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New Approaches to Tolerance
Algerian-born Albert Camus once said that his homeland was the French language : "Ma patrie, c'est la langue française" ... [Full text]
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Madame Nour, lecture publique de la dédicace offerte à Madame Aïché Nour Zarakolu, éditeur, au Salon du Livre de Montréal, le 15 novembre 2001.
Un commentaire sur le racisme, communication adressée à la rédaction de la revue Relations, novembre 2001.
Pour saluer monsieur Lévesque, allocution prononcée à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, à l'occasion du lancement de René Lévesque et la communauté juive, le 5 juin 2001.
Affaire Michaud.
La tolérance et ce qu'elle implique.
Texte adressé aux médias, publié par Le Devoir, 6 janvier 2001, p. A9.


Écrivain, membre de l'UNEQ et de l'IPSO, l'auteur est professeur dans un collège. Ancien directeur du bureau de Montréal du Comité Canada-Israël, il a été le responsable des communications du Parti québécois dans le comté d'Outremont-Côte-des-Neiges aux élections de 1994.

Je viens de lire la déclaration de Dorothy Zalcman Howard, présidente du Congrès juif canadien, « région » du Québec, parue dans les journaux (notamment dans Le Devoir du 22 décembre) et intitulée « Affaire Michaud: tolérance zéro à l'intolérance ».

J'ai été frappé par l'incident que relate Mme Howard, comme si elle indiquait une situation tout à fait naturelle qu'elle ne faisait que rapporter. Rappelons l'incident. Mme Howard a été témoin d'une dispute entre une jeune fille musulmane portant le voile islamique et - quelle coïncidence! - un jeune souverainiste appartenant, on est heureux de l'apprendre, à une famille tout aussi cultivée et distinguée que la jeune musulmane. Or cette dernière aurait été l'objet d'une « attaque virulente » de la part de ce jeune « Québécois francophone » qui dénonçait sa coiffure comme étant « une tradition antisouverainiste et antiquébécoise ».

Je ne m'attarderai pas sur tous les aspects relevés par Mme Howard, dans cette dispute, parmi lesquels elle souligne les propos violents du jeune souverainiste qu'elle oppose à l'esprit de « respect mutuel » manifesté par la jeune musulmane.

Je me suis demandé en lisant les propos de Mme Howard si elle était consciente, à son tour, de l'association dépourvue de nuances qu'elle se permettait, et qui me semble si peu appropriée dans les circonstances. Que l'incident ait eu lieu ou non, on en conviendra, n'est pas pertinent à ce que je tiens à soulever ici. Ce qui importe, c'est la lecture qu'en a fait Mme Howard.

Je considère choquante l'équation facile - et qui lui apparaît toute naturelle - entre l'idée souverainiste et une soi-disant intolérance qui lui serait propre. Si je suis la procédure intentée contre M. Michaud, dont je ne partage évidemment ni les sarcasmes ni les procès d'intention, ne faudrait-il pas demander à Mme Howard: a) de retirer son association malencontreuse entre l'idée de la souveraineté et l'intolérance; b) de présenter ses excuses au mouvement souverainiste et aux souverainistes juifs, dont je suis; et c) de démissionner de ses fonctions?

Enfin, l'Assemblée nationale ne doit-elle pas être saisie de cette équation, pour le moins simplificatrice, effectuée par une personnalité on ne peut plus « publique », et ne doit-elle pas dénoncer « sans nuance, de façon claire et unanime, des propos inacceptables » à l'égard d'une partie importante de la population qui se déclare souverainiste?

Le but de mon propos ne vise évidemment pas à faire ressortir uniquement des contradictions qui, dans certains milieux, prennent des allures de vérités incontestables. Il vise à signaler comment la fameuse motion de l'Assemblée nationale ne contribue pas à changer les perceptions, comme on aurait tendance à le croire, mais au contraire à renforcer de telles associations.

Il est à souhaiter, par ailleurs, que la motion de l'Assemblée nationale ne contribue pas à bâillonner la libre expression des idées et la discussion franche. Car la peur de stigmatiser le vote ethnique et de heurter autrui risque aussi d'empêcher toute critique constructive dans une société de plus en plus pluriculturelle.

Le respect d'autrui, déjà clairement défini dans nos lois et nos chartes, ne doit pas limiter l'interaction et la critique mutuelle, car si les Québécois francophones ont fait des pas de géant dans la compréhension et l'ouverture à l'autre, il reste encore du chemin à parcourir aux communautés ethniques pour accepter, dans leur propre milieu, la diversité d'opinion qui a cours au Québec et, plus particulièrement, l'idée de la souveraineté qui en est une de ses principales composantes.

À trop craindre de heurter les sensibilités, on risque d'encourager le monolithisme et la pensée unique à l'intérieur des communautés ethniques et de décourager toute critique provenant de l'extérieur. Bientôt, si ce n'est pas déjà le cas, cette peur fera que seuls les porte-parole autorisés et les spécialistes accrédités auront le droit de se prononcer sur les rapports interethniques. On peut imaginer ce que cela implique sur le plan des valeurs que la société québécoise se doit aussi de transmettre à toutes les communautés culturelles - au-delà de la question de la langue qui brouille parfois une vue plus globale -, si cette peur prenait le dessus et nous empêchait de formuler toute forme de critique constructive. Car s'il faut être ouvert et sensible aux valeurs et perceptions des communautés ethniques, il faut être non moins vigilant à défendre une valeur tout aussi québécoise que le respect d'autrui, c'est-à-dire la liberté d'expression et la libre discussion qui en découle.



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