Mon histoire






Ça se passait comme ça à l'époque...
 

Difficile à expliquer...mais, j'ai besoin d'écrire cette histoire, mon histoire. Peut-être que certaines personnes se reconnaîtront... se manisfesteront.

C'est Noël, je suis chez ma mère....Geneviève. Ma mère n'a jamais su quoi m'offrir comme cadeau, n'ayant pas d'idées ni goûts. Elle seule pouvait trouver une cravatte ou un chandail de couleurs si bizares... Donc, le sachant, elle avait résolu le problème. Ma carte de Noël habituelle m'attendait, carte dans laquelle elle glissait toujours habilement quelques beaux billets de banque. Elle me gâtait, moi son fils unique.

Cette année là, je m'en souviens encore comme si c'était hier, elle avait ajouté une petite lettre aux billets de banque... "Cher Jean-Guy, j'ai un secret à te dire..." et une lecture rapide me fit voir le mot "adoption" à la 4 ième ligne. Mon coeur battait la chamade... je n'étais pas capable de lire cette lettre devant tout le monde... Je fis semblant de rien, mais je n'avais qu'une idée en tête, me réfugier aux toilettes pour pouvoir lire en cachette cette mystérieuse missive.

J' avais bien vu....c'était bien ça... ma mère n'était pas ma mère. Bel âge pour l'apprendre à 40 ans! De plus, du même coup, je deviens mon propre cousin et réalise que j'ai vécu 40 ans sous un nom emprunté... "Shit", ça frappe dans le front en tab.... Inutile de préciser que j'ai tardé à sortir des toilettes du fait de mes yeux rougis... J'ai braillé comme un veau pendant plusieurs jours... toutes les questions existentielles étant à l'ordre du jour.

Mes préjugés me revenaient en pleine face comme une claque sur la gueule. En effet, au cours de mon mariage, lors de discusions, je m'étais toujours prononcé contre l'idée d'adopter un enfant. Pour moi, ces enfants adoptés étaient comme des "petits bâtards" et voilà que j'en suis un. De plus, j'aurais voulu avoir un garçon pour continuer la descendance des Gallant "Big deal" !, je n'en suis même pas un. Maudit que la vie nous sert de ces leçons parfois...

Enfin, vous faisant grâce des détails, j'ai retracé toutes mes origines.
Mon père biologique, Elphège Leménager, terminait ses études de droit à l'Université de Moncton au Nouveau Brunswick et s'était épris de Jeanne Mercure, alors étudiante en sciences de la santé (infirmière).
Je fut conçu la journée où la deuxième grande guerre mondiale fut déclarée... (1939).

Jeanne ne voulut pas épouser Elphège... et dû s'exiler à Montréal pour accoucher en cachette de sa famille. En effet, son père, Jos Mercure, était un commerçant bien en vue à St-Basile au Nouveau Brunswick (poste d'essence et hotel) et celà aurait été néfaste pour SA réputation que sa fille célibataire ait son petit monstre dans la paroisse... Il prit grand soin de l'expédier à Montréal chez d'anciens serviteurs pour son accouchement.

N'écoutant que son courage, Jeanne revint à Edmundston ( autrefois P'tit Saut ) avec son petit paquet, mais le paternel l'attendait de pied ferme à la gare et eut tôt fait de la retourner à Montréal pour sauver l'honneur de la famille. Ainsi, je fus admis à la Crèche Youville le 5 juin 1940, 2 semaines après ma naissance.

Entre temps, Albert Leménager, le grand frère de mon père, eut vent de l'aventure de son frèrot. L'oncle Albert, c'est le Monseigneur Albert Leménager, premier évêque de Yartmouth en Nouvelle-Écosse (j'ai mes lettres de noblesse). Sachant qu'une de ses cousines ne pouvait pas avoir d'enfants, il lui proposa mon adoption et fit le nécessaire. J'obtins ainsi mon congé de la crèche le 23 juillet 1940 pour être placé dans ma famille d'adoption le 28 juillet 1940, le tout sanctionné par la Cour Supérieure du Québec par la suite. C'est ainsi que je suis demeuré à Edmundston N.B. jusqu'à l'âge de 10 ans....

Quelque 8 ans plus tard, le 23 oct 48, Jeanne, ma mère biologique, maria à Ste Flavie un Monsieur Lucien Gagné, fils de J B Gagné et d'Éva Bélanger, né à St Fabien un 16 oct 1914 et veuf d'Yvonne Rousseau avec 4 jeunes enfants. Évidemment, Jeanne n'avait alors aucun motif de lui apprendre qu'elle avait eu un enfant illégitime.

En 1982, ayant retracé ma mère à Mont-Joli, je lui fis signe que j'étais bien là.... Toutefois, elle prit panique et refusa de me rencontrer, ne voulant pas que son Lucien l'apprenne. Malheureusement, elle est décédée depuis et je ne l'ai jamais rencontrée. J'ai au moins reçu une lettre d'elle ... et obtenu une photo grâce à la complicité des gens qui l'avaient hébergée lors de son accouchement.

Entre temps, le paternel (le vrai) Elphège, se maria et eut 2 fils (Mederic et Mike) en Louisiane. En 1995, j'écrivais à Mederic, le plus vieux, pour lui apprendre qu'il avait un demi-frère... Outre une lettre...plus rien.... Il me faut avouer que dans ma seconde lettre, j'ai fait l'erreur d'expédier ma photo (rires).

Tout ça pour expliquer que je suis devenu mon propre cousin.... et que les enfants adoptés ne sont plus des petits bâtards. J'ai été privé de frères et soeurs...tout ça pour sauver l'honneur du grand-père !

Je continue à vivre sous le nom qu'on m'a prêté... me disant que j'ai été chanceux d'avoir 2 pères et 2 mères et surtout d'avoir été choisi. Ajoutez à celà le décès de mon épouse à 39 ans à la suite d'une longue maladie, une opération à coeur ouvert en 1982 et un infarctus en 1987, et me voila...

La suite de cette histoire est quand même heureuse... Je suis avec une fille adoptive...et la vie continue. Ne vous en faites surtout pas pour mes émotions, elles sont sous contrôle. La poussière est depuis longtemps retombée. Je n'ai pas écrit ce texte pour m'attirer des messages de sympathie... loin de là. Je ne voulais qu'ouvrir un dialogue...

Sous des apparences trompeuses se cache donc un homme bien ordinaire..., un homme capable de dialogue sérieux...

Mon histoire n'a rien d'extraordinaire... Du temps de Duplessis, ainsi se passaient les choses. Tout compte fait... j'en suis sorti grandi. Si nous sommes parents, veuillez vous manisfester. Si votre histoire ressemble un peu à la mienne, soyez à l'aise de m'écrire. À tous les petits bâtards, je vous dis: "c'est pas grave...la vie continue"...

Jocelyne ( ma douce ) et moi étions donc candidats pour le groupe des Orphelins de Duplessis mais avons eu la chance d'être choisis. Nous croiyons que les enfants choisis ont parfois une longueur d'avance sur d'autres...

Et si je ne l'avais jamais su...?

Pour ce qui est du monument à la mémoire de Duplessis, ne comptez pas sur moi pour aller enlever les excréments que les rats du ciel y déposent.

Je vous invite à consulter le site :

Ma plus grande réussite professionnelle a été de survivre à plus de 35 ans  de fonctionnariat et ainsi me mériter une médaille à l' effigie d' Elizabeth 11, laquelle médaille traine quelque part dans un de mes fonds de tiroirs à coté  mon diplôme de gouache 101 obtenu avec très grande distinction à la maternelle.

Ah oui ! J'oubliais... j'ai aussi un "certificat" portant la signature de Brian Mulroney. Hummm ! Connaissant la valeur de sa réputation, je l'ai remisé dans mon coffre-fort.

Je ne fais pas de discrimination, je déteste de façon égale les sectes, les politiciens, les intello-légers ( Surtout certains de l'Université de Q À Montréal ) * et l'hiver. J'aime les demoiselles qui sont assez gentilles pour me faire croire en mes illusions perdues.

*des noms comme Lauzon, Mailloux, Facal...... pour ne pas les nommer. Je ne suis plus capable de composer avec leur esprit de bottine.


Donc, après 36 ans de loyaux services à "Sa Majesté", je me suis offert une retraite bien méritée à 52 ans. Je sais ce que vous pensez des fonctionnaires... Que voulez-vous, chacun doit gagner sa vie comme il le peut ! Pour vivre heureux comme fonctionnaire, suivez mes conseils

J'ai ma modeste demeure à Granby sur une colline, mon motorisé  et... je n'ai plus d'argent ! Je partage tout ça avec Jocelyne, ma compagne de vie. Oh oui ! Il ne faut pas oublier...il y a aussi notre progéniture.

D'un premier mariage ( épouse décédée ), j'ai eu une fille ( Chantal ) et Jocelyne avait 2 filles (Michèle et Martine ) ainsi qu'un garçon (Luc) . Nos jeunes adultes volent de leurs propres ailes et nous sommes grands-parents de trois belles petites filles ( Myriam, Sandrine et Cloé ) et d'un petit fils ( Raphaël ).

Oups ! Il y a aussi Toby, notre poméranien. Dans sa tête, c'est un gros Danois.