Les de RAINVILLE - Mille ans d'histoire
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!  De RAINVILLE à RENVILLE: les «Bois-Brûlés»

Extrait de: Les De RAINVILLE: Mille Ans d'Histoire, par Mona Andrée Rainville

Véritable épopée, l'histoire du patriarche Joseph Rainville et de sa descendance métis est digne des plus grands romanciers et des meilleurs cinéastes. Elle retrace intimement la suite de transitions clés qui se sont opérées en Amérique du Nord après l'arrivée des Européens: la passation de pouvoir du Régime français à la Couronne Britannique, en 1773; l'indépendance américaine, dix ans plus tard; la vente de la Louisiane par la France au nouvel état américain; la Guerre de 1812; le Traité d'Ashburton et le tracé des frontières entre le Canada et les États-Unis d'Amérique; la fusion de la Compagnie du Nord-Ouest et de la Compagnie de la Baie d'Hudson, en 1822; et celle de la résultante de cette fusion: la colonisation massive des territoires à l'ouest des Grands-Lacs et la création des "Réserves" amérindiennes. Ces bornes historiques jalonnent l'étude du quotidien de cette famille qui a joué un rôle incontestable, si parfois controversé ou pire, ignoré, dans la formation des états et des provinces de l'Ouest.


C'est l'aviron qui nous mène, qui nous mène en haut...

L'eau avait amené les premiers explorateurs jusqu'au seuil de l'Amérique. C'est par l'eau qu'ils continuèrent de s'enfoncer à l'intérieur du continent. Et jusqu'au milieu du 19e sciècle, l'eau demeurera la seule route d'accès vers l'ouest et le sud, aucun chemin n'ayant encore été établi pour permettre la circulation des charrues à boeuf qui viendront plus tard sillonner les Territoires du Nord Ouest. Pour se rendre jusqu'aux confins de la colonie ou pour explorer les territoires au-delà de ses limites, un soldat, artisan, marchand ou un explorateur devait nécessairement s'y rendre à pied ou en "voitures d’eau". Bâteaux, rabaskas, mais d’abord de simples canots, ces “autobus” de la première colonisation étaient rendus disponibles par des marchands spécialisés, les “engageurs”, qui avaient recours à des coureurs des bois, des guides, des interprètes, des portefaix, des “milieu de canot” des barreurs, des “devant de canots”, qu'ils fussent amérindiens ou européens, pour s’assurer que clients et marchandises arrivent à bon port. Joseph RAINVILLE, le canadien Joseph, comme l’appelle l’abbé Morice, était de ceux-là, un engageur pour l'Ouest.

Il faut dire qu'il ne faisait en cela que perpétuer une tradition familiale. Charles DE RAINVILLE, maître forgeron et grand-père de Joseph, était déjà engageur pour l’Ouest en 1705. En 1717, sa grand-mère Suzanne CABAZIER signera seule le bail d’une maison de la rue Saint-Joseph, à Villemarie (Montréal), Charles étant absent de la colonie, et probablement à Michilimackinac. Le fils de Charles DE RAINVILLE, Pierre Joseph RAINVILLE, sera fidèle à cette tradition et s'adonnera lui-aussi à la traite des fourrures, mais du côté de Tadoussac, avant d’établir sa forge à Côte de La Tortue, où est né notre Joseph RAINVILLE. Quant au grand-père maternel de Joseph, Joseph CABAZIER, il avait été marchand de fourrures au Fort Du Détroit (Fort Pontchartrain du Détroit, aujourd’hui la ville de Detroit, au Michigan). Et c'est à la Mission de la Rivière Rouge que le beau frère de Joseph, Pierre BÉTOURNÉ, contractera mariage, en 1821.

Côte de La Tortue est un lieu-dit de La-Prairie-de-la-Madeleine, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, en face de l’île de Montréal. En 1695, des soldats démobilisés de la Compagnie de Monsieur de PAYEN de NOYAN s’y étaient fixés et assuraient la garnison du Fort Saint-Louis et la défense de Laprairie contre les attaques Iroquoises, certes, mais surtout contre celles des anglais. Mais c'était également le point de départ des ravitaillement vers les Forts jalonnant les confins de la colonie, et le point d'arrivée des pelleteries destinées aux grands entrepôts de Montréal. Les familles de Côte à la Tortue étaient rodées aux grands voyages vers l'Ouest. Ce sont les membres de ces familles qui ont peuplé les forts français aux antipodes du territoire de la Nouvelle-France. Parmis eux, les DUPUY, les DEMERS, les JÉRÔME, les MONET, les ROY et les RIEL, la souche même des familles qui composeront l’entourage de la famille RAINVILLE dans les territoires du Nord-Ouest et qui uniront leur destiné à celle de familles amérindiennes pour former un nouveau peuple spécifique à la région: les Bois-Brûlés.



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Le mystère de l'identité du père du métis Bois-Brulé, Joseph «RENVILLE»: une énigme enfin résolue.

Joseph RAINVILLE est le fils du maître forgeron devenu marchand pelletier, Pierre Joseph RAINVILLE et de Marie Angélique BÉTOURNÉ.


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Pierre Joseph RAINVILLE faisait partie d'une classe prospère en Nouvelle-France, celle des marchands pelletiers.

Maître forgeron, ses services sont en demande dans les forts érigés aux confins de la colonie. Il y acquiert une connaissance des langues amérindiennes et développe un réseau de traite qui sera la pierre d'assise de la Compagnie du Nord-Ouest, fondée peu de temps avant l'acte de capitulation, et sitôt reprise et incorporée à Londres par les associés brittaniques de Pierre Joseph. Son fils, Joseph, devra quant à lui faire sa fortune aux États-Unis, n'étant pas un «British Subject» mais un «Canadien». L'abbé Morice lui consacre deux pages de son Dictionnaire des Canadiens-Français dans l'Ouest.

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L'afflux massif de colons étrangers sur les territoires de chasse Sioux du Minnesota, coincide avec une sécheresse telle qu'on n'en avait jamais vu de mémoire d'homme. La tension monte, et un groupe mené par le Chef Little Crow IV décide de prendre les choses en main.


Nous devons à un petit-fils de Pierre Joseph RAINVILLE, Gabriel Wikatan RENVILLE, une des meilleures descriptions de la Rébellion de Mendota de 1863, et de ses causes. Et pour cause, il y était!


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Pierre Joseph RAINVILLE a eu beau se marier à au moins trois reprises, la majorité de ses enfants sont morts avant d'atteindre l'âge de trois ans.

Les temps étaient durs, la contagion régnait, et il était presque miraculeux de pouvoir réchapper un enfant sur cinq dans les familles de la région de Montréal. Pierre Joseph est le seul fils de Charles de RAINVILLE et de Jeanne Suzanne CABAZIÉ qui soit parvenu à l'âge adulte. Sur les neuf enfants du couple, seul deux survécurent. Catherine DE RAINVILLE, le deuxième enfant "miraculé" de Charles et de Jeanne Suzanne, deviendra une des premières associées de Marguerite D'Youville, fondatrice des Soeurs Grises de Montréal.

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©1998-2003 Mona Andrée Rainville Tous droits réservésRETOUR
Dépôt légal - Bibliothèque nationale du Québec, 2003

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