Puisque vous n'existez plus, dites-moi pourquoi j'existerais

En 1922 

Je suis avec Marie Gérin-Lajoie et Caroline Béique alors qu'elles fondent en 1922 le "Comité provincial pour le suffrage féminin ". Nous voulions l’obtention du droit de vote. Avec l’aide de mes camarades, nous organisons des manifestations assez marquantes. Cependant, une forte opposition se présente à nous : le clergé. À cause de l’influence ecclésiastique, nous avons beaucoup de difficultés à obtenir l’égalité entre les sexes puisque le clergé croyait fortement que la place d’une femme est au foyer. Je me ris bien d’eux, moi, sans enfants, sans maison propre à moi. Je revois de temps à autres les enfants qui me furent si bénéfiques il y a quelques années. Mes cauchemars se sont estompés, je ne rêve plus que d’obtention de suffrage.

Cinq ans plus tard, Idola St-Jean fonde l’Alliance Canadienne pour le Vote des Femmes du Québec. Je ne me suis jamais impliquée aussi profondément dans un mouvement qui favorisera le développement de la Belle Province. Je reprends graduellement la vie que j’avais jadis perdue. Et, pour la première fois en 1927, nous nous présentons devant l’Assemblée Législative et y proposons, avec l’aide du député libéral Marchand, notre projet de loi donnant aux Québécoises le droit de vote. Malheureusement, le projet est rejeté à chaque fois systématiquement.

Je commence à m’habituer au mode de vie québécois. J’habite toujours chez Marie, mais, à ce qu’on dit, je commence à perdre mon accent. J’ai eu quelques hommes dans ma vie, mais personne n’a jamais pu remplacer mon Paul. La lenteur du processus pour atteindre mon but me brise le cœur.



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