LE MARÉCHAL PÉTAIN
Philippe Pétain est né en 1856 et est mort en 1951. Il naît à Cauchy La Tour. Colonel en 1914, il est révélé par la première guerre mondiale. Nommé général, il est chargé, en février 1916, de la défense de Verdun contre les furieux assauts de l’armée allemande qui pendant cinq mois s’acharne contre la place forte sans réussir à s’en emparer. En avril 1917, après l’échec de l’offensive lancée par le général Nivelle, il remplace celui-ci à la tête de l’armée française.
Il enraye alors les défaillances et les mutineries consécutives à cet échec et relève le moral des troupes, tâche qu’il accomplit avec succès. Soucieux de ménager le sang du soldat, possédant l’art d’inspirer confiance, il conduit l’armée française jusqu’à la victoire finale. Le 20 novembre 1918, il reçoit le bâton de maréchal de France. En 1934, il est ministre de la guerre dans les cabinets Doumergue, constitués au lendemain de l’émeute du 6 février.
Comme chef de l’état major général, il fait prévaloir sa doctrine de défensive à l’abri de la ligne Maginot (ligne de défense construite sur la frontière franco-allemande durant l'entre-deux-guerres) et s’oppose à la création de divisions cuirassées et motorisées. Aussi a-t-on pu dire qu’il portait une part de responsabilité dans la défaite de l’armée française en 1940, alors impuissante à arrêter les " Panzerdivisionen " qui, à travers les Ardennes, puis en Belgique, ouvrent de larges brèches dans le front. En 1939, il est ambassadeur à Madrid. Le 18 mai 1940, le président du Conseil, Paul Reynaud, le fait entrer dans son cabinet comme ministre d’État. Mais, le général Weygand, commandant en chef des forces françaises, pense que celles-ci ne peuvent continuer la lutte. Il réussit à faire partager son point de vue par la majorité des ministres, à l’encontre du président du Conseil qui est résolu à poursuivre la guerre en transportant le siège du gouvernement en Afrique du Nord, et il le fait prévaloir au conseil des ministres du 16 juin, à Bordeaux. Paul Reynaud démissionne puis Pétain demande un armistice avec l’Allemagne. Son gouvernement s’installe à Clermont-Ferrand puis à Vichy, où est convoquée l’Assemblée Nationale qui, le 10 juillet, donne tous les pouvoirs au maréchal pour établir une nouvelle constitution. Il prend alors le titre de chef de l’État français et rend le régime français autoritaire et corporatif.
Croyant à la victoire finale des puissances de l’axe, il a, le 24 octobre 1940, une entrevue avec Hitler et pratiquera une politique de collaboration avec l’Allemagne. Lors de la débâcle des armées allemandes consécutive aux débarquements, Pétain sera emmené en Allemagne. En avril 45, conduit en Suisse, il rentre en France sur sa demande. Traduit devant la Haute Cour de Justice, il est condamné à mort, peine commuée en détention perpétuelle à l’île d’Yeu, où il mourra en 1951. Élu en 1929 à l’Académie française, il en avait été radié en 1945.
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