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Aristote
n'entendait pas à rire. Pour lui, ce qu'il faut savoir d'un être
c'est qu'il est né, qu'il a pensé, et qu'il est mort: tout
le reste n'est que pure anecdote. Ça devait pas parler beaucoup
autour de la table, chez eux...Parce que, dans le fonds, ce ne sont pas
les statistiques qui forment les légendes; ce sont les petits faits
de tous les jours, les histoires de famille, et justement ces anectodes
qui dessinent le contour et font revivre dans notre imaginaire des êtres
depuis longtemps réduits à un mince filet de poussière.
Un
généalogiste sérieux doit débusquer les
mythes et présenter les faits tels qu'ils peuvent être
établis. Mais le simple historien familial, lui, cherche tout
simplement à comprendre d'où il vient. Si ces deux quêtes
semblent à prime abord incompatibles, ce travail m'aura appris
qu'elles ne le sont pas, bien au contraire.
N'ayant aucune prétention au sacerdoce
généalogique, j'ai débuté mon étude,
par pure curiosité, en remontant le fil des traditions orales
de ma famille, histoires souvent répété par les
"matantes" et les "mononcles" à leurs p'tits
neveux et nièces pendant les veillées en famille. Ce folklore
me fascinait d'autant plus que ses origines semblaient se perdre dans
la nuit des temps.
Au
fur et à mesure que ma base de données prenait forme,
ma ceuillette devenait plus sélective, mes interrogations plus
pointues, mon choix de sources, plus rigoureux. J'avais mis, sans le
vouloir, le bras dans le tordeur...
Je me suis mise à rechercher le fin mot
de mon histoire. Les dictionnaires généalogiques et les
répertoires ne m'apportant plus de satisfaction, c'est donc vers
les registres paroissiaux que je me suis tournée. Ceux-ci étant
par endroit lacunaires, ce fut alors grâce aux greffes de notaires
et aux rôles de taxes que j'ai pu compléter les portraits
de ma gallerie. J'ai eu le bonheur de participer à plusieurs
groupes d'entraide généalogique et de correspondre avec
une foule d'inconnus qui se sont révélés être
des cousins éloignés. Que de pages mes yeux ont parcourues,
que de poussière d'archive j'ai ingéré...avec plaisir.
Masochiste? Pantoute. Jamais un cours d'histoire n'a été
plus vivant.
Le résultat de cette démarche, je
vous l'offre aujourd'hui, dans l'espoir qu'elle vous permettra, vous
aussi, de remonter dans le temps...Et qui sait, de découvrir
que nous sommes tous cousins!
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