Ferdinando Scalabrini

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Mise à jour:
12 juillet, 2000
Par Sylvain Scalabrini

Notre ancêtre en bref

L’histoire de Ferdinando a été reconstituée à l’aide de souvenirs et de propos recueillis auprès de nos aînés. Les recherches en bibliothèque ont permis de consulter les recensements, les actes religieux et civils, sources de renseignements précieux.

Les Scalabrini sont d'origine italienne, plus précisément du Nord de l'Italie. Notre lignée descend de Ferdinando Scalabrini marié à Domithilde Racicot.

Ferdinando est né le 20 juin 1842 à Somatié, Lombardie, Italie. Il est le fils de Giuseppe Scalabrini et de Maria Pagani. Il quitte l’Italie vers 1859. Il passe les sept premières années de son exode dans la région de Marseille en France, ce qui explique de façon logique son fort accent marseillais. À son départ d’Italie, il laisse derrière lui au moins un frère et une sœur.

Ferdinando débarque en Amérique au port de New York. Il est accompagné de deux cousins: John Pagani et un prénommé Pascal. Ils quittent New York pour aller travailler à Newport, Vermont où John Pagani s’achète une terre et s’y installe avec son épouse Sophia Dussault.

Vers 1867, Ferdinando se rend dans la région de Montréal où on y trouve une importante communauté italienne. À cette époque il y a peu de travail dans les grandes villes comme Montréal; on lui conseille plutôt de se diriger vers les Cantons de l’Est où il y a beaucoup de terres en friche. Chemin faisant, il travaille à Dunham comme journalier pour des fermiers de la région et c’est alors qu’il fait la connaissance de sa future épouse, Domithilde Racicot.

Ferdinando épouse Domithilde dans la paroisse de Sainte-Croix à Dunham, le 7 janvier 1871. Domithilde est née le 17 avril 1853 et elle est la fille d’Israël Racicot et d’Estelle Rousseau. Après leur mariage, ils demeurent à Dunham pendant quelques années dans une vieille maison de pierre qu’il loue de son beau-père. D’après les actes de baptême de ses deux premiers enfants nés en 1871 et en 1873, il est noté qu’il est fermier à Dunham, tandis que lors du baptême de Ferdinand en décembre 1874, il déclare être cultivateur à East Farnham.

Lorsqu’ils quittent la région de Dunham pour aller vivre à Sainte-Edwidge, ils s’achètent une terre de 50 acres qui appartenait à un monsieur Masson. Ils ont déjà quatre enfants, Joseph né en 1871, Alfred en 1873, Ferdinand en 1874 et Marie-Estelle en 1877. À Sainte-Edwidge, huit autres enfants voient le jour: Cyrille en 1880, Aurore en 1882, Jean-Baptiste en 1884, Pierre en 1886, Benoît en 1890, Octave en 1892, Josaphat en 1893 et Wilfrid en 1895. Fin des années 1880, ils achètent une autre terre de 100 acres sur laquelle ils font construire la maison où ses descendants habitent encore aujourd’hui, la construction est complétée vers 1890. Cette maison, aujourd’hui plus que centenaire, est laissée en héritage à Jean-Baptiste plutôt qu’à l’aîné des enfants, à la demande de Domithilde, parce que Jean-Baptiste était resté handicapé, suite à la poliomyélite.

Le recensement de 1901 nous en apprend encore un peu plus sur notre ancêtre: Ferdinando est arrivé au Canada en 1867, l’année de la Confédération et il a été naturalisé canadien en 1887. Il déclare alors parler, lire et écrire l’italien et le français et parler l’anglais.

L’histoire démontre que, contrairement aux immigrants d’autres nationalités de l’époque, la famille de Ferdinando ne s’est pas seulement intégrée à la population locale mais elle s’est aussi très bien enracinée dans la région; elle s’est accrue au moment où les autres nationalités déclinaient pour finalement disparaître de la paroisse. Déjà au recensement de 1901, on remarque que sur les questions relatives à la nationalité et à la langue maternelle, Ferdinando a répondu italien pour ensuite faire rayer le mot italien.

Plusieurs membres de la famille Scalabrini se sont aussi impliqués dans l’administration de la fabrique de leur paroisse. En effet, Ferdinando a été marguillier de 1896 à 1898. Ses fils et son gendre ont également suivi son exemple en occupant ce poste à tour de rôle: Joseph 1928-1930, Nectaire Rousseau 1931-1933, Alfred 1934-1936, Cyrille 1940-1942, Pierre 1948-1950 et Josaphat 1964-1966.

Les enfants de Ferdinando ont tous très bien réussi dans leurs champs d’activités respectifs. Joseph, Alfred, Marie-Estelle, Cyrille, Jean-Baptiste et Josaphat ont tous été des fermiers prospères et entreprenants. Pierre pour sa part a été le propriétaire d’un magasin général important de la paroisse pendant plus de trente ans et il a été le maître de poste. Alfred, après avoir vendu sa ferme, a été forgeron au village. Josaphat, qui de toute évidence était un fermier à mi-temps, a longtemps été impliqué dans les travaux de voirie et la compagnie Scalabrini & Fils existe toujours. Josaphat a aussi été organisateur du parti libéral de son comté durant plusieurs années.

Le fait que nos grands-parents aient épousé des conjoints forts de caractère, n’est pas étranger à leur succès et cela indique qu’ils étaient fiers et ne se contentaient pas de demi-mesures. La route difficile suivie par Ferdinando: sa migration en France à un jeune âge, sa traversée en Amérique, sa démarche en sol canadien pour s’installer et fonder une famille et finalement le fait qu’il ait réussi à faire sa place au soleil dans un milieu où il était isolé des siens, démontre sans l’ombre d’un doute qu’il était un être déterminé, fier et probablement orgueilleux. Comme exemple, il suffit de mentionner la construction de sa maison vers 1890; elle est encore très belle aujourd’hui. Des témoignages de quelques-uns de ses petits-enfants au sujet du mobilier et de la décoration intérieure le prouvent. Finalement, encore aujourd’hui, on peut admirer sa pierre tombale qui est belle, élégante et imposante.

Domithilde décède le 25 novembre 1913 à Sainte-Edwidge. Après le décès de sa femme, Ferdinando habite avec son fils Jean-Baptiste pendant quelques années et lorsque ce dernier se marie en 1915, Ferdinando déménage chez sa fille Marie-Estelle.

Ferdinando est décédé le 19 janvier 1916 à Sainte-Edwidge.