Cela fait presque un an que je réside au Québec. Un événement historique vient de voir le jour. Le droit de vote au fédéral est accordé à toutes les femmes canadiennes de 21 ans et plus. En ce moment, je n'ai plus qu’un seul but éminent : contribuer au développement du droit de vote pour les femmes au Québec et assurer l’égalité entre les sexes. Je ramasse alors les objets que j’ai pu me procurer pour enfin m’orienter vers un nouvel avenir.
Je ne sais pas vraiment où aller. Cependant, je quitte la manufacture pour me consacrer à la vie politique. Je rencontre, dans un parc d’un quartier huppé, une femme qui parle du droit de vote des femmes à une de ses camarades. Ne pouvant m’écarter d’une si importante conversation, je m’infiltre en disant :
" Toutes les femmes doivent être respectées et acceptées en tant qu’être humain et non en tant que chose. Nous avons droit à l’égalité dans cette société. " Les deux autres femmes, surprises, me répondent :
" Vous avez raison, chère dame. Comment vous nommez-vous ?" me demande une des inconnues.
- Je me nomme Camille Belleville. Je viens de France.
- Enchantée. Je suis Marie Lacoste-Gérin-Lajoie.
À ces mots, mon cœur se met à palpiter. Je viens de rencontrer une des femmes les plus importantes sur la scène politique du Québec. Madame Lacoste-Gérin-Lajoie m’invite à assister à une de ses conférences. J’accepte avec joie et remercie la Providence de m’avoir conduite vers une féministe.
Maintenant, je m’introduit dans le mouvement des Suffragettes qui secoure plusieurs malades, de nombreux enfants et des démunis. Marie Lacoste-G.-L. m’héberge et me familiarise avec ces pauvres enfants qui me remémorent ma propre progéniture. Peu à peu, ils en viennent à me faire perdre mes hallucinations morbides en les remplaçant par leurs minois réjouis. Moi et mes comparses nous sommes battues pour l’augmentation du salaire chez les femmes. Mais ce n'est qu’en 1919 que le Québec adopte la loi du salaire minimum des femmes.