Guildes

Le Dragon du Mirol


Cette aventure est basée sur le scénario "Mission à Mirol" de Frédéric Ménage et Tristan Lhomme, publiée par Multisim dans la boîte de la première partie de la campagne "Le Requiem des Ombres".



Port Mackear, Contrée de Gillian, Continent, 20e jour de sixte bise de l'an 206 de l'Âge de l'Aventure - La Guilde des Passeurs, comme toutes les guildes faisant affaire sur le Continent, d'ailleurs, tient toujours à conserver d'amicales relations avec les dirigeants locaux. C'est pourquoi elle envoya quelques un s de ses membres, basés à son comptoir de Port-Mackear, escorter le génial mais maladroit horloger venn'dys Gugliemo Lantozzi porter un cadeau, soit une magnifique horloge grand-père, au souverain de la principauté lore du Mirol. Le nommeur kheyza Horizon (Martin Savard), le templier ashragor Anseq Klarsaq (François Gagnon), le prince-marchand venn'dys Shanyndro Valentinus (Jean-François Ruel), l'archère kheyza Valia Marinavère (Mélanie Huard), Dralien le prédictin du Diable ashragor (Martin Frédérick), l'homme-griffe felsin Sahad Adjad (Patrick Lottinville) et Dévaki, vieille guérisseuse kheyza (Sonia Piché) ne se doutaient cependant pas qu'ils empruntaient la route d'une longue quête qui changerait à jamais le visage de Cosme...

Les Passeurs prirent donc la route de Mirolion, la capitale de la Principauté du Mirol, en longeant la forêt du même nom sur la Route des Terrasses Brumeuses. Avant leur arrivée au Désert Bleu, nul incident ne marqua leur voyage, si ce n'est qu'un soir, une troupe de strankars (des vautours du Continent) vint prêter compagnie au strankar familier qui voyage sur l'épaule de Klarsaq, et qui est un brin trop attentif aux actions des passeurs pour certains d'entre eux... Toutefois, ce n'est qu'après quelques jours de voyage qu'ils atteinrent le Désert Bleu et qu'ils se virent impliqué dans de mystérieux événements. Rendu à ce point du récit, un peu d'histoire est de mise.

La Principauté du Mirol fut, jusqu'à il y a quelques cent cinquante ans, un puissant royaume dans la région de Gillian. Mais en 84, un groupe d'hommes exigea du Prince des sacrifices pour "La Bête qui va s'ébeiller". On leur refusa leurs demandes partout dans la principauté, et le dirigeant du Duché des Plaines alla jusqu'à les faire décapiter pour leur insolence. Le lendemain, son duché entier était détruit dans une mer de flammes ne laissant derrière elles que des ruines vitrifiées et un désert de sel que l'on nomma "Désert Bleu". Depuis, les sacrificateurs exigent qu'on leur livre tous les nouveaux-nés fils de nobles qui ne portent pas de marques en forme de flammes sur le front. Et on répond à leur exigence... Ces enfants sont emmenés pour être sacrifiés au plus profond de la forêt du Mirol, dans une section que l'on appelle Forêt des Prismes, où demeurerait la "bête", dénommée aussi le Kzurdarth, le Fléau du Mirol ou le Dragon du Mirol. Quant aux enfants épargnés, ils sont entraînés par les sacrificateurs pour devenir Chevaliers-Sorciers et leur servent d'escorte autant que de garde princière. Quant à la Principauté elle-même, avec la menace du Kzurdarth et de multiples défaites militaires, son peuple est tombé dans une véritable déprime collective, où chacun s'adonne à l'absorption d'anjun (une drogue aux effets proches de l'opium), où quelques guildes ont prit le contrôle effectif du pays, et où un déprimant automne règne 8 mois par année.

Mais il sembla que quelques-uns croyaient encore aux possibilités du Mirol. En effet, en plein désert Bleu, les passeurs constatèrent la présence de nobles miroliens qui avaient érigé un campement...et que ceux-ci étaient en train de se faire proprement zigouiller par des cavaliers masqués. N'écoutant que leur courage, les Passeurs les affrontèrent et les vainquirent, pour se voir remettre par un noble mourant un médaillon et un livre crypté, à remettre à "Maître Omayan, à la cour du Prince". L'interrogatoire des cavaliers capturés ne donna pas plus de résultats, sinon que leur chef (tué lors du combat) avait été fort bien payé pour massacrer de simples nobles sans armes. Dernière trouvaille au sein du campement: une Sentale, un buisson chargé de loom vert qui ne pousse habituellement que dans des zones printanières, et qui se trouvait là en plein milieu de l'Été du désert... Puisque tant leur cadeau que le médaillon les poussaient vers Mirolion, les Passeurs poursuivirent leur route.

Entrant dans la forêt du Mirol et traversant leurs premiers villages miroliens, les guildiens sentirent bien l'atmosphère de déprime qui recouvrait le pays, même les enfants s'adonnant à l'anjun abrutissant. La capitale elle-même, Mirolion, sombrait dans la décrépitude, à part le château princier. Celui-ci est maintenant occupé par le Seigneur GrandesProuesses, un seigneur gehemdal de la Guilde des Boréales Éternelles, qui est devenu ipso facto le dirigeant du Mirol au nom des guildes qui le gère. Quant au Prince Moeyon, il était quelque part près des côtes de la mer Océane, en compagnie de sa cour itinérante nommée "l'Errance". C'est donc vers cette direction que se dirigèrent les Passeurs, maintenant accompagnés d'Urwar Geshtek, un ashragor des Boréales Éternelles lui-aussi, supposément messager pour le Prince, mais qui avoua tout de go être là pour espionner les Passeurs... Rendu à la caravane de l'Errance, arrêtée en effet près de la côte, c'est dans une indifférence quasi-générale que fut dévoilé le cadeau au Prince, toute l'assistance à-demi sommeillant en fumant de l'anjun.. À part certains: la garde de chevaliers-sorciers du Prince, la Grand Sacrificateur du Kzurdarth lui-même Oryemon et le Grand Eunuque de la cour, nommé... Omayan. Ce dernier rencontrera un bref moment les Passeurs, se montrera catastrophé du massacre des nobles miroliens dans le désert, et, dans un accès de paranoïa, ne voudra expliquer quoi que ce soit ou présenter ses complices, promettant un récompense et une rencontre le lendemain matin aux guildiens. Et malgré les prémonitions des Passeurs et leur surveillance nocturne, Omayan sera bien au rendez-vous le lendemain...mais sous la forme d'un cadavre désarticulé au bas de la falaise bordant la mer. Qui plus est, les Passeurs seront formellement accusé de son meurtre. Ils devaient être immédiatement pendus hauts-et-cours, mais Urwar réussit à ce qu'ils aient un procès équitable. Si ce n'avait été des arguments massues des Guildiens, ceux-ci auraient été encore une fois condamnés sous les accusations du sacrificateur Oryemon et de témoins fantoches qu'il présente. Libérés par le Prince "ennuyé par ces événements", ils viendront de se faire un ennemi en Oryemon... D'un complice d'Omayan qu'ils auront interrogés, ils apprendront toutefois que ceux-ci font partie d'une organisation qui combat le Kzurdarth, et qu'un de leur dirigeant, maître Maïaster, pourrait peut-être les rencontrer à Mirolion.

De retour à la capitale, les Passeurs réussiront à rencontrer maître Maïaster, l'un des responsable autochtones des impôts levés par les Guildes au Mirol. Celui-ci leur expliquera qu'il s'occupe, avec d'autres, à essayer de contrer les agissements du Kzurdarth pour rendre sa grandeur passée à son pays. Son groupe avait identifié quelques faiblesses portant le printemps dans l'été du Désert Bleu, et les notables miroliens qui s'y étaient installés y faisaient une première tentative de colonisation, avortée par l'attaque de mercenaires probablement envoyés par Oryemon. N'empêche, les informations sur l'essai, contenues dans le loom du médaillon et dans le livre crypté permettraient de nouvelles tentatives. Les Passeurs, voyant tout l'intérêt commercial du repeuplement de l'ancien duché des plaines, offrirent leur support à Maïaster. Celui-ci leur demanda, puisque c'était sur leur route, s'ils voulaient bien faire un passage de reconnaissance dans la mystérieuse Forêt des Prismes, en la traversant simplement vers Port-Mackear pour ensuite renvoyer par messager leurs observations à Mirolion, ce qu'ils acceptèrent. Avant de repartir, ils rencontrèrent aussi Urwar, qui leur fit une demande plus... personnelle. Il leur présenta une jeune femme, visiblement enceinte, originaire des Dynasties-Fantômes (un pays à l'ouest de la Contrée de Gillian), et femme d'un des Ducs du Mirol. Et l'enfant n'était pas du duc... Urwar leur demanda, service rendu contre service rendu, d'escorter si possible discrètement la jeune femme jusqu'à Port-Mackear, où sa cousine en prendrait soin jusqu'à ce qu'il puisse la rejoindre... Ils acquiescèrent également à sa demande, et quittèrent donc Mirolion dans la forêt.

Le chemin devenait de plus étroit et les habitants de moins en moins fréquents quand ils atteignirent une région totalement déserte de la forêt, où les arbres naturels laissaient place à des remplaçants de crystal: la forêt des prismes. Là, après avoir subit les rafales cinglantes d'une tempête hivernale aussi soudaine qu'inattendue, un étrange groupe de personnages en robe blanches fit un cercle autour du groupe de guildiens, en proclamant d'une seule voix que leur "Maître, le Kzurdarth", voulait les rencontrer. Ils les suivirent à leur petit village idyllique dans les bois, et après avoir partagé leur repas, purent se diriger vers l'antre du Kzurdarth, une immense caverne atteinte après un long tunnel de pierre dans les profondeurs du Mirol. Après cette étonnante rencontre, narrée dans le texte "Rencontre avec le Kzurdarth", les voayageurs purent poursuivre leur périple vers Port-Mackear, et y amener sans encombre l'amante d'Urwar. Celle-ci accouche d'une petite fille trois jours plus tard. Les Passeurs accepteront-ils d'en être les parrains?

À la fin de cette équipée, de nombreux mystères demeurent. La Guilde des Passeurs obtiendra peut-être quelques réponses, et de nouvelles questions, lors d'un prochain voyage...




Épilogue


Rencontre avec le Kzurdarth


La caverne souterraine, quoique à plusieurs dizaines de minutes de marche de la surface, était tout de même éclairée d'une lueur violacée. De plus, elle était immense. Gigantesque. Elle devait bien mesurer, oh... au moins cinq cent mètres de diamètre! Et j'étais là avec les voyageurs de la Guilde des Passeurs, sur un petit promontoire de pierre surplombant le vide sur une centaine de mètre, à ne pas oser m'approcher à la limite de la surface rocheuse. Puis, une voix retentit fortement, comme si elle provenait directement de l'intérieur de nos têtes. Je me penchais avec précaution pour voir ce qui se tenait tout en bas et je vis, sur le sable gris, la masse énorme d'un ver titanesque, des frémissements parcourant ses anneaux, sans aucun semblant d'organes quelconques... Même mon Urwar en serait resté bouche-bée s'il eut été là. Et la chose nous parlait...

"Enfin, ce moment couronne une longue attente, petits hommes. J'espère que vous serez à la hauteur." Mais de quoi parlait cette créature??, nous demandâmes-t-on. "À la hauteur de votre Destin, bien sûr..." Elle nous apprit en rafale que le Kzurdarth qui terrorisait le Mirol, c'était lui. Et qu'il attendait depuis longtemps des aventuriers qui auraient le courage et la valeur nécessaire pour prendre le chemin qu'il allait leur montrer. Moi, je ne comprenais pas grand-chose à cette histoire de "destin", mais les Passeurs semblaient très attentifs.

Le Kzurdarth continua à nous expliquer télépathiquement qu'aucun enfant de noble n'a été tué; qu'en fait, ils étaient rassemblés dans ce village et éduqué par ses soins afin de reprendre en charge le monde siles malheurs qu'il appréhendait survenait. Qu'il agissait sous des dehors mauvais pour ne pas être submergé sous les adorateurs. Il sembla toutefois fort fâché (pour autant que je sache interpréter les émotions d'un ver géant) d'apprendre que son grand sacrificateur, Oryemon, agissait avec vilennie, et qu'il réglerait cela lors de sa prochaine visite, quoi que cela signifia. Pressé de questions par les Passeurs, le Kzurdarth leur expliqua que la destruction du Duché des Plaines ne fut pas causée par son courroux, mais bien par ce qu'il appela "les douleurs de l'enfantement" lors de sa création. Qu'il était le serviteur d'une Puissance, mais qu'il ne voulait pas servir. Qu'il n'était certainement pas unique. Que la Puissance qu'il servait était telle que les montagnes se courbaient devant elle, que ces puissances avaient fait le monde et pourraient bien le défaire...mais qu'il se rebellait quand même contre elle, utilisant les enfants des nobles miroliens pour un autre dessein que son Maître ne l'avait prévu. Et qu'il souhaitait que les Dieux, s'ils existaient, accompagnent leur quête... Puis nous nous endormimes, tous. Ce fut pour moi un sommeil sans rêve, mais les Passeurs eurent eux des visions qu'ils partagèrent:

...une vue en survol de la Contrée de Gillian, où apparaissent des taches noires, rapidement reliées par des lignes sombres formant un semblant d'immense toile d'araignée, puis la certitude que quelque chose de monstrueux approche...

...un visage immense, à la beauté magnifiquement maléfique, à la présence tellement imposante que seul son regard suffit pour terrifier...

...une femme à la chevelure noire d'une grande beauté, debout derrière une autel de pierre sur lequel est posée une gemme rougeoyante, et qui part d'un grand rire sarcastique...

...une plaine de rochers noirs sous un ciel rougeâtre, jonchées de statues et de ruines titanesques et de rivières sans début ni fin...

...un ballon venn'dyss, haut dans les airs, soudainement en chute, consumé par des flammes...

Et nous nous réveillâmes sur le promontoire, seuls, la bête ayant disparue. Elle nous avait toutefois laissé un dernier présent pour la route: un peu du sable de sa couche, gorgé du loom violet du Temps Sacré.


Infos tirés du supplément Multisim "Le Requiem des Ombres".

Un tunnel...
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Dernière modification: 22 août de l'an de grâce 2000