Les De RAINVILLE - Mille ans d'histoire
Accueil Sommaire Outils Liens Contact

 !  L'arrivée à Beauport

Depuis le 1er janvier 2002, victime de la fusion des municipalités, la ville de Beauport n'existe plus. Son territoire constitue maintenant un des huit arrondissements de la nouvelle ville de Québec. Beauport, mais aussi Rainville dans les cantons de l'est, et tout un patrimoine toponymique à jamais oblitéré par l'engouement politique pour les regroupements en mégapoles. Beauport, donc, est le point de départ de mon histoire en Canada.


Tiré de: «Les De RAINVILLE: Mille ans d'histoire», par Mona Andrée Rainville.

Le Veritable plan de Quebec fait en 1663
Jean Bourdon, 1663.
Musée de la civilisation, fonds d'archives du Séminaire de Québec, Y-3

Ruban de verdure dévallant en pente douce jusqu'au fleuve Saint-Laurent, en aval de la grande baie de Québec, la Côte de Beauport a pour une première fois été décrite à l'Europe, en 1603, presque par hasard, par Samuel de CHAMPLAIN dont l'attention était plutôt retenue par l'Île d'Orléans. On imagine ce cartographe et navigateur levant distraitement les yeux vers la rive d'en face après avoir contourné l'Île d'Orléans en direction de Québec, et remarquer que «la terre y est unie & plaisante à voeir».

Premier européen à s'y implanter en 1621, Robert GIFFARD, alors chirurgien de la Marine aux ordres du protestant Guillaume De CAEN, y fait d'abord construire un abris de chasse, la Canardière. Il en est lui-même chassé en 1628, pris en mer par la flotte des frères David, Thomas, et Louis KEARKE, mercenaires qu'une boutade du Roi d'Angleterre avait encourragés à se lancer à la conquête des possessions françaises d'Amérique. Le Roi d'Angleterre étant revenu à de meilleurs sentiments envers son beau-frère, le Roi de France, sentiments d'autant plus cordiaux qu'ils étaient provoqués par la saisie de quelques navires anglais par la France, ces territoires occupés sont rétrocédés à la France le 29 mars 1632 par le traité de Saint-Germain-en-Laye. GIFFARD revendique aussitôt la Côte de Beauport en concession, ce qui lui est accordé, en 1634, par la Compagnie des Cent Associés, nouvellement formée par le Cardinal De RICHELIEU. GIFFARD devient dès lors Seigneur de Beauport, avec l'obligation de peupler sa nouvelle seigneurie, ce qu'il fait en recrutant des "engagés" dans sa Perche natale.

Les premiers engagés sont charpentiers et maçons, chargés de construire une habitation destinés à recevoir ceux qui vont suivre. D'abord une large maison, dont la construction débute en juillet 1634, puis le manoir seigneurial, vaste édifice en pierre, perçé de cinq cheminées, qui sera complété en 1642. Ce manoir seigneurial, du reste a survécu jusqu'à ce qu'un incendie le rase, en 1879.

Ils sont aussi laboureurs et défricheurs qui ont vite fait de mettre les terres seigneuriales "en valeur". En moins de deux ans, ces terres produisent suffisemment de blé froment, de blé d'inde, et de pois pour espérer pouvoir nourrir vingt personnes, ce que ne manque pas de souligner le Père LE JEUNE dans sa Relation pour l'année 1636.

D'autres les suivront, et selon la tradition, Paul de RAINVILLE, serait un de ceux-là, et aurait été engagé par Robert GIFFARD, en 1655, date à laquelle Paul aurait mis les pieds en Amérique pour la première fois. D'aucuns prétendent que les contrats d'engagements étant stipulés pour trente-six mois, Paul de RAINVILLE n'était donc libre de repasser en France qu'en 1658, ce qu'il fit. Les faits contredisent toutefois ces hypothèses transformées en crédo historique à force de répétition.

Aucun tel contrat d'engagement n'a été retrouvé, et il est fort peu probable qu'un tel contrat ait jamais existé. Constructeurs de navire et de grosses oeuvres, pêcheurs et mariniers, marchands de bois et intendants de terres et forêts, les De RAINVILLE n'étaient pas sans ressources. Il est plus probable que les De RAINVILLE et les GIFFARD se soient connus au travers de leur association mutuelle avec Guillaume DE CAEN. Chose certaine, ces deux familles s'étaient déjà cotoyées, plusieurs générations auparavent, en Angleterre.

Par ailleurs, il ne fait aucun doute que la belle terre de Beauport, irriguée de part et d'autre par la rivière Montmorency et la rivière Beauport, ait plu suffisemment à Paul de RAINVILLE pour qu'il décide d'y établir son épouse et ses enfants demeurés à Touques, en pays d'Auge. En 1658, il repasse en France pour aller les chercher. C'est ainsi que le 7 septembre 1659, au terme d'une longue et pénible traversée, Paul de RAINVILLE, son épouse Raulline POITTE et quatres de leurs enfants: Charles, Marie, Marthe et Ann, accompagnés de leur nièce Elisabeth DRUGEON, arrivent à Québec. Ils devront se prêter à une cérémonie de Confirmation lors d'une escale sur l'Île de Percé, en Gaspésie, les protestants ou les protestants supposés n'étant plus les bienvenus dans la colonie. Un mois plus tard, jour pour jour, Paul assiste au mariage de sa nièce, Elisabeth DRUGEON, laquelle épouse Jean LEHOUX à Notre-Dame de Québec. Puis le 11 janvier 1660, dans la chapelle du manoir seigneurial de Beauport, c'est au mariage de sa propre fille qu'on le retrouve: Marie épouse Nicolas BELLANGER dit CATHERINE, comme elle originaire de la paroisse de Saint-Thomas de Touques, et à qui elle apporte une dotte de 300 livres tournois en «meubles, habits, et autres commodités». Cette union est précédée par la ratification d'un contrat de mariage, le 12 novembre 1659, qui nous apprend qu'à cette date Paul de RAINVILLE, son épouse, et Marie RAINVILLE habitent «en la maison de Jean JUCHEREAU escuier Sr de la Ferté» et que ni Raulline, ni ses fils ou ses filles, ni même sa nièce, ne savaient signer leur nom.

Il est établi qu'en 1655, Paul était devenu censitaire de Robert GIFFARD, ayant reçu de ce dernier une première concession, le 23 octobre 1655, puis l'octroie d'une deuxième terre, le 11 novembre 1655 dont on sait qu'elle mesurait un arpent de front sur dix arpents de profondeur sur la ligne du bourg de Fargy, à Beauport, Qc. De ces concessions originales, sans doute rédigées par le notaire François BADEAU, il ne subsiste aujourd'hui ni la minute, ni la grosse, ni même une expédition. Nous en connaissons l'existence parce qu'elles sont décrites, avec leurs tenants et aboutissants, dans des actes notariés postérieurs.

Le 10 février 1661 , Paul transporte à son nouveau gendre la terre qu'il a reçu le 11 novembre 1655, en considération d'un paiement de 150 livres tournois. L'année se termine par la passation d'un autre contrat de mariage, celui-là entre Marthe de RAINVILLE et Pierre MARCOUX. Ce contrat, Marthe le signe. Le mariage aura lieu au début de la nouvelle année, et c'est ainsi que Paul assistera au mariage de sa deuxième fille, Marthe, qui le 8 janvier 1662 épouse Pierre MARCOUX dont on dit qu'il est l'ancêtre de tous les MARCOUX du Canada. Il n'y a toujours pas d'église à Beauport, et le mariage est célébré par un prêtre missionnaire dans la chapelle du manoir seigneurial. À l'acte de mariage, Paul est dit huissier de la Seigneurie de Beauport. Cette même année, le 10 février 1662, Robert GIFFARD lui concède une troisième parcelle de terre à Fargy.

Les couples BELLANGER et MARCOUX s'établieront de part et d'autre du ruisseau des Escailles, sur des terres que leur concède le nouveau seigneur des lieu, Joseph GIFFARD. Les maisons que construisirent ces pionniers ont continuées de se dresser bien droite, longtemps après que le ruisseau qui les séparait se soit tarri. C'est ainsi que l'on peut toujours admirer aujourd'hui, au 600 de l'avenue Royale, à Beauport, la maison ancestrale dans laquelle Marie DE RAINVILLE a élevé ses enfants. Tandis que celle des MARCOUX, au 588 de l'avenue Royal, à continué d'être habité par des descendants directs de Marthe De RAINVILLE et de Pierre MARCOUX de façon continue jusqu'en 1990.

Paul et Raulline auront le plaisir de voir naître leurs petits-enfants, dont les naissances se succéderont, à partir de 1661, avec une régularité aujourd'hui déconcertante.

La Seigneurie se développait rapidement, et autour de son premier noyeau d'habitations, baptisé Bourg de Fargy (Giffard inversé), des villages s'organisaient au fur et à mesure que les rangs se créaient. Parmis ceux-ci, Saint-Joseph de Beauport où en 1663, Paul de RAINVILLE fait l'acquisition d'un arpent carré, qui est aujourd'hui l'emplacement de l'Hôtel de Ville de Beauport. Les affaires de Paul semblent bien prospérer, puisqu'il acquiers un deuxième arpent, voisin de celui de son beau-fils Nicolas BELLANGER. Le 16 février 1664, les délibérations du Conseil Souverain le mentionnent à titre de Sergent de la Milice de la Seigneurie de Beauport. Il assiste avec Raulline au mariage de leur présumé fils ainé, Jean, à Suzanne BADEAU, le 26 juillet 1665, à Beauport.

Mais Raulline décède le 16 février 1666 avant la naissance du petit-fils qui assurera la pérénité du nom de RAINVILLE à Beauport. La coutume et les usages de l'époque aidant, la période de veuvage de Paul sera relativement courte. Il se remarie quelques mois plus tard, le 1er septembre 1666, à Marie MICHEL, qui met ainsi fin à son veuvage d'avec Louis GASNIER. De leur côté, Jean et Charles, continuent de prospérer, et le 26 août 1667, Joseph GIFFARD leur concède à chacun une terre de deux arpents de long par vingt-deux arpents de profondeur au bourg de Fargy. En 1667, Paul est nommé huissier des Seigneuries de Beauport et de Notre-Dame-des-Anges. L'année suivante, Jean De RAINVILLE obtient de Monseigneur LAVAL, la ferme de la dîme de Beauport, et en devient, en quelque sorte, le percepteur officiel. Mais en décembre 1669, Jean devient veuf comme l'a été Paul qui, du coup, perd sa brue Suzanne BADEAU. Jean le demeurera plus longtemps que de coutume puisqu'il attends près de deux ans avant d'épouser, le 26 octobre 1671, Élisabeth de LA GUÉRINIÈRE (alias De LA GUÉRIPIÈRE), venue au pays comme "Fille du Roy" et qui lui apporte une dotte de 500 livres tournois.

En 1672, Paul transporte à Jean la terre qu'il avait reçue en concession en 1662 près du Bourg de Fargy ainsi que sa maison et un autre emplacement au bourg de Fargy. Déjà en 1668, par l'intervention de son père Paul, Charles avait vendu à Jean, la terre qu'il avait reçue en concession l'année précédente. L'ainé ayant obtenu les terres, le cadet décide de faire fortune ailleurs, de sorte qu'en 1673, on retrouve Charles à titre de procureur fiscal de la seigneurie de Boucherville. Paul n'est pas sans ressources et s'intéresse toujours à la terre. En 1674, il achète à Michel LECOURT une terre d'un arpent carré et bâtisse ci-dessus érigée située sur le chemin qui va du Bourg de Fargy au ruisseau des Escailles, près de la propriété de son gendre Pierre MARCOUX, et voisine de celle de 4 arpents de front et 26 de profondeur que vient de concéder Joseph GIFFARD à Nicolas BELLANGER, le 17 avril 1673.

Le 27 mars 1676, Paul s'adresse à la Prévôté de Québec pour réclamer la somme de 76 livres tournois que lui doit Jean LECLERC dit LAFLEUR (1639-1680). LAFLEUR est condamné à rembourser malgré les représentations de son procureur Guillaume ROGER. En 1677, Paul vend à Jacques BERNIER de l'Ile d'Orléans et Cap St-Ignace, qui en a besoin pour transporter de la planche de pin, un voilier complet avec ses voilures, amares et cordages. Ce voilier, il ne fait aucune doute que Paul l'a construit lui-même. Prix: 120 livres tournois. C'est de ce même BERNIER que descend le capitaine Joseph Elzéar BERNIER (1852-1934) navigateur du vaisseau "L'Arctic".

En 1679, Paul et Marie deviennent les propriétaires d'une terre sise à Sainte-Anne-de-Beaupré, ayant appartenu à son feu mari, Louis GASNIER. Paul en a-t'il assez de Beauport, est-il brouillé avec Jean? Toujours est-il qu'en 1680, il part vivre à Bellechasse près de son neveu Pierre BAZIN, fils de sa soeur Marthe qui elle, est demeurée à Touques. Le recensement de 1681 indique que Paul n'habite pas la maison de son neveu, mais qu'il n'habite qu'à cinq portes plus loin. Paul ne retournera à Beauport qu'en 1685 pour habiter une maison sur la route menant à la concession de St-Michel. Cette maison existait toujours lors du tricentenaire de l'arrivée de la famille De RAINVILLE, en 1955, et était la propriété de Joseph MAILLOUX, un descendant direct de Paul. Cette maison, Paul l'avait obtenue de son neveu Pierre BAZIN en échange d'une terre qu'il possèdait toujours à Bellechasse. Assiste-t'il au mariage de son fils cadet Charles à Jeanne MASSÉ, en 1681? Le 30 juillet 1683, il signe un contrat chez le Notaire Pierre DUQUET de Québec pour la vente d'un bateau à voile, un autre. C'est un de ses derniers actes, puisqu'il s'éteint à Beauport, le 10 décembre 1686, à l'âge relativement jeune de 67 ans. Marie MICHEL le suivra de près puisqu'elle trépasse l'année suivante. Dix ans plus tard, Charles vendera sa part d'héritage non pas à son frère, Jean, mais au petit fils de Jean, Noël MAILLOUX, qui deviendra ainsi propiétaire d'une terre au Bourg Saint-Joseph.

Quant à Marie, veuve non remariée de Nicolas BELLANGER depuis 1682, elle semble avoir été une femme de tête qui savait mener à bien ses entreprises. En témoignage de la confiance qu'il lui porte, le seigneur de Beauport lui concède, le 17 mars 1686, une terre de quatre arpents de front sur 25 de profondeur pour laquelle elle paiera elle-même le cens et les rentes de façon ponctuelle jusqu'à ce qu'elle en dispose en faveur de son fils Pierre BELLANGER. Il s'agit-là de l'une des rares, sinon la première, concession faite à une femme dans la colonie. Pierre et sa famille ayant succombé à la petite vérole, durant l'épidémie de 1703, c'est Marie qui reprendra dès lors les choses en mains. Les moyens qu'elle prend pour protéger son bien ne sont pas toujours prisés. Ainsi, en 1695, son voisin Pierre MOREL s'insinue contre elle pour se plaindre de ce que Marie, «ne pouvant souffrir aucune des volailles du suppliant autour de chez elle» les tue et les garde après les avoir tué. Marie sera condamnée à faire cuire un pâté de poulet et à le présenter à son voisin en gage de dédommagement, tandis qu'il sera ordonné au voisin de voir à entretenir sa clôture afin d'empêcher ses poules d'envahir le jardin de la veuve BELLANGER. En 1710, n'ayant plus la force d'entretenir elle-même sa métairie du village de Saint-Michel de Beauport, elle la loue au laboureur Charles PARADIS qui s'engage en retour à lui fournir le blé froment, les pois et avoine, et le bois de chauffage qu'elle requiert, et à entretenir les clôtures. Cette entente ne durera que le temps d'une seule récolte, Marie de RAINVILLE s'étant éteinte subitement le 7 novembre 1711.

Le recensement de 1666

En 1666, Paul ne semble pas être à Beauport, lors du premier recensement effectué en la Province de Canada, Nouvelle-France. Du moins, il n'y figure pas. Rauline vient de mourrir, et probablement le réglement de la succession le retient-il ailleurs.

Mais comment expliquer l'absence de Marthe de RAINVILLE et de Pierre MARCOUX mariés en 1662, ou celle de Jean de RAINVILLE et de Suzanne BADEAUX, mariés en 1665, sinon d'admettre que les copies qui nous sont parvenues de ce recensement ne sont pas complètes.

Marie de RAINVILLE et son époux Nicolas BELLENGER y sont pourtant bien recensés avec leurs enfants:

Nicolas Bellanger .........................31 saulnier, habittant
Marie de Rinville .........................22 sa femme
Marthe Bellanger ..........................3 fille
Bertrand Bellangér ........................2 fille
(Note: il s'agit d'un fils et non d'une fille.)
Suzanne Bellangér ..........................1 fille

Le recensement de 1667

Le recensement de 1667 trouve la famille au grand complet sur la Coste de Beauport.

Marie de RAINVILLE et son époux Nicolas BELLANGER y sont de nouveau recensés. Nicolas n'est plus décrit comme saulnier et l'année semble lui avoir été bénéfique puisqu'il a rajeuni d'un an. Il déclare être âgé de 30 ans. Par contre, Marie qui n'en avait que 22, en 1666, en a maintenant 30.

Nicolas BELANGER, 30, 2 bestiaux, 12 arpents en valeur
Marie RAINVILLE, 30
Marthe, 6
Bertrand, 5
Suzanne, 4
Martin, 1

Jean de RAINVILLE est quant à lui décrit fermier. Aujourd'hui, en language populaire, les mots fermier et cultivateur sont pratiquement synonymes. Ce n'était pas le cas au début de la colonie. Le mot avait une toute autre portée légale. Un fermier était quelqu'un qui prenait à bail la perception des impôts indirects.

Jean de RAINVILLE, fermier, 28 ans, 12 bestiaux, 40 arpents de terre en valeur
Susanne BADAULT, 16
Jean 1

Leur soeur Marthe de RAINVILLE et son mari Pierre MARCOU habitent avec leurs deux enfants sur la terre voisine de celle du patriarche Paul de RAINVILLE.

Pierre MARCOU, 36, 2 bestiaux, 12 arpents de terre en valeur
Marthe RAINVILLE, 22
Pierre, 4
Louise, 1

Enfin, Paul et sa nouvelle épouse, Marie MICHEL sont recensés avec trois enfants, dont deux, Joachim et Anne, sont sans contredit issus du premier mariage de Marie. Et le troisième, Charles, est le fils cadet de Paul. À toute fin pratique, Paul semble s'être départi au profit de ses enfants mariés de la presque totalité de ses avoirs, ne retenant pour lui et sa nouvelle famille que le strict nécessaire.

Paul de RAINVILLE, 48, 1 bête, 7 arpents en valeur
Marie MICHEL, 48
Joachim, 6
Charles, 15
Anne, 14

Le recensement de 1681

En 1681, l'intendant de la colonie procède à un nouveau recensement des habitants de la Nouvelle-France. La Seigneurie de Beauport, dont Joseph Giffard, fils ainé de Robert, est maintenant le seigneur, compte toujours une famille DE RAINVILLE, celle de Jean, et les familles auxquelles ses soeurs Marie et Marthe ont donné lieu.

«Jean d'ERINVILLE, 43 ans; Elizabeth de LAGUERTIÈRE, sa femme, 33 ans: enfants: Jean, 15 ans; Elizabeth, 9 ans; Marie, 8 ans; Louise, 6 ans; Paul et Charles, jumeaux, 4 ans; Marie-Charlotte, 2 ans; 1 fusil, 4 bêtes à cornes, et 18 arpents en valeur

«Nicolas BELLANGER 49 ; Marie d'ERAINVILLE , sa femme, 39 ; enfants : Marie 19, Bertrand 18, Suzanne 14, Marie 12, Pierre 11, Nicolas 9, Paul 7, Thérèse 5, Marie 3, Françoise 1 ; l fusil ; 10 bêtes à cornes ; 41 arpents en valeur.»

«Pierre MARCOU, maçon, 50 ; Mart
he d'ERAINVILLE sa femme, 37 enfants : Louise 15, Jean 12, Marie 10, Noël 7, Marthe 5, Madelaine 2 ; Joachim, domestique, 21 ; 1 fusil ; 6 bêtes à cornes ; 40 ; arpents en valeur.»

Charles, le fils de Paul, a déjà quitté la terre paternelle. Devenu procureur fiscal, il est allé chercher fortune à Boucherville. 1681 le trouve à Sillery où il épouse Jeanne MASSE, deux fois veuve, et mère de six enfants.

Quant à Paul, le patriarche, l'immigrant, il est recensé avec sa deuxième épouse, Marie MICHEL, en la Seigneurie de Bellechasse où il ne possède qu'un fusil et six arpents de terre mise en valeur.

«Paul d'ERAINVILLE 62, Marie MICHEL sa femme 62, 1 fusil, 6 arpents en valeur

Paul et Marie sont les voisins de Joachim GASNIER, le fils du premier mariage de Marie MICHEL, et demeurent à quelques minutes de marche de leur neveu, Pierre Marie BAZIN, le fils de Marthe De REINVILLE, soeur de Paul, et d'Estienne BAZIN demeurés à Touques. Un descendant du couple BAZIN - De REINVILLE sera d'ailleurs maire de Touques au 19e sciècle.

Paul décèdera 5 ans plus tard, à Québec, le 10 décembre 1686, à l'âge de 67 ans, et sera inhumé dans sa terre d'adoption, à Beauport, le 12 décembre 1686.

Son nom survivra à Beauport par la nombreuse descendance de ses petits fils Jean et Paul, demi-frères consanguins, fils de Jean de RAINVILLE. Il survivra de par tout le continent par la diaspora des fils puinés qui ont essaimés partout où il y avait de nouvelles terres à défricher, de nouvelles contrées à explorer.

Paul de RAINVILLE, ancêtre d'Étienne PARENT, d'Octave CRÉMAZIE et de Sir François-Charles-Stanislas LANGELIERr, de Céline DION, de MADONNA...et bien sur, de votre humble soussignée.

Mona Andrée RAINVILLE

À suivre....

Dernière mise à jour: 29.06.2006

 !   Sommaire

Manoir de Robert Giffard
de la Seigneurie de Beauport
,
avec en arrière plan, le port de Québec et le Cap Diamant. Ce manoir servit de quartiers-généraux au Général Montcalm, durant le siège de Québec, en 1759.

En 1879, il a été détruit dans un incendie et ses ruines pillées.


La Maison Rainville
sise au 583, avenue Royale,
à Beauport

La maison de Marie de RAINVILLE et de Nicolas BELLANGER dit CATHERINE, toujours à Beauport, au 600 de l'Avenue Royale, sur l'emplacement concédé par le Sieur Joseph GIFFARD à Nicolas BELLANGER, le 16 janvier 1673.

Mais encore...


À suivre >>


©2003-2006 Mona Andrée RAINVILLE Tous droits réservésRETOUR
AccueilSommaireOutilsLiensContact