(textes pour une campagne d'Ars Magica par Sétphane Couture)



L'Ordre d'Hermès
de 476 à 1220


"Sous l'Empire, bien avant l'apparition de la secte qui allait révolutionner la pensée humaine, les Romains de la capitale croyaient dans les augures et les arts étranges tels que la magie et l'occultisme. Un petit nombre d'entre eux visitaient les érudits et les nécromants du culte de Mercure, un groupe voué à l'apprentissage du monde mystérieux de l'arcane. Cette magie n'était pas sous la forme dont nous la connaissons maintenant grâce à notre fondateur Bonisagus, mais sous celle de rituels très compliqués et durs d'apprentissage. L'ancêtre de notre Ordre mourut suite à la prise de Rome par les Barbares germains et ses membres durent se disperser à travers toute l'Europe.

Pendant plus de trois siècles, nos frères furent obligés de perdre contact avec leurs collègues et le résultat fut désastreux. Plusieurs d'entre eux, sûrs de leur supériorité sur son prochain ou même désireux de se défaire d'un éventuel adversaire, entrèrent en conflit ce qui amena la mort de la majorité des magi de l'époque. C'est seulement au début du 8ème siècle, que le charitable et bienveillant Bonisagus fit une découverte qui révolutionna la pratique de l'Art.

La magie hermétique était, et est toujours, la force majeure dans l'acquisition des savoirs et Bonisagus, notre fondateur, en était l'inventeur. Possédant la connaissance ultime et une sagesse digne d'un philosophe de la période classique, il convainc donc la plupart des magi de l'époque à s'unifier sous une même bannière, sous le même code de conduite, sous la même idée directrice, celle de devenir le Créateur. Au moment, les membres-fondateurs comptaient Bonisagus, Criamon, Flambeau, Guernicus, Jerbiton, Tremere, Tytalus et Verditius, tous des adeptes issus des restes ancien du Culte de Mercure. Leur code, tout comme aujourd'hui, interdisait toute forme de guerre entre les membres et les unissaient sous le même Ordre, celui d'Hermès. ( En fait, Mercure et Hermès sont le même dieu en fait, l'un étant d'origine romaine et le deuxième, d'origine grecque).

Voici le code sur lequel tous les magi de notre Ordre doivent jurer :

" Moi, (nom du magus ou maga), fais ici le vœu de me montrer éternellement loyal envers l'Ordre d'Hermès et ceux qui lui appartiennent.

Je ne tenterai jamais de priver un membre de l'Ordre de ses pouvoirs magiques. Je ne tenterai jamais de tuer un membre de l'Ordre, sinon au cours d'une Guerre des Magi justement décidée et déclarée dans les formes. J'affirme savoir que cette action est un conflit ouvert entre deux magi, qui peuvent s'abattre l'un l'autre sans briser le présent serment. Si je venais à être tué ainsi, aucun châtiment ne frappera mon vainqueur.

Je me conformerai aux décisions prises par vote lors des Tribunaux. J'y disposerai moi-même d'une voix, que j'utiliserai avec prudence. Je respecterai comme son égal celle des autres.

Je ne mettrai pas l'Ordre en danger par mes actions. Je n'interférerai pas avec les affaires du vulgaire, appelant ainsi la ruine sur mes sodalis. Je ne traiterai pas avec les démons, de peur d'y perdre mon âme ainsi que celle de mes sodalis. Je ne molesterai pas les êtres féeriques, afin que leur vengeance ne retombe pas sur mes sodalis.

Je n'emploierai pas la magie pour espionner mes sodalis ou pour leur faire du tort. J'enseignerai mon art à des apprentis qui prêteront le premier serment. Si l'un d'entre eux devait se tourner contre l'Ordre et mes sodalis, je serai le premier à le frapper et à l'emmener devant la justice. Aucun de mes apprentis ne pourra obtenir le titre de magus sans avoir jurer de respecté ce code.

Si je devais moi-même le briser, je demande à être radié de l'Ordre. Si cela se produisait, j'implore mes sodalis de me retrouver et de m'abattre, afin que je ne puisse continuer à mener une vie d'infamie.

Les ennemis de l'Ordre sont les miens également. Les amis de l'Ordre sont mes amis. Les alliés de l'Ordre sont mes alliés.

Travaillons ensemble pour devenir forts.

Je prête serment le (date selon le calendrier d'Ariès ). Malheur à ceux qui tenteront de me pousser à le briser et malheur à moi si je succombe à la tentation. "

Depuis lors une multitude de modifications se sont votées. Par exemple, les magi n'ont plus le droit d'avoir quelque relation avec un membre de la classe séculière ou paysanne que se soit maritale, amicale ou tout simplement dans le cadre d'une discussion mondaine. Le Grand Primus du Grand Tribunal se tenant à Rome tous les 32 ans fut le premier a établir ses changements dans le code, mais l'obligation de refaire le serment pour chacun ne se concrétisera fort probablement jamais. Donc nous nous retrouvons avec deux classes de magi.

Pour continuer la petite histoire de l'Ordre, au neuvième siècle du calendrier chrétien, d'autres maisons (chaque fondateur avait auparavant ouvert des traditions ou maisons en leur nom réunissant ainsi les membres de l'Ordre) firent leur apparition : Mercere, les messagers; Diedne, des druides issus de la culture germanique; Bjornaer, sorciers germaniques; et les Ex Miscellanea, une maison rassemblant une multitude de magi de traditions différentes.

L'Ordre prospéra alors pendant de longues années et rien ne laissait présager les événements à venir. Durant le 11ème siècle, les Tremere ayant atteint un statut très important et contrôlant une bonne partie des Tribunaux durent faire face à l'émergence d'une inquiétude poussée chez les autres maisons. De plus en plus, les Tremere perdirent du chemin à cause des lois et règles que le Grand Tribunal leur avait imposées durant les années de leur " règne ". En 1083, quelques années après la mort de Tremere, leur fondateur, la maison fit face à de nouvelles accusations, celles d'avoir pactisé avec le diable, car plusieurs d'entre eux étaient devenus des effroyables vampires. Une Marche fut décrétée contre ces derniers qui furent chassés ou détruits par les adeptes du Feu, la maison Flambeau.

Cela ne s'arrêta pas là, par contre. La guerre appelée du Grand Schisme brisa considérablement l'Ordre et ses membres. La maison Tremere accusa la maison Dièdne d'être des suppôts du Mal et de Satan et ils demandèrent une Marche contre les druides germains. Flambeau et Tytalus suivirent et commença un long moment de crainte et de regroupements de magi. L'Ordre était au bord de la ruine et elle avait ouvert ses portes à l'Inquisition. Ce n'est qu'à la suite de la défaite de la maison de Dièdne, sous la gouverne du primus Llelewyn, que l'Ordre d'Hermès retrouva son air d'antan, mais avec une forme de chasse à la sorcière. Encore, et ce, jusqu'à ce jour, les membres les plus influents des Tribunaux, majoritairement des Tremere et des Ex Miscellaena, dirige cette course vers l'anéantissement des diabolistes et des mages exotiques ( ceux n'utilisant pas les arts hermétiques), malgré que ces derniers soient de plus en plus des alliés des magi.

Aujourd'hui, l'Ordre regroupe environ 300 magi et est sans cesse grandissant. Par contre, plusieurs, tout comme moi, soutiennent le fait que son avenir soit très incertain, prenons en exemple la religion juive et sa Kabalah…"


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Dernière modification: 22 octobre de l'an de grâce 1998