(textes sur la campagne en Eltharian de Martin Savard à la Guilde)


"Là où le Maître règne, on peut soit le servir, soit mourir."
-Extrait du livre "La vie éternelle, non; la survie précaire, peut-être" d' Harald le Blanc, l'un des Maîtres-Mages d'Armaskan.

Note de l'auteur: Pour une meilleure compréhension du texte, prière de lire ceux des Fumble! numéros 6, 8 et 10.

Partout, dans la grotte, la chaleur était torride vu la présence d'un grand fourneau au centre de la pièce, creusé à même le roc. Sept hommes de grande stature forgeaient des épées d'une résistance impensable. Plus loin, près d'un fourneau plus modeste, un petit être s'affairait à son enclume. De temps à autre, il n'hésitait pas à mettre sa main dans les cendres brûlantes pour aller chercher du métal fondu par la chaleur. Il entrait ensuite ce métal dans un cristal étrange. Malgré la température incroyable qu'il fallait pour faire fondre ce métal, le petit personnage ne semblait jamais être incommodé par la chaleur.

Tout à coup, la herse qui se trouvait à une des extrémités de la forge se souleva, puis, dans un nuage de poussière, un homme de carure impressionnante entra d'un bon pas dans la salle pour la traverser. Dans sa main gauche, il tenait le jeune elfe de Falastel. Vêtu de son armure noire, l'homme ouvrit un grand portail qui se trouvait à l'opposé de la herse. Sitôt entré, le portail se referma d'un coup et l'elfe fut projeté à terre. L'homme, quant à lui, mit un genou à terre et s'inclina. Devant lui, un personnage chauve et ridé de partout lui faisait dos, contemplant les bijoux qui se trouvaient dans un petit coffre sur ses genoux. Un tapis à longs poils couvrait en totalité le plancher. Sur les murs, une tapisserie aux couleurs ternes rappelait les combats les plus meurtriers et les batailles les plus sanglantes. Ayant entendu l'arrivée du guerrier, le vieil être fit pivoter son siège vers celui-ci pendant que le guerrier disait solonellement: "Mes respects, Seigneur.
-Qui m'emmenez-vous là? C'est bien le "flûtiste" de Falastel? dit celui qui portait le titre de Seigneur, pointant du doigt l'elfe.
-C'est bien lui, Seigneur, tel que vous l'avez demandé."

Le vieil être prit alors une enveloppe qui se trouvait à ses côtés. Il la jeta aux pieds du guerrier tout en continuant: "Bien, vous irez porter ce message à Namardir, il poursuivra le travail. Avez-vous d'autres choses à me dire?
-Si, Seigneur. Une troupe de nains a creusé jusqu'à vos terres, vers le sud. Il y a donc maintenant une sortie additionnelle vers la surface.
-Éliminez-les, et envoyez de vos hommes pour garder cette issue. Je ne veux pas que l'extérieur prenne conscience de notre présence tout de suite. Il est encore trop tôt. Je veux que rien ne se sache avant l'arrivée des Quatre Grands.
-Bien, Seigneur. Le tout sera fait selon vos désirs."

Sur ce, le guerrier se leva, tête baissée, et sortit de la pièce, laissant l'elfe seul avec le vieil être. De tout le temps que le guerrier avait discuté avec le seigneur, jamais il n'avait regardé son visage. Peu après, la porte s'ouvrit à nouveau pour laisser entrer le petit être qui tenait un pendentif dans la main. Il s'agenouilla près du vieil être tout en lui donnant le pendentif de ses deux mains: "Voilà votre médaillon, Seigneur.
-Bien, il semble encore plus maléfique que je ne l'aurais imaginé. Vous pouvez retourner à votre atelier pour y poursuivre vos recherches.
-À votre service, Seigneur."

Le serviteur repartit aussitôt. Le vieil être leva le médaillon dans les airs et l'observa un moment. Il était fait d'une matière qui pourrait être du cristal, représentant deux triangles entrelacés dont les six pointes étaient rattachées à un grand cercle. À l'intérieur de l'étrange cristal, un liquide noir se déplaçait de façon continue. Le tout semblait si démoniaque qu'on aurait cru que, si le mal aurait à être représenté, ce médaillon aurait pu être utilisé. Tout en tenant le pendentif, le vieil homme déclara:

"Seigneur... les Quatre Grands... Pauvre Eltharian, il ne lui reste plus bien longtemps à subsister dans le semblant de paix qui règne en ce moment. Bientôt, je serai le seul maître de ces terres, j'éliminerai les Dieux et les mortels. Et ce Namardir... Jamais un homme de cette intelligence n'a pu être aussi naïf. De toute façon, c'était à prévoir..."

Puis il se retourna vers le jeune elfe qui était paralysé par la peur, la sueur coulant à grosses gouttes sur son front. "Ne t'en fait pas, dit le Seigneur en s'adressant à l'elfe. Tout à l'heure, je m'occuperai de toi. C'est qu'il faut travailler dur pour terrorriser une planète!"

Sur ces mots, il cracha sur le jeune elfe, qui put esquiver à la dernière seconde. Sur le tapis déjà imbibé du sang de l'elfe, le crachat tomba et fit alors un trou dans ce tapis comme aurait pu le faire un acide. Le vieil être éclata alors d'un rire sarcastique et morbide, Il se tourna pour lever une partie du tapis qui découvrit alors un petit escalier. Il le descendit tranquillement pour se retrouver dans une petite pièce où se trouvait un cercueil éclairé de six torches, accrochées aux murs. Une mince lueur sortait des cloisons du cercueil, mais celle-ci était à peine perceptible. Le Seigneur incrusta alors le médaillon sur le dessus du cercueil à un endroit prévu à cet effet. Il dit alors: "Maintenant, je vais en finir avec toi."

Et c'est alors que les incantations commencèrent...

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Dernière modification: 22 mars de l'an de grâce 1998