Un fils de Beauchesne «coast to coast»


Joseph-Ludger Côté naquit à Saint-Fabien de Rimouski, le 27 avril 1912 du mariage de Elmire Beauchesne et Joseph Côté. Il était tout jeune lorsque ses parents émigrèrent aux États-Unis. Il grandit donc dans l'état du Maine. Dès son jeune âge, il était attiré par la musique et il devint rapidement populaire dans son patelin de Lewiston où il comptait de nombreux amis. Il connut une grande popularité particulièrement dans les années 1930 et 1940 alors qu'il s'était constitué un groupe de musiciens et interprètes de chansons hillbilly et western. Il était en grande demande dans les salles de spectacles et il eut l'occasion de partager plusieurs prestations avec des vedettes de grande renommée.

Malheureusement, la deuxième guerre mondiale éclata et il dû servir dans l'armée américaine. À son retour de la guerre, il reprit les spectacles et décrocha un contrat pour une émission du matin «Bob Montana and his rolling caravan» qui était diffusée d'un océan à l'autre, depuis son studio aménagé dans le sous-sol de sa résidence à Lewiston.

Mais Bob eut un terrible choc lorsque son médecin lui apprit qu'il souffrait de sclérose en plaques et que ce mal l'amènera à abandonner sa carrière. Déjà en 1954, il devait se mouvoir avec des béquilles et bientôt, il dût se soumettre à la chaise roulante. Étant pensionné de l'armée américaine, il recevait de nombreux privilèges: automobile adaptée, exemption de contraventions de stationnement etc.

D'une grande générosité, il donnait à ses parents qui le visitaient, plusieurs de ses nombreux costumes et accessoires de scène. Ainsi, de passage chez-lui en 1954, il me fit l'honneur de me confier ses deux costumes les plus précieux que je garde toujours en souvenir de ce cousin qui fut l'une de mes idoles.

En 1959, quelques années après voir aménagé dans sa nouvelle maison adaptée à son état, Bob échappa une cigarette entre les coussins de son fauteuil roulant et celui-ci s'enflamma avant que le pauvre cousin puisse réussir à repérer la cigarette. En essayant d'atrapper le téléphone, il se renversa entraînant son fauteuil. Sa soeur, cousine Éva (la Noute), à son retour de son travail, le trouva brûlé sévèrement et le fit transporter à l'hôpital des vétérans à Togus où il décéda le 12 juillet 1959.

Maurice Roussel