ONE SHOT
LA CONFIANCE REGNE OU HAPPILY EVER AFTER
Hello la compagnie!!!!!!!! C’est moi Jessi je suis de retour avec un one shot!! Je dois vous avouer que j’ai beaucoup hésité avant de la publier parce qu’en fait....parce qu’en fait....parce qu’en fait je sais pas!!!! >_< !!! Nan, franchement je savais pas comment allaient réagir les lecteurs parce que bon, c’est pas la même chose...j’ai reçu des emails de la part de lecteurs qui m’ont félicitée et encouragée et ça m’a fait vraiment très très plaisir, d’ailleurs je les remercie encore mais en fait je pense que c’est le fait de ne pas savoir comment ils allaient réagir à ce one shot...le doute peut être (???)....ahhhhh c’est horrible!!! Enfin bref tout ça pour dire que je savais pas si ce one shot serait apprécié parce bon, je débute, et de voir tous les one shots des autres fanficteuses(rs) ça impressionne mais finalement je me suis jetée à l’eau et me voilà!!!! D’un côté, c’est toujours important de savoir ce qu’en pense les lecteurs de vos créations parce que c’est comme cela que l’on peut progresser mais d’un autre côté je me suis dit que ce pouvait être une bonne expérience de tenter le coup surtout que ça me fait une petite pause entre l’écriture de Dream comes true alors... Enfin, bon ou mauvais, ce sera à vous de me le dire mais même si ce one shot vous déçoit, c’est pas grave, j’espère qu’au moins vous avez apprécié mon fic et puis je ne suis pas du genre à rester en échec alors je retenterai le coup!!!!! Et si vous le jugez bon......je suis aux anges!!!!!! Bref, n’hésitez surtout pas à donner vos impressions, conseils, critiques, etc...parce ça pourrait vraiment m’aider!!!! Svp svp svp!!!!
Pendant que j’y suis un ami à moi va avoir un petit chiot mâle et comme les prénoms c’est pas son fort et moi non plus....peut être pourriez vous nous aidez, prénoms originaux surtout!!!
Voilà, c’était mon « petit » message d’introduction et dernière chose, j’aimerai avoir votre avis sur les titres de mes chapitres, si ils vous semblent bizarres, totalement hors sujet ou bien appropriés parce qu’en fait j’ai toujours un mal fou à les trouver hahaha!! Bon ben je crois que j’ai fait le tour (ouf!) ah oui et important, cette histoire n’est pas la suite de mon fic dream comes true. Je vous laisse donc apprécier ma nouvelle création.....
Cette histoire se passe indépendamment du manga et de l’animé. Sakura et Lionel ne se sont jamais rencontrés et Tyffani est toujours la meilleure amie de Sakura (j’ai décidé d’utiliser les prénoms français pour moi c’est plus simple!). Ils ont un 25 ans. Pour le reste, c’est dans l’histoire! Bonne lecture.
Debout, dans le couloir de l’hôpital, près de la grande vitre qui donnait sur la nursery, Sakura regardait s’approcher l’infirmière qui, souriante, poussait le berceau roulant. Au prix d’un effort surhumain, elle tenta d’occulter l’immense chagrin et l’épuisement qui s’étaient abattus sur elle au terme de cette longue nuit de cauchemar. L’infirmière s’arrêta à sa hauteur pour murmurer quelques mots qu’elle n’écouta pas, toute son attention se focalisait sur le petit être qui dormait là, ses doigts serrés en un point minuscule. C’était la première fois qu’elle voyait son neveu, et elle éprouva un choc. Qu’il était brun!!!! Il ne ressemblait pas du tout à Tyffani. En fait son petit visage typé révélait nettement son ascendance chinoise du côté paternel. Le poupon s’éveilla, ses yeux sombres parurent lancer des éclairs, et il eut l’air si malheureux tout à coup que Sakura se demanda s’il ne pressentait pas, d’une façon métaphysique, que sa mère était morte. A cette pensée, elle tressaillit, puis se détourna rapidement, vaguement étonnée que ses jambes puissent encore la porter.
De nos jours, les femmes ne mourraient plus en couches. C’est du moins ce qu’elle avait cru. D’ailleurs, à 25 ans, Tyffani était un jeune femme déjà très mûre. Elle était une femme ravissante, intelligente, pleine de vitalité et de projets....jusqu’au jour où Alex Li était entré dans sa vie, pour la saccager. Une émotion intense, mélange d’amertume et de haine s’empara de Sakura, si violemment qu’elle en eut peur. C’est à peine si elle perçut la voix masculine qui s’élevait dans son dos:
- Mademoiselle Kinomoto?
Ce fut l’accent, nettement perceptible, qui la fit plier net. Lentement elle se retourna. L’homme se tenait à quelques mètres d’elle. Tout d’abord elle nota sa haute stature, puis son costume, dont la coupe irréprochable mettait en valeur sa carrure, accentuant encore l’impression d’autorité qu’il dégageait. D’instinct, on devinait en lui le meneur, conscient de son pouvoir d’intimidation sur autrui et bien décidé à en tirer parti.
Incrédule, Sakura le vit s’approcher d’un pas assuré.
- Permettez moi de vous présenter mes plus sincères condoléances pour la mort tragique de votre cousine.
- Que....que faîtes vous ici ? balbutia t elle
- Vous avez laissé un message urgent à ma secrétaire n’est ce pas?
- Oui, à la demande de Tyffani, mais c’est votre frère que je voulais joindre, pas vous monsieur Li!
Le visage du concerné ne trahit aucune émotion particulière.
- Alex est en Chine, expliqua t il. Je l’ai déjà prévenu du décès de votre cousine. Il est naturellement bouleversé.
- J’ai peine à le croire.
- Je souhaiterai voir mon neveu, ajouta t-il sans se départir de son expression impassible.
Sakura laissa échapper un rire hystérique. Puis la réponse fusa:
- JAMAIS!!
Une énergie nouvelle, nourrie d’agressivité, la galvanisa. Lionel Li était l’homme qu’elle haïssait le plus au monde, et cette haine, qui n’avait fait que croître au fil des mois, atteignait en cet instant son paroxysme.
- En ce qui concerne cet enfant, vos droits ne surpassent pas les miens, objecta Lionel.
- Vous osez me parler de droits!! Après ce que vous avez fait à Tyffani ? Vous me répugnez!
- Vous n’êtes pas dans votre état normal, mademoiselle Kinomoto.
Bien entendu, Lionel Li n’était pas habitué à ce qu’on s’adressât à lui sur ce ton. A la tête d’un empire industriel, il était fabuleusement riche et influent. Son entourage professionnel le craignait, les membres de sa famille se pliaient sans discuter à la moindre de ses injonctions. De notoriété publique, il ne tolérait pas qu’on lui tînt tête et brisait impitoyablement les inconscients qui osaient s’opposer à sa volonté. Pourtant, Sakura n’avait pas peur, elle lui aurait donné 20 ans de sa vie pour le simple plaisir de le faire souffrir autant qu’il avait fait souffrir Tyffani!
- Vous l’avez assassinée! C’est votre cruauté qui l’a tuée, dit elle d’une voix stridente.
- Mademoiselle Kinomoto!
Il lui saisit violemment le poignet.
- Lâchez moi assassin!!
- Vous êtes en proie à une douleur légitime qui vous égare, sinon sachez que j’exigerais des excuses pour cette insulte. Reprenez vous je vous en prie. Ce n’est guère le moment de nous quereller.
Le contact de ses doigts d’acier sur son poignet décupla la fureur de Sakura. Et CLAC! D’un geste instinctif, elle le gifla de toutes ses forces. Une expression stupéfaite s’afficha sur les traits de Lionel, qui lâcha prise avant de porter sa main à sa joue. Sakura recula, choquée par cette réaction violente qui ne lui ressemblait pas du tout. L’espace d’un instant, son regard resta rivé aux prunelles sombres qui flamboyaient de colère. Puis elle tourna les talons et s’éloigna dans le couloir. Ses pas la menèrent dans le parc de l’hôpital. De toute façon, peu importe l’endroit où elle se trouvait, Tyffani était morte, et elle n’arrivait pas encore à l’accepter.
Leurs parents respectifs ainsi que Thomas avaient péri dans un attentat à la bombe à bord d’un avion. Elles venaient à peine d’avoir 18 ans. Elles avaient dû abandonner leurs études pour subvenir à leurs besoins, leurs parents n’ayant pas laissé de testament, ce qui fit qu’elles s’étaient retrouvées sans le sou. Pendant plus d’un an, elles avaient travaillées sans relâche. Le salaire était maigre et Sakura fut obligée de devenir également femme de ménage, abandonnant à jamais l’espoir de suivre des études. Puis un jour, Tyffani s’était faîte remarquée dans un casting et, pour payer les tenues et tout et tout, Sakura dut redoubler d’efforts pour assumer à elle seule la charge de 2 personnes. Tyffani était comme sa soeur, elles s’étaient promis de prendre soin l’une de l’autre, et Sakura ne pouvait pas supporter de voir sa Tyffani malheureuse. Celle ci avait même réussi à se faire un petit pécule, grâce aux photos qu’elle faisait. Tout se passait à merveille, jusqu’à l’apparition de...Alex Li. Un soir, Tyffani téléphona à sa cousine, en proie à une grande excitation. Elle avait rencontré un homme extraordinaire qu’elle lui présenterait bientôt. 2 semaines s’écoulèrent avant que Sakura ne put faire sa connaissance. A 26 ans, ce dernier possédait un charme juvénile indéniable. Il ne lâchait pas la main de Tyffani et la dévorait des yeux. Quand à Sakura, il lui parla d’une façon courtoise et respectueuse, à tel point qu’à la fin de la soirée, elle eut l’impression d’avoir endossé le rôle de la duègne mûre et vénérable! Alex tint à assurer que ses intentions étaient vénérables.
- J’aime votre cousine et je désire l’épouser, déclara t’il en pressant la main de Tyff entre ses doigts.
En dépit du sourire poli qu’elle affichait, Sakura sentit la consternation l’envahir. N’allait pas compromettre sa carrière?
- Bien entendu, il n’est pas encore question de mariage dans l’immédiat, précisa Alex, notre amour doit passer avec succès l’épreuve du temps, si je veux que mon frère donne son consentement à notre union.
Sakura considéra Alex avec surprise.
- Tu comprends, intervint Tyff avec une certaine ironie, la famille chinoise traditionnelle obéit à une stricte hiérarchie. Le père de Alex étant décédé, c’est Lionel, son frère aîné, qui règne sur le clan Li. Un vrai patriarche.
Sakura remarqua qu’Alex rougissait tout en lançant à Tyff un regard chargé de reproches. Plus tard, elle lui rappela gentiment de ne pas parler ainsi du frère d’Alex.
- Tant mieux! Alex est un adulte, et néanmoins il se conduit comme un enfant dès qu’il est question de son frère. Lionel ceci, Lionel cela...on dirait qu’il parle du bon dieu en personne!
Après cette soirée, Sakura demeura sur le qui vive, sans trop savoir pourquoi. Quelques mois plus tard, son appréhension se trouva justifiée lorsqu’elle entendit le nom de Li au JT.
Sa précipitant devant le poste, elle eut le temps d’entrevoir un homme extrêmement séduisant, entouré de collaborateurs fébriles. Aux journalistes qui le pressaient de questions, il refusa de donner le moindre commentaire sur sa récente acquisition d’une entreprise new yorkaise. Le lendemain, avant de se rendre au travail, Sakura lu dans un journal qui, dans un long article, détaillait la dernière opération commerciale du magnat chinois. Les Li possédaient une chaîne internationale d’hôtels de luxe, mais également diverses entreprises d’ingénierie, ainsi que des entreprises financières. C’étaient aussi de célèbres armateurs. Ces révélations achevèrent de troubler Sakura. Pas une seconde elle n’avait imaginé que le fiancé de sa cousine soit issu d’un milieu aussi privilégié. Rien dans le comportement de ce dernier ne dénotait de telles origines, ni l’habitude d’un train de vie aussi élevé.
Aujourd’hui, Tyffani n’était plus......
Sakura retomba brusquement dans le présent. Sa tête retomba entre ses mains, et elle crut que l’intolérable souffrance qui lui vrillait le coeur allait exploser dans un flot de sanglots. Quelques heures seulement s’étaient écoulées depuis que l’équipe de réanimation l’avait chassée sans ménagement de la salle d’accouchement où les médecins s’acharnaient depuis une ½ heure pour relancer les battements du coeur, mais Tyffani avait succombé à un infarctus du myocarde. Le choc avait anéantit Sakura, apprenant par la suite de la bouche même de l’obstétricien que cette dernière avait une malformation cardiaque jusque là ignorée. Celle ci, bien que surprise par la fréquence des visites de contrôle prénatales, ne s’était doutée de rien.
- Tyffani était déterminée à avoir cet enfant, lui avait il confié. C’était un choix personnel. Si elle vous a caché la vérité, c’est qu’elle savait pertinemment que vous tenteriez de la dissuader.
La voix compatissante du médecin résonnait encore aux oreilles de Sakura. Tyffani était morte. Partie pour toujours. Et elle n’avait pas laisssé s’échapper une seule larme. Le chagrin monta en elle et libéra tout à coup dans un flot de sanglots incoercibles qui la ravagèrent de longues minutes et la laissèrent épuisée, mais aussi terriblement soulagée que le raz de marée ne se soit pas produit en présence du chinois. Quelques jours plus tard, à l’enterrement de Tyffani, Sakura fut absolument écoeurée d’apercevoir les frères Li à l’écart du groupe, assistant eux aussi à l’enterrement. Comment avaient ils eu le culot de se présenter après avoir fait des derniers mois de Tyffani un véritable cauchemar? Ce qui la dégoûta encore plus fut d’apercevoir la somptueuse limousine aux vitres teintées, alors qu’elle n’avait même pas pu se payer le corbillard. Enfin, tout ceci n’avait plus d’importance maintenant, elle devait économiser le plus possible pour son neveu.
Une semaine plus tard, Lionel Li se présentait seul au perron de la modeste maison de Sakura et lui proposa la plus inimaginable des choses pour elle, ce qui semblait tout à fait normal pour lui en revanches, Alex désirait élever l’enfant dans l’univers au sein duquel il avait lui même grandi: en Chine. Sakura mit quelques secondes à comprendre le sens de ces paroles. Le clan Li voulait Duncan!! L’enfant de Tyff! C’était incroyable! Une telle proposition ne pouvait être sérieuse...
Prenant son silence pour un encouragement, il poursuivit:
- Alex adore les enfants, et je vous assure que Duncan ne manquera pas d’affection.
- Je...je n’arrive pas à y croire! Vous avez interdit à votre frère d’épouser Tyff, et cependant vous estimez qu’il est en droit de réclamer son fils ? Il l’a abandonnée, il a ignoré ses lettres, vous avez laissé l’humilier et vivre une grossesse difficile, sans le moindre soutien...et voilà que vous venez me dire de sa part qu’il veut garder cet enfant?
- Ecoutez mademoiselle Kinomoto, je ne suis pas venu pour me disputer avec vous, mais en tant que médiateur, et ce dans l’intérêt de l’enfant. Le passé ne peut être effacé mais nous sommes en mesure de construire l’avenir de Duncan...
- Son avenir est à mes côtés!! reprit elle avec véhémence, resserrant le col et le noeud de son vieux peignoir à fleur, consciente de sa nudité, ce qui la rendait encore plus furieuse. Lionel laissa échapper un petit rire méprisant.
- Vous voulez me faire croire que vous aimez l’enfant d’un homme que vous haïssez? Qu’espérez vous par là: faire monter les enchères?
- Les enchères?
- Bien sûr. Allons dîtes moi votre prix, je paierais rubis sur l’ongle.
Sakura demeura coite tant la stupeur et la fureur l’étouffait. Ainsi il entendait qu’elle lui vende Duncan! Comment osait il la croire capable d’une telle ignominie? Inconscient des émotions qui bouillonnaient en elle, il enchaîna:
- Vous me donnez Duncan discrètement, sans faire de vagues, et en échange...en échange je vous donnerai ce que vous voudrez. Réfléchissez, vous n’avez pas eu la vie facile, n’est ce pas? Quel âge avez vous? Trente, trente et un ans?
Comme hypnotisée, Sakura le dévisageait sans mot dire, atterrée par ce qu’elle venait d’entendre. Paraissait elle vraiment aussi vieille?
- Il n’est pas trop tard pour vous dénicher un mari, si vous vous arrangez un peu, avec de l’argent rien n’est impossible.
Si Sakura avait nourri quelques illusions sur son physique, il venait de les briser à jamais. La vision qu’il avait d’elle était très claire à présent: à ses yeux, elle n’était qu’une vieille fille frustrée et aigrie par la solitude, qui rêvait de mettre le grappin sur un homme, n’importe lequel...Cela en disait long sur sa nature primaire. Le terme de macho était encore trop faible pour s’appliquer à un Cro-Magnon de son espèce dont sa place était dans une caverne! Il était assez fascinant d’ailleurs, qu’un individu en apparence si raffiné ait en réalité la subtilité d’une bûche... Bien entendu, il ne lui était jamais venu à l’idée que le célibat puisse être un choix délibéré pour de nombreuses personnes. Non évidemment! Un homme qui n’avait pas une mais deux maîtresses, une à Hongkong l’autre à Paris, avait forcément des vues étriquées sur la question! En définitive, il était plus à plaindre qu’à blâmer...
- Duncan n’est pas à vendre...
- Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je vous imagine mal liant votre existence à celle d’un enfant en bas âge qui deviendrait forcément un obstacle à votre épanouissement personnel.
- Très drôle...
- Vous m’obligez à me montrer plus brutal...
- Ah bon? Je pensais que la brutalité était innée chez vous. En revanche, faire preuve d’un semblant de délicatesse vous demanderait un effort surhumain!
Au grand désappointement de Sakura, le sarcasme non déguisé le fit sourire.
- Vous êtes perspicace! En effet, j’ai beaucoup de mal à me montrer délicat en présence d’une mégère acariâtre sans une once de féminité! Inutile de perdre plus de temps. Vous prétendez vouloir garder Duncan, ce qui reviendrait à le spolier de son héritage. De votre côté que lui offrez vous? Une existence médiocre de bâtard, sous la tutelle d’une harpie dépourvue de tout sens moral!
- Qu’en savez vous??!!!
- Il faut être folle pour encourager une telle union!
- Et vous, qu’avez vous fait contre cela, hein??? riposta Sakura frémissante de rage
- Il était trop tard quand j’ai eu vent de leur liaison. Tandis que vous, vous saviez depuis le début. Vous êtes en partie responsable de la mort prématurée de votre soeur! Et non contente d’avoir permis ce drame, vous tentez maintenant de détruire l’avenir de mon neveu! Je ne vous laisserai pas faire! La place de Duncan est au sein de la famille LI. Nous sommes en mesure d’assurer son bonheur, un père et une mère aimants, une demeure confortable, les écoles les plus réputées...Il pourra garder la tête haute, où qu’il aille et quelles que soit les circonstances, car il sera un LI!!!
« Traduire, il se situe bien au dessus du lot grouillant de l’humanité! » songea Sakura avec ironie. De toute évidence Lionel était insensément fier du sang qui coulait dans ses veines. Mais...un père et une mère aimants...impossible...
- Angélique l’aimera comme son propre fils, insista t il. Il n’y a aucune rancune dans son coeur généreux. Depuis plusieurs mois, elle savait qu’une autre femme portait l’enfant de son mari.
Sakura sentit le souffle lui manquer. Seigneur! Alex était marié!! L’affaire prenait un tour particulièrement sordide.
- Mettons les choses au point....bredouilla t elle. Vous me demandez de ....donner Duncan à Alex et à....cette...femme...
- Angélique oui
- Angélique est...l’épouse d’Alex?
- C’est une jeune femme très douce et charitable, précisa Lionel avec hauteur
Un goût amer lui envahit la bouche. C’est clair, Tyff aurait préféré mourir que de faire élever son enfant par une autre. Sakura se dirigea vers la petite table où était posée le téléphone. Brutalement, elle décrocha le combiné, trouvant le moyen le plus radical pour se débarrasser de l’importun.
- Très bien, alors j’irai trouver les journalistes de la presse à scandales...je leur raconterai tout...dans les moindres détails...et je....
- Vous ne feriez pas ça!!
Le visage de son interlocuteur s’empourpra. Elle le vit serrer les poings consciente de l’avoir poussé à bout.
- Vous ne pouvez pas me toucher. Si vous ou votre frère cherchez de nouveau à m’approcher, j’irai trouver la presse. Alex aurait pu profiter de cet enfant. Il a laissé échapper cette chance. Ma cousine et meilleure amie a donné sa vie pour mettre cet enfant eu monde, c’est vous dire à quel point il lui était précieux, et à quel point il l’est à mes yeux.
- Vous n’avez pas le droit de séquestrer cet enfant!
- Dans ce cas, attaquez moi en justice! Entre temps, l’affaire aura fait la une des journaux....
Satisfaite d’avoir trouvé son talon d’achille, elle le toisa avec assurance.
- Ainsi c’est ça votre vengeance?
Elle eut un petit rire sans joie.
- Ce n’est que le 10ème de ce que j’aimerai vous faire subir, admit elle sans vergogne. Alex n’est qu’un pantin, c’est vous qui avez détruit la vie de ma cousine. Parce qu’elle n’était pas assez riche pour vous et que vous la méprisiez...
- Je n’ai pas de tels préjugés! Vous m’avez accusé de cynisme, mais se servir d’un enfant comme arme pour mener à bien une vengeance personnelle c’est inqualifiable! Vous mériteriez une bonne correction!
- Je vous en prie monsieur Li, savez vous ce que vous méritez vraiment? Une épouse, la pire des garces, qui ferait de votre vie un enfer!
- Comme vous peut être?
- Vous me répugnez! Je ne suis pas une reine de beauté mais au moins, moi, j’ai des principes!
Il la fixait, immobile. Ses prunelles sombres ne la quittaient pas et l’étudiait avec une intensité gênante. Enfin, il articula:
- Aucune femme ne m’a jamais dit qu’elle me trouvait répugnant.
- C’est parce que vous êtes riche.
A ce moment là, elle se rendit compte qu’ils se trouvaient encore dans le hall d’entrée. Toujours aussi déterminé, il pénétra dans le salon.
- Qu’est ce que vous me voulez ENCORE!
A nouveau, il s’imposait à elle. Inutile de protester, elle le suivit. Il s’assit sur le canapé. La serviette qui lui couronnait la tête se dénoua et, d’une main impatiente, elle l’arracha pour la jeter sur le côté. De longs cheveux châtains retombèrent en une cascade de boucles jusqu’à sa taille. Lionel Li, s’immobilisa soudain pour l’envelopper d’un regard si intense que Sakura ne put s’empêcher de jeter un coup d’oeil derrière elle pour voir ce qui captivait son attention. Le coucou accroché au mur? La tapisserie parsemée de fleurs orange?
- Vous pourriez m’offrir un verre.
- Je ne vous ai pas invité que je sache!
Estomaquée par tant d’arrogance, elle le vit se diriger sans hâte vers le petit bar, puis se servir un verre de whisky.
- Je dois dire que je trouve extrêmement difficile de rester courtois en votre présence, déclara t il sans détour.
- ......................
- Bien, quoi qu’il en soit, il était peut être indélicat de ma part de vous suggérer de le confier à mon frère et ma belle soeur.
- C’était inqualifiable!!
- Mais, l’avenir de cet enfant peut être assuré d’une autre façon. Je pourrais l’adopter et l’élever comme mon propre fils.
La proposition, lancée sur un ton détaché, désarçonna Sakura. Perplexe, elle le regarda et, machinalement, s’humecta les lèvres de la langue. Une subite rougeur apparut sur les pommette de Lionel qui remua dans son fauteuil, comme s’il était soudain mal à l’aise. Il poursuivit:
- Il est impératif que Duncan soit reconnu comme un Li. Pensez vous qu’un fois adulte, il vous sera reconnaissant de lui avoir dénié sa position dans la société? Votre obstination dénote un profond égoïsme.
Assaillit par un regain d’incertitudes, Sakura se sentit pâlir. Egoïste, elle? L’accusation la blessait. Parvenue à un stade de pensée, elle prit un profonde inspiration et se racla la gorge.
- Duncan est un bébé sans défense, et vous, un requin, doué pour les affaires, certes, mais drogué de travail et égocentrique. Vous l’abandonneriez sans doute dès la première occasion à une nourrice!
- Vous dépassez les bornes!
- Ecoutez moi, que se passera t il le jour où vous vous marierez? Duncan aura probablement une belle mère qui lui en voudra certainement d’être là, et qui ne pourra pas s’empêcher de favoriser ses propres enfants...
- Vous extrapolez c’est intolérable!
- Justement, il y a le problème de votre mauvaise humeur.
- Quoi?!
- Vous ne paraissez pas très maître de vos émotions, cher monsieur. Les enfants sont remuants, désobéissants, bref il faut de la patience pour les supporter. Oh j’imagine bien que vous êtes absolument charmant, tant que votre entourage ne vous contrarie pas et vous fait des courbettes. En revanche, vous ne supportez pas qu’une simple femme vous tienne tête!
Ils se turent tous les deux. Sakura repensa à l’époque où elle était allée trouver Lionel Li et qu’il l’avait simplement considérée comme une moins que rien, accusant Tyffani de vouloir l’argent des Li et même de les faire chanter, à la façon d’une prostituée. Elle fronça les sourcils. Lionel la ramena à la vie active:
- Avez vous réfléchit?
- C’est non. Il n’y a plus rien à dire, je ne changerais pas d’avis.
Il avait essayé toutes les stratégies, proposition, intimidation, père adoptif...qu’allait il lui offrir maintenant?
- Ca suffit!
D’un geste qu’elle n’avait pas prévu, il lui saisit le poignet.
- Lâchez moi, je ne supporterais pas que vous me touchiez!
- Menteuse....
Toute sa personne irradiait des ondes sensuelles qu’en dépit de son inexpérience, elle identifia aussitôt.
- Au contraire, je pense que vous aimeriez beaucoup que je vous touche, sans la quitter de ses yeux de braise.
De seconde en seconde, la tension montait ainsi qu’un vague de chaleur en elle qu’elle traduisit par de la peur.
- Vous êtes bestial!
Il se contenta de sourire, se croyant irrésistible.
- Malheureusement pour vous, quand j’ai dit que je donnerai n’importe quoi, je ne m’incluais pas dans l’offre. Quand je couche avec une femme, il faut que je l’apprécie un minimum.
Si Sakura avait eu un couteau sous la main, elle lui aurait directement trancher la gorge. Oser prétendre qu’elle était sexuellement attirée par lui, franchement!!! Il la rendait tellement violente! Chacun de ses mots, gestes, sourires, étaient une incitation au meurtre. Et soudain, elle sut quelle serait son ultime vengeance, celle qui la soulagerait de la frustration et de la colère accumulées en elle. Elle n’avait qu’à le prendre au mot. A cette pensée elle eut un petit rire nerveux, bien sûr ce n’était pas sérieux mais sûrement le meilleur moyen de se débarrasser de ce véritable repoussoir.
- Je suis heureux que vous trouviez la situation divertissante. Je vous confesse que pour ma part, je suis loin de partager votre bonheur.
Sakura redressa les épaules, elle se sentit forte tout à coup.
- Alors comme ça, vous donneriez n’importe quoi, n’importe quoi???
- Ahhhh, je savais bien qu’un jour ou l’autre nous en arriverions là, dit il avec un sourire méprisant. Enfin vous vous dévoilez! Pourquoi avoir jouer la comédie aussi longtemps alors?
- Je vous préviens, vous n’allez pas aimer mes conditions.
Elle pénétra dans le salon. Autant qu’il y est le plus de place possible pour laisser éclater sa fureur!
- Je suis prêt à n’importe quel sacrifice pour vous éloignez de Duncan, dit il d’un ton on ne peut plus froid.
- Hmmm....mais voyez vous, monsieur Li, ce que je désire, c’est ce que vous avez si âprement refusé à ma pauvre Tyffani.
- Venez en au fait s’il vous plaît, au fait!
- C’est un peu....délicat...
- Allons, ne faîte pas la timide!
Sakura, au bout d’une seconde, planta son regard dans le sien.
- Je veux que vous m’épousiez. Je veux devenir madame Lionel Li, dit elle d’une douceur mielleuse.
BAM! Lionel sembla être frappé par la foudre. Une longue minute s’écoula.
- Bon sang, s’écria t-il. Vous n’êtes pas sérieuse de penser que j’épouserai une femme de votre genre!!!
- Non, pas du tout! A moins que je ne représente un parti encore moins acceptable que celui de ma pauvre cousine.
Il était rouge brique, ses mains tremblaient et il était manifestement pris de cour.
- Comment osez vous vous conduire avec une telle....indécences!! cria t-il dans un grondement.
- Vous refusez donc? Force m’est de constater que votre parole ne vaut pas grand chose...Au revoir monsieur Li, susurra t-elle en désignant la porte.
Il la considéra un instant, puis, à grandes enjambées rageuses, il quitta la maison, non sans lui avoir jeté un regard meurtrier.
La semaine suivante, tout se passa sans incident. Sakura se rendait plusieurs fois au cimetière pour accélérer le processus de deuil mais rien n’y fit, elle avait toujours ce pincement au coeur. Quand elle voyait une jeune femme aux longs cheveux dans la rue, elle ne pouvait s’empêcher de penser à elle, pareil à chaque fois que le téléphone sonnait, elle pensait que ce serait Tyff l’appelant pour lui raconter sa journée.
Un beau matin, pénétrant dans le grand hall de l’entreprise dans lequel elle exerçait la fonction de secrétaire, l’ambiance avait inexplicablement changé. Une voix connue l’interpella.
- Ah, vous voilà enfin. Je meurs de faim, allons déjeuner, en ce qui concerne votre travail, je viens de vous licencier, j’ai d’autres projets pour vous, et qu’est ce que c’est que cette jupe, on dirait une serpillière. Vos cheveux sont consternants, ce n’est tout de même pas compliqué d’aller chez le coiffeur de temps en temps. Je vous préviens, j’ai horreur des femmes qui ses négligent.
- Mais....
Sans lui laisser un instant, il la poussa dans la somptueuse limousine et monta à ses côtés.
- Chauffeur!
La voiture démarra. Entre temps, il lui adressa un petit sourire narquois. Qu’avait il en tête cette fois? La couler dans le béton puis de la balancer dans le Yang Tsé avec la complicité du chauffeur? Cela ne l’aurait qu’à moitié surprise.
- Je vous offre un verre?
- Non merci.
- Tiens! Vous ne voulez dons pas célébrer votre victoire?
- ?????
- Je suis prêt à vous épouser.........
Sakura demeura bouche bée. Consciente de son regard, elle s’efforça de reprendre son souffle, mais son coeur battait follement dans sa poitrine. Incroyable! Elle avait exigé le prix le plus élevé et il se déclarait prêt à payer...mais pourquoi? Elle voulait savoir. Puis, après un court moment d’émotions intenses, elle répondit:
- Eh bien, Duncan vaut son pesant d’or. J’avoue que je suis surprise.
- Pour qui me prenez vous? Bien entendu si j’avais su que votre soeur portait l’enfant d’Alex j’aurais réagi différemment, je ne suis pas un monstre!
Il s’était exprimé avec une telle violence que Sakura, à sa propre surprise, ne put s’empêcher de le croire.
- Nous déjeunerons chez moi.
Il possédait à Hong Kong un hôtel particulier mélange de plusieurs styles mais qui était le nec plus ultra en matière de nouvelle technologie. Ses yeux se posèrent tour à tour sur les nombreux gadgets ornant les pièces, les somptueux tableaux et sculptures, ainsi qu’à la porcelaine fine. Après tout, pourquoi ne pas l’épouser? Elle n’avait rien à perdre de toute manière. Il continuerait ses visites galantes partout où il voudrait, et elle se dévouerait au bonheur de Duncan. Ce serait un mariage de convenance, et chacun y trouverait son compte.
En fin de compte, Alex fit établir un contrat, qu’elle se devait de signer. Désormais il lui mangeait dans le creux de la main! Finalement, il y a avait une justice sur terre!!!
A peine un jour plus tard, elle revenait chez elle avec une ribambelle de paquet de grands magasins vestimentaires, complètement relookée de la tête aux pieds, loin de la Sakura introvertie, moche et frustrées qu’elle avait abandonnée. Elle dépensait l’argent de Lionel. D’ailleurs, c’était clairement expliqué dans le contrat qu’elle avait signé: 20 pages d’insultes! Elle s’employait donc à justifier ses préjugés, celle d’une femme superficielle obnubilée par le luxe. D’ailleurs, c’était Lionel lui même qui lui avait conseillé de faire appel à une conseillère esthétique si elle voulait être un tant soit peu présentable. Mais au final, indéniablement, elle avait de la classe, dans ce petit tailleur beige, boutonné du col à l’ourlet de la jupe par de petits boutons en bois qui mettait en valeur sa silhouette fine. Ses chevaux descendaient en ondulations sur ses épaules, et dans son visage artistement maquillé, se prunelle vertes brillaient d’un éclat nouveau.
Dans la voiture, assis chacun à l’autre bout de la banquette:
- Expliquez moi comment vous avez réalisé cet exploit! fit Lionel ébahi
- Hein?
- Eh bien, cette extraordinaire métamorphose! Je n’en reviens pas!
- Oh, j’ai loué les services d’une lookeuse, rien de plus.
- Pourquoi?
- Je...je ne savais pas comment m’arranger, je n’en ai jamais eu le temps auparavant, je n’y accordai pas grande importance...
- Je suis flatté que vous ayez fait tant d’effort pour moi, dit il d’un regard suffisant
- Oh non vous n’y êtes pas du tout! Si j’ai fait tout ça, c’est pour Duncan!
- Mais, voyons il n’a que quelques semaines!
- Peut être, mais je ne voudrais pas qu’il ait à rougir de sa mère, ni maintenant, ni plus tard.
- Et moi alors? Croyez que je supporterai une épouse qui me fait honte?
Le silence retomba. Puis, comme il continuait toujours à la fixer, elle se tourna vers lui:
- Arrêtez de me reluquer comme ça, c’est très gênant!
- Qu’est ce que vous espériez, vous êtes méconnaissable...
Puis soudain, comme hypnotisé, il se pencha vers elle dangereusement et fourra sa main dans ses cheveux. Sakura, bloquée entre la portière et son « mari » ne pouvait se débattre.
- Otez vos sales pattes de ma personne!!
Une peur visqueuse s’empara d’elle. Qu’allait il faire? Il fallait à tout prix détourner son attention.
- Je ne veux pas que Duncan ait une nanny!! dit elle en un souffle
Lionel parut s’arracher à un songe.
- Une nanny? demanda t-il avec étonnement comme si elle lui parlait dans une langue inconnue
- Oui...je tiens à m’occuper de Duncan moi même
- Vous seriez bien trop occupée à veiller sur moi
- Vous avez des domestiques pour ça....
- Non, désormais j’ai une épouse...
Et il se plaqua littéralement contre elle, un sourire narquois comme pour montrer qu’elle était à son entière merci, ne lui laissant aucune chance de s’échapper. Sakura frémit à son contact, sa bouche, la chaleur de son corps...tout.
- N’oubliez pas, vous êtes ma femme! dit il enfin en se dégageant d’elle.
Perplexe, elle songea un instant. Devait se recroqueviller de terreur ou bien être fière de l’être?
En vérité, ce mariage ne signifiait rien à ses yeux, pas plus que cette bague en diamant à son doigt. Mis à part Dunan, ils n’avaient rien en commun, alors pourquoi l’appelait il sa femme?
- Je ne suis pas quelqu’un que l’on ignore, reprit il.
- Si vous tenez tant à faire la conversation, pourquoi ne pas s’exprimer normalement???
- Vous préférez peut être parler du temps qu’il fait? Voilà une discussion qui serait à votre portée.
Cassssséeeee, Sakura crut qu’un énorme bloc de pierre était tombée sur elle. Vexée et ne sachant pas quoi dire, elle fulmina intérieurement.
- Quel âge avez vous, dit il comme ça
- Vous n’avez qu’à regarder sur la licence de mariage!
- Allons, ne faîtes pas l’enfant!
- J’ai 25 ans. Vous voyez, il me reste encore du temps avant d’atteindre la trentaine fatidique! ironisa Sakura
- Ma remarque vous a bouleversée apparemment, dit il d’un air amusé
- De vous, rien ne peut m’atteindre.
Arrivés à une aire de repos, Sakura ne put s’empêcher de faire taire brutalement Lionel car il criait sur son portable, ce qui dérangeait la digestion du petit bambin. Ne sachant pas quoi riposter à son tour, il alla bouder dans son coin. Avant de repartir, il se décidé:
- Etes vous lesbienne?
Cette question fit l’effet d’une douche froide. Tout d’abord, elle crut mal comprendre, puis rougit, pour enfin éclater de rire.
- je pensais bien que c’était improbable poursuivit il. Mais alors pourquoi éprouvez vous ce besoin de me rabaisser à tout bout de champ!
- Vous avez remarqué? C’est que en fait, je ne vous aime pas et...
- Je me moque de votre affection. Mais j’exige le respect.
- Bien! C’est excellent d’avoir un but dans la vie mais si ce but est inaccessible...
Il blêmit.
- Comment osez vous??!?!? Même mes ennemis les plus puissants n’ont pas l’audace de me parler comme vous le faîte!
- Je n’ai pas peur de vous.
- Ni de rien j’imagine! Vous ne respectez rien, vous n’avez aucune moralité, en fait vous êtes l’antithèse de la femme que je comptais épouser!!!
Sakura demeura bouche bée.
- Vous...vous voulez dire que...vous étiez fiancé à quelqu’un?? demanda t-elle fébrile
- Pas exactement. Il n’y avait rien d’officiel mais il était entendu depuis longtemps que je finirais par épouser Lina.
- Ehh!! Vous n’aviez pas le droit de me jeter ça en pleine figure comme si j’étais responsable, alors que c’est vous qui m’aviez caché que vous aviez une femme dans votre vie!!
- Vous faîtes allusion je suppose aux créatures que je paye pour partager mon lit?
Sakura baissa la tête, honteuse.
- Lina et moi n’avons eu aucune relation intime, confia t-il du bout des lèvres. Il y a, entre Lina et moi une estime mutuelle et une amitié de longue date. Notre union allait de soi. Chez les Li, on se marie pour la vie, on ne s’engage pas dans une aventure, le crâne bourré d’illusions romantiques éphémères!
- Est ce qu’elle...est ce qu’elle est amoureuse de vous? demanda Sakura dans un murmure.
- Elle sera surtout vexée étant donné que comme tout le monde, elle pensera que Duncan est notre fils.
- Vous plaisantez??
- Encore une chose à laquelle vous n’aviez pas pensé, soupira t-il. Puisque c’est nous qui allons l’élever, il faut que sa véritable filiation demeure secrète, même à l’intérieur du cercle familial. Je ne tolérerai pas qu’Angélique soit humiliée.
Sakura esquissa une moue dubitative. Il exagérait. Décidément, cette Angélique...
- Naturellement, dès que Duncan sera en âge de comprendre, nous lui dirons qu’il a été adopté; et plus tard encore, je pense qu’il aura le droit de connaître la vérité a propos de ses vrais parents.
- Quelle vérité, la vôtre ou la mienne?
- Vous êtes sournoise, mais je vous préviens, il n’est pas question que vous déformiez la réalité. Si tant est que vous soyez encore dans les parages à cette époque! conclut il
- Pourquoi en doutez vous?
- Pour rester dans la course, il vous faudra faire preuve de persévérance et d’humilité. Et franchement je ne vous crois pas à la hauteur!
- Merci de votre confiance!
Un château dans la vallée de la Loire. Bien sûr, un Li ne saurait se contenter de moins! songea Sakura. Au détour de la route, une superbe demeure apparut dans son champ de vision. Elle considéra les lignes très pures de l’architecture classique. Construite dans une pierre d’ocre pâle, elle se composait d’un bâtiment central haut de deux étages et de deux ailes symétriques.
- Mais c’est immense! s’enthousiasma Sakura
- Ce château est le berceau familial du côté de ma mère.
La voiture se garait devant le perron tandis qu’une silhouette féminine, un sourire aux lèvres, vint à leur rencontre. En l’apercevant, Lionel marmonna une imprécation quelconque en chinois.
- Si jamais vous osez dire que Duncan n’est pas notre fils, je vous tue!! jeta t-il à son épouse.
Sakura n’eut pas le temps de se renseigner sur l’identité de la personne qu’à peine la portière ouverte, une rousse vint se rua sur elle.
- Je suis votre belle mère, annonça t-elle joyeusement
- Sakura, voici Emmy, la deuxième épouse de mon père.
- Cela fait 20 ans que je considère Lionel comme mon propre fils, mais que voulez vous, il est toujours si épris de précision! Lionel, je sais que c’est inconvenant de ma part de débarquer à l’improviste mais j’avais tellement hâte de rencontrer Sakura!! Elle va te rendre très heureux, j’en suis sûre!! Mais franchement, tout cela est de ta faute! Quelle idée d’imposer un mariage précipité à cette chère Sakura, pas d’amis, ni de famille, alors que j’aurais pu tout organiser en 3 semaines avec un chic fou! Je vous assure que j’ai tout fait pour qu’il change d’avis.
Et, ceci disant, elle l’entraîna dans la vaste villa.
- Le climat est un peu tendu entre vous, hein? Bah! J’adore Lionel mais comme on dit, il faut être 2 pour danser le tango! De plus qui oserait appeler ce bébé un accident, pour moi c’est plutôt un miracle! Lionel sauvé au dernier moment de l’ennui intégral incarné par cette pauvre Lina! Vous avez entendu parler d’elle?
- Euh...un peu, oui....
- C’est largement suffisant! C’est une femme effrayante de perfection: une artiste accomplie, qui parle plusieurs langues, possède l’un des vignobles les plus réputés de la Loire, ainsi qu’un arbre généalogique remontant au moins jusqu’à Charlemagne! Bien sûr, elle est d’une beauté transcendante...
- Mais...Lionel....
- Oh, ne vous inquiétez pas, elle n’est pas plus amoureuse de Lionel qu’il ne l’est d’elle! En amour il faut des émotions et les émotions décoifferaient Lina. Savez vous que vous avez épargné à Lionel un destin pire que la mort?
Elles pénétrèrent dans la chambre à coucher, parsemée de fleurs blanches, et dont le décor était digne d’un film hollywoodien.
- C’est....superbe!!!
- Lionel m’avait prévenue que je ne vous aimerai pas. Songez, je m’imaginais une Lina en pire!! Et avec Lionel comme un lion en cage, je me suis dit que seule une Amazone avait pu le capturer!
Ladite amazone s’humecta ses lèvres et décida de jouer cartes sur tables.
- Disons que...j’ai fait pression sur lui...
- Comment? Vous étiez enceinte et vous avez été obligée d’insister? Et moi qui étais convaincue que lorsqu’il était question de devoir, on pouvait compter sur Lionel!
- Eh bien...
- C’est un homme qui, d’ordinaire met un point d’honneur à assumer ses responsabilités, ce qui le rend parfois un peu ampoulé mais il adore les enfants.
- Euh....
- Evidemment, il a des vues assez rigides, contrairement à Alex. C’était un petit garçon si mignon! Je l’ai horriblement gâté. Je l’adore, même si parfois il m’inquiète un peu. Vous savez, quand j’ai entendu parler de ce bébé, j’ai cru un moment...oh cela va vous faire rire mais j’ai cru que Lionel voulait protéger son frère!
Sakura resta figée.
- Oh? fit elle stupidement
- Bien entendu cela aurait brisé le cœur d’Angie. Elle m’a paru un peu anxieuse ces derniers temps...
- Qui est Angie?
- Ma fille, Angélique.
- Votre fille est...la femme d’Alex?
- Exact!
Sakura fut stupéfaite. En fait Angélique faisait doublement parti de la famille LI! Au moment de franchir le seuil, Emmy se ravisa et se tourna avec un sourire:
- Lionel a de grands principes, profitez en! Et...de ça aussi! dit elle en direction du lit gigantesque.
Sakura se retrouva seule. Décidément, cet Alex était particulièrement doué pour semer la pagaille derrière lui. Elle songea tout à coup aux sentiments que pouvait avoir Angie et ressentit une sympathie. En effet, cela n’aurait pas été facile d’élever l’enfant de son mari provenant d’une autre...
Il était l’heure de dîner.
Comme dans tous les grands manoirs, la grande table trônait au milieu de l’immense salle à manger, les deux époux face à face, chacun à l’autre bout de la table, richement dressée. Une lumière tamisée aurait pu faire croire qu’ils célébraient un évènement, ce qui était complètement erroné. De plus, des huîtres étaient servies, considérées comme un puissant aphrodisiaque. Il fallait sans doute remercier Emmy du menu de ce soir.
- Alors, quel effet cela fait d’être ma femme?
- Absolument rien. Je cherche juste à être une bonne mère pour Duncan.
- Quel revirement! J’ai remarqué que vous étiez plus discrète une fois la bague passée au doigt!
- J’ignore d’où vous viens cette impression.
- Selon vous, je méritais d’épouser la pire des garces et voilà qu’aujourd’hui vous changez de tactique pour endosser le rôle de la mère dévouée...dans la limite de votre piètre talent d’actrice!
- Ce n’est pas un rôle!!!!!!!!!!!
- Vous vous êtes servie de lui comme un passeport pour un monde de luxe!!!
- Faux!!!! D’accord j’ai voulu me venger mais je n’avais jamais pensé que vous accepteriez!!!
- Vous vous êtes imposée à moi! Vous m’avez vendu Duncan contre un statut social et des cartes bancaires! Comment espériez vous être reçue?!!! Alex est marié mais cela ne vous a pas empêché de continuer!!!!!!!!! D’ailleurs, Tyffani connaissait parfaitement Angélique avant de rencontrer Alex!
Sakura crut que le temps s’arrêtait.
- Vous...voulez dire que....vous mentez!!! Vous inventez cette histoire dans l’unique but de salir sa mémoire!! Aucune de nous ne savait qu’il était marié!!
- Ah bon?? fit il faussement étonné. Alors pourquoi est ce Angélique elle même qui ait engagé Tyffani pour lui servir de dame de compagnie pendant qu’elle était en convalescence???
- Mais...Alex a demandé à Tyff de l’épouser, et il lui a même offert une bague!!
- Vous ne pensez tout de même pas que je vais gober ça?
- Si c’est vrai!! Et je sais que Tyffani n’aurait jamais eu de liaison avec un homme marié!!!!!!!!!
Elle ponctua ses paroles d’un coup de poing sur la table, renversant un verre de champagne, les yeux embués de larmes.
- C’est impossible!! Elle n’est pas retournée en Chine depuis de très nombreuses années!! C’est honteux!!
- J’ai des preuves, l’interrompit Lionel, impassible
- Des preuves?
Celui ci hocha la tête, et se dirigea vers une bibliothèque coulissante, derrière laquelle était cachée un coffre fort.
- Je conserve mes documents de valeur ici.
La gorge nouée, elle attendit qu’il tape la combinaison. Lionel lui présenta une liasse de photos.
- Elles ont été prises à Pékin. Elles étaient venus passer un week-end avec Alex là bas.
Sakura crut qu’elle allait mourir. Sur la première, on voyait Tyff avec une jeune femme aux cheveux noirs bouclés, toutes les deux affichaient un sourire radieux. Puis les photos s’enchaînèrent et Sakura crut tomber dans un gouffre. Elle détourna la tête pour cacher les larmes glissant sur ses joues. Le choc et la souffrance étaient tels qu’elle était incapable de prononcer quoi que ce soit.
- Tyffani savait pertinemment qu’Alex n’était pas libre. Elle a fait un choix, mon frère a fait le sien, il est retourné vers celle qu’il aimait vraiment, sa femme.
Que dire de plus, Sakura était désemparée et avait envie de pleurer toutes les larmes de son corps. Lionel décida enfin à rompre le silence et ferma le coffre:
- Nous étions sur le point de dîner.
- Je...je n’ai pas faim. Je vais aller me coucher.
- Seule? Alors que c’est notre nuit de noces?
Elle tressaillit. Une sensation étrange naquit au creux de son estomac, et elle dut produire un effort pour chasser le léger vertige qui l’assaillait. Il eut un petit rire.
- Rassurez vous, je vous rejoindrai tout à l’heure. J’ai hâte de vous sacrifier stoïquement pour la gloire de la Chine!
- Je vous demande pardon?
Mais elle s’adressait à une porte, il était déjà parti.
Sakura était étendue sur l’immense lit, les yeux fixés au plafond. Voilà un déplorable sens de l’humour, pensa t-elle. Bien sûr, il ne pouvait être sérieux. Pour se changer les idées elle se mit à penser à sa cousine, et à tous ces moments qu’elles avaient partagés. Elle se sentit plus en paix avec elle même. Elle tendait le bras pour éteindre la lampe de chevet lorsque la porte s’ouvrit sur la haute stature de Lionel. Avec une exclamation de surprise, elle laissa retomber sa main sur l’oreiller. Les battements de son coeur s’affolèrent, et en l’espace d’un instant, elle resta paralysée. Après avoir refermé la porte, Lionel vint s’appuyer contre la colonne du lit pour étudier la jeune femme. Son attitude indiquait clairement qu’il était le maître des lieux et pouvait faire ce que bon lui semblait. Dans le silence oppressant, elle le vit, d’un geste négligent, dénouer son noeud papillon, puis se débarrasser de sa veste, d’un simple mouvement d’épaule, sans la quitta du regard. Un sourire insolent se dessina sur ses lèvres. Lionel Li était apparemment très à l’aise dans la chambre d’une femme. Enfin, il déboutonna sa chemise et dévoila un torse musclé. Durant tout le temps qu’avait duré le striptease, elle s’était interdit de détourner la tête, s’efforçant d’arborer une mine légèrement amusée. Il voulait se moquer d’elle, et elle ne tomberait pas dans le piège!
- Vous répétez un numéro de chippendale?
- Je vous ai prévenue il y a quelques temps que je savais comment traiter les filles comme vous, et que vous n’aimeriez pas mes méthodes. Vous auriez dû vous méfier!
- Cette démonstration de machisme me laisse parfaitement froide, sachez le.
- Lors de notre première rencontre, j’ai remarqué que vous aviez des yeux magnifiques. Le 2ème fois, je me souviens avoir pensé quelles jambes superbes! Et la troisième, vous m’avez montré vos cheveux. Vous vous êtes révélée à moi peu à peu, avec un art consommé de la séduction, et j’avoue que l’alchimie entre nous est explosive...
Incrédule, Sakura le dévisageait. Mais qu’est qu’il lui chantait?
- Qu...quelle alchimie? bredouilla t-elle
- Vous n’avez donc pas identifié ces ondes entre nous? Alors que vous m’avez adressé tant de signaux érotiques? Allons donc! En vérité, vous vous sentiez attirée par moi et ce la vous horripilait! Et de mon coté, je pensais, c’est la seule femme que je désire et que je ne peux pas avoir...
Sakura l’écoutait, incrédule. Tranquillement, il acheva de se déshabiller et piquant un fard, elle détourna pudiquement la tête. Trop tard! L’image de sa nudité était gravée dans sa mémoire à l’encre indélébile.
- Je suis prête à vous accorder le divorce!!
- Non merci
- Mais...je vous rends votre liberté!
- Ainsi de Duncan?
- NON!!!!!
- C’est donc le statu quo, conclut il.
Sakura se mordit la lèvre.
- Je vous jure que j’ignorais totalement qu’Alex était marié, plaida t-elle
- Vous avez assez bien joué l’effet de surprise, je vous l’accorde, mais cela ne change rien au fait que nous soyons mariés.
- Mais....
Sans répondre, il disparut dans la salle de bain. Sakura tapa rageusement sur l’oreiller. La simple pensée que Lionel la contraignant à avoir des rapports intimes avec lui la terrifiait. Il la verrait nue, remarquerait tous ses défauts physiques...non, ce serait bien trop humiliant! Yeux fermés, elle attendit. Quelques minutes plus tard, le matelas s’affaissa sous le poids de Lionel. Aussitôt; Sakura se réfugia à l’autre bout du lit. Un long frisson la secoua quand un doigt couru le long de son dos.
- Vous allez me vexer.
- S’il vous plaît...ne me toucher pas....je... je ferai tout ce que vous voudrez....même si....
- C’est vous que je veux.
Elle se tourna pour le repousser, mais il la maîtrisait facilement et la cloua contre le matelas. Visiblement, la supplique affolée de Sakura ne l’avait ému le moins du monde.
- Vous trichez! Vous étiez d’accord pour un mariage blanc!
- Ah? Je me demande bien quand j’ai pu vous donner cette impression?
- Mais...mais...
- Je ne vous aurais jamais épousée si vous aviez inclus dans le contrat une clause m’interdisant l’accès à votre lit. Je veux des enfants. Vous pensiez également me spolier de ce droit?
En vérité, cette pensée ne l’avait même pas effleurée.
Galvanisée par la peur, Sakura fit un mouvement désespéré pour se libérer mais il la retint prisonnière, enfouissant sa main dans son épaisse chevelure.
- Allons détendez vous, murmura t-il avec une douceur soudaine. Je vous promets d’être très doux même si c’est la première fois que je fais l’amour à une vierge.
Les joues en feu, Sakura bégaya quelques dénégations peu convaincantes. Comment avait il deviné son manque d’expérience? Ce n’était tout de même pas écrit sur son front!!
Il choisit cet instant pour s’emparer de sa bouche dans un baiser qui n’avait rien de menaçant. Puis, il l’embrassa de façon plus exigeante, et sous la pression de sa langue, elle ne put qu’entrouvrir les lèvres. Une sensation inconnue la submergea. Elle se sentit tout à coup happée par un tourbillon de sensualité. Sans cesser de l’embrasser, il lui ôta sa fine chemise de nuit. D’instinct, elle noua ses bras autour de son cou. Puis, s’enhardissant, elle osa frôler les larges épaules et son dos musculeux. Plus rien ne comptait en cet instant. Elle avait basculé dans l’univers magique où régnait la passion. Jamais auparavant elle n’avait eu une telle conscience de son corps et de son aptitude à ça. En une seconde, des années de timidité et de complexes s’évaporèrent, les ultimes barrières qui se dressaient entre eux s’abattirent. Et, très vite, une attente délicieuse ne cessa de croître, jusqu’à ce que le plaisir explose dans un raz de marée d’émotions. Une bouffée de tendresse monta en elle, réaction primaire qu’elle aurait été bien incapable de maîtriser. En une heure, il avait fait d’elle une autre femme. Comme il roulait déjà sur le côté, un terrible sentiment de confusion s’empara d’elle.
- Je crois que nous devons parler, dit elle d’une voix curieusement enrouée
- De quoi?!
- En ce qui me concerne la règle du jeu est changée. Où en est notre mariage?
- Quel mariage? Il n’y a pas de mariage, au sens où vous l’entendez. Je voulais Duncan, j’ai payé le prix, voilà tout.
Sakura se sentit pâlir.
- Pourtant...vous avez dit que vous me désiriez...dit elle d’une voix faiblarde
- Oui, dans mon lit, pas en tant qu’épouse.
- Ehhhhhhhhh!!!!!!!!!!!
A son sourire ironique, elle sut qu’il se rappelait la facilité avec laquelle il avait transformé ses réticences en totale soumission.
- Vous êtes ma femme, je vous désire mais passé la porte de cette chambre, vous n’aurez aucune prérogative hormis celles que je voudrai bien vous accorder. Vous m’avez proposé tout à l’heure de me rendre la liberté, je ne l’ai jamais perdue. Franchement, c’était...risible! J’entends bien continuer vivre selon mon gré, et vous ne pouvez rien faire pour m’en empêcher!
Sakura avait l’impression d’être tombée au fond du puit. Chaque mot lui transperçait le coeur mais elle se gardait bien de l’avouer, fierté oblige.
- Loin de moi l’idée de vous enfermer à la maison!
- Vraiment? Vous ne serez pas possessive? Vous ne me harcèlerez pas de questions: Où était tu? A quelle heure rentreras tu? C’est ainsi qu’Emmy tourmentait mon père, et je me suis promis qu’aucune femme ne me manipulerait ainsi.
Sakura commençait à saisir pourquoi il avait projeté d’épouser Lina. Cette dernière se serait bien gardée de faire des scènes. Comme c’est pratique d’avoir une épouse complaisante! Décidément, elle était bien bête.
- A propos, ajouta t-il, inutile de poursuivre cette petite comédie de la mèred évouée. Cela ne m’impressionne pas du tout. Contentez vous donc de faire ce que vous mourrez d’envie de faire.
- Quoi donc?
- Du shopping à plein temps.
Sans répondre, Sakura baissa la tête. Elle avait mérité cette remarque. N’avait elle pas failli à tous ses principes en dépensant son argent avant même d’être mariée?
- Je n’aurais pas dû, c’est vrai...
- Je ne parlais de cette somme dérisoire avec laquelle vous ne vous êtes même pas payé une toilette décente. Pourquoi pensez vous que je vous ai donné toutes ces cartes de crédit?
Les mains crispées sur le drap, Sakura retint de toutes ses forces le flot de larmes qui lui montait aux yeux.
- Je serai bien plus agréable à vivre le jour où vous cesserez de déguiser votre véritable personnalité.
Dès que la porte se referma sur lui, Sakura enfouit son visage dans l’oreiller, de peur que Lionel entende ses sanglots. Elle était tellement furieuse contre elle même! Elle s’était conduite comme une gamine de 16 ans avide de sensations fortes. Après sa victoire facile, il était sorti du lit et avait pris plaisir à l’humilier, à piétiner son orgueil, à railler sa naïveté parce qu’elle avait cru un instant que leur relation allait changer. Jamais elle n’avait eu aussi mal mais c’était la dernière fois, elle se le jurait! Lionel n’était qu’un mufle sadique et jamais elle ne lui pardonnerait ce qu’il lui avait fait ce soir!!
Allongée sur la moquette, Sakura jouait avec Duncan.
- Qui c’est le plus beau bébé du monde? Qui a les plus beaux yeux? Dis moi, quand tu seras grand, tu n’embrasseras pas les filles pour les faire pleurer, n’est ce pas? Je veux que tu sois sensible, doux et romantique. Il faut être un homme, un vrai pour comprendre ce genre de chose...
- Est ce une séance d’endoctrinement privée ou est ce que je peux me joindre à vous?
2 chaussures italiennes cousues main apparurent sous ses yeux. D’un geste automatique, elle se releva et posa le bébé dans son berceau. Durant ces 2 semaines, sa technique était tellement au point qu’elle ne vit que son mari très très rarement, pour ne pas dire presque jamais.
- Si vous le transformez en un petit garçon gentil, sensible et romantique, il sera la proie de tous les arrivistes d’Asie.
- Ces traits de caractère n’excluent pas l’intelligence et la prudence.
- Pas selon l’éducation que j’ai reçue.
Sakura osa enfin le regarder. Comme elle l’avait craint, cette sensation familière naquit au creux de son estomac, son pouls s’accéléra, ses jambes devinrent coton. Elle lutta de toutes ses forces pour dominer cet étrange émoi qui s’emparait systématiquement d’elle à la vue de Lionel. Peine perdue! En sa présence, elle semblait perdre toute once d’intelligence! Chaque jour, il lui semblait encore plus séduisant. Et dire qu’il ne lui avait fallu qu’une seule nuit pour la rendre dans un tel état de dépendance!
- J’ai décidé de quitter le bureau plus tôt, déclara t-il soudain.
- ....
- Nous pourrions dîner ensemble qu’en dîtes vous?
- J’ai déjà dîner, répondit elle d’une voix froide.
Pas la peine d’être Einstein pour deviner ce qu’il envisageait comme distraction post prandiale! La seule pensée qu’il puisse la toucher encore une fois, lui donna ma nausée.
- Vous pourriez me tenir compagnie au moins, suggéra Lionel
- ........
- Non? Et si j’ajoute s’il vous plaît? enchaîna t-il, caustique.
Un vif sentiment d’humiliation envahit Sakura. Durant ces 2 semaines, il ne lui avait prêté aucune attention, comme si elle n’existait pas alors désirer un macho aussi insensible qu’égocentrique la révulsait au plus haut point. Elle porta la main à ses tempes. Toute cette tension lui avait donné la migraine.
- Je ne me sens pas très bien, avoua t-elle avec sincérité
Un petit cri de surprise lui échappa lorsqu’elle sentit qu’il la soulevait dans ses bras.
- Que faîtes vous? protesta t-elle
- Vous avez mal à la tête, il faut vous allonger
- Non, inutile...quand j’ai la migraine, je préfère sortir prendre l’air.
Il abaissa sur elle un regard passionné qui suffit à lui couper tout sentiment de rébellion. A nouveau ce sentiment qui la troublait face à son corps, ses bras, son regard...Puis soudain, il se pencha et l’embrasse dans un baiser impérieux jusqu’à lui faire perdre la raison. Autour d’elle, le monde se mit à tourner de plus en plus vite. Elle ferma les yeux mais le vertige délicieux ne disparut pas pour autant. Après 2 semaines pendant lesquelles elle était restée inactive, elle se sentait bel et bien vivante, vibrante de vitalité et d’énergie!
Brutalement, Alex abandonna sa bouche, pour se redresser, et la poser sur le sol.
- Bon sang, vous m’avez ensorcelé! gronda t-il
- Moi?
Encore sous l’emprise de l’émotion intense qui venait de l’emporter, Sakura chancela et dut s’appuyer contre le mur. Elle rougit lorsqu’elle surprit le regard insistant de Lionel sur ses seins dressés sous son T-shirt.
- Je vous saurais gré de mettre un soutien gorge dès que vous sortez de votre chambre! De même lorsque vous profitez de la piscine, n’enlevez jamais le haut de votre maillot, me suis bien fait comprendre?
Sakura se borna à hocher la tête, inutile d’argumenter avec un fou furieux. Et puis le moment semblait inapproprié pour lui préciser qu’elle n’avait pas nagé depuis au moins 8 ou 9 ans.
- Je ne veux pas que ma femme sorte dans une tenue indécente, maintenant, si vous ne vous sentez pas bien, allez vous coucher, ajouta t-il, inexplicablement furieux.
Pas à pas, Sakura recula. Etait ce vraiment la tenue qui le mettait dans un tel état? Bof, de toute façon, elle était incapable de réfléchir en ce moment. Elle sortit de la nursery et monta l’escalier pour gagner sa chambre.
Sakura se laissa tomber sur le lit. En réalité, elle ne s’était pas attendue à ce qu’il manifeste un tel intérêt pour Duncan. Maintenant, elle l’imaginait dévalisant les magasins de jouet pour acheter tout et surtout n’importe quoi, parce qu’il ne s’y connaissait en rien aux bébés et qu’il était trop fier de demander conseil (il faut dire que la nursery allait bientôt manquer de place tellement Lionel bombardait de cadeaux son neveu). De plus en plus souvent, elle devait admettre qu’elle l’avait mal jugé. Il aimait sincèrement son neveu et s’efforçait d’être un bon père. En bref il possédait de nombreuses qualités humaines qu’il se gardait bien de dévoiler à sa femme. Subitement, réalisant qu’elle avait oublié son livre et sachant que de toute façon elle ne réussirait pas à trouver le sommeil, elle se releva et alla le chercher. Elle longea le couloir et s’apprêtait à descendre les escaliers lorsque la voix indignée d’Emmy se fit entendre dans le bureau de Lionel.
- ....sont pas mes affaires, alors que tu oublies que tu as une femme et une fils! Je te préviens, si tu crois que je vais rester sans réagir alors que tu humilies publiquement cette fille, tu te...
- Tu ne sais pas de quoi tu parles!!! coupa Lionel d’une voix glaciale
- Ton père a toujours su rester discret. Il ne m’a jamais embarrassée en public!
- Mais la réciproque n’est pas vraie!
Après un court instant de silence:
- Je suis désolée que tu te souviennes de ces évènements, Lionel.
Perplexe, Sakura retourna dans sa chambre, n’ayant absolument rien compris. Il est vrai qu’Emmy se mêlait souvent des petites histoires de Lionel mais qu’avait il donc fait encore??? Bah de toute façon elle ne voulait pas le savoir. Pourtant, elle avait beau se répéter qu’elle ne se sentait pas concernée, elle savait bien qu’au fond, c’était faux. Par sa faute, leur relation avait pris une tournure très intime, et désormais, Sakura ne pouvait s’imaginer son mari flirtant avec d’autres femmes sans en avoir la nausée. Ah, elle était loin l’époque où elle se réjouissait à l’idée que Lionel aille courir la pré- trentaine! A présent, cette idée la révulsait et devenait, en dépit de toute logique, son principal problème dans l’existence. Chaque soir ou presque, Alex rentrait avant de ressortir immédiatement, sans qu’elle ne sache où il allait et ce qu’il faisait. Finalement, elle savait ce qui était en train de se passer. Elle n’était plus du tout indifférente à Lionel. Il n’avait nul besoin de passer de lit en lit dans le but de l’humilier. Elle l’était déjà suffisamment par les sentiments qu’il avait éveillés en elle et dont l’intensité augmentait de jour en jour.
Une heure plus tard, Lionel, après un léger coup frappé à la porte, déposa sur sa table de chevet un liquide coloré.
- Qu’est ce que c’est? demanda t-elle méfiante, comme s’il cherchait à l’empoisonner.
- Quelque chose qui vous soulagera. Je sais me montrer attentionné quand je veux. Cela vous étonne donc tant?
Sakura retint un soupir. Décidément, cet homme restera une énigme. Se redressant, elle saisit le verre et vida le contenu d’un trait...avant de se mettre à tousser, suffoquée. Du cognac!
- Vous avez de drôles de façon de soigner la migraine!
Lionel haussa les épaules.
- Nous allons organiser une réception. Il est temps que je vous présente à ma famille.
Sakura dissimula sa contrariété:
- Je ne pensais pas que vous aviez l’intention de me présenter à qui que ce soi. Et, à vrai dire, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Vous feriez bien de ne rien changer à vos habitudes. Inutile de prétendre que je suis le genre de femme que vous avez envie d’exhiber.
- Je n’ai pas honte de vous ! s’écria Lionel
- Ecoutez, pourquoi ne pas être honnête l’un envers l’autre? Je suis bien consciente que vous redoutez de paraître en ma présence...
- N’importe quoi!! C’est un ramassis de....
- C’est l’évidence même! Nous nous sommes mariés en catimini, dans le quartier le plus sordide que vous ayez pu trouver, à l’aéroport, vous marchiez trois pas devant moi...
- Il y a deux semaines, j’étais très en colère contre vous et je ne voulais pas que vous en gardiez un bon souvenir.
- Rassurez vous, c’est réussi. Ecoutez, si je sais quels couverts utiliser à table, c’est parce que j’ai été serveuse dans un restaurant, j’ai aussi travaillé comme femme de ménage. En fait chacun de mes jobs constituait à exécuter des tâches rebutantes, je ne suis pas habituée au luxe, aux mondanités. Je ne supporterais pas que vous vous rongiez le frein devant 200 invités parce que je suis là.
- Pourquoi aurais je honte d’une femme aussi belle?
- Arrêtez de me passer la pommade, nous sommes issues de deux milieux radicalement opposés, et sans Duncan, ce ne serait jamais arrivé!
- Et pourtant c’est arrivé et nous sommes mariés!
- Nous pouvons divorcer.
- Cela vous ferait plaisir hein?
Sakura ne dit rien, sa migraine reprenait. A bout d’arguments, elle détourna la tête. Une discussion avec Lionel était une véritable guerre où les attaques pleuvaient de toutes parts.
- Et une séparation? dit elle en désespoir de cause
- NON!!!!
C’était un nom définitif, qui ne souffrait pas la réplique. Lionel leva les yeux au ciel. Puis, d’un mouvement rapide, il se pencha et l’emporta hors de la chambre.
- Lionel, posez moi immédiatement!!!!!
- Vous pouvez soigner votre migraine dans mon lit ce soir...et tous les autres soirs!
- Lâchez moi!
Sans l’écouter, il l’emporta dans le couloir en dépit des coups de pieds furieux qu’elle lui donnait. Sans daigner répondre, il ouvrit une porte d’un coup d’épaule, traversa la chambre et lança Sakura sur le lit. A peine l’eut il lâchée qu’elle se précipita vers l’issue...pour retrouver Lionel debout devant elle.
- Laisser moi passer, articula t-elle tout en croisant ses bras.
Sa tournant légèrement, il fit tourner la clé dans la serrure, avant de l’empocher. Sidérée, Sakura écarquilla les yeux.
- Comment pouvez vous vous conduire de manière aussi puérile?
- Je n’ai pas l’intention de vous pourchasser à travers le château pour la plus grande joie de nos domestiques! Aussi feriez vous mieux de vous mettre au lit.
- Je refuse!!!!!!!!
- Dorénavant, vous dormirez dans mon lit.
- Je ne suis pas le genre de femme qui obéit au doigt et à l’oeil.
- Très bien, si vous ne grimpez pas tout de suite dans ce lit, je vous arrache vos vêtements et je vous fait subir les derniers outrages...si longtemps qu’il vous faudra au moins 24 heures avant de pouvoir sortir de cette chambre. En revanche, si vous vous montrez raisonnable, je vous promets, quoi qu’il m’en coûte de respecter votre mal de tête.
Sakura n’attendit pas qu’il mette sa menace à exécution pour s’envoler vers le lit et remonter les draps bien hauts. La défaite était cuisante mais, tout bien réfléchit, l’alternative l’était encore plus.
Il se coucha à son tour, éteignit la lumière et s’endormit presque aussitôt. Un sentiment mitigé l’envahit, mélange de soulagement et de frustration. Elle ne le comprenait pas...et le comprendrai sans doute jamais.
Le lendemain, au petit déjeuner:
- Je ne rentrerai pas ce soir. Je resterai à Genève jusqu’à demain.
Un silence, puis:
- Avez vous la moindre curiosité envers mes faits et gestes?
- Aucune.
En fait, Sakura se demandait même pourquoi il prenait la peine de la prévenir.
Lionel lui décrocha un regard exaspéré avant de jeter sa serviette sur la table.
- Eh bien à demain! dit il en se levant
- Lionel?
- Ouiiiii??
- Savez vous si Alex a l’intention de venir rendre visite à Duncan? Et si oui quand?
- Les portes de la maison lui sont ouvertes depuis notre mariage.
- Est ce à cause de moi alors?
- Franchement, je n’en ai pas la moindre idée. La rencontre ne sera qu’embarrassante pour vous deux surtout si vous vous obstinez à mentir!
- Moi?
- Je veux bien croire que vous ignoriez qu’Alex était marié mais de là à dire qu’il avait demandé votre cousine en mariage....
- C’est justement ce qu’il a fait
- ...et jamais vous ne me convaincrez qu’il l’a abandonnée sans soutien pécuniaire, poursuivit il tranquillement.
- C’est néanmoins ce qui s’est produit.
- Impossible! L’argent aurait été le moyen le plus aisé pour lui d’apaiser ses remords de conscience. Il savait que le chèque que je lui ai personnellement signé n’avait été jamais encaissé. Quoi qu’il en soit, quand vous serez décidé à dire la vérité, j’encouragerai vivement mon frère à nous rendre visite. En attendant... Enfin bref, passons. Dans l’intérêt de Duncan, je suis prêt à faire des sacrifices.
- Hm?
- J’ai constaté qu’en dépit de vos défauts, vous aimez sincèrement cet enfant et que vous serez pour lui une bien meilleure mère que toutes les femmes que j’aurai pu épouser à votre place. Pour cette raison, j’ai décidé de tout faire pour que notre mariage marche.
- En effet, vous avez dîné à la maison hier soir!
- J’attends de vous les mêmes efforts.
- Certainement pas selon vos conditions
- C’est cela ou rien.
Ce qu’il exigeait était impossible. Jamais elle ne supporterait de partager son intimité sans qu’il soit question entre eux d’amour ou de fidélité. Et au bout du compte, son amertume et sa rancoeur triompheraient, si bien qu’aucun d’eux ne trouverait le bonheur au sein de ce couple bancal.
- Je ne peux accepter...
- Dans ce cas, nous divorcerons et je m’arrangerais pour garder Duncan auprès de moi.
Sakura se leva d’un bond.
- Je vous attaquerais en justice alors!!
- Il vous faudra payer un bon avocat et cela coûte cher. Selon le contrat prénuptial que vous vous rappelez sûrement avoir signé, vous n’obtiendrez pas un sou en cas de divorce.
Sakura se sentit faiblir et, incapable de proférer le moindre son, elle se rassit et le contempla avec horreur. Jamais elle n’aurait cru qu’il pouvait être aussi cruel, se servir de Duncan pour lui imposer sa volonté sans le moindre remords!! Mais pourquoi, au nom du ciel tenait il tant à ce qu’ils fassent chambre commune??? Puis, elle se souvint. S’assurer une descendance, voilà ce qui le préoccupait! Mais alors, il y avait d’autres solutions...
- Si vous voulez des enfants, nous pouvons utiliser la fécondation in vitro.
Sans se laisser démonter par le regard interloqué qu’il lui lançait, elle commença à expliquer les merveilles de la technologie moderne qui permettait de concevoir un enfant sans qu’aucun contact physique ne soit nécessaire entre les deux géniteurs...
- Etes vous en train de me dire qu’il me faudra passer la porte d’un laboratoire pour vous faire un enfant?
- Je vous jure que cette technique se pratique couramment de nos jours. Je m’étonne que vous ne soyez pas au courant.
Soudain, elle comprit que ce n’était pas l’ignorance qui avait induit sa réaction, mais la fureur démentielle qui bouillonnait en lui.
- Vous devez avoir perdu l’esprit pour me faire une telle suggestion!!!
- Si vous vouliez bien réfléchir 2 secondes au lieu de vous énerver, vous vous rendriez compte que c’est la solution à tous nos problèmes!
- Mes enfants ne seront pas conçus dans une éprouvette!!
- Et moi je ne suis pas prête à un tel sacrifice!
- Petite garce!
- Enfin, Lionel, je ne comprends pas pourquoi vous le prenez si mal! Notre situation n’est pas celle de n’importe quel couple marié, nous n’éprouvons aucun sentiment l’un pour ...
Elle n’eut pas le temps d’achever sa phrase, qu’il la balança sur son épaule, tel un vulgaire sac de pommes de terres, avant de gravir les marches quatre à quatre pour la pousser sur le lit et se laisser tomber sur elle si vite qu’elle n’eut pas le temps d’esquiver.
- Vous êtes ma femme et je veux vous faire l’amour!
- Alors il faudra me violer!
- Sans votre satanée fierté et votre besoin pathologique de tout contrôler, nous aurions une relation harmonieuse. Vous avez peur parce que dans mon lit, vous n’êtes plus maîtresse de la situation! Je pense que vous me désirez et cela vous terrifie!
- C’est ce que vous vous plaisez à croire!
- Non je le sais! affirma t-il en se redressant pour ôter sa veste. Notre nuit de noces a été inoubliable et depuis 2 semaines je ne pense qu’à ça!
- Taisez vous!
Elle se débattit, mais il la ceintura aisément, conscient de sa supériorité physique.
- Il ne me déplaît pas que vous soyez si rétive. Depuis que j’ai 15 ans, les femmes déploient tous leurs charmes pour me séduire. On me poursuit, on me fait des avances...Vous, vous représentez un véritable défi à mon pouvoir de séduction et c’est bien plus excitant! (Il s’y croit un peu là non? ^_^)
- Je vous hais!
- Chaque nuit, je ferme les yeux et je m’imagine en train de vous posséder. Votre tempérament rebelle par ailleurs si pénible à supporter vous donne une ardeur qui comblerait tous mes fantasmes les plus fous!
- Je vous ordonne de ma laisser! s’écria Sakura en essayant de se dégager et en lui martelant la poitrine. Cette fois encore il n’eut aucun mal à la maîtriser.
- J’ai mis quelques semaines à m’accoutumer à l’idée de ce mariage. Puis j’ai compris que vous remplissiez à merveille ce rôle de maîtresse. Maintenant que je me suis rendu à l’évidence, pourquoi s’acharner? Vous vous êtes bien défendue, telle une amazone, plus vous ignoriez mes incartades, plus je rageais, car il est une chose que je ne peux tolérer, c’est que l’on m’ignore...
Sakura n’en croyait pas ses oreilles. Lionel semblait persuadé que l’attitude hostile qu’elle avait adoptée n’était qu’en réalité qu’une façade destinée à mieux l’appâter! C’est un comble! La vanité de cet homme n’avait donc aucune limite! Elle ouvrit la bouche pour protester, mais ses lèvres rencontrèrent les siennes. Comme son baiser devenait plus profond, Sakura sentit son corps la trahir. Une brusque chaleur se propagea dans tout son être, et elle se surprit à lui rendre son baiser, tandis que ses doigts s’emmêlaient aux mèches brunes de son compagnon. Quand elle se rendit compte, il était trop tard. On eût dit que son corps et son esprit formaient deux entités distinctes qui se disputaient. Elle se révoltait contre la volonté tyrannique de Lionel, et pourtant elle ne pouvait s’empêcher de se blottir contre lui, comme pour ne faire plus qu’un avec lui. Les mains fermes de Lionel couraient sur son corps, déclanchant des sensations étourdissantes, puis, il dévora de baisers enflammés sa bouche, son cou, sa gorge... Ils firent l’amour comme si demain n’existait pas, jusqu’à ce que leurs corps éblouis atteignent enfin l’e