Profil et Historique
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Détachement de Saint-Clément
    • Les requêtes
    • Première chapelle
    • La municipalité de St-Étienne
    • Érection canonique de Saint-Étienne
    • L’ouverture des registres et le premier curé
    • Biographie
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Les artisans de notre histoire
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Conseil de Fabrique
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Les douzes curés
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Premier curé : Antoine Guigère 1869 – 1885
     Deuxième curé : Georges D. Lesage 1885 – 1889
      Troisième curé : François Birtz-Desmartaux 1889 – 1895
      Quatrième curé : Zotique Allard 1895 – 1904
      Cinquième curé : François Xavier Pelland 1904 – 1923
      Sixième curé : Chanoine Joseph Laframboise 1923 – 1931
      Septième curé : Damien St-Aubin 1931 – 1932
      Huitième curé : Rémi Pilon 1932 – 1933
      Neuvième curé : Henri Julien 1933 – 1946
      Dixième curé : Garcia Jeannotte 1946 – 1962s
      Onzième curé : L. Roland Legault 1962 – 1974
      Équipe pastorale : LUC QUESNEL, c.s.v. : 1974 – 1979
      Douzième curé :Denis Cardinal 1974 – 1993


Détachement de Saint-Clément

Le périmètre, couvrant l’actuelle paroisse Saint-Étienne, fut détaché de la paroisse Saint-Clément de Beauharnois en 1869. Cependant, pour compléter un territoire convenable de paroisse, on a dû accepter , lors de cette fondation, une partie du territoire de la paroisse Saint-Louis de Gonzague, ainsi qu’une partie de la paroisse Sainte-Martine. Ces deux paroisses avaient également été formées d’une partie de la paroisse-mère, Saint-Clément.


Les requêtes

D ès le 9 février 1852, les habitants, installés alors sur le territoire actuel de Saint-Étienne, adressèrent une requête à l’évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, afin de réclamer l’érection en paroisse canonique de ce territoire, qui forme aujourd’hui la paroisse Saint-Étienne. Quatre-vingt-cinq ( 85 ) signatures apparaissent au bas de cette demande. Quelques jours après la présentation de cette requête, le curé de Saint-Louis de Gonzague, monsieur Burke, dans une lettre datée du 11 février, et le curé de Saint-Clément de Beauharnois, dans une autre datée du 15 février, protestaient contre la création de la nouvelle paroisse et s’opposaient aux limites qu’on voulait lui assigner.

Voyant l’opposition à cette requête, Mgr Bourget ne crut pas devoir donner suite à cette réclame. Cependant, les habitants de ce territoire reviennent à la charge le 12 décembre 1855, car ils désirent toujours la formation de leur paroisse. Cette fois-ci, cent-quatre (104) signatures apparaissent au bas de cette pétition, suppliant “ de les ériger en paroisse dont le vocable serait Notre-Dame-des-Victoires.

En 1856 et en 1857, les francs-tenanciers envoient à nouveau une requête à leur évêque toujours accompagnée de la même demande. En 1867 et en 1868, on présente encore des requêtes, en réclamant un curé en permanence. Comme on peut le constater, ils étaient vraiment tenaces ces braves pionniers de Saint-Étienne et ils savaient ce qu’ils voulaient, en plus d’avoir de la suite dans les idées.. On n’abandonnait pas facilement à l’époque, malgré. l’opposition des curés et les refus de l’évêque.





Première chapelle

Augustin Leduc, dans son livre sur Beauharnois, paru en 1920, mentionne que d’autres requêtes suivirent et aboutirent , en 1863-1864, à la construction d’une chapelle bénite par Monsieur Charland, le 1er août 1864 et dédié à Saint-Étienne, “premier martyr”. Le curé de Beauharnois, Monsieur Louis-David Charland ,reçut le mandat de desservir cette nouvelle mission.




La municipalité de Saint-Étienne

Le 1er janvier 1867,le gouvernement , en vertu de l’acte 29-30 Victoria, ch.64, formait la municipalité distincte de Saint-Étienne de Beauharnois pour toutes les fins municipalités et scolaires, avec les limites suivantes: “

“ les concessions doubles de Saint-Laurent, et le premier rang ( rang du 10) de Georgetown-Nord, la concession sud de la paroisse Saint-Louis depuis la terre de Jacques Brunel inclusivement, jusqu’à la ligne qui sépare la paroisse de Saint-Clément de Beauharnois de celle de Saint-Louis de Gonzague, et la concession nord de la rivière Saint-Louis, depuis la terre de Alexis Hébert inclusivement, jusqu’à la ligne de division entre les paroisses susdites, distraite de la paroisse Saint-Clément de Beauharnois ; et la concession double du 2è rang ( Rang du 20) de Georgetown-Nord, la concession sud de la rivière Saint-Louis, depuis la ligne qui divise Saint-Clément de Beauharnois de Saint-Louis-de-Gonzague, jusqu’à la terre d’Ignace Laberge inclusivement, et la concession nord de la rivière Saint-:Louis, depuis la ligne de division entre Saint-Clément de Beauharnois et Saint-Louis-de-Gonzague, jusqu’à la terre de John Dickson aussi inclusivement, distraites de la paroisse de Saint-Louis- de -Gonzague, formant une municipalité distincte pour toutes les fins municipales et scolaires. ”

Le 14 septembre 1867,les contribuables de Saint-Étienne font parvenir le bilan de leurs finances à Mgr Bourget. Ils ont déjà réussi à payer 5 175,00$ et il leur reste une dette de 1 770,00$ .
En cette même année, à l’occasion de la visite de l’évêque, ces contribuables de Saint-Étienne, en profitent pour lui adresser encore leur demande et on retrouve dans un un curé résident “manuscrit de Camille Santoire, qu’ils remercier le prélat de “ sa promesse qu’ils auraient bientôt un curé résident,.”
Et le même auteur poursuit en disant que les “ syndics de Saint-Étienne écrivent à l’évêque ( 1868) , se plaignant que M. Charland, curé de Beauharnois, et qui était chargé de la desserte de Saint-Étienne, ne voulait rien leur fournir, même à prix d’argent “




Erection canonique de Saint-Étienne

Au début de l’année 1869, Mgr Bourget envoie son propre enquêteur à Saint-Étienne afin de constater sur -lace les réclames et les oppositions à l’érection de cette paroisse.
A la suite de cette requête du représentant de l’évêque, le 16 mars 1869, le décret d’érection canonique de Saint-Étienne était accordé. Par l’autorité ecclésiastique du diocèse de Montréal. Elle acquit sa reconnaissance civile le 26 octobre 1869.





L’ouverture des registres et le premier curé

Le premier acte, qui apparaît dans le premier registre de la paroisse Saint-Étienne, est celui du baptême de Joseph Roussel, en date du 24 octobre 1869 et signé par G. M. Mathieu, prêtre.
L’arrivée et la nomination du premier curé résident, monsieur Antoine Giguère, datent de l’année 1869 et son nom apparaît pour la première fois, au registre, au bas de l’acte de baptême de Guillaume Trudeau, en date du 21 novembre 1869.
Antoine Giguère était né à Lavaltrie, le 9 septembre , du mariage de Claude Giguère et de Marie Téroux. Il fut ordonné prêtre le 20 décembre 1856 et nommé vicaire à Varennes, en cette même année. En 1861, il était muté à Coteau-d-Lac, à titre de vicaire et devenait curé de Saint-Agathe en 1862. Puis en 1869, il était nommé premier curé de Saint-Étienne de Beauharnois, et décédait à cet endroit le 27 janvier 1885.

Déjà en 1884, il démontrait des signes de maladie puisqu’on retrouve dans le manuscrit de Santoire que le “ 30 janvier, M. Giguère, qui est malade, écrit à l’évêque et le remercie de l’avoir déchargé de la desserte de Howick ”.

Tels furent en quelques lignes les débuts tumultueux et courageux , empreints d’un grand esprit de foi et en la Providence, de la fondation de la paroisse Saint-Étienne de Beauharnois.



Biographie:

Leduc, Augustin

“Beauharnois” (1920).

  Magnan, Hormidas


“Dictionnaire des paroisses et municipalités de la province de Québec” ( 1925 )
  Santoire, Camille “Précis historique sur la seigneurie et la paroisse de Beauharnois et quelques paroisses qui y ont été fondées” ( manuscrit de 1908 )





Premier curé

ANTOINE GIGUÈRE : 1869 – 1885

C’est à moi que revient l’honneur, (si honneur il y a, car j’imagine un peu la face de mes deux confrères voisins, M. Charland de Beauharnois et M. Desmarais de St-Louis, s’ils m’entendaient) oui, c’est à moi que revient l’honneur d’avoir découpé leur paroisse pour bâtir la nôtre !

Eh oui, c’est moi qui fut votre premier curé.

Mon nom ? C’est Antoine Giguère (les intimes devaient dire «Ti-Toine» comme aujourd’hui). J’avais 39 ans à cette époque et j’étais né à Lavaltrie de Marie Théroux et de Claude Giguère. Pour mon jeune âge, j’avais déjà beaucoup d’expérience paroissiale. Dès mon ordination, j’ai servi comme vicaire à Varennes durant 5 ans, ensuite à Coteau-du-Lac tout près d’ici durant 1 an et puis comme curé à Ste-Agathe durant 7 ans. En 1869 (oh ! Retenez cette date, c’est celle de la fondation de St-Étienne, mais je ne vous ferai pas retenir les autres) en 1869, dis-je, me voici à St-Étienne et curé fondateur en plus. J’étais comme coincé entre les curés de St-Louis et de Beauharnois, car j’avais amputé leur paroisse de quelques centaines de familles. Mais faut dire que ça ne s’est pas passé en douceur ! Oh non !

Il en a fallu des requêtes des gens de la future paroisse St-Étienne : l’une en 1855 avec 104 signatures et l’autre en 1857, avec autant de noms.

De toute façon, Mgr Bourget alors évêque de Montréal, approuve notre fondation. Les curés de l’époque étaient peut-être réputés pour leur autorité (évidemment j’étais loin d’être le curé Plamondon «d’Au Nom du Père et du Fils») mais je me suis donné comme but d’être un bâtisseur : j’ai bâti l’église actuelle, terminé l’aménagement intérieur, bâti le presbytère pour $3000.00, acheté 9 lustres, fait peindre le Tableau de St-Étienne, acheté 9 statues, érigé le chemin de croix dans l’église…etc. Mais si j’ai pu faire tout cela, c’est que je n’étais pas seul. J’avais avec moi 3 marguilliers, des noms qui sont encore bien souvent mentionnés dans la paroisse et toujours vivants. C’étaient Olivier Bergevin, Pierre Bergevin et Paul Daigneault.

Imaginez si j’avais eu une femme comme marguillier ou marguillière…on aurait certainement pu faire encore plus ! mais pour l’époque cétait presque péché juste d’y penser.

Être curé à l’époque c’était aussi parler de finances ! C’était fort. Jugez-en par vous-mêmes !

En 1871, j’ai recueilli $42.25 de messes et de dîmes ! mais c’est moi…et je m’en fais honneur (j’avais précédé Ernest Fortier en ce sens) oui c’est moi qui ai vendu les bancs pour la première fois et cela a rapporté, il y a 123 ans…$510.00…Fallait le faire ! Dans mon temps, on ne parlait évidemment pas de T.-V., nous n’avions même pas l’électricité. Il fallait donc de bonnes cheminées ! Mais j’ai devancé l’annonce «juste un p’tit $2.00» car c’est le montant que j’ai dû verser pour réparer la cheminée du presbytère.
Des finances, des constructions, c’est bien beau ! Mais…peut-être direz-vous : «Qu’avez-vous fait de pastoral au cours de votre passage à St-Étienne ?»

Eh bien laissez-moi vous dire que je n’ai pas chômé. Au cours de toute ma vie à St-Étienne (exactement 16 ans) j’ai baptisé 721 enfants, (pas besoin de dire que la pilule n’existait pas, les chiffres le prouvent).

J’ai procédé à 123 mariages (je me suis retourné dans ma tombe quand j’ai appris que 125 ans plus tard il n’y avait qu’un ou deux mariages par année.

J’ai inhumé 315 personnes dans le petit cimetière local juste derrière l’église. Ce terrain est maintenant en annexe au champ d’épuration. On y a trouvé des ossements m’a-t-on dit lors du creusage de ce champ d’épuration. Qui aurait pu prévoir cela … dans mon temps ?

J’ai aussi eu l’honneur de baptiser des futurs religieux. Eh oui, j’ai baptisé le petit Aldéric Normandeau, missionnaire en Alberta, ainsi que trois religieuses chez les Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-Marie : Marie Desneiges Laberge, Georgine Laberge et Albertine Laberge.

BRUIT DE CLOCHES. (On entend, au loin, les cloches de St-Clément de Beauharnois)
Quand je passais à Beauharnois ou à St-Louis, j’étais presque jaloux d’entendre «chez eux» le son des cloches. À St-Étienne, pas d’argent…pas de cloche. Alors j’leur en ai passé une petite vite ! Probablement qu’ils s’attendaient à un don de ma part après ma mort ! Eh oui, ils l’auront! Mais même mort, ils devront suivre ma volonté. Ils recevront $500.00 et ils devront s’acheter une cloche ! J’en ris quasiment dans ma tombe ! Et ma vie finit comme ça, à la fin janvier 1885. Les paroissiens du temps ont décidé (c’était la mode du temps) de déposer mon cercueil sous le maître-autel de l’église et d’y apposer une plaque commémorative pour laisser mon souvenir aux générations futures ! Mgr Fabre de Montréal est venu présider mes obsèques. Depuis lors, on ne sait plus rien, la plaque a été enlevée, par qui ? quand ? comment ? silence ? mystère ? et mon corps…personne ne sait trop exactement où il est. Chose certaine, quand vous venez à l’église, je suis sous vos pieds et je suis content d’avoir été votre premier curé…durant 16 ans.


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C’est l’abbé Réal Bissonnette, curé de Dorion-Vaudreuil, qui interprète le personnage de notre premier curé. Réal tente d’unifier trois paroisses dans sa région, pour ne former qu’une communauté, alors qu’Antoine, coupe deux paroisses pour en bâtir une troisième. Réal porte une chasuble rouge, du temps de notre premier curé. Il a en main une cloche…rêve du premier curé.





Deuxième curé

GEORGES D. LESAGE : 1885 – 1889

BRUIT DE CLOCHES. (Cette fois, ce sont les cloches de St-Étienne que l’on entend).

Vous avez entendu la cloche ? C’est Antoine qui sonne, car on l’a baptisée du nom de mon prédécesseur. Au fond, il le mérite bien, car c’est lui qui nous a laissé l’argent pour l’acheter … et c’est moi qui ai entrepris les démarches pour la faire venir et la monter dans le clocher ! Elle vient de Troy aux U.S.A. et pèse beaucoup plus que son donateur : 1840 livres. On parlait en livres dans le temps…(les kilos…on ne connaissait pas ça !)

Eh oui, remplacer quelqu’un qui a été 16 ans curé et curé fondateur en plus, c’est pas un cadeau ! Quant à moi, mon passage sera assez bref ; à peine quatre ans et demi.

Faut dire que j’arrivais de Chambly où j’avais rebâti l’église en 1880 et j’arrivais un peu fatigué. J’avais quand même 52 ans. Je crois que notre évêque de Montréal voulait me donner une cure bien tranquille pour me nommer ensuite, en 1889, curé d’une très grosse paroisse de Montréal.

En arrivant à St-Étienne, je m’étais donné comme mission de baisser presque toutes les dettes et je crois que j’ai réussi, car dans les registres du conseil de Fabrique de l’époque, c’est uniquement cet aspect qui est mentionné. J’en ai fait des inventaires !

L’église…le presbytère…les dépendances et tout ça…était évalué à $32,500.00

Tout était vérifié par l’évêque de Montréal et même qu’une fois, en 1887, Mgr Fabre vient vérifier si tout est correct à St-Étienne…pastorale et finances et le seul souvenir de cette visite qui reste, c’est qu’il a ordonné de couvrir de soie l’intérieur du tabernacle. Je me serais attendu à tout autre chose. Mais ce fut fait !

Permettez-moi une anecdote, pour montrer comment un pauvre peut aider un plus pauvre. L’église St-Cyprien de Montréal passe au feu. Et bien St-Étienne, parce que faisant partie du diocèse de Montréal doit payer, même si nos livres n’indiquent que $144.00 en caisse en fin de 1887. Bien plus, comme une dette pèse sur le diocèse de Montréal, les marguilliers de St-Étienne acceptent de collaborer pour $27.04 par année pendant 20 ans. Quand je pense que les temps ont changé, aujourd’hui 125 ans après, c’est près de $4,000.00 que la paroisse envoie au diocèse. Faut dire que les services aussi ont changé.

Durant mes 4 ans, j’ai fait 200 baptêmes. En 1887 j’ai baptisé 54 enfants et en 1886 j’ai inhumé 35 personnes.

Mais il reste peu de souvenirs de moi car je repartais en 1889 pour Montréal où j’ai vécu jusqu’à 1915. On dit, quand on parle de moi : «il écrivait-tu assez mal» (les registres le prouvent), mais on disait aussi : «ce fut un grand administrateur». Il en faut de tous les genres !

Bonsoir et comme on dit toujours au Jour de l’An : «Le Paradis à la fin de vos jours».
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Gilles Meury, curé de Bellerive, incarne ce deuxième curé. Il tient en main le livre des registres des années 1885-1889. Il porte une dalmatique dorée, qui faisait partie des vêtements liturgiques achetés par l’abbé Lesage.




Troisième curé

FRANÇOIS BIRTZ-DESMARTEAUX : 1889 – 1895

C’est moi le beau François Birtz-Desmarteaux. Je suis votre troisième curé. Je ne sais pas si un jour, je serai permanent quelque part, mais depuis mon ordination il y a 24 ans (j’an ai 52 aujourd’hui), ça fait 8 fois qu’on me change de paroisse. Cette fois, l’archevêque de Montréal, Mgr Fabre, vient de me nommer curé à St-Étienne-de-Beauharnois. Moi qui venais de Boucherville, St-Étienne c’était un peu loin. Faut dire que j’avais déjà été vicaire à Rigaud il y a 19 ans. Mais à ce moment-là (en 1889) on ne refusait rien à son évêque…j’ai appris depuis que les choses ont changé!!! Je quitte donc «ma» grosse paroisse de St-Enfant-Jésus de Montréal et j’arrive en 1889. C’est un fait, je pars de la ville …pour la campagne.

Comme à Beauharnois la confrérie des Dames de Ste-Anne existe depuis quelques années, je décide, moi aussi, de partir le mouvement à St-Étienne en 1889 et d’imiter aussi Beauharnois en créant, en même temps qu’à St-Clément, la confrérie du Scapulaire. J’ai donc à mon crédit deux confréries : les Dames de Ste-Anne et le Scapulaire. C’est plus d’indulgences à gagner que la confrérie du Rosaire qu’avait fondée mon prédécesseur Georges Denis Lesage.

À la fin de 1889, lors d’une visite de mon archevêque de Montréal, j’ai obtenu l’autorisation de réparer l’église et le presbytère pour une somme de $3000.00. Dès l’année suivante en 1890, j’ai organisé, avec les marguilliers, la première répartition pour payer la dette. Il s’agissait de douze versements sur cinq ans, selon la propriété…Imaginez, Olivier Bergevin, dont l’évaluation était la plus haute, devait payer $42.71 en douze versements de $3.56, étalés sur cinq ans. Un autre propriétaire, M. Jérémie Gendron, lui, ne devait payer que $0.86 en 12 versements de $0.07, étalés eux aussi sur cinq ans. Et les deux l’ont fait !

Comme curé du temps, je me devais de tenir compte de toutes ces rentrées de fonds. Que de chiffres à noter ! Et je suis certain que la fabrique conserve toujours, même cent ans après, les livres de cette première répartition.

Mais ce qui est advenu de plus important pendant les six années que j’ai passées à St-Étienne, de 1889 à 1895, c’est que j’ai changé de diocèse. Eh oui, le 5 avril 1892, St-Étienne entre dans le nouveau diocèse de Valleyfield. Nous devenons une des trente-six paroisses du nouveau diocèse. C’est notre chancelier, c’est-à-dire le chancelier de mon ancien diocèse de Montréal, qui devient mon nouvel évêque, Mgr Joseph Médard Emard. Et la vie continue.

Au cours de toutes ces années, j’ai fait installer deux croix, celle sur le chemin St-Louis en face du rang du 20 sur le terrain de Israël Laberge. Hélas elle partira tôt. Et une nouvelle croix, en 1895, au cimetière que j’avais fait agrandir de 36 pieds en 1892.

Il a fallu un an pour que le nouvel évêque de Valleyfield, Mgr Emard, vienne visiter la paroisse. Imaginez le 13 juillet 1893, toute la paroisse était en fête !

Même si mon nom était Birtz-Desmarteaux, à St-Étienne, on m’a toujours appelé François Birtz et six ans après mon arrivée, le 23 octobre 1895…je suis parti…non pas pour une nouvelle cure mais pour le grand voyage ! J’avais 58 ans.

Les paroissiens m’ont inhumé, moi aussi, comme votre curé fondateur, sous l’église…sous le maître-autel…du côté de l’évangile ! J’y suis toujours, mais rien ne signale ma présence. J’accepterais très bien l’idée que l’on remplace la plaque commémorative disparue, indiquant le nom de votre curé fondateur et le mien, pour rappeler notre passage chez-vous à St-Étienne. Ça viendra peut-être avant la fin de …l’autre siècle, car il ne reste que cinq ans avant l’année 1900 !


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L’abbé Laurent-Guy Brazeau, curé des paroisses de Melocheville et de Maple Grove, nous rappelle la vie de ce troisième curé. Près de lui, une croix rappelle les deux croix que ce curé a érigées dans la paroisse. Laurent-Guy est simplement vêtu d’une aube et d’une étole d’époque.




Quatrième curé

ZOTIQUE ALLARD : 1895 – 1904


À 50 ans me voici curé à St-Étienne.

Je puis me vanter d’être le premier missionnaire curé à St-Étienne, non parce que je suis le seul des curés à avoir une barbe, mais parce que j’ai vraiment été en mission chez les «Newfies» à Terre-Neuve et aux Iles-de-la-Madeleine de 1878 à 1882.

À mon retour, c’est à Ste-Agathe que Mgr Fabre m’a nommé curé avant de parvenir au diocèse de Valleyfield. Actuellement, j’arrive de la cure de St-Antoine-Abbé et me voilà chez vous. (c’est drôle, dans près de 100 ans, c’est Luc Quesnel qui partira de St-Étienne pour aboutir à St-Antoine-Abbé.)

Faut dire que je suis né dans la région, à Châteauguay, d’une bonne famille de cultivateurs ! Dès l’âge de 23 ans, j’ai été zouave pontifical. Quel honneur !

En 1896, c’est la visite pastorale de notre nouvel évêque Mgr Émard.

En 1897, c’est le projet d’achat d’un terrain pour bâtir des remises publiques. Une souscription de $2.00 est demandée à chaque famille.

Avec les marguilliers, nous avons mis sur pieds divers projets : installation du système de chauffage à l’eau chaude pour l’église et la sacristie. Imaginez une fournaise de $1100.00. Nous étions loin de l’huile à l’époque, c’est le charbon qui était le combustible à la mode…mais il n’entrait pas automatiquement dans la fournaise. Que de pelletées de charbon et de fatigues aux bras il a apportées !

Il fut aussi approuvé en 1898, le projet d’un charnier pour les inhumations en hiver ; ce projet sera réalisé plus tard.

J’étais bien fier de l’église et deux fois, j’ai fait laver l’intérieur pour un montant de $8.00. Qui dit mieux ?

Quand je suis arrivé à St-Étienne en 1889, les gens payaient la dîme en légumes, en viande, en grain, etc. c’était ce qu’on appelait «la dîme de grains». Les paroissiens ont accepté de suivre la mode et de changer cette dîme pour une dîme en argent. Les propriétaires paieraient la dîme selon leur évaluation foncière. Un montant de $0.10 par arpent fut demandé aux cultivateurs ! Quel changement…mais il fut accepté !


Je n’ai été à St-Étienne que neuf ans et j’ai baptisé 303 enfants, inhumé 204 personnes et marié 76 couples. Saviez-vous que parmi les baptisés se trouvaient quatre futures religieuses des Saints-Noms-de-Jésus-Marie : Marie-Rose Daignault, Eliane Ménard, Philénise Normandeau, Antoinette Sauvé. Malheureusement, elles seront toutes décédées avant votre 125e, sauf Marie-Rose Daignault.

Âgé de 59 ans, je quitte la paroisse et prends ma retraite. Elle durera 10 ans, car mon pèlerinage sur terre se termine à Châteauguay en 1914, l’année de la 1ère guerre mondiale !

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L’abbé Luc Beaudin, curé de Coteau Landing, nous présente ce soir les activités du quatrième curé de St-Étienne. La petite barbe de Luc est de mise, car l’abbé Allard fut le seul curé à porter la barbe. Luc est en soutane et barrette, comme les curés du temps. Il a en main un bréviaire, le livre que les paroissiens d’alors voyaient toujours aux mains du curé, quand il lisait son bréviaire sur la grande galerie du presbytère  ( en son absence c’est Denis Tremblay qui personnifiera ce curé) .




Cinquième curé

FRANÇOIS XAVIER PELLAND : 1904 – 1923

Le 20e siècle n’a que quatre ans quand on me nomme curé à St-Étienne. J’étais un homme corporant, comme on disait à l’époque. Je devais certainement ressembler au curé Labelle…par ma grosseur !

Eh ! oui, j’arrive en décembre 1904. Le premier baptême que je préside c’est celui de Trefflé-Horace Rose. En passant, au cours de mon passage à St-Étienne, c’est moi qui ai baptisé le plus de futurs religieuses et religieux durant mon ministère. En voici la liste : Madeleine Bergevin, Gilberte Ménard, Cécile Fortier, Lucille Ménard, Albertine Amyot, Julienne Lefebvre, Juliette Ménard et Elzéar Sauvé, Frédéric Amyot, Médéric Montpetit, Ferdinand Sauvé, Médard Montpetit, Laurent Bergevin, et frère Urbain Ménard. Ouf !

Lors de mon arrivée, les quelques $1050.00 en dépôt à la Banque des Marchands de Beauharnois, sont vite dépensés. Je me lance dans les réparations du presbytère : toit, peinture intérieure et extérieure, tapisserie, creusage de la cave, clôture du jardin, trottoirs en avant…bref, la fabrique doit emprunter $1300.00 pour compléter la somme votée par les marguilliers pour la rénovation.

Nous n’étions pas encore à l’époque du système d’alarme, mais nous nous sommes équipés d’un coffre-fort dont le poids est si lourd qu’il n’a jamais bougé depuis qu’il fut installé dans le bureau. Il est toujours là, j’en suis certain. Son prix ? moins de $150.

Au cours de mes 19 ans à St-Étienne, j’ai souvenir des mouvements et processions : procession de la Fête-Dieu, procession du Très Saint Rosaire dans l’église tous les mois, et même en 1906, j’ai fait avec les paroissiens, des prières dans tous les rangs de la paroisse pour demander au ciel d’éliminer les sauterelles. C’était une vraie plaie d’Égypte.

Dans mon temps, les bancs de l’église étaient vendus à l’enchère à 3 différents prix. Les 2 rangées doubles du centre, un minimum de $5.00, ceux des côtés $3.00 et ceux du jubé $1.00.

En 1913, je réalise le projet accepté en 1898 de bâtir un charnier du côté «est» de l’église. Les morts pourront y reposer en hiver ! On dit que mes successeurs le transformeront en entrepôt pour l’huile. Il paraît même qu’un doigt de M. Adélard Sauvé y a été conservé dans un contenant de verre jusqu’en 1974 avant d’être déposé dans la terre, en 1974, par un de mes successeurs, Denis Cardinal. Peut-être avait-il peur des morts…et des doigts de défunts. Je vous laisse en juger, car vous devez le connaître mieux que moi…qui voit maintenant tout de l’au-delà !

Je vis aussi de 1914 à 1918 les misères de la 1ère grande guerre. Comme tous les gens d’ici, ce fut une période difficile. Heureusement que les gens de la paroisse ont serré les coudes pour traverser cette étape.

Je quitte la paroisse le mardi 2 octobre pour devenir curé à Ste-Marthe de Vaudreuil. J’ai 62 ans et j’aurai à Vaudreuil 2 grands bonheurs : premièrement d’avoir un vicaire et ensuite être nommé chanoine. J’ai porté le titre moins d’un an, car la mort m’a surpris le 17 novembre 1933.

Mais qui battra mon record ? 19 ans à St-Étienne ! Il fallait Denis Cardinal qui entreprend le début de sa 20e année ! Mais je pense que lui, ne sera jamais chanoine, ni n’aura de vicaire.

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Le curé de Notre-Dame-de-l’Assomption de Châteauguay, l’abbé Claude Marier, interprétera le rôle de l’abbé Pelland. L’abbé Pelland fut professeur au cours classique à Rigaud de 1889 à 1897. Claude Marier est, en plus d’être curé, toujours professeur de biologie au Collège deValleyfield. En souvenir des nombreuses processions de l’époque, Claude porte la chape blanche et l’ostensoir rappelle la grande dévotion de l’abbé Pelland à Jésus-Hostie.





Sixième Curé

CHANOINE JOSEPH LAFRAMBOISE : 1923 – 1931

Au départ de l’abbé Pelland, j’étais déjà chanoine ! Imaginez ! Chanoine depuis 3 ans, avec les premiers (j’allais dire la première batch) créés pour la cathédrale de Valleyfield en 1920. Faut dire que j’étais alors directeur du collège de Valleyfield. J’avais 48 ans quand je suis arrivé à St-Étienne et c’était la première fois que je me retrouvais en paroisse.


Je me retrouvais comme dans une grande famille, moi, qui n’avais pas connu la mienne. Si je suis devenu prêtre et j’allais dire chanoine, (dans le temps c’était tout un honneur) je le dois à Mgr Émard, qui me considérait presque comme son fils spirituel. J’ai payé mes études en travaillant à la cuisine, aux fournaises du séminaire et en étant portier. J’étais avant le temps, un étudiant qui doit travailler pour payer ses études…

Dans mon temps, à St-Étienne, les quêtes se situaient toujours entre $10. et $15. par semaine. Un an après mon arrivée, les marguilliers ont fait disparaître les bancs dans le 2e jubé pour agrandir la place pour la chorale. La chorale s’était même cotisée en 1926 pour acheter 2 statues pour mettre dans le jubé de l’orgue :
la statue de Ste-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus et celle de Ste-Jeanne d’Arc.

À Noël 1925, à la messe de minuit, ce fut le temps pour les enfants d’étrenner de belles soutanes rouges fabriquées bénévolement par des dames de la paroisse. Mais même avec tout le bénévolat, j’ai été l’ancêtre des «marchés aux puces». Oh non ! on ne vendait pas dans l’église, (s’il avait fallu !) mais chaque année, vers avril, j’organisais des «Yokers». C’étaient des parties de cartes avec beaucoup de prix. Les Yokers rapportaient annuellement entre $300. et $400. C’était formidable ! J’en profitais toujours pour rappeler qu’il fallait que les joueurs soient polis, honnêtes et francs.

En 1925, je me souviens d’avoir dit aux Dames de Ste-Anne de se forcer davantage pour être plus nombreuses, d’orner la statue de Ste-Anne et de prendre place dans les bancs de l’allée latérale du côté de l’épître. J’imagine que 70 ans plus tard ces recommandations feraient rire !

Et les cloches !
Je devais avertir le bedeau de ne sonner que la petite cloche sur semaine, la grosse le dimanche et les deux dans les grandes fêtes.

De tout mon passage à St-Étienne, près de 8 ans, c’était le temps consacré aux confessions dont je me souviens le plus. Nous étions souvent 3 confesseurs. Noël, Pâques, Quarante-Heures, Retraite, ça se confessait en grand !

En novembre 1925, j’ai dû inviter les paroissiens à ne pas avoir peur du progrès. L’Hôtel-Dieu de Valleyfield venait d’acheter un Rayon-X. Il fallait l’encourager.

Ce fut aussi un plaisir pour moi, le 9 septembre 1928, de bénir la nouvelle école no.1 du village et un nouveau drapeau. Il paraît que 60 ans plus tard, ce sera tout un problème de bénir un drapeau car le curé ne saura plus lequel bénir…un drapeau de la province…ou un drapeau du pays. Heureusement que je n’ai pas connu ces problèmes !

J’ai aussi connu, en août 1927, la mort de Mgr Emard, le 1er évêque de Valleyfield, qui était devenu archevêque d’Ottawa depuis. Comme il avait presque été un père pour moi …ce fut tout un deuil !

De 1928 à 1929, j’ai eu le privilège de présider à 3 baptêmes de futures religieuses : Marguerite Turcot, Lucille Viau toujours en mission toutes les deux et notre Thérèse nationale (je parle de Thérèse Éthier) qui est toujours jeune et active parmi nous (elle pourrait peut-être se lever !!). Merci.

Le 10 août 1930, tout le village était en fête. Eh ! oui, Mgr Langlois venait bénir les cinq (5) croix des rangs érigées sur l’emplacement de chacune des écoles. Et cela en présence de nombreux membres du clergé du diocèse, dont Frédéric Amyot, séminariste. Ces croix survivent toujours et il semble que dans soixante ans on y fera encore la récitation du chapelet en mai. Bravo à mes successeurs !

En 1931, après 8 ans à St-Étienne, je quittais la paroisse pour St-Stanislas. Quant à mes vieux jours, je les ai passés au séminaire de Valleyfield et je passais de paroisse en paroisse pour quêter pour les vocations en racontant mon histoire. Que de larmes j’ai fait verser, en même temps que des sous dans les paniers, lors des quêtes pour les vocations.

Il paraît que les curés n’ont pas changé ; ils quêtent encore !


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Le rôle de Jos Laframboise est interprété par Yves Beaudin, actuellement curé à St-Timothée et de plus … chanoine ! Il porte des vêtements de chanoine qu’il a dû emprunter. Il est près d’une grille de confessionnal, car le curé Laframboise a confessé des heures et des heures.





Septième curé

DAMIEN ST-AUBIN : 1931 – 1932

Mon arrivée à St-Étienne n’est pas passée inaperçue ! Tandis que mon prédécesseur, le chanoine Laframboise faisait son entrée à St-Stanislas-de-Koska, moi, le 8 décembre 1931, en la fête de l’Immaculée Conception, j’étais intronisé à St-Étienne.

C’est le Supérieur du Séminaire de Valleyfield, Herménégilde Julien qui a lu ma lettre officielle de nomination. À la chorale, c’était le chœur de chant du Séminaire sous la direction de l’abbé Lucien Bélanger qui nous faisait entendre ses plus belles pièces. Bien plus, c’était une grand-messe diacre et sous-diacre avec les abbés Martin et Langlois qui m’accompagnaient.

Faut dire que j’avais des talents d’administrateur. J’ai gardé les quêtes autour de $14.00 même en ce temps de récession.

Lors de mon 1er Jour de l’An, ici à St-Étienne en 1932, j’ai insisté sur les belles traditions à conserver : la bénédiction aux enfants, l’échange de souhaits, le pardon mutuel. Je disais même, le 3 janvier, d’enrôler toutes les familles dans l’Association universelle de la Ste-Famille. Le dimanche suivant, j’ai consacré toute la paroisse à la Ste-Famille.

À cette époque les curés, faut le dire, «se pensaient les gardiens de la morale». Je me suis permis à deux occasions en janvier et février de faire mon petit sermon sur la danse, le carnaval et surtout j’invitais les gens à fuir les divertissements mondains. Que de choses j’ai dites sur la danse ! Certainement que les jeunes de 1993 trouveraient mes sermons…un peu…beaucoup…trop sévères…et ils auraient raison !

C’est sous mon «règne» que l’angélus a commencé à sonner tous les matins à 6 heures et à 7 heures le soir !

Il existait une coutume à mon époque : c’était la quête de l’Enfant-Jésus pour le curé. J’en ai profité en septembre pour à la fois cueillir vos dons et faire des statistiques. Imaginez : il fallait tout faire à la main. Il n’y avait pas d’ordinateur ni de recensement. Voici mes résultats :


Nord de la rivière :
18 familles, 102 paroissiens, 88 communiants, 14 petits, $13.75
Village:
17 familles, 75 paroissiens, 57 communiants, 18 petits, $9.42
Sud de la rivière
25 familles, 166 paroissiens, 145 communiants, 21 petits, $18.80
Rg St-Édouard (rg du 10):
18 familles, 133 paroissiens, 112 communiants, 21 petits, $8.75
Rg St-André (rg du 20):
18 familles, 126 paroissiens, 105 communiants, 21 petits, $9.50
Rg St-Laurent :
18 familles, 110 paroissiens, 88 communiants, 22 petits, $10.00

TOTAL
114 familles, 712 âmes, 595 communiants, 117 petits, $70.22

J’avais à peine terminé ma tournée et ma première visite paroissiale, que le curé de Bellerive, l’abbé Gauthier décédait. J’ai été appelé pour le remplacer.

J’ai donc quitté votre paroisse dans laquelle j’étais arrivé le 8 décembre 31, en la fête de l’Immaculée-Conception, après seulement 9 mois pour devenir cette fois curé de l’Immaculée Conception de Bellerive. Là, j’y ai passé 30 ans jusqu’en 1963. Je me suis alors retiré à l’évêché où j’ai vécu jusqu’au début des années 80.

Faut dire que pour un petit gars de Ste-Barbe j’en ai fait du chemin, car j’ai même été étudier à Rome et je suis devenu chanoine et Monseigneur. Faut croire que mes 9 mois à St-Étienne m’ont beaucoup apporté.

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Le rôle de Damien St-Aubin est interprété par Roland Demers qui a très bien connu ce curé, surtout au temps de sa cure à Bellerive. Roland est né à Bellerive et est maintenant curé à Hudson. Il porte ce soir une soutane et un surplis de dentelle de l’époque du curé St-Aubin. Il a, entre les doigts, un grand chapelet signe de la très grande dévotion du curé St-Aubin à Marie, sous le vocable de l’Immaculée Conception.




Huitième curé

RÉMI PILON : 1932 – 1933

Moi aussi, tout comme mon prédécesseur Damien St-Aubin, pourrions chanter ensemble : «je n’ai fait que passer…»

En effet, je suis demeuré à St-Étienne un an seulement : du deux octobre 1932 au premier octobre 1933. J’ai quand même battu le record du curé que je remplaçais, car lui n’avait été que neuf mois.

Mon premier acte au registre officiel fut celui du baptême de Jean-Guy Ménard, fils d’Ubald et Lucienne, le 2 octobre, le jour de mon arrivée, et le dernier fut celui de Jacques Bergevin, le 20 septembre 1933. Entre ces deux actes, j’ai passé onze mois à St-Étienne. Le ministère, en paroisse rurale, n’était pas pour moi tout-à-fait du nouveau car j’arrivais d’Hinchinbrooke, où j’avais été curé deux ans.

À mon arrivée à St-Étienne j’avais 43 ans et j’étais déjà prêtre depuis treize ans. J’avais été professeur au Séminaire et vicaire à la cathédrale auparavant. Je me souviens qu’en 1932, le chômage était le problème le plus grave (je pense que les temps n’ont pas changé) et les évêques du pays, dans une lettre pastorale du trois juin, ont demandé à tous les chrétiens de jeûner, le samedi 29 octobre, pour que cesse ce fléau.

Dans mon temps, on distribuait plus souvent la communion qu’on disait la messe. Ainsi, le 2 novembre 1932, «journée des morts» j’ai distribué la communion à l’église à 6h, 6h30, 7h, 7h30 et 8h. Le service pour les défunts était à 9h et j’ai fait une quête de $12.42.

C’est un beau montant, car depuis le départ de Damien St-Aubin pour Bellerive, les quêtes du dimanche avaient vraiment baissé. On en était entre $4.00 et $6.00. Faut dire que «lui» avait la bosse de l’administration. En arrivant à Bellerive, il s’est même lancé dans la construction d’une grosse église.

Le 18 juin nous recevions en la paroisse, Frédéric Amyot qui est venu célébrer sa première grand-messe et porter le Saint-Sacrement pour la procession de la Fête-Dieu.

En juin, j’ai eu quelques différents avec «un» marguillier et quelques paroissiens qui voulaient baisser le prix de la dîme et des services. J’ai averti ces réformateurs que nous ne changerions rien. J’en ai profité au prône pour expliquer le sens du mot communiste ! Un réel malaise est alors survenu entre moi et les paroissiens. Ces démêlés ont certainement été pour quelque chose dans mon départ, dès septembre, pour devenir curé à l’Ile Perrot où là je suis demeuré 9 ans.

J’avais la réputation d’être un curé profondément exigeant. J’ai par la suite été marqué par le père Lacouture et l’abbé Cey et leurs exigences de pauvreté, de prière, de jeûne et de mortification.

Je suis devenu ensuite aumônier chez les sœurs de la Charité de la Providence à Coteau-du-Lac avant de partir pour ma retraite au Cénacle Marie-Reine en Alberta.

Je pensais fêter mon centenaire, mais la mort m’a surpris à 96 ans. Je n’ai peut-être passé que quelques mois à St-Étienne, mais au fond, j’ai atteint le record de longévité de tous les curés de St-Étienne. C’est quand même enviable, n’est-ce-pas ?

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Gilles Bergeron, actuellement curé à Notre-Dame-de-Lorette de Pincourt à l’Ile-Perrot et vicaire général du diocèse, nous présente les grands traits de Rémi Pilon, qui lui aussi a été curé à l’Ile-Perrot dans les années 1935. Il porte une simple soutane et un surplis d’époque.




Neuvième curé

HENRI JULIEN : 1933 – 1946

Si les deux curés qui m’ont précédé ont laissé peu de traces à St-Étienne, ce n’est pas mon cas.

Eh oui ! on n’avait qu’à mentionner mon nom et tout de suite on réagissait. On pouvait être pour moi ou contre moi, mais chose certaine on me connaissait, et je ne laissais personne indifférent.

Faut dire que j’étais original et que j’avais du caractère. J’ai tout d’abord été professeur au Séminaire de Valleyfield puis vicaire à Ste-Marthe, St-Louis-de-Gonzague, Vaudreuil et Hemmingford. En 1926 on me nomme curé à Ste-Clotilde. C’est de là que je pars pour venir à St-Étienne. Je passe par Howick et vers trois heures trente, le samedi 7 octobre 1933, la paroisse m’accueille par le Salut du Très-Saint-Sacrement. Le lendemain, c’est ma première grand-messe, assisté du Chanoine Aubin et Dominique Julien.

J’ai tout écrit mes prônes dans le cahier noir et l’on pourra plus tard faire mon portrait car j’écrivais tout.

Déjà en 1933, des vagabonds venaient se réfugier dans les églises. On les appellera un demi siècle plus tard…des itinérants. J’ai dû barrer toutes les portes de l’église dès 5 heures tous les jours en garde contre les vagabonds.

J’avais l’art de me prononcer sur tout.
J’en ai parlé de la guerre qui s’en venait, qui a duré ensuite 6 ans et j’ai aussi connu l’après-guerre. Je parlais de la guerre en Espagne, en Allemagne, en Russie et dans toute l’Europe. Je mettais les paroissiens en garde contre le communisme, la juiverie, les francs-maçons, la presse.

Mais j’aimais aussi mettre mes paroissiens en garde contre les dangers d’ici. Que de fois j’ai gueulé contre la cigarette et la boisson. Imaginez, l’hôtel ouvrait même le dimanche !

Bien plus, les danses commençaient ; alors dans mes prônes j’invitais les jeunes à fuir ces dangers, car après la danse du samedi soir…ça conduisait au désordre et même à une messe du dimanche mal entendue, sinon carrément manquée ! Imaginez, même après l’élection d’un marguillier, on allait fêter ça…avec de la bière!! J’étais peut-être contre la danse, la boisson et la cigarette, mais j’étais un nationaliste avant le temps. J’étais pour l’achat chez nous…et même dans la paroisse. Je me souviens que j’encourageais les gens à aller à la forge de Louis Beaudry, plutôt qu’ailleurs. J’invitais même les gens à chauffer au bois d’ici plutôt qu’au charbon !

J’avais aussi la langue bien pendue. Je disais à tous ce que je pensais et même aux commissaires. J’ai réussi à faire garder des institutrices de la paroisse plutôt qu’à prendre une étrangère de St-Stanislas!!

Même en politique municipale, en février 1946, je me suis prononcé et je le regrette presque aujourd’hui, contre la «petite gang» qui voulait battre M. Brunet. Oui, la petite gang a été battue ! Imaginez la petite gang voulait qu’on achète des pelles à neige ! Pourtant, ce n’était pas nécessaire, car les cultivateurs sont bien capables de nettoyer le rang devant leur maison et leur terre. Quelle dépense inutile que de vouloir acheter des pelles pour la neige !

J’ai aussi appuyé fortement les premiers pionniers de la caisse populaire : Joseph Brault, premier président, Marcel Montpetit, premier directeur général. Souvent, lors de la fondation, en 1944, l’abbé Dulude venait nous éclairer de ses conseils dans ce temps-là.

Il s’en est passé des choses sous mon règne !

• La mort de ma mère au presbytère en mai 1934.
• La fameuse pyrale à maïs qui a détruit nos récoltes en 1935.
• La mort du frère André en 1937.
• Des étrangers, des demi-sauvages qui viennent avec des pièges, des chaloupes et des fusils et qui font la chasse aux rats-musqués…en concurrence avec nos chasseurs locaux. Ils chassent même le dimanche.
• L’incendie de la beurrerie et de la salle paroissiale en 1937.
• La reconstruction de la salle en 1938 qui passa cette fois sous le contrôle du curé qui sera gardien des mœurs!
• La mort de Pie XI, l’arrivée de Pie XII
• La guerre de 39-45
• Le danger du vote des femmes en 1940. Heureusement que les fermières se sont tenues debout unanimement et ont protesté contre cette idée de faire voter les femmes !
• Procession en 1940 pour contrer l’invasion de sauterelles.
• La tempête de neige du siècle en 1943, au Jour de l’An, suivie de jours sans électricité.
• Et puis j’ai été gravement malade trois mois en 1943.

Pourtant les gens ont gardé de moi différentes déclarations qui resteront gravées à jamais dans les traditions de St-Étienne.
«Aie ! le jeune dans le jubé, parle pas si fort, tu vas réveiller ton père en bas pendant mon sermon!»
«Les parents occupez-vous de vos enfants. Ils sont toujours dissipés au jubé ! Ce sont des p’tits voyoux, voyez-y.»

Je me souviens aussi d’un jour, alors que je venais d’acheter une voiture toute neuve, d’avoir oublié d’ouvrir complètement la porte du garage et je l’ai vue se rabattre sur le toit en causant quelques dommages…sérieux! Je devais avoir la tête ailleurs ! Ça m’arrivait souvent, hélas !

Pourtant pendant les 12 ans passés à St-Étienne, ma priorité était celle de tous les curés du temps. Célébrations de la messe, du Salut du Très-Saint-Sacrement, des Vêpres, des Quarante-Heures, des processions, du chapelet et des réunions.

Je présidais aussi à des baptêmes. J’ai moi aussi baptisé trois futures religieuses : Lise Marleau, Gisèle Turcot et Cécile Ménard, qui sont encore très actives. En 1945, Alcide Lefebvre a été ordonné prêtre dans l’église de St-Étienne.

C’est sous mon règne que les Fermières se sont coupées de Howick pour fonder notre cercle local dans notre belle salle paroissiale neuve.

Le dernier registre que j’ai signé est celui du baptême de Nicole Dorius (Daoust) en juillet 1946.

Eh oui, la mort m’a brutalement frappé le 15 août 1946 ; les marguilliers m’ont offert gratuitement un service de première classe et je fus inhumé dans ma paroisse natale de St-Timothée le 19 août 1946.


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Le rôle de M. Henri Julien est ce soir interprété par l’abbé Paul-Émile Julien. C’est un plaisir d’avoir parmi nous le neveu du fameux curé Julien. Paul-Émile s’est très volontiers prêté pour incarner son oncle. Actuellement retiré à Bellerive, il exerce encore un très beau rôle de prêtre de service. Il a fêté son cinquantième anniversaire de sacerdoce dernièrement.




Dixième curé

GARCIA JEANNOTTE : 1946 – 1962

En arrivant à St-Étienne en septembre 1946, j’avais 45 ans et une carrière de 17 ans comme prêtre.

J’avais été infirmier au séminaire de Valleyfield, vicaire à St-Polycarpe, à Beauharnois, à la Cathédrale, puis curé aux Cascades et à Ste-Agnès-de-Dundee. J’arrivais de Ste-Agnès quand j’ai été nommé curé à St-Étienne.

Permettez-moi un souvenir de mon temps à la Cathédrale. J’étais confrère avec Paul-Émile Léger, le futur cardinal. Quand il a été nommé Mgr, c’est-à-dire prélat domestique avec le titre de Monseigneur, à la cathédrale je l’ai félicité : «Félicitations Paul-Émile!» Sa réponse a été brève : «Merci, à l’avenir appelez-moi Monseigneur !»

C’était peut-être assez difficile pour un vicaire général d’avoir son confrère comme vicaire, au même endroit. Cela m’a certes permis d’être nommé très rapidement aux Cascades. Moi aussi je viens d’une «grande famille». Mon frère Édouard était député et un autre de mes frères, Adhémard, devint chanoine ! À l’époque, ça faisait bien d’avoir de la famille dans la politique ou dans le «haut clergé!». Les temps ont bien changé … heureusement !

Je n’étais pas gras comme votre ancien curé Pelland, mais j’avais du nerf, du cœur et des idées et surtout du caractère ! Je ne pliais pas facilement. Ceux qui me connaissent le savent !

À vrai dire, je crois que mon passage à St-Étienne de 1946 à 1962 était l’âge d’Or de l’Église au Québec. Mes prédécesseurs avaient tout installé. Je devais faire fonctionner !

Que de mouvements et de réunions. C’était pire qu’aujourd’hui, car je ne suis pas mort encore et je vois ce qui se passe ; je n’ai que 92 ans ! Eh oui ! les Dames de Ste-Anne, la ligue du Sacré-Cœur, L’U.C.C., la J.A.C. et la J.A.C.F., les Croisés, les Fermières, les Lacordaires et Jeanne d’Arc, tous les mouvements grouillaient beaucoup.

Et les messes, les confessions, les chapelets, les Quarante-Heures, les Saluts du St-Sacrement, les processions, les neuvaines, les visites à l’école, les examens lors de la marche au catéchisme, les retraites paroissiales, l’organisation des retraites fermées … Ouf ! ça n’arrêtait pas.

Et pourtant, que de travaux au cours de ces 16 ans à St-Étienne.

Deux grands projets : Le Cimetière entièrement rénové et l’église complètement restaurée. En 1946, nous avons refait les trottoirs et les perrons de l’église et mis en vente à l’encan les anciens blocs de ciment du trottoir.

C’était aussi le temps des films à la salle paroissiale. Même des films en couleur étaient présentés. Je pense à «Terre de nos aïeux». Bien plus, on est venu tourner le «Gros Bill» à St-Étienne en 1949.

Je donnais même au prône les bilans financiers de la caisse populaire. Ainsi en 1948, il y avait 175 sociétaires et 23 emprunteurs. En mai 62, après 3 mois, 103 élèves avaient déposé $702.10. Merci à la directrice d’alors, une oblate, Mademoiselle Beaumont. C’est d’ailleurs sous mon règne…que sont arrivées les oblates.

Souvent aussi on croit que dans ce temps-là les gens communiaient souvent ! Vous vous trompez, tous venaient à l’église, mais peu communiait. Ainsi en 1946, il y avait à St-Étienne 141 familles et 500 communiants. Je vous mets au défi de me dire combien de communions ont été distribuées cette année-là ? Seulement 4000, soit une moyenne de 8 par communiant. Faut dire que 25 personnes communiaient régulièrement !

C’est au cours de mon passage à St-Étienne que se sont ouverts, à Valleyfield, la nouvelle École Normale et le Pensionnat et ici à St-Étienne l’école centrale en janvier 1957.

Je me souviens, ça fait drôle de dire ça aujourd’hui, que le dimanche qui suivait Pâques, on sonnait les cloches 10 minutes pour montrer la joie pascale et 9 coups du glas, qu’on appelait des soupirs, pour ceux qui n’avaient pas fait leurs Pâques.

Ça priait aussi beaucoup dans ce temps-là. Au mois d’octobre, tous les jours après la messe, il y avait l’exposition du St-Sacrement, le chapelet et le Salut ! Durant le mois de novembre, tous les jours, on récitait le chapelet après la messe et le glas sonnait tous les soirs pour les morts. Oui le mois des morts on y pensait ! J’ai aussi instauré la quête blanche une fois par mois. Pas de sous mais des .05, des .10, des .25, cela rapportait jusqu’à $130.00. J’ai appris récemment qu’en 1993, la quête est plus petite que mes quêtes blanches.

C’est aussi en 1946 que j’ai coupé une messe le dimanche. Dans le temps des Fêtes 2 messes. Après les Rois une messe. J’ai aussi aidé le bedeau à repeindre la grande croix de l’église. J’avais tellement mis de taches de sang sur le corps du Christ que le bedeau m’a dit : «Il est beau, mais il fait bien pitié ! (piqué!)»

Mais les souvenirs qui restent de moi, plusieurs m’en parlent encore : c’est la transformation du cimetière et le grand «barda de l’église».

C’est par une corvée que plusieurs jours de suite les gens sont venus redonner une beauté au cimetière. Je les invitais à apporter leurs arrache-crampes, scies, haches, pinces-monseigneur pour restaurer clôtures, terrains et monuments. On a dû cependant céder quelques pieds à la municipalité pour agrandir le chemin public. Je remercie les 14 familles qui ont acheté des terrains et installé des stations du chemin de la croix. Cela donne vraiment un regard d’ensemble merveilleux pour le cimetière et surtout est un signe de notre foi.

Et l’église, que de réunions, de discussions, d’assemblées, de va-et-vient entre l’évêché et la paroisse pour permettre une telle restauration. Les bancs à eux seuls ont créé beaucoup de problèmes. L’achat de bancs, choisis après exposition à l’école ont coûté $6000. C’est Ernest Fortier qui a décidé de faire une collecte pour les payer…et il a réussi !

Et le ménage ! Nous venions à peine d’installer un haut-parleur à l’église (quelle innovation), une collecte pour le nouveau Tabernacle de cuivre était en marche, les dorures des anges, du tableau de St-Étienne et des autels venaient à peine d’être terminées que nous entreprenons une restauration complète en 1959.

Il en a fallu des réunions de marguilliers car nous devions emprunter $18,000. à la Caisse et faire une répartition pour près de 15 ans. Heureusement qu’Édouard Faubert fut celui qui a su mener à bien la collecte pour la répartition. Mais notre église était superbe !

Je pouvais donc partir, et c’est le mercredi 22 mai que je quittais St-Étienne pour St-Clet. Je rappelais aux paroissiens qu’après 16 ans, je pouvais dire : «Mission accomplie !»

Dans mon prône de départ, je remerciais les paroissiens pour leur bon accueil et je les invitais surtout à recevoir les bras grands ouverts leur nouveau curé, l’abbé Roland Legault.

Après mes différents postes de curé, je me suis retiré à l’évêché et à cause de ma santé défaillante, je suis parti pour des foyers privés. Actuellement, je suis à l’hôpital de Châteauguay et je pense souvent à vous, car j’ai beaucoup aimé votre paroisse et ce soir, même si physiquement, je ne puis être avec vous, je le suis de tout cœur.


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L’abbé Gaston Besner incarne le curé Jeannotte. Gaston est natif de St-Clet, près de la région d’où venait l’abbé Jeannotte. Gaston est actuellement curé à la paroisse St-Augustin-de-Valleyfield et aumônier d’un centre de détention à Ste-Anne-des-Monts. Il porte l’aube et la chasuble qu’a dû revêtir l’abbé Jeannotte à St-Étienne.




Onzième curé

L. ROLAND LEGAULT : 1962 – 1974

Les élèves et mes confrères m’appelaient tous «Ti-Gault» et j’arrive à St-Étienne à la fin de 1962. Comme mon prédécesseur Garcia, je ne suis pas grand mais moi, je n’ai aucune expérience dans le ministère paroissial, tandis que lui-même peut-être petit…avait du caractère et beaucoup d’expérience. Moi, j’ai passé toute ma vie au Séminaire, où j’ai enseigné 27 ans aux jeunes garçons de 13-14 ans.

J’avais quitté le Séminaire il y avait sept mois pour être aumônier des Sœurs Grises de Châteauguay.

La vie en paroisse c’était du neuf pour moi et j’y ai goûté. Si Garcia a connu l’âge d’or du Catholicisme au Québec, j’ai connu le début de la dégringolade…et celle du vide de nos églises.

Dès la semaine après mon arrivée, ce fut la visite pastorale de Mgr Langlois. Il a confirmé les enfants et fait l’inspection des livres des trois dernières années de l’abbé Jeannotte. Il a même écrit dans le livre des minutes du conseil de fabrique, que le «tout» luisait de propreté et de beauté. Il a félicité tous les paroissiens. Même l’église et le presbytère avaient eu droit à un grand ménage.

Comme j’avais passé ma vie avec les jeunes au séminaire, mon ministère aussi fut surtout axé auprès des jeunes et surtout des garçons, car à cette époque, j’arrivais du séminaire où il n’y avait aucune fille.

J’ai été souvent à l’école, j’ai organisé des jeux, des sorties et des excursions pour les enfants de chœur, j’ai passé beaucoup de diapositives aux jeunes. J’ai poursuivi les activités dans la Croisade et la J.E.C.

Personnellement, je me considérais comme un prêtre pieux, gêné et je n’aimais pas les grandes fêtes et les activités sociales. J’étais bien dans le presbytère. Heureusement que j’avais avec moi Mme Leboeuf comme ménagère qui avait la responsabilité matérielle du presbytère.

Le mot est «lâché» responsabilité matérielle ! Ouf ! Ce côté n’était pas mon fort et je me serais contenté d’un petit logis simple, très modeste, presque sans confort et j’aurais été très heureux. Je pourrais même dire, en toute vérité, que le désordre ne me faisait pas peur ! Et me voilà responsable de toute une paroisse et d’un immense presbytère. Que de budget à penser. J’ai même laissé les guides occuper le haut du presbytère pour y déposer leur matériel et tenir leur réunion.

Bien plus, je ne savais même pas conduire l’auto ; donc je devais toujours compter sur les autres pour me véhiculer. Que de mercis je dois à plusieurs, en particulier à Eddy Lynch, Joseph Marleau et mon ami Marcel Montpetit ; oui, ils m’ont transporté et … attendu souvent, surtout dans mes visites de paroisse auxquelles je tenais beaucoup.

Quand j’y pense. Quand le petit homme en noir arrivait, toute la famille, du plus grand aux plus petits, s’agenouillaient à mon arrivée pour recevoir ma bénédiction et une médaille. Je pense qu’avec mon sérieux, je devais certainement gêner les gens. Mais c’était comme ça dans le temps.

Si je donnais des médailles au cours de la visite paroissiale, défrayées d’ailleurs par la fabrique à un coût peu élevé, il en était tout autrement de mon propre budget. Je dépensais tout mon argent pour des jeux, des cadeaux à des jeunes. Je me souviens un jour, au cours de ma visite de paroisse, dans le rang St-Laurent, chez Normand et Germaine Primeau, les jumeaux s’attendaient à des cadeaux lors de mon passage. Eh ! bien, je ne les ai pas déçus et …je leur donnais des cadeaux !.. Et ma collection de timbres ! C’était mon passe-temps et ma fierté.

J’étais aussi très attaché à ma famille, ma sœur et mon frère. Que de fois je les ai aidés. Mais un curé ça doit aussi s’occuper du matériel et durant mes 12 ans à St-Étienne…ce fut mon cauchemar.

• D’abord, la Loi des Fabriques, sanctionnée le 6 août 1965, obligeait à avoir 6 marguilliers. Il a fallu repenser à neuf le conseil de fabrique, lors de la réunion du 12 décembre 1965.
• Les problèmes de la répartition qu’il a fallu revoir pour les années 70-74
• La rénovation du chœur
• Le lavage de tout l’intérieur de l’église en avril 70
• Des emprunts et remises de dettes à la Caisse
• Les problèmes du Centenaire !


Que de réunions avec de propositions acceptées et annulées à la rencontre suivante.

La plaque souvenir du Centenaire ! Oui elle m’en a causé des maux de tête cette fameuse plaque ! Que de souffrances j’ai endurées au cours de 1969 ! Comme les postes de maire et d’évêque avaient changé de titulaires en cours d’année, quel nom inscrire alors sur la plaque ? Où la placer ? Oui, elle s’est promenée la plaque souvenir du centenaire ! Oui, j’en ai eu des problèmes à ce moment, tellement que j’ai quitté brusquement mon siège au conseil de fabrique en juillet 70 et j’ai offert, à la rencontre suivante, ma lettre de démission pour tout ce qui touchait l’administration matérielle de la paroisse.

Les marguilliers m’ont compris et m’ont enlevé une partie des responsabilités financières. Je n’avais plus qu’à recueillir les montants pour les divers services et faire le dépôt. Ils se chargeaient du reste. Heureusement que l’abbé Omer Tessier venait de temps à autre mettre de l’ordre dans les papiers !

De 70 à 72, ce fut le problème de la salle paroissiale. Que de soucis ! Il a fallu trouver (difficilement) tous les contrats de terrain, de salle, etc…que de réunions où l’avenir de la salle fut le sujet central, d’autant plus que nous avions maintenant la salle d’école, suffisamment grande pour nos besoins. Elle fut finalement mise en vente à l’enchère avec le terrain pour $2300. D’ailleurs, dès mon arrivée en 1963, il a fallu remettre $1250. à M. Lafrance de St-Louis qui avait investi ce montant pour s’en servir comme salon funéraire ! À partir de cette date, elle est revenue sous le contrôle exclusif de la fabrique et ne servait que très peu. Tout se faisait à l’école.

Une innovation sous mon terme fut le début des rencontres statutaires des marguilliers, en mai 1970, avec des ordres du jour et des procès-verbaux. Jusque là, les livres du conseil de fabrique ne mentionnaient presque exclusivement que les élections et les grands projets. Avec M. Omer Faubert comme secrétaire que de changements. Les procès-verbaux sont complets et …longs.

Mais le grand changement, le grand bouleversement que j’ai connu et qu’il m’a été difficile de vivre fut le fameux Concile Vatican II. Il apportait un souffle nouveau, un air de changement ! Messe en français, communion dans la main, participation plus grande des laïcs. Imaginez, le 12 décembre 71, Mme Zélie Brault a été élue marguillier ! Qui aurait pu penser, à ce moment-là, qu’une femme puisse avoir un tel rôle…dans l’église ?

Pour moi ce fut difficile d’accepter tous les changements d’après concile. Je suis un de ceux qui a gardé la soutane le plus longtemps et je portais toujours, jusqu’à la fin, mon col romain noir. À 65 ans, j’ai donc donné ma démission.

Je ne m’étais jamais habitué à coucher seul dans ce grand presbytère ; seriez-vous braves, vous autres ? Parlez-en pas fort, mais il paraît que le jeune abbé Cardinal n’est pas trop brave non plus…chut…il n’aimerait pas ça. Je me suis donc retiré quelques temps au presbytère St-Clément et ensuite à Montréal, dans une immense résidence et j’ai vécu avec ma sœur, les huit dernières années de ma vie. Quelquefois, mon successeur, Denis Cardinal, amenait Mme Leboeuf me visiter. C’étaient de belles heures où l’on ressuscitait le passé. Je suis aussi toujours demeuré en contact avec mes amis Eddy Lynch et Marcel Montpetit. Cela m’a permis de toujours garder des contacts avec ma première et dernière paroisse. Je suis maintenant inhumé près de la Croix de votre cimetière. C’était en 1982.


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C’est l’abbé Denis Tremblay qui personnifiera l’abbé Legault. Denis, au séminaire, fut quelques temps élève de l’abbé Legault en syntaxe spéciale et l’abbé Legault était alors professeur de grec et de latin. Denis est maintenant curé à Ste-Martine, St-Urbain et vicaire épiscopal pour la région Beauharnois/Ste-Martine. Il porte ce soir le col romain noir, vêtement que l’abbé Legault portait à la fin de son ministère à St-Étienne. À son arrivée, la soutane était toujours de mise.






Équipe pastorale

LUC QUESNEL, c.s.v. : 1974 – 1979

Jusqu’ici, d’autres curés ont représenté vos curés. Cette fois je me représente moi-même. Pour ceux qui ne le saurait pas, je suis le Père Luc Quesnel, curé de St-Antoine-Abbé. D’ailleurs, je n’étais qu’un demi curé, Denis était l’autre demi.

Je n’ai pas été longtemps à St-Étienne, de septembre 1974 à la fin de 1979, soit près de cinq ans, c’est une bonne moyenne.

Je me rappelle de mon arrivée et de la première rencontre avec un groupe…et pas n’importe quel groupe ! C’était le soir de la partie de cartes des Fermières à l’automne 74. C’était au temps où nous étions dans le fameux ménage du presbytère… Que d’heures…Que de bénévolat…Que de surprises…Je ne connaissais personne dans la paroisse, mais il a fallu peu de temps pour que je me sente chez moi à St-Étienne.

À ce moment-là, je partais tous les jours pour le collège St-Viateur ou la Polyvalente et c’est le soir surtout que j’étais en paroisse. Faut dire que je suis un homme de nuit. J’étais souvent le dernier à partir, faut dire aussi j’aimais souvent aller chez les gens et j’étais un veilleux ! Je ne puis oublier non plus les gens de ski-doo, à la cabane dans le rang St-Laurent, qui m’ont fait faire de belles tournées ! Souvent, c’est aux petites heures du matin que je me couchais… et tard…très tard le matin que je me levais. J’allais presque dire tôt…l’après-midi.

J’avais des mouvements bien précis à St-Étienne ; j’assistais aux réunions des Fermières, j’ai collaboré à repartir les scouts et guides, j’allais aux rencontres des Volontaires et c’est moi qui faisait les processions dans l’église, car Denis n’aimait pas bien ça. Heureusement que j’étais meilleur marcheur qu’aujourd’hui. Évidemment des baptêmes…des homélies…des messes…ça c’était du régulier, car il y avait 3 messes à l’époque à St-Étienne. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une et Denis m’a dit qu’elle regroupe moins de 100 personnes. Dommage !

Avec Denis, nous avons débuté le feuillet paroissial et comme j’étais un demi-curé, je ne faisais le feuillet qu’à tous les 15 jours et souvent à la dernière minute…

Comme j’étais le premier prêtre-religieux à St-Étienne et que les «religieux sont supposés» s’y connaître en administration, Denis m’avait confié toute l’administration de la fabrique et du cimetière. J’ai même vendu les allées dans le cimetière pour rentabiliser tous les terrains. J’oubliais que plus tard il ne serait pas facile de creuser dans des terrains de 7 pieds…au grand scandale de Marcel Marleau. Quant à Denis, il n’avait qu’à signer le bilan et les minutes d’assemblées… pour être conforme à la loi !

J’ai bien aimé mon expérience à St-Étienne, et comme j’en étais à ma première paroisse, je reprends les mots que j’écrivais en janvier 79.

«Il n’y a pas de mots pour vous remercier de la fête d’amitié que vous avez organisée ; de votre contribution aux cadeaux que vous m’avez offerts ; de l’expérience pastorale que vous m’avez permis d’acquérir à votre contact. À nouveau, MERCI.»

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Luc, depuis son départ de St-Étienne, a été curé à Melocheville et est maintenant curé à St-Antoine-Abbé.



Douzième curé

DENIS CARDINAL : 1974 – ...

J’étais aumônier à St-Viateur quand, avec Luc, nous avons demandé pour venir à St-Étienne. C’était tout un changement.

Jusqu’ici, c’était toujours l’évêque qui nommait les curés et cette fois, c’est nous qui avons projeté de prendre la paroisse.

Lors de notre première rencontre avec les marguilliers, nous avons constaté que la paroisse ne vivait pas dans le luxe. Mais l’administration et la tenue des livres étaient vraiment digne d’éloges. Comme plusieurs paroisses, nous avions alors une légère dette de $4000. Et des redevances à la corporation épiscopale. Ces montants se sont éteints rapidement.

Deux grands ménages en 76 et 78, à l’extérieur et à l’intérieur de l’église, ont aussi permis de redonner un air propre à l’église. Les coûts de $15,000. ont rapidement été effacés.

La générosité des gens se manifestait à ce moment par les quêtes qui étaient de $100. à $125. C’était le même montant qu’aujourd’hui, 20 ans plus tard.

Avec Luc nous avons entrepris la visite de la paroisse dès 1975. Cela nous a permis de mieux connaître les gens et nous avons constaté un bel accueil.

Évidemment en 19 ans, il s’en passe des choses. Certaines visibles, d’autres moins. Les améliorations apportées aux bâtisses demeurent peut-être apparentes, mais c’est avant tout un engagement pastoral qui nous animait.

• La refonte des Statuts et règlements du cimetière
• L’agrandissement du cimetière
• La haie autour du cimetière et du presbytère
• La biénergie et les trois fournaises neuves
• Le ménage extérieur et intérieur du presbytère
• L’achat du système de son
• Les tapis du chœur
• Les galeries neuves
• Le trottoir en ciment devant l’église
• Magnifiques ornements pour le 125e, etc.

Tout ça c’est beau, mais ce n’est pas le curé seul qui en est responsable. Ce sont les marguilliers et la générosité des membres de la communauté.

Que de bras et de cœurs qui se sont ouverts. Il en a fallu des organisations et des heures de bénévolat pour permettre à une paroisse de moins de 250 familles de survivre :

• Œuvre de la Fabrique depuis 18 ans
• Marché aux puces depuis 10 ans
• Vente de billets
• Souper paroissial depuis des années
• Levée de fonds annuellement en novembre. N’oubliez pas, ça s’en vient vite…déjà la semaine prochaine !
• Brunch…dons pour le cimetière et le mémorial du souvenir.

Tout ça pour dire que c’est grâce à vous si je suis encore là.

Mais avant toutes ces énergies pour le matériel, c’est la vie des gens qui m’intéresse. Si une communauté chrétienne vient puiser souvent à la Parole et au Pain, c’est surtout dans le quotidien qu’elle vit ses valeurs. Souvent j’insiste, peut-être trop, pour que des gens viennent grossir les rangs de notre comité de pastorale. Oui, c’est là que devraient se prendre les orientations pour la communauté. Hélas, la moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux.

Avec les jeunes, les enseignants, les responsables des sacrements, ensemble, nous mettons notre énergie pour être proches des jeunes et préparer des célébrations signifiantes. Je donne aussi beaucoup d’importance à l’école et au corps enseignant vraiment formidable.

Quelle belle initiative, il y a déjà 10 ans, que celle de la Troupe de théâtre et du Chœur de St-Étienne ! Que de souvenirs avec les adolescents, lors de l’équipe des jeunes stéphanois, du repas pascal au chalet, des messes de Noël avec les jeunes, etc.

Avant tout, je crois que le pasteur se doit d’être où sont les gens. Je tente, dans la mesure du possible, de répondre aux invitations, d’être présent aux événements joyeux, les baptêmes, les mariages, les anniversaires, comme les événements douloureux ou les funérailles. Même les mouvements sont pour moi des lieux de présence : Fermières, Âge d’Or, assemblée de la Caisse, réunions de la St-Jean-Baptiste sont autant de rendez-vous que je n’aime pas manquer.

Au cours de ces années, que de personnes sont passées de la parole aux actes ! Je pense à toutes les belles décorations réalisées, les tableaux si artistiquement décorés à l’église, les brunchs de l’amitié qui permettent tellement de créer des liens.

C’est à travers tout ça que je tente d’être l’un d’entre vous, parmi vous, et surtout content de me sentir apprécié. Dans 10 mois, je célèbrerai 20 ans chez vous. Merci de m’avoir enduré !

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Les vêtements liturgiques que Denis porte ont été fabriqués pour le cent vingt-cinquième de la paroisse, avec des pièces prises dans la chape dorée, achetée par le deuxième curé de St-Étienne, vers les années 1886. C’est un don de la Société St-Jean-Baptiste et une réalisation des familles Rita et Félicienne Brault qui ont permis d’obtenir de si beaux résultats. Des nappes d’autel font aussi partie de l’ensemble.


Ils ont apporté leurs talents

au service de la communauté

depuis des années comme

Marguilliers…sacristains…. secrétaires

maîtres de chapelle…. organistes…

 

Cette photographie fut prise lors du centenaire de la paroisse en 1969. Entre le maire de l’époque, M. Bernard Vinet et l’évêque, Mgr Guy Bélanger, nous retrouvons de gauche à droite les membres du conseil de fabrique : Jean-Louis Laberge, Édouard Faubert, Gérard Amyot, le curé Roland Legault, Fernand Leduc, et Wilfrid Bergevin

Membres du conseil de fabrique depuis la fondation en 1869

1869 Olivier Bergevin
1869 Pierre Bergevin
1869 Paul Daigneault
1870 Paul Crête
1871 François Gendron
1872 Jean-Louis Leclerc
1873 Antoine Duquette
1874 Alexis Hébert
1875 Charles Gougeon
1876 Antoine Leduc
1877 Narcisse Leclerc
1878 Olivier Latour
1879 Isidore Marchand
1880 Léopold Brault
1881 Arsène Normandeau
1882 Charles Mailloux
1883 Pierre Rose
1884 Maurice Lavoie
1885 Joseph Brault
1886 François-Xavier Bonhomme
1887 Jean-Baptiste Parent
1888 Hyacinthe Giroux
1890 Pascal Bergeron
1890 Peter Lynch
1891 Jean-Baptiste Thibert
1892 Zotique Marleau
1893 Alexis Ménard
1894 Alexandre
Normandeau
1895 Joseph Desgroseilliers
1896 Étienne Marleau
1897 Joseph Amyot
1898 Narcisse Touchette
1899 Joseph Daoust
1900 Jérémie Brosseau
1901 Jean-Baptiste Desgroseilliers
1902 Cyrille Huot
1903 Jean-Baptiste Cardinal
1904 Jean-Baptiste Côté
1904 Paul Daigneault
1905 Adolphe Fortier
1906 Israël Laberge
1907 Pierre Gagnon
1907 Alphonse Leclerc
1908 Moïse Éthier
1909 François Sauvé
1910 Michel Leduc
1911 David Viau
1912 Henri Montpetit
1912 Antoine Daigneault
1913 Trefflé Tucot
1914 Guil-Déléa Laberge
1915 Narcisse Duquette
1916 Trefflé Faubert
1917 Albini Trefflé Hébert
1917 Louis Sauvé
1918 Henri Hébert
1919 Trefflé Lemieux
1920 Exurie Brault
1921 Patrick Lynch
1922 Jean-Baptiste Parent
1922 Hormidas Sauvé
1923 Désiré Rhéaume
1923 Philorum Mallette
1924 Édouard Normandeau
1925 Peter Lynch
1926 Sergius Ménard
1927 Jérôme Latour
1928 Ferdinand Ménard
1929 Hormidas Fortier
1930 Michel Lefebvre
1931 Joseph-E. Montpetit
1932 Frédéric Ménard
1933 Émery Amyot
1934 Arthur Desgroseilliers
1934 Joseph Olier Daoust
1935 Joseph Lavoie
1936 Louis Laberge
1937 Ovide Sauvé
1937 Joseph Parent
1938 Joseph Brault
1939 Wilfrid Leduc
1940 Ludger Ménard
1941 Abraham Faubert
1942 Darcy Poissant
1943 Zotique Montpetit
1944 Joseph Brosseau
1945 Adélard Viau
1946 Rodrigue Montpetit
1947 Ulric Côté
1948 Raoul Leduc
1948 Omer Éthier
1950 Émile Turcot
1950 Raymond Gagnon
1951 Arthur Cazelais
1952 Albert Ménard
1952 Raymond Hébert
1953 Armand Lefort
1954 Élie Viau
1955 Ernest Fortier
1956 Alphonse Laberge
1957 Omer Mallette
1958 Georges Parent
1959 Edgar Gendron
1960 Eddy Lynch
1960 Lucien Normandeau
1961 Ludovic Montpetit
1962 Albert Faubert
1963 Florian Legault
1964 Rodolphe
Desgroseiliers
1965 Florian Legault
1965 Henri Brault
1965 Rodolphe

Desgroseilliers
1965 Henri Lefebvre
1965 Léo Cazelais
1965 Rosaire Normandeau
1966 Dominique Simon
1966 Jean-Louis Laberge
1966 Donatien Daoust
1967 Sylvio Charrette
1967 Wilfrid Bergevin
1968 Gérard Amyot
1968 Fernand Leduc
1968 Édouard Faubert
1969 Jacques Barbeau
1969 Omer Faubert
1970 Maurice Gendreau
1970 Ernest Desgroseilliers
1971 Lucien Cécyre
1971 Zélie Brault
1972 Marcel Brault
1972 Bernard Campeau
1973 Léo Parent
1973 Gaétan Ménard
1974 Thérèse Éthier
1974 Florent Sauvé
1975 Félicienne Hébert
1975 Jean-Marc Thibeault
1976 Raymond Vinet
1976 Jacques Leduc
1977 Réjean Maheux
1977 Exilbert Gascon
1977 Philippe Bergeron
1978 Rachel Mercier
1978 Fernand Jeannotte
1979 Denis Dumouchel
1979 Germaine Primeau
1980 Lauréat Bernard
1980 Jeanne Laurin
1981 Rock Billette
1981 Rachel Mercier
1982 Jean-Pierre Leduc
1982 Richard Beaudoin
1983 Claire Fortier
1983 Michel Legault
1984 Albert Daignault
1984 Maurice Bergeron
1985 Gaétan Lareau
1985 Richard Beaudoin
1986 Henriette Gagnon
1986 Lise Girouard
1987 Maurice Bergeron
1987 Albert Daignault
1988 Laurette
Desgroseilliers
1988 Francine Brisson
1989 Christian Lalande
1989 Arthur Parent
1990 Jacques Ménard
1990 Robert Henderson
1991 Laurette
Desgroseilliers
1991 Marcel Cazelais
1992 Arthur Parent
1992 Claudette Lessard
1993 Jacques Ménard
1993 Maurice Bergeron
1994 Diane Dumouchel
1994 Normand Leduc
1995 André Bergeron
1995 Jacques Giroux
1996 Claude Sauvé
1996 Léon Lefort
1997 Suzy Ménard
1997 Mario Desgroseilliers
1998 Jacques Giroux
1998 André Bergeron
1999 Claude Sauvé
1999 Léon Lefort
2000 Mario Desgroseilliers
2000 Lise Gendron
2001 Linda Gagnon
2001 Rita Leboeuf (Réal
Éthier)
2002 Jean-Guy Ducharme
2002 Claude Parent
2003 Marcel Girouard
2004 Johanne Phénix
2004 Réal Éthier
2005 André Bergeron
2005 Linda Gagnon
2006 Réal Éthier
2006 Marcel Girouard

Fin du terme de C.P)

LES SACRISTAINS

Antoine Daigneault
M. L’écuyer
Ludger Laberge
Albert Rhéaume
Eugène Bergeron
Joseph Lavoie
Adélard Hébert
Joseph Marleau a terminé en 1972
Mme Albert Poirier-Ménard ( Diane ) 1972-1984
Albert Daignault de 1984-2000
Marielle Laberge - Montpetit 2000 –


LES MAÎTRES DE CHAPELLE

Gilbert Laberge
Arthur Laberge pendant 1930 - 1947
Maurice Legault 1947 - 1967
Lise Lemaire 1967 - 1972
Lise Lemaire et Gaétan Ménard 1972 – 1974
Gaétan Ménard 1974 -
Messe de 8 h 30 : Thérèse Éthier 1947 - 1962
Premier lecteur à la messe de 8 h 30 : Louis-aimé Hébert.



ORGANISTES

Catherine Tessier de 1899 à 1929
Émile Rhéaume, Mesdames Jeannotte et Gagnon.
Andréa Sauvé-Legault 1947 - 1967
Messe de 8 h 30 : Gisèle Montpetit 1947 - 1962
Lise Lemaire 1967 – 1974
Benoit Mercier 1974 – 1984
Suzy Ménard 1984 -
Myriam Gagnon , temps partiel 2003 -
Karen Dowker 2005


SECRÉTAIRES DEPUIS 30 ANS

Sécrétaire jusqu’en 1973 et responsable de la répartition : M. Édouard Faubert.

1973- 1975 Zélie Brault
1975-1977 Gaétan Ménard
1977-1979 Félicienne Brault
1979-1981 Réjean Maheux

1981-1984 Jeanne Laurin
1984-1987 Richard Beaudoin
1987-1989 Claire Fortier

1989-2001 Jean Brault
2001- Lucie Parent