Histoire des Seigneurs Page Giffard

 

Autour du manoir

Robert Giffard est le seigneur idéal. Il va soutenir ses engagés qu’il accueille dans le manoir que certains ont construit pendant que d’autres défrichaient et ensemençaient le sol. Dès l’année suivante, ils procèdent à la récolte des grains. Trop peu pour en vendre ; presque assez pour subsister.

Manoir seigneurial de Robert Giffard

Manoir seigneurial de Robert Giffard,
seigneurie de Beauport

« On m’a demandé, écrit le père Paul LeJeune dans la Relation de 1636, si, défrichant les terres et les labourant, elles produiront assez pour leurs habitants [...] Je réponds que oui : c’est le sentiment de ceux qui s’y entendent. Le sieur Giffard, qui n’a défriché que durant deux ans, et encore laissant plusieurs souches, espère recueillir cette année, si son blé correspond à ce qu’il montre maintenant, pour nourrir vingt personnes. Dès l’an passé, il recueillit huit poinçons de froment, deux poinçons de pois, trois poinçons de blé d’Inde. Sa terre est bonne, toutes ne sont pas semblables ».
  Bien avant le terme de leur contrat, les engagés participent – souvent avec l’aide des autres – à la construction de leur propre demeure. Dans la seigneurie de Beauport, les terres sont officiellement concédées trois ans après l’arrivée des engagés. Élevé au statut de colon ou d’habitant, l’émigrant se marie. Il le fera à l’église de Québec. À la première génération du moins, le contrat de mariage peut avoir été signé au manoir seigneurial qui est au centre des activités de la seigneurie de Beauport.

C’est à la porte du manoir que, chaque année à date fixe, le colon verse l’argent du cens ou qu’il dépose des produits de valeur équivalente. C’est là également que les propriétaires d’arrière-fiefs rendent foi et hommage et là encore, que les habitants de la seigneurie se réunissent pour la plantation du mai, une fête populaire dont le seigneur est le centre.



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