Qu'est-ce que le temps violent?

 

 

 


 

En dehors des belles journées d'été ou d'hiver, la nature nous réserve parfois des événements intenses en toute saison. Que ce soit des orages amenant parfois des tornades ou de la grêle de la taille de balles de golf, ou des blizzard furieux où n'y voit pas à 10 mètres, le temps violent prends de multiples formes. Pour les démêler, distinguons d'abord qu'il y a deux saisons principales de temps violent, soit l'été et l'hiver.

Temps violent d'été (TVE):
Lorsqu'on pense "temps violent", on pense généralement aux orages forts, qui tonnent et nous illuminent de nombreux éclairs. Mais ces orages peuvent aussi amener de fortes bourrasques de vents, de la grêle ou de la pluie très intense. L'expérience d'un orage fort qui nous passe au-dessus de la tête demeure toutefois très subjective, et appréciée de façon très différente d'une personne à l'autre. La météorologie étant une science (un art diront plutôt les prévisionnistes :-), il a bien fallu déterminer des critères bien précis pour déterminer à partir de quand on fait affaire à un orage violent plutôt qu'un orage fort ou même modeste.

Le premier critère auquel on pourrait penser serait celui du nombre d'éclairs ou de leur intensité. En effet, quoi de plus impressionnant qu'un roulement continu de tonnerre qui n'en finit plus, fort au point de faire trembler les vitres de la maison, accompagné d'un stroboscope de lumière. Cette intensité, qui est typique des orages tropicaux mais moins courante à nos latitudes, peut toutefois être vécue lorsque la cellule orageuse nous passe directement au-dessus. Mais alors, demeure la question de la mesure du nombre d'éclairs, et ceci est techniquement plutôt difficile.

Plutôt que de s'appuyer sur les éclairs, tournons-nous du côté du vent qui accompagne les orages violent. Que ce soit une ligne de grain associée à un front froid, ou une super-cellule pouvant générer une tornade, les vents qui accompagnent un orage peuvent être vraiment violent et causer des dommages très important aux bâtiments, aux arbres ou lignes électriques. Le vent d'orage est essentiellement causé par les courants descendants très rapides qui s'étalent au sol dans toutes les directions. Il existe aussi des phénomènes plus brefs, comme les micro-rafales, extrêmement dangereuses pour les avions en phase d'aterrissage. En bref, la vitesse du vent est facile à mesurer avec des instruments précis, et quoi de plus intuitif que de se dire que si un orage est violent, les vents qui l'accompagnent le seront probablement aussi.

Le deuxième indice de temps violent est la taille de la grêle lorsqu'elle accompagne la cellule orageuse. La théorie de la formation de la grêle veut que plus les courants ascendants sont puissants à l'intérieur de l'orage plus la grêle peut croître en diamètre en faisant des aller-retours successifs dans les couches froides du nuage d'orage. Mais autant de la petite grêle est innofensive, autant des grêlons de la taille de balles de golf ou de la taille de pamplemousse tombant du ciel à 100 km/h peuvent être extrêmement dangereux pour la santé du promeneur, ou à tout le moins sérieusement dommageables pour les récoltes, maisons, voitures, etc.. Encore une fois, on peut conclure qu'avec le diamètre mesuré en centimètres croît l'intensité de l'orage.

Le troisième indice couramment utilisé est tout simplement la quantité de pluie générée par la cellule (que l'on appelle précipitation convective). Alors qu'une averse d'été ne donnera que quelques millimètres de pluie, un bon orage pourra donner 25mm. Mais le critère de temps violent commence à 50mm (calculé sur une heure), ce qui est suffisant pour générer des inondations locales, possiblement des glissements de terrain ou causer des accidents de circulation en zones urbaines.

Le quatrième indice, utilisé par Environnement Canada mais peu connu du public est la présence d'un mésocyclone (nuage tournant lentement sur lui-même autour de son centre et étant parfois le précurseur d'une tornade) tel que pourrait le rapporter un observateur volontaire ou un métérologue. Le problème est qu'un mésocyclone est trop facilement (malheureusement) confondu avec une rotation horizontale (comme un rouleau compresseur par exemple) ou avec des rotations verticales (autour d'un centre) de brève durée de filaments ou de petits nuages déchiquetés non-solidaires de la cellule orageuse et du courant ascendant principal. Voir son premier "méso" est une expérience fantastique, très "forte" devant ce que la nature réserve de plus violent, mais il faut savoir demeurer objectif et ne pas en voir partout, parce que ça demeure au Québec un phénomène assez rare, tout comme les tornades.

Enfin le cinquième indice du même type que le précédent, soit rapporté par un observateur extérieur et il s'agit du "mur", soit le petit renflement à la base de la cellule, point d'entrée du courant ascendant, et qui lorsqu'il commence a tourner sur lui-même (peu fréquent) annonce le mésocyclone. Encore une fois, il est facile de confondre ce phénomène avec d'autres nuages bas et je suggère à cet effet de se pencher sur l'excellent Manuel du Temps Violent produit par Environnement Canada (également référencé dans le cadre de gauche sous "Éducatif") et qui photos à l'appui sépare le vrai de l'illusion. Lecture indispensable au chasseur d'orage.

Notez bien: un orage est considéré violent si seulement un seul de ces critères est respecté, mais il en faut au moins un. Évidemment, lorsqu'une tornade accompagne un orage, pas besoin de préciser qu'il s'agit d'un orage violent.


Temps violent d'hiver (TVH):

L'hiver aussi amène son lot de temps violent. Pensez à nos tempêtes, parfois redoutables comme celle de l'hiver 1971 durant laquelle Montréal a été paralysée pendant presque une semaine. Ou plus récemment encore, et comme quoi la neige n'est pas la seule en cause, la tempête de verglas désormais célèbre de janvier 1998 qui nous a donné une accumulation moyenne de 10 cm de verglas avec des maximums de 20-25 mm par endroits. Il existe de nombreux types d'avertisssements hivernaux émis par Environnement Canada. Ceux-ci touchent les divers types de précipitations (pluie verglaçante, neige) et de vent qui y sont associé (causant de la poudrerie, visibilités réduites et refroidissements éoliens importants). Je vous réfère à ce lien pour voir le tableau de avertissements hivernaux (source: Environnement Canada).

 

En conclusion:

 

Lorsque vient le temps pour nos météorologues d'Environnement Canada d'émettre des veilles ou des alertes à l'attention du grand public, ceux-ci se basent sur ces critères pour nous laisser savoir que notre sécurité ou celle de nos propriétés peut être en jeu. Leur travail accompli, c'est à nous de faire le reste.

 

 

Critères utilisés par Environnement Canada et la plupart des météorologues dans le monde:

 

Événement

Critère de temps violent utilisé

Vent  90 km/h ou plus
Grêle  Diamètre de 2 cm ou plus
Pluie

 50 mm de pluie (ou davantage) en moins d'une heure ou

 75 mm de pluie (ou davantage) en moins de trois heures.