Le syndrome d'Asperger

 

 


 

 

L'autisme n'est pas quelque chose qu'une personne a, ou une "coquille" dans laquelle une personne est enfermée. Il n'y a pas d'enfant dit "normal" caché derrière l'autisme. L'autisme est une manière d'être. Il est envahissant; il teinte toute expérience, toute sensation, perception, pensée, émotion, tout aspect de la vie. Il n'est pas possible de séparer l'autisme de la personne... et si cela était possible, la personne qui vous resterait ne serait pas la même personne que celle du départ.

C'est important, aussi prenez un moment pour y réfléchir : l'autisme est une manière d'être. Il n'est pas possible de séparer la personne de l'autisme.

Source: Don't mourn for us - Jim Sinclair  

Traduction en français

 

 


 

Lorsqu'on parle d'autisme, l'image instantanée qui nous vient en tête est celle d'un enfant replié sur lui-même. Cette représentation est vraie en partie, mais oublie tous les autistes qui parlent, jouent ou vont à l'école, ceux qui sont atteint du syndrome d'Asperger. Ils mènent une vie presque normale. Presque ?... Oui, parce qu'ils vivent comme si les autres leur étaient accessoires.

suite de l'article:  Les autistes autonomes


Consultez l'échelle autralienne - syndrome d'Asperger


Allez directement aux liens sur le syndrome d'Asperger

Les qualités chez la personne Asperger-


 

Source:  Fédération Québécoise de l'Autisme et des autres troubles envahissants du    développement-


1. Présentation du syndrome

Forme d'autisme étrange et sophistiquée, le syndrome d'Asperger est un handicap altérant la capacité de percevoir et de comprendre certaines conventions sociales. Il fait l'objet d'une documentation de plus en plus abondante, et commence ainsi à recevoir l'attention qu'il mérite.

Décrit en 1944 par le psychiatre autrichien Hans Asperger, le syndrome n'est cependant tiré de l'oubli qu'en 1980; à cette époque, la pédopsychiatre Lorna Wing s'attache à le faire reconnaître.

Actuellement, on estime que le désordre affecte environ 26 personnes sur 10 000. Les garçons se verraient aussi beaucoup plus souvent frappés que les filles.

En ce qui concerne les causes de la maladie, on semble les imputer à des lésions au cerveau, plus précisément dans l'hémisphère droit, siège des émotions. Ces lésions pourraient s'expliquer par une naissance difficile ou par des traits héréditaires. Des études récentes ont d'ailleurs renforcé cette dernière hypothèse, ce qui discrédite les théories psychanalytiques longtemps employées pour expliquer la maladie.

En relation avec l'autisme, on suggère que le syndrome d'Asperger consiste en un état voisin, d'une gravité autre, mais que fondamentalement tous deux correspondent sans doute aux mêmes dysfonctionnements du cerveau. Le syndrome d'Asperger s'inscrit donc sur le même continuum que l'autisme. Toutefois, entre les deux désordres subsiste la plupart du temps un important fossé accentué notamment par la maîtrise du langage.

2. Les principales caractéristiques du syndrome et leurs conséquences

Le syndrome d'Asperger connaît un développement stable; il semble qu'on puisse établir un diagnostic dès l'âge de trois ans. Avant cet âge, les parents peuvent néanmoins constater des particularités chez leur enfant : dès sa première année, leur bébé communiquera peu par le rire, le babillage, etc. De façon générale, l'enfant Asperger ne connaît pourtant pas de retard particulier de langage; au contraire, il étonne parfois par son emploi de mots très recherchés et son imposant vocabulaire. Il doit souvent ces caractéristiques à une excellente mémoire.

Sur le plan physique, les victimes du syndrome présentent plusieurs traits atypiques : des difficultés motrices (gestes maladroits, démarche guindée, etc.), une intonation monotone, une fuite du contact visuel, et, à l'occasion, certains tics.

Par ailleurs, les symptômes les plus importants se situent davantage au plan social. On remarque chez les Asperger une difficulté notable à saisir le langage non verbal (haussement d'épaules, sourire las, etc.) et les données abstraites. L'emploi d'une expression comme «couper les cheveux en quatre», par exemple, les laissera perplexe, ou sera même comprise au premier degré. Cette difficulté entraîne évidemment des problèmes de communication et suscite la moquerie chez leurs pairs. Ces derniers y verront sans doute une grande naïveté.

La résistance au changement constitue un symptôme classique du syndrome d'Asperger. En raison de leurs difficultés à interpréter les signes émanant de leur environnement, les personnes affectées attachent beaucoup d'importance à la routine. En effet, à défaut de pouvoir prédire ce qui les attend, elles deviennent vite angoissées, et tendent alors à avoir des comportements obsessifs.

À plusieurs égards, les jeunes atteints du syndrome manifestent beaucoup de maladresse dans leurs interactions sociales. Beaucoup évitent les contacts physiques, expriment peu ce qu'ils ressentent ou le font alors de façon démesurée. Les sentiments des autres leur apparaissent encore plus abstraits et, la plupart du temps, les Asperger leur substituent même leurs propres émotions. En conséquence, l'entourage perçoit souvent les victimes du syndrome comme étant peu réceptives et égocentriques.

Cette impression se voit par ailleurs renforcée par un trait caractéristique des Asperger : l'engouement pour un domaine très spécifique, et leur capacité d'en parler longuement en dépit de l'ennui de leur auditoire. Ce trait fréquent chez les Asperger prend la forme d'une fixation, ou d'une obsession pour quelque chose sur laquelle ils acquerront une foule de connaissances. Il peut s'agir, par exemple, d'une passion pour le nom des rues, pour la biologie marine, etc. Souvent, la victime du syndrome ne parlera aux gens que par le biais de cet intérêt précis.

Leur difficulté à entamer une conversation et à la maintenir démontre le fossé existant entre leur langage savant et une communication normale, où chacun voit les réactions de l'autre et peut les interpréter.

Ne comprenant pas le subtil écheveau des relations humaines, l'Asperger est ainsi cantonné dans un isolement dont il est le premier à souffrir, et auquel se rajoutent de douloureuses moqueries. Parfois, une dépression s'ensuivra, voire même des tendances suicidaires.

3. Conclusion : pour aider la personne Asperger

Si on ne peut encore guérir les victimes de l'Asperger, il est toutefois possible de les aider à différents niveaux. On peut déjà recommander fortement de lire plusieurs articles sur le sujet : ces derniers présentent un large éventail de moyens d'intervention, que l'on choisira en fonction de chaque cas. Toutefois, de façon générale, on peut prendre connaissance des consignes suivantes :
 


     
  • À priori, un diagnostic précoce s'impose : l'enfant comprendra alors pourquoi il est différent, ce qui lui évitera plusieurs souffrances inutiles. Sensibiliser son entourage améliorera aussi la situation du jeune Asperger, car de cette manière les gens la comprendront davantage.

     

  • D'autre part, comme les victimes du syndrome sont déstabilisées par toute forme de changement, on tentera, autant que possible, de leur donner un environnement sécurisant; on les préparera ainsi aux «surprises» longtemps à l'avance, d'une façon calme afin d'atténuer leurs craintes.

     

  • Pour pallier leur incompréhension des indices sociaux, il est aussi hautement souhaitable de les familiariser avec les conventions formelles et informelles propres aux relations humaines. Parmi les moyens employés, on peut notamment leur fournir un répertoire de réponses à utiliser en différentes occasions, leur expliquer en quoi certaines de leurs réactions peuvent blesser ou incommoder les autres, etc.

     

  • Comme ils perçoivent douloureusement leur différence et qu'ils en souffrent, il est également impératif de renforcer leur estime de soi par tous les moyens, le but ultime étant de les aider à vivre heureux et à briser l'isolement qui les caractérise.
     


 Hans Asperger a publié en 1944 un article décrivant un groupe d'enfants socialement isolés qu'il caractérise selon un diagnostic de psychopathie autistique (Szatmari, 1991). Toutefois, ces travaux sont demeurés dans l'ombre (Frith, 1991) jusqu'à ce que Wing (1981b) expose les comportements d'un groupe d'enfants ayant des caractéristiques similaires aux enfants décrits par Asperger (Bishop, 1989). La prévalence de ce syndrome est de 1,8 enfants sur 10 000 (Wing, 1989) allant jusqu'à 7,1 enfants sur 1000 (Ehlers et Gillberg, 1993) et affecte davantage les garçons que les filles (APA, 1994) selon un ratio de quatre garçons pour une fille (Elilers et Giliberg 1993).

Il y a absence d'unanimité sur le fait que le syndrome d'Asperger diffère ou non du trouble autistique. Gillberg (1985), Levy (1988), Schopler (1985), Volkmar, Paul et Cohen (1985) et Wing (1981b) croient que le syndrome d'Asperger est une sous-catégorie de l'autisme. Frith (1991) mentionne que les Asperger seraient comparables aux autistes évolués. Toutefois, selon Wolff et Barlow (1979) et Szatmari, Bartolucci, Finlayson et Krames (1986), le syndrome d'Asperger est plutôt une entité différente de l'autisme même si les deux groupes présentent des caractéristiques similaires. Le CIM-10 (OMS, 1989) et le
DSM-IV (APA, 1994) situent le syndrome d'Asperger et le syndrome autistique à l'intérieur des troubles envahissants du développement et les distinguent de par leurs caractéristiques.

1. Les critères diagnostiques du syndrome d'Asperger

Le syndrome d'Asperger est nouvellement reconnu. Ce n'est qu'avec la parution de le CIM-10 (OMS, 1989) et du DSM-IV (APA, 1994) que les critères du syndrome se clarifient.

LE CIM-10 explique le trouble par une altération qualitative des interactions sociales réciproques associées à un répertoire restreint d'activités et d'intérêts stéréotypés et répétitifs. Le DSM-IV mentionne que le syndrome se caractérise par une altération qualitative des interactions sociales, et par des comportements répétitifs et stéréotypés. Aucune difficulté particulière n'est notée au niveau des habiletés langagières et cognitives.

Bon nombre d'auteurs ont également défini des critères diagnostiques (Gillberg et Gillberg, 1989, Szatmari, Bartolucci, et Bremner,1989, Wing, 1981b). Ces critères se définissent selon sept symptômes :

(a) l'âge d'apparition,

(b) les atteintes sévères dans les interactions sociales,

(c) les altérations qualitatives de la communication verbale et non verbale et de  l'activité d'imagination,

(d) les habiletés cognitives ou les habiletés socio-adaptatives normales,

(e) le retard du développement de la motricité,

(f) la restriction marquée du champ des activités et des intérêts et

(g) l'intérêt marqué pour des sujets particuliers. Ces critères similaires à ceux identifiés chez les sujets autistes permettent d'effectuer une comparaison entre les deux pathologies.
 


2. L'âge d'apparition

La plupart des chercheurs s'accordent sur le fait que les comportements inhabituels caractéristiques du syndrome d'Asperger ne se perçoivent pas avant l'âge de trois ans (Bowman, 1988, Szatmari, 1991; Wing, 1981b).

3. Des atteintes sévères dans les interactions sociales

Les atteintes au niveau des interactions sociales se manifestent par (a) une difficulté à utiliser des comportements non verbaux pour s'introduire lors d'interactions sociales, (b) une difficulté à développer des relations amicales appropriées selon leur niveau de développement, (c) un manque de spontanéité à rechercher ce qui les intéresse et (d) une absence de réciprocité sociale ou émotionnelle (APA, 1994). Gillberg et Gillberg (1989) ajoutent des attitudes de froideur, de rigidité ou de timidité ainsi que des comportements agressifs. Bien que les enfants présentant le syndrome d'Asperger ne soient pas socialement isolés, ils peuvent difficilement modifier leurs comportements sociaux à la demande de l'environnement. Par le fait même, ils semblent toujours être "hors contexte" (Szatmari, 1991).

4. Des altérations qualitatives de la communication verbale et non-verbale et de l'activité d'imagination

La communication verbale

La grande majorité des enfants présentant le syndrome d'Asperger sont verbaux. Le DSM-IV indique que les enfants ayant le syndrome d'Asperger n'ont aucune difficulté langagière significative. Ils utilisent les mots simples vers l'âge de deux ans et les phrases communicatives vers les trois ans. Toutefois, plusieurs auteurs mentionnent que ces enfants ont de profondes difficultés à communiquer (Gillberg et Gillberg, 1989 ; Wing, 1981b). Ceci peut se manifester selon plusieurs formes. La plus commune est la difficulté qu'ont les enfants à initier et à maintenir une conversation. Ils utilisent les pronoms incorrectement et peuvent répéter à plusieurs reprises, selon un mode stéréotypé, des mots ou des phrases (Wing, 1981). Généralement, le langage ne s'utilise pas dans un objectif social mais plutôt dans un but concret (Szatmari, 1991).

Gillberg et Gillberg (1989) indiquent que les difficultés langagières des enfants ayant le syndrome d'Asperger se démontrent par (a) un retard du développement du langage social comparativement à celui attendu pour un enfant du même âge, (b) un langage expressif superficiel avec une tendance sévère à devenir formel et (c) des atteintes dans la compréhension et dans l'interprétation du langage parlé.

La communication non verbale

Les aspects de la communication non verbale sont aussi affectés. Ces enfants ont peu d'expressions faciales à moins d'être en colère. L'intonation de leur voix tend à être monotone ou exagérée. Leurs gestes sont limités, maladroits au non appropriés à l'expression de la communication (Gillberg et Gillberg, 1989). Les signes non verbaux d'autrui sont souvent incompris ou ignorés par les enfants qui présentent le syndrome d'Asperger (Wing, 1981b).

Les activités d'imagination

Les enfants ayant le syndrome d'Asperger possèdent les habiletés nécessaires pour développer des jeux symboliques (Szatmari, 1991). Cependant, leurs jeux sont répétitifs, stéréotypés et peu créatifs. Le jeu du "faire semblant" peut être effectué sans modification jour après jour (Szatmari, 1991). De plus, le jeu s'utilise rarement pour promouvoir des interactions sociales (Szatmari, 1991).

5. Des habiletés cognitives ou des habiletés socio-adaptatives normales

Ce qui constitue la normalité des habiletés cognitives ne fait pas l'unanimité auprès des chercheurs travaillant avec des enfants qui ont le syndrome d'Asperger. Asperger (1944, voir Frith, 1991) note que tous les patients mentionnés dans ses travaux ont une intelligence supérieure. Le CIM-10 exclut de sa classification les enfants qui ont un retard intellectuel. Cependant, Wing (1981b, 1989) indique qu'un certain nombre d'Asperger démontrent un retard intellectuel léger. Gillberg et Gillberg (1989) incluent dans leur étude épidémiologique des enfants qui manifestent un retard intellectuel léger et des enfants qui présentent un potentiel intellectuel normal. DeLong et Dwyer (1988) mentionnent que les Asperger peuvent avoir un potentiel intellectuel qui se situe sous l'intelligence normale. Toutefois leur potentiel descend rarement sous un quotient intellectuel de 70.

6. Un retard de développement de la motricité

Les enfants atteints du syndrome d'Asperger ont des mouvements moteurs maladroits et non-coordonnés. Leur posture et leur démarche semblent bizarres. Plusieurs ont des difficultés à effectuer des activités demandant des habiletés motrices telles que l'écriture ou le dessin (Wing, 1981b). Des mouvements stéréotypés du corps et des membres sont aussi mentionnés par Asperger (1944, voir Wing 1981b).

7. Une restriction marquée du champ des activités et des intérêts

Les comportements stéréotypés et répétitifs s'imposent par des routines ou par des intérêts particuliers qui s'introduisent dans toutes les sphères de leur vie (Gillberg et Gillberg, 1989). Le DSM-IV (APA, 1994) indique quatre catégories incluses dans la restriction des activités et des intérêts chez les Asperger : (a) des préoccupations anormales par leur intensité ou leur rigueur pour un ou plusieurs intérêts stéréotypés, (b) une adhérence apparemment inflexible à des routines ou des rituels non fonctionnels, (c) des comportements moteurs répétitifs et stéréotypés et (d) des préoccupations persistantes face à une partie d'un objet.

Les enfants qui présentent le syndrome d'Asperger possèdent une facilité à mémoriser et sont souvent attirés par des sujets particuliers (Gillberg et Gillberg, 1989; Wing, 1981b) tels la musique, les arts, les capacités pseudoverbales, les mathématiques, la mécanique, l'orientation dans l'espace, la coordination motrice et la précision perceptive (Rimland, 1984, voir Mottron, 1993). Ces intérêts peuvent changer au niveau du contenu à travers les années mais le style fondamental demeure (Gillberg et Gillberg, 1989).

 

 


 

 

Les Principaux Signes

Les atteintes peuvent être plus ou moins sévères selon les personnes, et les principaux signes que l'on peut retrouver à divers degrés sont :

- l'apparition des troubles le plus souvent vers l'âge de 3 ans.

- un Q.I. global sensiblement normal, mais qui ne suffit pas au bon  fonctionnement social en  raison des autres troubles :

 - les difficultés dans les relations avec les autres, adultes ou enfants, liées à une quasi incapacité à percevoir les "signaux" sociaux et à les interpréter correctement.

- Les perturbations de la communication avec les autres, tant à travers les mots qu'avec les autres formes de communication non verbale (contact oculaire, mouvements corporels, expressions du visage), avec absence apparente d'émotions sociales.

- un langage apparu sans retard, apparemment riche, au vocabulaire étendu, mais au contenu limité, et avec des remarques répétitives ou sans rapport avec le sujet.

- un langage et une compréhension au sens littéral des expressions, d'où un trouble de la compréhension des choses entendues ou lues (incompréhension des jeux de mots)

- une façon de parler manquant de naturel, précieuse, guindée, avec une voix souvent haute et monocorde.

- un langage corporel et des expressions du visage inappropriées.

- un attachement excessif à certains objets, une fixation sur un sujet, des obsessions et des répétitions, la réalisation de rituels.

- un mode de vie routinier, avec une grande rigidité et d'importantes difficultés à gérer les changements, les imprévus.

- une extrême sensibilité aux sons forts, ou à certaines odeurs.

- une naïveté et une grande crédulité les rendant très vulnérables.

- une maladresse physique, avec parfois une démarche particulière, et un comportement pataud lors des activités sportives.

- une mémoire inhabituellement développée, surtout pour les faits et les détails, mais cette mémoire est automatique, encyclopédique, et sans esprit critique.

- de grandes connaissances dans un domaine très spécifique.

- des problèmes sensoriels : ils n'aiment pas être touchés, et évitent les contacts physiques

- l'isolement volontaire " autistique ", avec des activités solitaires.

- une certaine tendance au balancement, ou au trémoussement, surtout lors des périodes de concentration.

- les sujets sont souvent perçus comme étranges ou excentriques, voire distants, d'où les difficultés d'insertion socio-professionnelle.

- certains sujets réalisent qu'ils sont différents, mais ne savent pas pourquoi.

- certains adultes découvrent qu'ils présentent un syndrome d'Asperger au moment où l'on diagnostique cette pathologie à leur enfant : ils se reconnaissent alors dans le tableau clinique.

 source - site AsperWeb -

 


 

LE SYNDROME D'ASPERGER
 par Lorna Wing

Introduction

Plusieurs comportements anormaux et stables sont difficiles à diagnostiquer.
Un de ces troubles a été décrit par le psychiatre autrichien Hans Asperger,d'abord en 1944, puis en 1968 et en 1979. Le terme retenu par Asperger ("autistischen Psychopathen") pourrait être traduit par l'expression "personnalité anormale à tendance autiste".

Description du syndrome d'Asperger
 

Asperger notait que le syndrome frappe beaucoup plus les garçons que les filles. Généralement, croyait-il, on ne pouvait pas l'identifier avant que l'enfant ait atteint l'âge de 2 ans.

On pourrait décrire le syndrome d'Asperger de la façon suivante.

1) Le langage
 

Il peut y avoir des anomalies concernant l'âge où l'enfant commence à parler et à marcher.


Lorsqu'il parle, il parvient tôt ou tard à maîtriser la grammaire.  Cependant, il peut avoir de la difficulté avec l'emploi des pronoms: au lieu de dire "je", l'enfant dira "tu" ou "il". Il s'exprime de façon recherchée et s'étend longuement sur ses sujets favoris.

Son vocabulaire est étendu.  Mais il ne comprend pas les jeux de mots, sauf lorsqu'ils sont très simples.  Il arrive qu'il se mette à répéter un mot ou une phrase de façon stéréotypée.  Il peut parfois inventer des mots.

Dans certains cas, l'enfant emploie un langage qu'on dirait appris mécaniquement.  Parfois, il connaît le sens de mots longs et obscurs, mais pas le sens des mots de la vie courante.

2) La communication non verbale
 

Certains aspects de la communication non verbale ne sont pas normaux.  L'expression du visage est parfois peu vivante , sauf pour des émotions fortes comme la colère ou la souffrance. 


La voix tend à être monotone, ou encore exagérément appuyée.
 

Les gestes ne sont pas assez amples. Ils sont parfois excessifs, maladroits et sans rapport avec les mots qu'ils accompagnent.

L'enfant saisit mal l'expression du visage et les gestes des autres. Il interprète incorrectement ou encore il ne perçoit pas l'expression du visageet les gestes des autres. A certains moments, il peut regarder intensément le visage d'une autre personne, cherchant à saisir ce qui lui échappe.

3) L'interaction sociale
 

Les déficiences de la communication interpersonnelle sont peut-être la caractéristique la plus évidente du syndrome d'Asperger.  Il s'agit d'un manque d'habileté à comprendre et à employer les règles du comportement social.   Ce sont des règles non écrites, complexes, changeantes, qui affectent le langage, les gestes, la posture, le mouvement, le contact visuel, le choix des vêtements, etc.

Les gens qui souffrent du syndrome d'Asperger ont en ce domaine une habileté inférieure au minimum requis par la normalité. Leur comportement social est naïf et bizarre. Ils ne perçoivent  pas intuitivement comment s'adapter aux besoins et à la personnalité des autres. Certains sont très sensibles à la critique et méfiants à l'égard des autres.

4) Activités répétitives et résistance au changement

Les enfants atteints de ce syndrome aiment souvent regarder des objets tourner jusqu'à ce que le mouvement s'arrête. Ce goût est beaucoup plus marqué que la normale. Ils tendent à s'attacher à des objets particuliers et sont très malheureux quand on les éloigne de leurs lieux familiers.

5) Coordination motrice

Leurs gestes sont maladroits et mal coordonnés.  Leur maintien est étrange.  La plupart sont maladroits dans les jeux qui exigent des habiletés motrices. Parfois, ils ont de la difficulté à écrire ou à dessiner.

6) Talents et intérêts

Certains enfants ont aussi des talents remarquables. Leur mémoire est excellente.   Ils se passionnent pour des choses comme l'astronomie, la géologie, les horaires d'autobus, les monstres préhistoriques, à l'exclusion de tout autre sujet.  Ils apprennent tout ce qu'ils peuvent sur leur sujet de prédilection et en parlent abondamment, que cela intéresse ou non les autres.  Par contre, ils saisissent peu la signification de ce qu'ils apprennent.

Ils excellent, parfois, à des jeux qui exigent une bonne mémoire, par exempleles échecs. Quelques-uns sont de bons musiciens.

D'autres enfants ont des problèmes d'apprentissage spécifiques en mathématiques, en lecture ou en écriture.

7) Les expériences a l'école

Ces enfants paraissent tout à fait excentriques en raison de leurs handicapssociaux et de leurs talents particuliers. Ils sont parfois durement maltraitésàl'école, ce qui les rend anxieux et craintifs. Les plus chanceux sont respectés pour leurs talents inhabituels et sont considérés par les autres comme des "professeurs" excentriques.

Ils ont tendance à ne pas s'occuper des consignes des professeurs, préférant travailler sur ce qui les intéresse.  Cette particularité les fait considérer comme de mauvais étudiants.

Lorsqu'ils approchent de l'adolescence, ils se rendent compte de leur différence et deviennent très sensibles à toute critique.

Ils donnent l'impression d'une grande vulnérabilité, qui touche certaines personnes et en exaspère d'autres.

D'autres aspects méritent aussi d'être soulignés:

Pendant la première année de vie, le comportement de l'enfant a pu manifester un certain manque d'intérêt pour le contact humain habituellement recherché dès la naissance.  Il est possible que le babillage ait été  limité en quantité et en qualité.  Il est possible que l'enfant n'ait pas eu l'habitude de porter attention à ce qui se passait autour de lui et de ne pas tenter de communiquer avec les autres personnes.  Il est possible qu'il n'ait pas eu l'habitude d'apporter ses jouets à ses parents ou aux visiteurs lorsqu'il a commencé à marcher. De façon générale, l'enfant n'avait pas, comme le bébé et le trottineur normal, le désir intense de communiquer par le babillage, les gestes, les mouvements, les sourires, le rire et plus tard le langage.

Parfois, les jeux de simulation ne se produisent pas du tout chez les enfantsatteints du syndrome. Parfois, ces jeux sont présents, mais ils sont limités à un ou deux thèmes, répétés sans variation d'une fois à l'autre. Ces jeux peuvent être très élaborés, mais ils sont repris de façon répétitive et n'implique pas d'autres enfants, sauf si ceux ci acceptent de suivre exactement le même schéma.

 
Pronostic
 

Le pronostic est généralement bon: la plupart des enfants atteints du syndrome peuvent se développer assez pour trouver un emploi mettant leurs talents particuliers en valeur.

Parfois, une maladie psychologique se développe. En effet, à la fin de l'adolescence, la prise de conscience de sa différence peut provoquer del'anxiété et faire apparaître un état plus ou moins dépressif.  Des tentatives desuicide peuvent se produire chez certains individus.

De façon générale, l'adolescence est une période difficile. Des bizarreries qu'on peut ignorer chez un jeune enfant deviennent évidentes chez un jeune adulte. Une plus grande conscience de ses handicaps et le développement de la sexualité peuvent causer beaucoup de souffrance.

De façon générale, l'adaptation sociale est liée aux différents talents et au tempérament de l'individu. Pour devenir socialement indépendant, un individu atteint du syndrome d'Asperger doit être propre de sa personne, avoir une habileté particulière susceptible de lui procurer un emploi et posséder une nature placide.

Causes du syndrome d'Asperger
 

Le syndrome d'Asperger est peut-être transmis par hérédité.

Il peut être lié à une lésion au cerveau causée par une naissance difficile, par exemple lorsque le bébé naissant manque d'oxygène.

Par ailleurs les traumatismes émotionnels ne semblent pas être en cause.

Il faudrait des études détaillées, sur de grandes populations, pour en savoir plus sur les facteurs pouvant provoquer le syndrome d'Asperger.

Le diagnostic

Le diagnostic du syndrome d'Asperger n'est pas facile.

Les traits qui caractérisent le syndrome d'Asperger se retrouvent, à différents degrés, dans la population normale:

les gens ont différents degrés d'habileté en matière d'interaction sociale   et en termes de capacité à décoder les signes non verbaux;  les habiletés motrices varient selon une vaste distribution;  beaucoup d'adultes normaux ont une excellente mémoire  photographique;  le langage recherché et la tendance à prendre les choses au pied de la  lettre se trouvent aussi chez les gens normaux;   plusieurs adultes normaux se passionnent pour les collections de  timbres, de vieilles bouteilles, etc., et s'isolent ainsi dans leur petit monde.

Sur ce dernier point, il faut noter qu'une personne normale dont le monde intérieur est très riche peut aussi participer aux échanges interpersonnels.   La personne atteinte du syndrome d'Asperger, elle, ne le peut pas.

Au total, c'est l'importance des problèmes qui peut faire conclure au syndrome d'Asperger plutôt qu'à une variante de la normalité.

Par ailleurs, il faut distinguer le syndrome d'Asperger d'autres diagnostics possibles. [...]

Conseils pratiques

On ne connaît pas de traitement pour les déficiences sous-jacentes au syndrome d'Asperger. Cependant, on peut réduire les handicaps des personnes qui en sont atteintes, qu'il s'agisse d'enfants ou d'adultes.  Une vie régulière, même routinière, convient bien à ces personnes.

Il est important que parents et professeurs communiquent avec l'enfant dans un langage simple; en effet, il a de la difficulté à comprendre le langage abstrait, bien que cette difficulté ne soit pas toujours facile à percevoir.

Les techniques de modification du comportement peuvent servir. Cependant, les enfants atteints du syndrome d'Asperger sont souvent assez doués pour les percevoir et les juger négativement.

Les habitudes de langage et de motricité ne peuvent pas être éliminées. Mais avec du temps et de la patience, on peut les modifier de façon à les rendre utiles et socialement acceptables.

L'éducation
 

L'éducation est très importante pour ces enfants. Elle leur permet de se développer et d'acquérir les qualifications nécessaires à une vie adulte indépendante. A l'école, faut-il permettre à ces enfants de suivre leurs propres tendances ou insister pour qu'ils suivent les consignes?  En cette matière, les professeurs ont à trouver le meilleur compromis possible.

Les professeurs doivent aussi s'assurer que ces enfants échappent aux taquineries et aux mauvais traitements des autres enfants.  Aucun type d'école particulier ne convient aux enfants atteints du syndrome d'Asperger. Certains fonctionnent bien dans des écoles pour enfants normaux. D'autres se débrouillent mieux dans des écoles destinées à des enfants souffrant de divers handicaps.

Les progrès de ces enfants dépendent de la gravité de leurs handicaps, mais aussi de la compréhension et de l'habileté de leurs professeurs.

L'emploi
 

Quand ils occupent un emploi, la plupart des adultes souffrant du syndrome d'Asperger font un travail impliquant une routine régulière. Leur employeursympathise avec eux et leurs compagnons de travail tolèrent les excentricités.  Dans plusieurs cas, l'emploi a été découvert par les parents qui, faisant fi desdifficultés, se sont acharnés à dénicher des employeurs.

Le logement
 

Le problème du logement n'est pas facile. La solution la plus simple, c'est de vivre avec les parents. Mais cela doit se terminer un jour. Prendre une chambre avec pension chez une propriétaire qui accepte de donner un coup de main est la solution la plus fréquente.  Il faut parfois s'assurer, avec discrétion, que la propreté est maintenue dans la chambre et que les vêtements sont changés régulièrement.

Soins psychologiques

Lorsque les adolescents et les jeunes adultes se rendent compte, ne serait ce que partiellement, de leurs handicaps, ils en souffrent beaucoup. Cette souffrance peut être réduite si on s'assure qu'une personne connaissant bien le syndrome discute avec eux de leurs craintes, de leurs inquiétudes et leur dispense des explications rassurantes.  La psychanalyse n'est pas utile pour ces cas.

Les parents

Lorsque l'enfant est jeune, son comportement étrange déconcerte et inquiète ses parents.
 

Il faut leur expliquer en détail la nature de ses problèmes afin qu'ils les comprennent et acceptent ses handicaps.

Source:
 "Asperger's syndrome: a clinical account", by Lorna Wing, from the MRC
Social Psychiatry Unit, Institute of Psychiatry, London, in Psychological
Medicine, 1981, volume 11, pp.115-129


 

 

A)        Un avantage qualitatif dans les interactions sociales, comme en témoignent  une majorité des  éléments suivants :

La relation avec les pairs est caractérisée par une loyauté absolue et le fait d'être totalement digne de confiance;

Absence de sexisme, de "age-isme" ou de biais culturels; capacité à prendre les autres tels qu'ils sont;

Dit ce qu'il pense vraiment quel que soit le contexte social ou ses convictions personnelles;

Capacité de poursuivre son idée ou sa propre perspective même en présence de contradictions apparentes;

Recherche d'un auditoire ou d'amis capables de s'enthousiasmer pour des sujets d'intérêts particuliers;

Attention aux détails, peut passer du temps à discuter un sujet qui peut ne pas être d'une importance capitale;

Ecoute des autres sans jugement ou suppositions continuels;

Evite de préférence la conversation sans intérêt, superficielle ou les remarques évidentes;

Recherche d'amis sincères, positifs, avec un bon sens de l'humour.

 

B.        Parle couramment l'"Aspergerois", un langage social caractérisé par au moins trois des traits suivants :

Une volonté déterminée de recherche de la vérité;

Une conversation exempte de sens caché ou de motivations inavouées;

Un vocabulaire développé et un intérêt pour les mots;

Une fascination pour l'humour basé sur les mots, comme les jeux de mots;

Une utilisation perfectionnée de métaphores imagées.

 

C.        Des compétences cognitives caractérisées par au moins quatre des traits suivantes :

Une préférence marquée pour les détails plutôt que l'ensemble (gestalt);

Une perspective originale, parfois unique, dans la façon d'aborder les problèmes;

Une mémoire exceptionnelle et/ou un rappel de détails souvent oubliés ou ignorés par les autre, par exemple: dates, noms, horaires, routines;

Une persévérance avide pour recueillir et classer l'information sur un sujet qui l'intéresse;

De la suite dans les idées;

Une connaissance encyclopédique (de type CD Rom) sur un ou plusieurs sujets;

Une connaissance des routines et un désir manifeste de maintenir l'ordre et la précision;

· Des valeurs claires/les décisions ne sont pas influencées par des facteurs politiques ou financiers;

 

D.        Traits additionnels éventuels :

Sensibilité aiguë à des expériences ou des stimuli sensoriels spécifiques, par exemple: le son, le toucher, la  vision et/ou l'odeur;

Une capacité à se distinguer dans des sports individuels ou des jeux, en particulier ceux faisant appel à l'endurance, la précision visuelle, comme l'aviron, la natation, le bowling, les échecs;

"Héros social méconnu", avec un optimisme confiant, victime fréquente de la faiblesse sociale des autres, tout en restant confiant dans la possibilité de l'amitié véritable;

Probabilité plus élevée que la population générale de faire des études supérieures;

S'occupe souvent de ceux qui ont un développement atypique.

           

Texte de  Carol Gray et Tony Attwood
 


 

 

 

 

 

Autisme & Troubles Envahissants Montréal

 
 

Fédération Québécoise de l'Autisme et des autres troubles envahissants du développement-

 

Un adulte Asperger se raconte
Aspie Québec.  

Asperger Romandie

 

Autisme France

 

Autisme-Asperger.Org

 

 

AsperWeb-France

 

Article du Dr. Mottron - Les autistes - une intelligence autrement
 

Comprendre l'élève Asperger - guide pour les enseignants  
 

Le syndrome d'Asperger 
et le milieu scolaire 
 

Comment aborder les problèmes d'interactions sociales - texte de Lorna Wing.

 

 

 Aide à l'enfance autiste

 
 
 Le syndrome d'Asperger et l'absence de signes tangibles   trucs d'enseignement pour enfants et adultes autistes
Transition du monde de l'école à celui du travail   

Site du Dr. Jolicoeur - pédopsychiatre (Québec)
vous pouvez y consulter des textes de Temple Grandin.

 

Allocation et prestations pour enfants (allocation mensuelle et crédits d'impôts)

Histoire de Marc

Introduction - texte de la webmestre du présent site Témoignages de parents et sites personnels d'adultes ayant un TED.
La page de Cécile    La page d'Urville Site de François Léveillé - Ma philosophie de la vie
 

Site Syndrome d'Asperger pour couples

 

 

L'univers de Valentin

 

Mathis, un enfant différent
 

Les forums

 

L'autisme et la psychanalyse
Gunilla Gerland
 

s

Quelques sites anglophones

 

 

 Defeat Autism Now (DAN)

 

O.A.S.I.S. - site anglophone très complet - faisant partie du Web Ring
 

Autism Research Institute

 

Center for the Study of Autism
 

Autism Today

 

Site du Dr. Tony Attwood
   
Personal websites  
 

Asperger's Association of New England

 

The Hawkins' Institute
 

Thinking in pictures - Temple Grandin

 

Liane's site
 

Inside my head

 

Thoughts on finding myself differently brained
 

KJP Asperger's syndrome site

 

Asperger Artforms
 

For those with Asperger Syndrome.

 

Kathleen's Asperger Syndrome Page
 

The Asperger Marriage website

 

Vern's website
 

Website for adults with Asperger's Syndrome

 

Asperger Syndrome Teens
 

Connecting the dots

 

Autistic Adults Picture Projects (some with personal websites)
 

The Institute for the Study of Neurogically typicals

(parodie de la perception du monde "typique" par les Aspergers)

 

L'excellent site de Jim Sinclair

 

 

Living with an autistic disability - Gunilla Gerland

 

Thinking in pictures - Temple Grandin
 

Andrew's Asperger Page