IL ÉTAIT UNE FOIS...



LE CHEMIN DES DAMES

Pendant la première guerre mondiale, au printemps 1917, la France est à bout de force, fatiguée par la bataille de la Somme qui leur a coûté 136 000 hommes sans aucun résultat. Ce chiffre s'ajoute aux 270 000 morts de l'année 1916, celle de Verdun, aux 320 000 des offensives de 1915 et aux 360 000 des batailles de 1914. Cependant, le 15 avril 1917, trois armées françaises achèvent leur mouvement vers les rives de l'Aisne. Elles sont en place pour une nouvelle offensive, cette fois sur la ligne du Chemin des Dames, prévue le lendemain à 6 heures.

Les pentes d'accès y sont rudes et boisées, en raison des 190 mètres de dénivellation, trouées par d’immenses cavernes, les Creutes, où des brigades entières peuvent se mettre à l'abri des obus. Par conséquent, prendre d'assaut la ligne du Chemin des Dames est une attaque meurtrière. L'homme qui commande les opérations est le général Robert Nivelle, qu'Aristide Briand, ministre de l'Instruction publique et des Cultes, vient de nommer commandant en chef des armées du nord-est, en remplacement de Joffre. Au final, malgré quelques succès, la France échoue le 21 avril.

Le bilan est terrible; on qualifie cette offensive comme le plus grand désastre de l'histoire de la "grande guerre". Cette entreprise semble si inutilement meurtrière qu'elle a pour conséquence une vague de mutineries qui affectent en quasi totalité les divisions engagées dans la bataille. Cependant, le Maréchal Pétain, après avoir surmonté la triple crise (morale, tactique, stratégique) engendrée par cet insuccès, commencera le redressement nécessaire pour une nette victoire en octobre. C'est du Chemin des Dames que partit l'offensive allemande du 27 mai 1918 sur Château-Thierry.

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