IL ÉTAIT UNE FOIS...

LES CONDITIONS DE TRAVAIL

Première phase d’industrialisation (1850-1900)

Lors de cette première phase d’industrialisation, dans les années 1850-1900, ce sont surtout les environs de Montréal et de Québec qui se développent. On exerce alors une industrie légère, en implantant des manufactures de textiles, de chaussures, de tabac, et autres industries relevant du domaine de l’alimentation. On déplore alors des conditions de travail minables.

Une semaine de travail peut facilement atteindre soixante-cinq heures. Les ouvriers doivent se présenter au boulot six jours sur sept, souvent dès 6h30 du matin. De plus, ils doivent travailler dans l’incertitude constante, car leurs dirigeants ne prennent aucune forme de prévention d’accident pour maintenir la sécurité. Les employés doivent aussi parfois payer pour que leur lieu de travail soit éclairé et chauffé. Des amendes sont imposables : les patrons se réservent le droit de déduire de la paie de ses subordonnés de quelconques sommes pour toutes sortes de raisons : retard, imperfection dans le produit, refus d’exécution d’ordres ; à un point tel qu’en fin de compte, l’employé doit parfois de l’argent à ses supérieurs. Officieusement, les patrons sont plus enclins à taxer ainsi les femmes et les enfants.

Le gouvernement provincial, cédant aux pressions répétées des ouvriers, intervint dans le secteur industriel en concoctant l’Acte des manufactures, qui réglementa les heures de travail et l’âge minimal des employés. Mais cette loi ne s’appliquait qu’aux entreprises où plus de vingt personnes étaient employés dans un même lieu de travail. Plusieurs centaines de femmes et d’enfants restèrent alors dans la même situation. Heureusement, pour défendre leur droit, les travailleurs se regroupèrent pour commencer à former des syndicats.


Deuxième phase d’industrialisation (1900-1930)

À l’époque où travaille notre héroïne, on note que les conditions de travail se sont améliorées. On travaille encore six jours/semaine, mais à raison de cinquante heures/semaine. Les hommes gagnent de six à seize dollars par semaine. Ceci est triste à dire, mais les femmes gagnent encore 56% environ du salaire des hommes, et les enfants, le tiers. En 1919, une loi sur le salaire minimal des femmes fut votée. Mais, par contre, du côté de la sécurité, on note un très grand pas en avant. À la fin de la première phase d’industrialisation, 4,4% des accidents de travail était mortels. Dans les années 1920, ce pourcentage a chuté à 0,7%. Par contre, on dénote que 11,7% des employés seront affectés d’un handicap permanent.

À cette époque, les femmes peuvent avoir une carrière en dehors d’une manufacture. Leur sont ouverts les postes d’enseignante, d’infirmière et d’aide ménagère. À part ces quatre activités, sauf exception, les femmes doivent rester à la maison et s’astreindre aux tâches qui leur incombent depuis la nuit des temps : les repas, le ménage, le blanchissage et l’éducation des enfants. Toute profession libérale, des métiers comme la médecine et le droit, leur est impossible d’accès. En 1929, la Ligue des droits de la femme créé une commission selon laquelle les femmes mariées qui ont un revenu devraient avoir le droit de disposer de leur salaire comme elles le veulent sans devoir demander la permission à leur mari. Un petit salaire pour la femme, un grand pas pour les femmes!

Page précédente

Page précédente

Page suivante

Page suivante

Page d'accueil

Carte du site

Auteurs