L'histoire des Acadiens

Une histoire à se souvenir...

 

Acadie, Arcadie, Larcadia, Accadie, Cadie.... autant de noms pour désigner l' Acadie de nos jours.

Je ne suis pas généalogiste ni historien. Toutefois, attendu que l'histoire n'est pratiquement plus enseignée, je crois opportun de laisser à la nouvelle génération une page d'histoire conforme aux faits même si elle est très vulgarisée.



Les acadiens

Pour comprendre l'histoire acadienne, il importe de mettre certaines choses en perspective, à savoir qui étaient les premiers colonisateurs du nouveau continent et pourquoi venaient-ils s'établir ici.

Plusieurs siècles avant la fondation de l' Acadie, des pêcheurs scandinaves, basques, bretons, normands, espagnols et anglais fréquentaient régulièrement le golf du Saint-Laurent, les eaux de Terreneuve et les mers acadiennes. Ce sont toutefois les Français qui, les premiers, se sont établis de façon permanente en Amérique du Nord.

Les premiers acadiens sont arrivés en 1604 avec Samuel de Champlain. Ils passèrent leur premier hiver dans la Bay de Fundy et subirent de nombreuses pertes (décès). Au printemps de 1605, il s'installèrent à Port-Royal ( maintenant Annapolis-Royal, NÉ ) pour y fonder le premier poste de traite de la fourrure en Acadie.

Oh non ! Ils n'étaient pas les premiers sur place. Déjà il y avait 3 importantes tribus indiennes dans les parages, dont quelque 4 000 Micmacs en Nouvelle-Écosse. De fait, il y avait des indiens sur place depuis quelque 10 000 ans.

Nos premiers colons firent bon ménage avec les Micmacs, lesquels leur apprirent à chasser et surtout à se soigner avec les plantes. De fait, les Micmacs étaient catholiques depuis le baptême de leur chef en 1610 et, selon un pacte conclu avec le Pape, ils protégeaient les prêtres ainsi que les colons-français.
 

Ce n'était qu'un début.... en 1607, c'était les Anglais qui s'installaient à Jamestown (Virginie ), en 1608 Champlain fondait Québec, en 1620 une centaine de membres d'une secte protestante (Pilgrim Fathers ) débarquaient à Plymouth Rock ( Massachusetts ), en 1621 c'était les Hollandais qui débarquaient à New York, ...suivirent Salem ( Massachusetts) en 1628, Boston en 1630, Trois-Rivières en 1634, etc.... Les frontières n'étaient pas clairement définies entre ce qui devait éventuellement constituer le Canada et les États-Unis.

Pourquoi toute cette migration en si peu de temps ? C'est que l'Europe était continuellement en guerre depuis la Réforme et les gens fuyaient principalement en raisons des persécutions religieuses.

Les nouveaux arrivants apportaient avec eux la semence des conflits religieux qui avaient déchiré la France et l' Angleterre ainsi que des préjugés et haines qui se transmettaient de père en fils.

Tout conflit armé, déclenché entre la France et l' Angleterre, avait d'inévitables répercussions dans les colonies anglaises et françaises d' Amérique. Guerre en Europe signifiait guerre de l'autre coté de l' Atlantique.
 
 

Vers 1640, c'était la période du troc avec la Nouvelle-Angleterre, soit avec les Bostonnais, des produits agricoles contre des produits manufacturés. Ces relations se sont dégradées après quelque 50 ans alors que la France était en guerre contre l' Angleterre. D'une part, il y avait la religion ainsi que la langue et, d'autre part, on reprochait aux Acadiens leur trop grande amitié avec les Micmacs que l'on soupçonnait d'incursions non appréciées dans leur territoire. Il va sans dire que les terres étaient de plus très convoitées.

En effet, parmis les colonisateurs acadiens, il y avait des luttes fraticides, de la traîtrise. Certains " chefs de sauvages " cherchaient noise aux Anglais  en se servant des Indiens pour aller piller des établissements pour leur profit personnel. C'était naturellement les malheureux colons qui devaient par la suite payer pour les pots cassés.

En 1690, Port-Royal subissait donc l'attaque de William Phips ( anglo-américain ) et, vu l'indifférence de la France à venir en aide à nos colonisateurs, la France perdait progressivement le contrôle de l'Acadie.  En 1710, la perte de contrôle devenait de plus en plus définitive.

Les pauvres colons acadiens étaient attachés à une mère-patrie qui n'était tout simplement pas en mesure de s'occuper de ses enfants.

À ce moment  là, l'Acadie avait été, outre de brèves périodes,  une possession française. La France et l'Angleterre étaient presque continuellement en guerre et le vaincu devait payer de ses possessions. De fait, les Anglais et les Français se disputaient cette nouvelle colonie qui a changé de mains 11 fois entre 1604 et 1713.

C'est en 1713 la majeure partie de l'Acadie fut cédée à l'Angleterre, cette fois de façon définitive par le traité d' Ultrech. Nonobstant ce fait, pendant cette longue période, les Acadiens avaient pu continuer de cultiver leurs terres, car l'Angleterre ne revendiquait pas trop vivement ses possessions lors de leurs courtes victoires.

À compter de 1713, l'Angleterre tente d'assujetir les Acadiens en leur demandant de leur prêter serment, mais ces derniers refusent de se laisser assimiler, ne voulant pas se retrouver dans une position où ils auraient peut-être à prendre un jour les armes contre leurs compatriotes français. Tout au long du conflit entre la France et l' Angleterre, conflit d'une centaine d'années, les acadiens étaient toujours demeurés neutres.

Toutefois, en 1715 ils furent sérieusement harcellés par une proclamation du Roi d' Angleterre exigeant qu'ils prêtent serment. Plusieurs commencèrent à s'exhiler vers des lieux plus propices. Ça commençait à jouer plus dur...

En 1755, la sauce se gâte sérieusement. Et oui, le Roi d' Angleterre ordonne  de distribuer les terres aux colons britaniques et de déporter les acadiens-français. C'est le Grand dérangement, la Déportation des Acadiens. Quelque 7 000 seront déportés alors que quelque 10 000 seront en fuite. Plusieurs atteindront le nord du Nouveau-Brunswick , d'autres le Québec. On ne compte plus les décès.

Après la chute de Louisbourg en 1758 et suite au traité de Paris en 1763, les Acadiens exilés ou faits prisonniers eurent la permission de revenir, mais... aux conditions des Anglais, par petits groupes dispersés et dans des endroits bien spécifiés. Ils avaient perdu leurs plus belles terres au profit des Anglais.

Je ne veux pas me substituer aux historiens et réécrire l'histoire. J'invite donc le lecteur à parfaire ses connaissances par l'exploration de sites qui traitent spécifiquement du sujet.Voir en particulier la page suivante pour une explication plus détaillée.