| Ô nuit de paix! Sainte nuit! |
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À
mes
amis X..., Y..., et Z...
inconnus du labyrinthe médiatique, et prisonniers de l'attracteur étrange d'un monde chaotique à logique floue. Les derniers clients étaient déjà parti depuis longtemps. Le petit goûté privé qui avait suivit, était lui aussi bien terminé. Avec ses restes de gâteau, ses bouteilles vides, et ses verres renversés, la grand table de la cafétéria se donnait des airs de lendemain de la veille. Au milieu du chahut de ses employés, trop occupés à se bisouter et à comparer leurs petits cadeaux pour daigner lui venir en aide, le patron de la boucherie s'affairait seul, à tout remettre en place, en se promettant bien que c'était la dernière fois, qu'on le prendrait à inviter une pareille bande de sans-coeur, qui ne pensent qu'à manger, à boire et à s'amuser, en lui laissant tout le gros de l'ouvrage sur les bras. Lui aussi avait hâte de quitter cet endroit, pour se retrouver bien tranquille à la maison, à écouter cuire sa dinde de Noël, en regardant la télévision. Quand il eut fini de tout ranger, il ne restait plus que lui, dans la boucherie. Il jeta un dernier coup d'oeil au local, en enfilant son paletot. En passant devant le comptoir des jarrets de porcs, il aperçu son reflet dans la glace. Il avait gardé le chapeau qu'il utilise pour entrer dans la chambre froide, au lieu du feutre de chez Henri, que sa femme lui avait offert. Il s'arrêta devant la patère, posa la main gauche sur le vieux chapeau, la droite sur le neuf, puis, comme un clown de cirque, il changea de chapeau, avec un élégant mouvement des mains, tout en contemplant sa performance dans la vitrine du magasin. Il ne lui restait plus qu'à fermer les lumières, sortir, et refermer derrière lui. Dehors, assis dans les trois marches de l'escalier, deux types s'étaient arrêté pour fumer. L'un d'eux avait posé la tête sur l'épaule de l'autre. Ils semblaient tous les deux souls comme des cochons. D'abord, le patron fit semblant de ne pas les voir. Il se dit que certains employés, sûrement les plus paresseux, avaient abusé de son vin, et qu'ils n'osaient pas rentrer tout de suite à la maison. En pitonnant le code de son système d'alarme, il chercha dans sa collection de remontrances, ce qu'il pourrait bien leurs dire, pour les remettre à leurs place, sans toute fois perde sa contenance. Quand même! Imaginez! S'il fallait qu'un client les aperçoive C'est une boucherie, ici. Pas un bordel, ou une taverne. Mais ce qui le choqua le plus, c'est que ces bougres d'abrutis ne firent pas le plus petit mouvement pour lui céder le passage. - Qu'est-ce que vous faites ici? Libérez l'escalier. S'il fallait qu'un client vous voit... L'un des types se retourna lentement, et le dévisagea, comme on regarde un ours dans sa cage. Le patron reconnu alors, que ce n'était ni un client, ni un employé. Pire encore, ce n'était même pas un honnête citoyen. Mais un de ses traînards de rues, qui nuisent tellement à son commerce. - Fichez moi le camp, ou j'appelle la police. - Ben ca. Tu nous rendrait service. Une chambre bien chaude, et un repas pour deux... L'impertinence atteignit la patron en plein front. Il descendit une marche, en menacant de les bousculer, ou simplement de passer au travers d'eux, comme dans un nuages de brumes. Mais celui qui avait parlé, souleva son compagnon par les épaules, et l'entraîna avec lui. - Viens! Monsieur à peur qu'on lui vole ses marches. - Monsieur vous emmerde, répliqua le patron. - Bien sur, fit celui qui parlait toujours, ca on le sait bien. Mais ca fait plaisir de voir que tu le sait aussi. - Voleurs, drogué, sans coeurs! - C'est ca, fit le type qui traînait son ami, Joyeux Noël, à toi aussi. Le patron les regarda disparaître dans la ruelle en levant les épaules d'étonnement, et se dirigea vers sa voiture. Arrivé à quelques pieds, il sorti son trousseau de clé, le pointa devant lui, et appuya sur un bouton magique. La voiture le reconnu à l'instant, et lui témoigna son affection, en jappant deux petits coups, et en faisant ronronner son moteur. Appuyant sur un autre bouton, il déverrouilla la portière. L'intérieur de la voiture s'illumina. Puis un dernier bouton, pour ouvrir le coffre arrière. Il alla y déposer un gros paquet de saucisses, prit le temps d'admirer l'intérieur du coffre, et les nombreux cadeaux qu'il y avait entreposé, puis le referma avec douceur. Une fumée blanche s'échappait de sa bouche. - C'est froid, se dit-il, pas un temps à laisser un chien dehors. Il contourna sa voiture, en vérifiant que les enfants du cartier ne l'avait pas abîmé, ouvrit la portière, et la referma vitement derrière lui, pour ne pas trop perdre de sa bonne chaleur. À la radio, on jouait des cantiques de Noël. Il fut ému. Noël l'avait toujours ému. Il ajusta les huit hauts parleurs, égalisa les fréquences, et monta le volume. Ce fut Noël dans toute le voiture. Enfin, il posa la main sur le levier d'embrayage, les phares avant s'allumèrent, les portières se verrouillèrent, et l'éclairage de l'habitacle s'estompa tout doucement. La voiture s'éloigna dans la rue, et disparue dans l'air froid du soir, en laissant derrière elle une longue traînée de fumée blanche, qui retombait lentement sur le sol gelé, en une fine pluie de cristaux acides. Le cartier retrouva son calme désert. Plus personne ne trainait dans les rues. Derrières les fenêtres des maisons, tous les rideaux étaient tirés. Les honnêtes gens se cachent toujours pour fêter. Tout comme les malhonnêtes se cachent pour voler. Noël dans la ruelle |