couronnée d'un échec total. Des chercheurs britanniques clonent en 1986 un premier mammifère, créé à partir de cellules d'embryon. En 1993, une série de scientifiques américains annoncent avoir réalisé des expériences sur 22 embryons humains porteurs de maladies génétiques, donc qui n'aurait pas pu de toute façon se développer normalement. Petit anecdote, les premiers fruits transgéniques sont commercialisés en 1994. Et en 1997, une nouvelle vient émerveiller, choquer et intriguer la population. Dolly la brebis était née. Ce fut le premier clone obtenu à partir d'une cellule somatique adulte. Durant la même année, l'équipe écossaise responsable de cette création crée Polly, le premier clone d'un animal génétiquement modifié visant la production de médicaments.

Méthodes utilisées

La première méthode à avoir été utilisée pour fabriquer des clones est celle de la scission d'embryons. Cette technique imite artificiellement le phénomène qui crée les jumeaux identiques. Il suffit de réaliser une fécondation naturelle entre un ovule et un spermatozoïde, et ensuite de scinder l'embryon en deux. Tous deux sont ensuite implantés dans deux mères porteuses. Naîtront alors deux jumeaux … ou deux clones.

Un autre moyen est la méthode du clonage par transfert de noyau d'embryon. On féconde un ovule naturellement, et on prélève une cellule sur l'embryon. L'avantage qu'apportent ces cellules est qu'elles ne sont pas encore spécialisées, donc il est beaucoup plus facile d'en faire ce qu'on veut. Dans un second ovule préalablement dénoyauté, on insère le noyau d'une des cellules embryonnaires. Un faible champ électrique sera nécessaire pour stimuler l'ovule de la même façon que le fait normalement un spermatozoïde. Cette étape est cruciale car les risques d'endommagement sont très élevés. Le processus étant maintenant engagé, le nouvel embryon est transplanté dans l'utérus d'une mère porteuse.

Une dernière méthode, beaucoup plus intéressante, consiste à peu près en la même chose, excepté que l'on se servira de cellules adultes plutôt qu'embryonnaires. Le processus est très semblable, mis à part que l'on devra déprogrammer la cellule, qui était auparavant spécialisée. Pour se faire, on "affame" la cellule pour lui faire "oublier" sa fonction. Le champ électrique permettra ici une fusion complète entre l'ovule et le noyau, tout en déclenchant le processus de développement. L'embryon sera cultivé en laboratoire pendant quelques temps, de façon à augmenter ses chances de survie, et sera analyser, par le fait même. Une fois son stade suffisamment avancé, il sera transplanté dans une mère porteuse. Ces deux dernières techniques s'apparentent sans difficulté à celle exploitée pour la fécondation in vitro.

Applications médicinales

Le clonage permettrait de nombreux progrès technologiques dans le domaine médical. Notamment, les scientifiques commencent à savoir introduire des gènes humains dans le bagage génétique de certains animaux pour que ceux-ci fabriquent des substances pouvant remédier aux déficiences que provoquent certaines maladies. Polly en est le meilleur exemple pour le moment, sinon le seul. Cloner de Dolly, on lui a injecté un gène humain pour qu'elle produise dans son lait une certaine protéine. À l'heure actuelle, aucun médicament produit par un animal transgénique n'est sur le marché. Trois font l'objet d'études sur l'homme: l'antithrombine III, qui a un effet sur la coagulation; l'alpha 1 antitrypsine, destinée au traitement de la mucoviscidose ( affection héréditaire dans laquelle les glandes à mucus sécrètent un liquide abondant ); et la protéine C, contre les thromboses ( caillot ). Cinquante substances d'origine humaine peuvent actuellement être produites dans le lait de brebis, de chèvres, de vaches et de truies. Polly n'est pas destinée à une production massive, mais sert plutôt de prototype pour montrer qu'il est possible de le faire. Par contre, les gènes humains sont difficiles à implanter dans les cellules animales, et encore plus difficiles à faire exprimer au bon endroit ; c'est-à-dire, dans le lait du bétail. Conséquences : ces animaux coûtent une fortune et le taux d'échecs est dangereusement élevé. Une solution à envisager serait de cloner ces créatures afin d'en réduire le coût de "production".

D'autre part, les scientifiques britanniques visent ce que l'on appelle le clonage thérapeutique, une technique qui ne vise pas la reproduction d'êtres humains complets. Par exemple, en clonant des cellules de peau, les grands brûlés auraient désormais une chance de rédemption. Les chercheurs souhaitent également créer de tous petits embryons, sur lesquels on pourrait prendre des cellules qui ne sont pas encore spécialisées. Ces cellules ont la caractéristique de pouvoir par la suite se transformer en n'importe quoi, en organes par occurrence. Pour d'éventuelles greffes, ceci éviterait tous les symptômes de rejets.

Parlant de greffes, celles-ci sont généralement le seul moyen de sauver des vies. Un léger problème s'impose : il est difficile de trouver un donneur vivant et consentant à donner un organe. L'idée d'utiliser des organes animaux s'est naturellement imposée. Évidemment, de grandes questions sont soulevées concernant la xénotransplantation ( greffe d'organe de porc ). On craint entre autres la transmission de virus porcins à l'être humain. Mais le problème le plus important, comme dans toutes les greffes, c'est le rejet. Si le corps accepte mal un organe venant d'un autre humain, que fera-t-il avec un cœur de singe ou de porc ? Les scientifiques ont bien entendu trouvé le truc pour " tromper " le système immunitaire. Ils implantent un gène humain dans l'organe en question, gène qui empêchera, par exemple, la production des sucres qui permettent au corps de détecter l'intrus. Pendant que l'on parle des cochons, une autre idée futuriste est de greffer des îlots de cellules de porc sur les diabétiques pour aider la production d'insuline. Vous vous demandez pourquoi on choisit des porcs et des singes, plutôt que d'autres bêtes ? Simplement car ce sont les êtres qui nous ressemblent le plus, génétiquement et anatomiquement parlant.

Néanmoins, les inconvénients persistent. Depuis la venue au monde de la célèbre Dolly, quelques problèmes sont survenus. Entre autres, on s'est aperçu qu'elle vieillissait plus rapidement que la normale, car ses télomères ( extrémités des chromosomes et indicateurs de vieillesse ) sont d'une longueur adulte. Cette constatation n'est cependant pas mal perçue de tous; les biologistes gardent espoir. En effet, peut-être pourrons-nous un jour percer le secret du vieillissement. Par contre, la réussite avec Dolly ne garantit pas que la technique est bien maîtrisée. Sur près de 1000 fusions de cellules, 29 se sont rendus au stade d'embryon, et un seul ( Dolly ) est né indemne. Cela dit, bien que le clonage ait des avantages considérables dans le domaine de la médecine, il comporte de nombreux risques de mutations inacceptables et le taux de succès est trop faible pour envisager cette pratique à grande échelle.

Aspect social et économique

Malgré les nombreux progrès technologiques que le clonage mettrait à notre disposition, un important débat éthique ravage notre société, opposant de grands visionnaires aux fervents protecteurs de la vie et aux poltrons chroniques. Plusieurs ont une grande peur, mais qu'ils se rassurent. Non, une armée de clones d'Hitler ne sera pas mise en branle pour venir vous exterminer tous comme de vulgaires coquerelles ! ! ! À moins qu'un de ses séides n'ait conservé un doigt gelé de ce célèbre tortionnaire, il n'y a aucun danger, car il est impossible de cloner des cellules mortes.

Laissons de côté les pleutres et concentrons-nous sur les principaux protagonistes de chaque parti qui s'opposent dans ce débat. Certaines gens soutiennent que les progrès médicaux, à eux seuls, justifieraient la fabrication de clones. Selon eux, les couples infertiles et ceux ne désirant pas transmettre une quelconque maladie à leur progéniture y trouveraient une solution définitive à leur problème. Un scientifique américain, Richard Seed, a l'intention d'ouvrir une clinique de clonage humain. Il annonce qu'au moins 4 couples sont prêts à tenter l'expérience. Si son projet fonctionne bien, il ouvrira entre 10 et 20 autres cliniques aux États-Unis, et 5 ou 6 ailleurs dans le monde. Le gouvernement n'approuve cependant pas cette idée, mais le Dr Seed dit que si les autorités l'empêchent d'ouvrir ses cliniques, il ira simplement les ouvrir à l'étranger. Vous ne pouvez pas arrêter la science. Dieu a fait l'homme à son image. Cloner et reprogrammer l'ADN est un premier pas qui nous rapproche de Dieu. Il prétend avoir déjà quelques centaines de milliers de dollars à sa disposition, et aurait besoin d'une subvention d'environ 2 millions de dollars US pour démarrer.

Clonaid, une extension du mouvement raëlien, désire également se lancer dans le clonage, autant humain qu'animal. À la différence du Dr Seed, Raël détient déjà les ressources tant monétaires qu'humaines. Il ne lui reste plus qu'à s'installer dans un pays où le clonage humain n'est pas interdit. Il offrira ses services aux parents fortunés du monde entier, en échange de 200 000 $ US. Et pour 50 000 $, toujours en devise américaine, on pourra entreposer des cellules de nos enfants pour qu'en cas de décès, ils puissent les " ressuscités ". Pour Raël, le clonage humain permettra vraiment à l'humanité d'avoir une vie éternelle. La prochaine étape sera de faire des clones déjà adultes sans le procédé de croissance et de transférer la mémoire et la personnalité comme le font les Élohim avec leurs 25 000 ans d'avance scientifique. Après notre mort, nous pourrons nous réveiller dans un corps neuf comme après une bonne nuit de sommeil.

Quelques mots sur l'eugénisme … La nature a toujours fabriqué ses créatures de façon aléatoire. Cela veut dire qu'on ne peut pas dire à l'avance si l'on aura une fille ou un garçon, si l'enfant sera malade ou en santé, intelligent ou déficient, si les yeux seront bleus ou les cheveux roux. Tout cela dépend des gènes. Depuis la découverte de l'ADN, en 1953, les progrès avancent à une vitesse exponentielle dans le domaine de la génétique. Pour l'instant, nous ignorons combien de gènes nous avons, et ignorons la fonction de la majorité d'entre eux. Mais les scientifiques croient que, d'ici quelques décennies seulement, nous serons en mesures de les dénombrer et de les identifier tous. Ces découvertes ouvriront de grandes portes en ce qui concerne la fabrication de bébés sur mesure.

Aujourd'hui, nous sommes en mesure de pouvoir choisir le sexe de notre enfant, ce qui est déjà assez mal perçu. Mais dans 15 ans, 20 ans peut-être, nous pourrons choisir beaucoup plus que cela. On pense aux détails aussi banals que la couleur des yeux et des cheveux. Mais des chercheurs sont convaincus qu'ils pourront identifier d'ici peu les gènes responsables de l'humeur, de la personnalité, l'intelligence, la croissance … Bref, les parents de demain n'auront qu'à remplir un formulaire pour obtenir un enfant 100 % à leurs goûts. Actuellement, certaines cliniques spécialisés ( et très dispendieuses ) permettent à des parents porteurs de maladies génétiques d'avoir des enfants parfaitement sains. Le "hic", c'est que tous ces enfants coûteront entre 25 et 30 mille dollars. Si cette pratique voit le jour, on pourra voir d'ici quelques générations, une différence majeur entre les riches et les pauvres ( ou ceux ne désirant pas faire appel à cette technologie ), les riches ayant une machine biologiquement parfaite à la place du corps. La discrimination aura une réelle raison d'être …

Évidemment, l'opposition est toujours forte. L'Église catholique et les groupes anti-avortement, trouvent inacceptable que l'on joue ainsi avec la nature. Également sur ce point, perpétuer la race ainsi vient à l'encontre même de l'idée d'évolution. L'eugénisme et le clonage ( ce dernier étant un mode de reproduction asexué ) ne permettent aucune évolution naturelle des corps. L'être humain portera désormais son nom à tort. Argument pertinent : selon un généticien français entièrement contre le clonage, la reproduction traditionnelle garantie une altérité génétique car elle met en commun les gênes de deux êtres. On ne s'en sort pas : l'avenir de l'humanité passe par le sexe ! Un autre argument qu'amènent les ennemis du clonage est purement une question de dignité humaine. Le clonage permet la reproduction physique d'une personne, mais ne garantie pas une compatibilité psychologique. Serait bien à plaindre le clone qui serait contraint d'être un autre que lui-même.

Aspect légal et de droit

Tous les pays n'ont pas la même position en ce qui concerne le clonage. Sur le plan des droits de l'homme, le clonage humain représente une violation de deux principes fondamentaux : la parité et la non-discrimination. Le clone aurait-il les mêmes droits que l'humain normal ? Dans notre grande sagesse, le principe de domination de l'homme par l'homme est inévitable. Également, les clones pourraient se voir assigner une fonction précise, et ne pourraient donc pas vivre une vie normale.

Le président Clinton, suite à l'annonce du Dr Richard Seed, a interdit la pratique du clonage humain en terre américaine pour une période de 5 ans. Après les États-Unis, le Conseil de l'Europe vient d'interdire cette pratique. L'Angleterre et l'Allemagne n'ont cependant pas signé le traité. L'UNESCO prône aussi l'interdiction du clonage humain, avec comme principal argument : atteinte à la dignité humaine.

Position de l'Église catholique

L'enfant doit être le fruit de l'union d'un homme et d'une femme. Toute déviation à cette norme vient à l'encontre des projets de Dieu. La technologie qui crée un enfant à la place de l'acte conjugal entre mari et femme est considérée comme immorale. Le clonage est une violation aux lois de la nature. Un enfant doit être le résultat de l'union génétique entre deux sexes. Autrement, c'est d'être d'une extrême arrogance envers le créateur. Nous détruisons notre dignité en traitant les humains ainsi. La science efface les croyances. La technologie nie la moralité. L'homme tue lentement Dieu. L'association catholique médicale s'oppose en vain à toutes tentatives de clonage humain, qui est contraire à la méthode de procréation prévue par Dieu.

Mon Opinion

Pour conclure, il est bien difficile de fonder une opinion fixe sur le sujet. Tous les arguments positifs et négatifs s'opposent équitablement. Néanmoins, après plusieurs jours à étudier le sujet, je crois que l'on devrait laisser libre-cours à l'évolution naturelle. L'homme, dans sa quête infinie de connaissance, vient de toucher à quelque chose de tabou : ce qui fait de nous des humains. Imaginez un instant, que l'on se trompe quelque part dans l'une de ces manipulations. On pourrait se rendre compte de notre erreur que beaucoup trop tard, et déjà des centaines, voir des milliers d'humains mutants seraient en circulation. Déjà, on a commis d'énormes erreurs en se " pratiquant " sur les animaux. Des souris mutantes, et même phosphorescentes, ont vu le jour. Et si l'on commence à choisir le sexe des enfants, on pourrait créer une sorte de déséquilibre. Par contre, avec les nouvelles découvertes et le projet du génome humain, toutes ces manipulations pourraient nous être un jour très utiles. Je pense cependant que nous n'en connaissons pas encore assez pour jouer les apprentis-sorciers. Nos techniques devront également faire des progrès, beaucoup de progrès. Le taux de réussite actuel ne vaut pas la peine que l'on manipule la vie d'un être, aussi primitif et peu développé soit-il. Mais une fois que nous saurons comment faire, il pourrait être intéressant de se servir de ces techniques dans un but moralement correct, plus précisément pour guérir des maladies ou empêcher la propagation de celles-ci, tout en faisant attention de ne pas trop modifier le processus de l'évolution naturelle. Dieu nous a confié la Terre, ainsi que la vie. Nous lui devons de ne pas trop les abîmer.

Quelques liens pertinents :

CyberSciences
Dossier Clonage
Science et Foi
L'Hebdo
Clonage
Clonage humain : Richard Seed
Le clonage et ses avatars
Mouvement Raëlien
Libération
Revue de presse
Association Catholique Médicale
Gouvernement du Canada

Trepy's space

Trepy, Juin 2000